La Russie lance une offensive sur Kharkov, l'OTAN menace d'intervenir en Ukraine

Depuis la fin de la semaine dernière, des unités russes s'emparent de zones situées au nord de Kharkov, la deuxième ville d'Ukraine. A présent, cette offensive menace d’écraser toute la ligne de front ukrainienne, et d'entraîner un désastre pour le régime fantoche de l'OTAN à Kiev.

Elle pose également le danger d'une escalade militaire téméraire par l'OTAN contre la Russie. En effet, ce qui émerge en Ukraine est précisément la situation dans laquelle les puissances impérialistes de l'OTAN ont déclaré qu'elles pourraient attaquer la Russie.

Au début du mois, Macron a dit au Economist que si le front ukrainien s'effondrait, il pourrait envoyer des troupes françaises en Ukraine. La semaine dernière, des informations non étayées ont indiqué que des troupes françaises étaient déjà en Ukraine. Ce week-end, alors que la situation désespérée de l'armée ukrainienne devenait évidente, Macron est allé sur X/Twitter pour appeler les pays de l'OTAN à être «prêts à agir».

L'offensive russe implique environ 50.000 soldats du Groupe de forces Sever («Nord») nouvellement formé. La chaîne Telegram du ministère russe de la Défense indique que ces troupes ont pris neuf villages au nord de Kharkov, détruit des chars et de l'artillerie ukrainiens, et tué des centaines de soldats ukrainiens. Dimanche, ils ont atteint Vovchansk et d'autres villes d’une première ligne de fortifications ukrainiennes au nord de Kharkov.

Les dirigeants ukrainiens reconnaissent avoir subi d'importants revers. «Cette semaine, la situation dans la région de Kharkiv s'est beaucoup aggravée», a écrit dimanche sur Telegram le général Oleksandr Syrskii, le commandant des forces armées ukrainiennes. Évoquant des «succès partiels» des troupes russes, il a dit: «Les forces de défense ukrainiennes font tout ce qu'elles peuvent pour tenir les lignes et les positions défensives».

L'armée ukrainienne détache actuellement des troupes ailleurs sur le front pour les envoyer renforcer les unités devant Kharkov.

Actuellement, les objectifs précis de l'offensive russe sur Kharkov restent flous. En mars, le président russe Vladimir Poutine a appelé à établir une «zone tampon» au nord de Kharkov, l’armée ukrainienne y ayant lancé des attaques sur la ville russe voisine de Belgorod. Hier, il y a eu au moins quatre morts et des dizaines de blessés lorsque des missiles ukrainiens ont frappé Belgorod.

Il est évident, cependant, que l'offensive de Kharkov fait partie d'une offensive russe plus large tout le long du front. Certains médias spéculent que, renforcé avec plus de troupes, le groupe Sever pourrait prendre à la fois Kharkov et Soumy. D'autres suggèrent que c’est une diversion, visant à attirer les troupes ukrainiennes d'autres endroits sur le front, qui seront alors si étirées que l'armée russe y fera une percée.

Dimanche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit: «Les forces de défense ukrainiennes font tout leur possible pour tenir les lignes et les positions défensives. … L'idée derrière les attaques dans la région de Kharkov est d'étirer nos forces et de saper la base morale et motivationnelle de la capacité des Ukrainiens à se défendre».

Détacher des soldats pour les envoyer à Kharkov sape déjà les opérations ukrainiennes. Hier soir, Military Summary, une chaîne YouTube qui suit la guerre à partir de communiqués militaires et d'images vidéo et satellite, a dit que les attaques ukrainiennes prévues depuis Kherson, sur la mer Noire, avaient été annulées, les troupes ayant été envoyées à Kharkov.

Il a aussi rapporté que l’armée russe est entrée dans les villes stratégiques de Tchassiv Yar et Krasnohorivka, dont les défenses ont été affaiblies pour renforcer Kharkov. Si l’armée russe prend ces villes, situées en hauteur et contrôlant des liaisons de transport, elle pourrait contrôler tout le Donbass, région divisée depuis le coup d’État piloté par l’OTAN en Ukraine en 2014 en zones contrôlées par Kiev ou par des forces alliées à Moscou.

Le régime de Kiev est menacé par une catastrophe militaire découlant de sa politique réactionnaire et pro-impérialiste. Installé par un coup d'État piloté par l'OTAN, il est dirigé par des politiciens qui saluent la mémoire du collaborationniste ukrainien Stepan Bandera. Zelensky, qui a suspendu les élections et règne en dictateur soutenu par la CIA, a livré le peuple ukrainien à l'OTAN pour servir de chair à canon dans une guerre contre la Russie, annulant un traité de paix qu'il avait négocié avec la Russie au début du conflit en 2022.

Deux ans plus tard, un demi-million d'Ukrainiens sont morts et des millions d'Ukrainiens ont fui le pays pour éviter les flics brutaux qui enrôlent les civils de force dans l'armée. A présent que les troupes ukrainiennes battent en retraite, des rapports émergent sur le prix horrible payé par le peuple ukrainien.

Sur l'offensive de Kharkov, CNN avoue que l'armée ukrainienne est saignée à blanc: «L'attaque transfrontalière est un autre exemple de ce qui ne va pas pour les Ukrainiens cette année. Leurs forces sont peu développées, avec beaucoup moins d'artillerie que les Russes, des défenses aériennes largement insuffisantes et surtout un manque de soldats.»

«Le manque de soldat oblige l'Ukraine à éviter de déployer de grandes unités le long de la frontière», a dit un officier ukrainien à CNN. Il a dit qu'il s'attendait à de nouvelles avancées russes, «les forces russes déployant plus d'unités pour pénétrer dans des zones frontalières supplémentaires ou pour renforcer les succès initiaux».

Le plus grand danger est que, face à l'échec de sa stratégie de combattre la Russie jusqu'au dernier Ukrainien, l'OTAN envoie ses propres troupes. Une opposition écrasante à cela existe dans la classe ouvrière. Selon les sondages, 68 pour cent des Français, 80 pour cent des Allemands et 90 pour cent des Polonais s'opposent à l'envoi de troupes en Ukraine.

Néanmoins, foulant aux pieds l'opposition populaire, les puissances de l'OTAN menacent d'intervenir, acceptant le risque d'une escalade nucléaire.

Le chef démocrate à la Chambre des représentants des USA, Hakeem Jeffries, a traité la guerre en Ukraine de «succès stratégique», mais a ensuite averti que l’armée américaine pourrait devoir combattre la Russie pour sauver le régime ukrainien: «Nous ne pouvons pas laisser l'Ukraine tomber car si c'est le cas, il y a une forte probabilité que l'Amérique doive entrer dans le conflit – pas seulement avec notre argent, mais aussi avec nos troupes».

Samedi, le Frankfurter Allgemeine Zeitung a analysé les discussions dans les milieux gouvernementaux allemands sur l'appel de Macron à envoyer des troupes en Ukraine. Il a conclu qu'à Berlin, les «experts» estiment que «toute future ligne de cessez-le-feu devrait être garantie par des “bottes occidentales sur le terrain”» en Ukraine.

Le 8 mai, la Première ministre lituanienne Ingrida Šimonytė a dit au Financial Times qu'elle souhaite envoyer des troupes en Ukraine. Ignorant allègrement le danger de guerre nucléaire, Šimonytė a déclaré: « Si nous ne pensions qu'à la réponse russe, nous ne pourrions rien envoyer. Toutes les deux semaines, vous entendez dire que quelqu'un va être bombardé et atomisé».

Le régime capitaliste post-soviétique en Russie menace, pour sa part, de riposter à une éventuelle implication de l'OTAN en attaquant les pays de l'OTAN, y compris avec l’arme nucléaire. Dans son discours d'investiture du 9 mai, Poutine a déclaré: «La Russie fera tout pour ne pas permettre un conflit mondial, mais en même temps, nous ne nous laisserons pas menacer. Nos forces stratégiques sont toujours prêtes au combat».

Le général Yuri Netkachev a dit à la Nezavisimaya Gazeta: «Si la présence de spécialistes et de soldats de l'OTAN dans les installations militaires et dans les formations des forces armées ukrainiennes opérant contre les forces armées russes est prouvée, ils deviendront des participants au conflit. Et dans ce cas, l'utilisation d'armes nucléaires non stratégiques contre eux sera tout à fait justifiée».

Ceci souligne que la seule façon d'empêcher une escalade catastrophique est d'alerter, d'unifier et de mobiliser la classe ouvrière internationale en lutte contre la guerre déclenchée par l’OTAN en Ukraine, et contre tous les gouvernements capitalistes qui la mènent.

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