Le 17 mai, le New York Times a rapporté qu’au cours des dernières semaines et jours, de hauts responsables du gouvernement ukrainien ont fait pression sur le gouvernement Biden pour qu’il leur livre des informations sensibles qui permettraient au régime d’extrême droite de lancer des frappes militaires à l’intérieur du territoire russe.
Alors que les États-Unis fournissent déjà à l’Ukraine certains renseignements sur les positions des forces russes à la frontière, le Times écrit que les Ukrainiens font pression sur le gouvernement Biden pour obtenir davantage de «renseignements en temps réel» afin que les drones et frappes de missiles guidés puissent plus facilement échapper aux défenses aériennes russes.
C’est le deuxième article en deux jours où le Times, organe du Pentagone et des agences de renseignement, donne un aperçu des plans bien avancés de l’OTAN pour intensifier la guerre contre les Russes en Ukraine. Jeudi, le chef d’état-major interarmées américain Charles Q. Brown a déclaré au journal que l’OTAN finirait par envoyer des troupes de combat en Ukraine, le qualifiant d’«inévitable».
Dans son article du 17 mai, le Times cite à nouveau les commentaires du général Brown, qui s’adressait à des journalistes lors d’un vol vers un sommet de l’OTAN à Bruxelles. Brown a déclaré au journal que le gouvernement ukrainien «nous avait demandé de l’aide pour pouvoir frapper la Russie», mais que la demande était générale et non «spécifique à un système d’armement».
Le journal note que si des demandes similaires ont été rejetées par le passé, alors que les positions ukrainiennes continuent de s’affaiblir face aux frappes incessantes de l’artillerie et des bombes planantes russes, les responsables du gouvernement Biden «ont commencé à examiner» la demande d’accès aux renseignements de haut niveau de la part des Ukrainiens.
Le gouvernement américain mène la guerre, et ce que le Times présente comme des «demandes» de l’Ukraine sont en réalité des décisions prises par les puissances de l’OTAN. Le mois dernier, les membres des partis démocrate et républicain ont voté à une écrasante majorité en faveur d’une enveloppe supplémentaire de 95 milliards de dollars pour l’armée. Le projet de loi de guerre comprenait plus de 60 milliards de dollars pour l’Ukraine et 17 milliards de dollars supplémentaires pour permettre à Israël de poursuivre sa campagne génocidaire contre les Palestiniens.
En réponse au projet du gouvernement Biden de déployer des troupes de l’OTAN en Ukraine et d’intensifier la guerre, Joseph Kishore, candidat du SEP [Parti de l’égalité socialiste aux États-Unis] à la présidence, a publié un communiqué dénonçant les «plans du gouvernement Biden». Il y écrit que ce serait là une «escalade massive qui accroîtrait énormément le danger d’une guerre nucléaire».

«Les responsables russes ont déjà déclaré qu’ils répondraient à un tel déploiement en prenant pour cible les troupes et les installations militaires de l’OTAN en Ukraine et à l’étranger», a écrit Kishore, ajoutant: «Cela signifierait une guerre à grande échelle entre l’OTAN et la Russie. Il y a une forte probabilité qu’une telle guerre conduise à un échange nucléaire».
«L’ensemble du récit officiel concernant la guerre en Ukraine est un tissu de mensonges», a déclaré Kishore.
L’invasion russe de l’Ukraine n’était pas «non provoquée» – elle a été provoquée par les puissances impérialistes à travers l’encerclement militaire incessant de la Russie. Il ne s'agit pas en Ukraine de défense de la «liberté» et de la «démocratie». Le gouvernement ukrainien, truffé de fascistes, applique la loi martiale et criminalise toute opposition de gauche à la guerre. Cela inclut l'arrestation de Bogdan Syrotiuk, un trotskyste ukrainien qui s'oppose tant au régime ukrainien que russe sur la base de l'internationalisme socialiste.
Kishore a observé que tout ce que le gouvernement Biden:
a affirmé qu’ils ne ferait pas à cause des risques il l’a ensuite fait, depuis le ciblage du territoire russe jusqu’au transfert d’armes à longue portée et, aujourd’hui, au déploiement de troupes de l’OTAN…
Les gouvernements capitalistes mêmes qui prétendaient défendre la «démocratie» en Ukraine ont armé, financé et justifié politiquement le génocide israélien à Gaza. Ce sont des régimes criminels qui ne reculent devant rien pour défendre les intérêts de l’oligarchie financière et des entreprises.
L’auteur de cet article a contacté les députées démocrates Alexandria Ocasio-Cortez (New York) et Rashida Tlaib (Michigan) ainsi que le sénateur du Vermont Bernie Sanders pour savoir s’ils soutenaient l’envoi de troupes de l’OTAN en Ukraine pour combattre la Russie. À l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune de ces personnalités politiques n’a répondu. Tous avaient déjà voté en faveur du financement de la guerre contre la Russie.
Les tentatives de cet auteur de solliciter des commentaires des campagnes de Jill Stein (Parti vert) et de Cornel West (Indépendant) sur le déploiement imminent des troupes de l'OTAN en Ukraine sont également restées sans réponse au moment d’écrire ces lignes.
Sur son compte X, Jill Stein a tweeté pour la dernière fois cette année sur la guerre en Ukraine le 4 avril, écrivant que Biden «semble déterminé à déclencher la troisième guerre mondiale et à nous faire tous tuer avant que nous puissions le faire partir».
Il ne semble pas que West ait publié une déclaration écrite sur la guerre en Ukraine sur son compte X en 2024. Après la mort de l’opposant russe d’extrême droite Alexei Navalny en février de cette année, West a tweeté: «Mes prières vont à la précieuse famille du courageux prisonnier politique russe, le regretté Alexei Navalny…»
(Article paru en anglais le 18 mai 2024)
