Un jeune tué par la police lors des émeutes sur Marseille

Le meurtre de Nahel, 17 ans, par un policier à Nanterre a provoqué une immense vague de colère en France et dans le monde. Depuis, le gouvernement Macron lance une répression brutale contre les manifestations contre les violences policières.

 Lorsque le WSWS parle guerre de classe pour caractériser la politique de Macron et des classes dirigeantes, il n’exagère rien. Durant les deux mandats de Macron, les préparatifs de guerre avancée entre l’Otan et la Russie et les politiques d’austérités ont intensifié les antagonismes de classe qui sous-tendent l’extraordinaire renforcement des forces militaires et policières à l’international.

La situation explosive en France et dans ses territoires d’Outre-mer s’est étendue en Belgique et en Suisse. Ces événements sont regardés avec nervosité par les classes dirigeantes d’Europe et d’ailleurs, qui craignent aussi d’être confrontés à des mobilisations de la classe ouvrière.

Macron a donné des pouvoirs illimités à la police pour réprimer les gilets jaunes et dernièrement la lutte des travailleurs contre la réforme des retraites. La police blesse, éborgne et tue. Le meurtre de Nahel par un policier a été attisé par la politique de défense brutale des intérêts capitalistes de Macron. Il a cultivé parmi les flics fascistes les sentiments les plus réactionnaires, comme base sociale contre la classe ouvrière.

Le week-end du 1er juillet, les affrontements entre la police et les manifestants ont été particulièrement violents à Marseille et dans toute la France. La préfecture de police de Marseille avait considérablement renforcé ses mesures de sécurité qui, la veille, s'étaient révélées inefficaces contre les émeutiers. Des unités de police anti-émeute CRS ont été stationnées sur le cours Belsunce et le cours Saint-Louis, dans le centre-ville, pour bloquer l'accès à ses principales rues commerçantes. Deux véhicules blindés et deux hélicoptères ont également été mobilisés, ainsi que des policiers des unités spécialisées du RAID et du GIGN.

Les commerçants avaient également recruté des équipes de vigiles pour protéger leurs locaux, dont certains portaient également des armes défensives non létales Gomm-Cogne, qui tirent des balles en caoutchouc.

À Marseille, un homme de 27 ans est mort dans la nuit du samedi 1er juillet. Comme l’indique le journal Le Monde, le parquet estime qu’il était probable « que la mort de l’homme, qui circulait alors en scooter, ait été causée par un « violent choc au thorax provoqué par le tir d’un Flash Ball , projectile qui a provoqué un arrêt cardiaque ». L’homme aurait été retrouvé sur le cours Lieutaud, une avenue à quelques centaines de mètres à peine du Vieux-Port et des rues commerçantes du centre-ville, où plusieurs dizaines de commerces ont été pillés cette même nuit de samedi à dimanche.

Il est à noter qu’il a fallu attendre le 4 juillet pour que la presse rapporte pour la première fois cette information, dans le journal local La Marseillaise, et qu’elle soit confirmée par la chaîne de télévision locale France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dès le dimanche matin cependant, les marins pompiers de Marseille avait mentionné à l’AFP la mort suspecte d’un jeune homme qui avait fait « un malaise » et avait chuté d’un scooter, sans la lier aux émeutes qui avaient eu lieu. Toujours selon les marins pompiers, lorsqu’ils sont intervenus auprès de la victime, le contexte cours Lieutaud n’était pas tendu.

Face à cette explosion de colère contre le meurtre de Nahel et les émeutes qui ont suivi, le gouvernement Macron est dans une crise politique mortelle, déjà profondément discrédité après son passage en force sur la réforme des retraites malgré l’opposition populaire écrasante. Macron n’a pas instauré l’état d’urgence comme cela avait été le cas lors des émeutes de 2005 mais son État policier a lancé une répression brutale contre les manifestants et mène des procès expéditifs contre les jeunes des quartiers populaires.

Les arrestations massives du week-end font suite au communiqué commun fasciste des syndicats de police soutenus par la classe dirigeante, publié vendredi, déclarant « nous sommes en guerre » et menaçant de « mettre hors d'état de nuire ceux que nous arrêterons ». Le communiqué commun poursuivait : « Face à ces hordes sauvages, il ne suffit plus de demander le calme, on doit l’imposer. ... [il est temps] de combattre ces vermines ».

Les forces de l’ordre lourdement armées ont assiégé les principales villes. Le week-end des 1er et 2 juillet, 45 000 policiers ont été mobilisés au niveau national et 7 000 autres ont été envoyés en renfort à Paris, chaque nuit. Du 27 juin au 4 juillet, 3 200 personnes ont été arrêtées, dont la moyenne d’âge est de 17 ans, parmi elles des jeunes de 12-13 ans.

Craignant de nouveaux troubles, la manifestation annuelle tenue le 8 juillet en hommage à Adama Traoré, mort asphyxié par la police en 2016 sans que personne n’ait été jugé, a été interdite. Malgré cela, la sœur d’Adama à appelé à une manifestation pacifique place de la République à Paris, qui fut brutalement réprimée par la police et la très controversée Brav-M. Le frère d’Adama a subi des blessures au crâne, à l’œil, au nez, au ventre et au dos et a été hospitalisé. Au moins deux journalistes ont déclaré qu’ils avaient été maltraités par la police lors de la marche parisienne.

Avançant dans les mesures autoritaires, Macron envisage, comme il l’a évoqué à l’Elysée devant près de 300 maires, de fermer les réseaux sociaux utilisés par les manifestants pour communiquer : « Nous avons besoin d'avoir une réflexion sur l'usage de ces réseaux chez les plus jeunes, dans les familles, à l'école, les interdictions qu'on doit mettre. On a pu le voir (..) quand les choses s'emballent pour un moment, se dire : on se met peut-être en situation de les réguler ou de les couper. Il ne faut surtout pas le faire à chaud. Je me félicite qu'on n'ait pas eu à le faire ».

Le Parti de l'égalité socialiste appelle à la construction de comités de base indépendants des partis pseudo-de gauche et des bureaucraties syndicales pro-Macron. Seule une mobilisation de masse de la classe ouvrière française et européenne peut défendre les travailleurs et la jeunesse contre les violences policières et faire tomber le gouvernement détesté de Macron.

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