À Berlin-Neukölln: une puissante grève avec manifestation menée contre le génocide de Gaza

Lundi, un millier de travailleurs, d'écoliers et d'étudiants ont manifesté à Berlin-Neukölln contre le génocide israélien dans la bande de Gaza. Plusieurs groupes pro-palestiniens, la Coalition des étudiants de Berlin, ainsi que le Sozialistische Gleichheitspartei (Parti de l’égalité socialiste, SGP) et son organisation de jeunesse IYSSE avaient appelé à la grève et au rassemblement.

D'innombrables habitants et commerçants ont soutenu la manifestation et la marche, qui s'est déroulée de la Richardplatz à la Hermannplatz, en se joignant spontanément à elle et en prenant la parole. De nombreux étudiants avaient apporté des affiches faites par eux-mêmes et sur lesquelles ils condamnaient le silence persistant des administrations universitaires et la complicité du gouvernement dans les crimes de guerre d'Israël. D’autres étudiants se sont également joints à la manifestation et l'ont diffusée sur les réseaux sociaux.

Les jours précédents, des membres de l'IYSSE avaient distribué des centaines de tracts à l'usine Tesla de Brandebourg et chez BMW dans le nord de Berlin, appelant les travailleurs à soutenir la manifestation, à étendre les grèves en cours à la Deutsche Bahn [la société nationale de chemins de fer] et dans d'autres entreprises, et à arrêter « tout transport d'armes, de munitions et d'équipements de guerre vers Israël ». Une vidéo dans laquelle Gregor Link, porte-parole de l'IYSSE, s'exprime devant le bâtiment Tesla à Grünheide et appelle les travailleurs à faire grève contre le génocide à Gaza a été largement diffusée sur Tiktok et d'autres plate-formes de réseaux sociaux.

Manifestation contre le génocide à Gaza le 15.01.2024, à Berlin-Neukölln

Dans un discours prononcé sur la Sonnenallee, Link a expliqué que la frappe était dirigée « contre le génocide de Netanyahou dans la bande de Gaza ... qui est soutenu par tous les partis du Bundestag [parlement fédéral], par le gouvernement allemand et par tous ses alliés ». Selon Link, les frappes aériennes menées ces derniers jours contre le Yémen et le Liban montrent que le massacre de Gaza « fait partie de la tentative des élites dirigeantes de rediviser le monde ». « Ils se dirigent vers une troisième guerre mondiale dans laquelle les armes nucléaires peuvent être utilisées à tout moment. Nous ne devons pas permettre cela !'

Link a souligné qu'il n'était pas possible d'arrêter le massacre à Gaza et le développement d'une guerre mondiale en faisant appel aux gouvernements. « Le gouvernement allemand et ses alliés ne s'intéressent pas du tout à l'opinion de la population. Ils réagissent à la pression de la base par la dictature et l'État policier ».

Seul un mouvement international de la classe ouvrière contre le capitalisme peut mettre fin au génocide, a-t-il déclaré. Link a appelé à « relier les grèves et l'opposition croissante à l'inflation et à l'exploitation, à la lutte contre le génocide à Gaza » et à les armer d'une perspective socialiste révolutionnaire. « Un système qui ne peut survivre sans guerre et sans fascisme doit être renversé. Il est temps pour nous de reprendre les traditions révolutionnaires du socialisme ».

À la fin de son discours, Link a rappelé l'assassinat de Rosa Luxembourg il y a exactement 105 ans et a cité cette grande marxiste: la classe ouvrière doit « tirer la conclusion que l'impérialisme, la guerre, le vol de territoires, l’esclavage des peuples, la violation du Droit, la politique de la violence ne peuvent être combattus qu'en luttant contre le capitalisme, en opposant au génocide politique mondial la révolution sociale ».

Ce discours a été très applaudi. De nombreux autres participants, commerçants et habitants du quartier ont également pris la parole pour condamner fermement le génocide et la complicité du gouvernement allemand. Tariq, de la Coalition des étudiants de Berlin, a déclaré qu'un « nouveau mouvement des étudiants contre l'impérialisme » était en train de se développer. Ce mouvement était également dirigé contre « les institutions qui n'ont jamais rompu avec leur passé colonial, raciste et nazi ».

La police de Berlin avait mobilisé des centaines d'agents pour surveiller la grève et le rassemblement et intimider les habitants du district. Le week-end précédent, elle avait fait un usage massif de la force contre les participants à la manifestation annuelle commémorant Lénine, Liebknecht et Luxembourg.

Mais les manifestants du quartier de Neukölln à Berlin ne se sont pas laissé intimider. Ils ont scandé maintes fois des mots d’ordre contre le génocide, la couverture médiatique partiale et la censure de ceux qui expriment des positions critiques dans les universités. Les membres du SGP ont recueilli des dizaines de signatures en faveur de la participation du parti aux élections européennes.

(Article paru en anglais le 17 janvier 2024)

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