L’Ukraine a mené vendredi une nouvelle série de tirs de roquettes sur la ville russe de Belgorod, blessant au moins deux civils par des éclats d’obus.
L’attaque de vendredi marquait le septième jour consécutif où l’Ukraine menait des frappes sur Belgorod, située à seulement 25 kilomètres de la frontière ukrainienne et souvent qualifiée par les nationalistes ukrainiens de « terres ukrainiennes historiques ». Ces attaques ont été qualifiées d’« aveugles » par les autorités russes et ont entraîné la mort d’un certain nombre de civils russes. Un certain nombre d’habitants de Belgorod ont commencé à quitter la ville en raison des attaques en cours.
Le 30 décembre, l’Ukraine a mené sa plus grande attaque à ce jour contre Belgorod, entraînant la mort d’au moins 25 civils qui célébraient le Nouvel An sur la place principale de la ville. Plus de 100 personnes ont été blessées et cinq des personnes tuées étaient des enfants, selon les autorités de Belgorod.
En réponse, la Russie a convoqué dimanche dernier une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, au cours de laquelle l’ambassadeur russe auprès de l’ONU Vasily Nabenzya a qualifié les frappes d’« attaque terroriste du régime de Kiev contre une ville civile ».
« Afin d’augmenter le nombre de victimes de l’attaque terroriste, ils ont utilisé des armes à sous-munitions », a affirmé Nabenzya.
Ces frappes marquent une escalade significative des attaques contre la population civile russe et des attaques menées sur le territoire russe par l’Ukraine, soutenue par l’OTAN. La guerre par procuration de l’OTAN contre la Russie en Ukraine a déjà fait environ 400.000 morts parmi les militaires ukrainiens et des dizaines de milliers de morts chez les Russes.
Le gouvernement ukrainien n’a pas encore commenté directement ces attaques. Le président russe Vladimir Poutine a juré que ces attaques « ne resteraient pas impunies ».
Selon les médias russes, les attaques ont été ordonnées personnellement par Zelensky et menées par le chef des renseignements militaires ukrainiens (HUR), Kiril Budanov, et le régiment néo-nazi Kraken, formé par des vétérans issus du régiment fasciste notoire Azov. Le régiment Kraken fait partie de la HUR et opère donc séparément des forces armées ukrainiennes régulières.
Cela suggère que les attaques ont probablement été menées en dehors du commandement des forces armées ukrainiennes régulières, dirigées par le général Valery Zaluzhnyi, qui est impliqué dans un conflit public avec Zelensky sur l’orientation future de la guerre. Zaluzhnyi a publiquement averti en novembre que la guerre était dans une « impasse », selon le magazine britannique Economist. Ses déclarations ont été rapidement contredites par Zelensky et son cabinet, qui ont rapidement annulé les prochaines élections présidentielles de 2024, au cours desquelles Zaluzhnyi aurait été son principal rival.
Vendredi, Budanov, le chef des renseignements militaires ukrainiens, est apparu à la télévision ukrainienne et a affirmé que les forces spéciales ukrainiennes avaient mené un autre raid dans la région de Belgorod et blessé une « personne plutôt emblématique » au sein de l’armée russe. Budanov, qui aurait été choisi par Zelensky pour remplacer l’ancien ministre de la Défense Oleksii Reznikov, est clairement habilité par Zelensky à mener une campagne militaire aventureuse.
Au cours de l’année écoulée, les services de renseignement militaire de Boudanov ont joué un rôle central dans une série d’attaques de drones, notamment contre Moscou et le Kremlin, et d’incursions sur le territoire russe menées par les forces fascistes. Il y a un an, une photo de Boudanov dans son bureau circulait avec, derrière son bureau, une carte de la Russie découpée en zones attribuées à différentes puissances.
Les États-Unis et les puissances impérialistes européennes ont défendu les attaques malgré les pertes civiles. L’envoyé britannique Thomas Phipps a cyniquement imputé à Moscou la responsabilité de tous les décès de civils résultant de la guerre.
« Il y a des centaines de milliers de soldats russes en Ukraine. Il n’y a pas un seul soldat ukrainien en Russie. Si la Russie veut que quelqu’un soit tenu responsable de la mort des Russes dans cette guerre, elle devrait commencer par le président Poutine », a déclaré Phipps.
Comme le démontrent les 30.000 civils morts dans le génocide de Gaza – et les millions de morts dans les guerres américaines au Moyen-Orient –, l’impérialisme occidental n’a aucun scrupule à commettre des massacres aveugles tant que cela sert ses intérêts. Selon l’ONU, plus de 10.000 civils, dont plus de 560 enfants, ont été tués et plus de 18.500 ont été blessés depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle en février 2022.
Alors que les attaques russes contre des villes ukrainiennes qui ont fait des victimes civiles font rapidement la une des médias occidentaux et sont condamnées comme crimes de guerre, pas un mot n’est dit sur le massacre par le gouvernement israélien de plus de trois fois plus de civils en seulement trois mois, mené avec des armes fournies par les États-Unis.
Après l’échec désastreux de la « contre-offensive » orchestrée par l’OTAN en 2023 et la mort de plus de 125.000 soldats ukrainiens en quelques mois seulement, sans aucun gain territorial, le gouvernement Zelensky a désormais clairement recours à des attaques provocatrices contre des cibles militaires et civiles en 2023 afin de susciter une réponse russe plus forte et, en retour, de maintenir le soutien impérialiste à la guerre.
Déjà, la logique de la guerre, menée de facto entre l’OTAN et la Russie, s’étend bien au-delà de l’Ukraine. Vendredi, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale des États-Unis, John Kirby, a répondu à la multiplication des attaques de missiles russes par des affirmations non fondées, suggérant que la Russie utilisait désormais des missiles et des lanceurs balistiques fournis par la Corée du Nord.
« La réponse la plus efficace à l’horrible violence de la Russie contre le peuple ukrainien est de continuer à fournir à l’Ukraine des capacités de défense aérienne vitales et d’autres types d’équipements militaires », a déclaré Kirby. « L’Iran et la RPDC [Corée du Nord] sont aux côtés de la Russie. Les Ukrainiens méritent de savoir que le peuple américain et ce gouvernement continueront à les soutenir », a ajouté Kirby, indiquant que la guerre en Ukraine est considérée par la classe dirigeante américaine comme le précurseur d’une guerre mondiale beaucoup plus vaste.
Tout en frappant de manière provocante à l’intérieur de la Russie, le gouvernement ukrainien redouble également d’efforts pour mobiliser encore un demi-million d’Ukrainiens en faveur de la poursuite de la guerre.
Avec un bilan d’au moins 400.000 morts, l’Ukraine a cruellement besoin de soldats et de munitions. Avant les vacances de Noël, Zelensky a annoncé que l’armée ukrainienne enrôlerait 500.000 soldats pour poursuivre la guerre et a ensuite soumis un projet de loi au Parlement pour se saisir de la question.
Selon le journal ukrainien New Voice, le général Zaluzhnyi aurait déclaré au Parlement ukrainien lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale : « J’ai besoin de gens. Les Russes en ont déjà appelé 400.000 et en préparent plusieurs centaines de milliers supplémentaires. Et qui ai-je ? […] Il y aura 80 jours de formation pour chaque personne mobilisée. Mais donnez-moi des gens », a déclaré Zaluzhnyi.
Les médias ukrainiens rapportent que la mobilisation a effectivement commencé. Viktor Yahun, une figure éminente du Service de sécurité ukrainien (SBU), qui a joué un rôle central dans la répression de l’opposition politique à la guerre et au régime de Zelensky, a déclaré à Espresso TV que « la mobilisation doit être totale » et qu’elle doit être un « contrôle total de qui et où » chacun se trouve. « Si une personne n’a pas passé devant la commission médicale militaire et n’a pas fourni de documents prouvant qu’elle travaille pour la défense et non pour l’économie, tout le reste n’est que des excuses. »
Yahun a ensuite exigé que ceux qui refusent de servir dans les forces armées soient privés de leur citoyenneté : « Je priverais de leur citoyenneté ceux qui disent ne pas vouloir se battre. Si vous ne voulez pas remplir vos devoirs, quels sont vos droits ? »
(Article paru en anglais le 8 janvier 2024)
