Aux commémorations du Jour-J, Biden, Macron et Zelensky intensifient les menaces de guerre contre la Russie

Le président américain Joe Biden serre la main du président ukrainien Volodymyr Zelensky à Paris, vendredi 7 juin 2024. [AP Photo/Evan Vucci]

Au lendemain de la commémoration officielle du 80e anniversaire du débarquement des Alliés de la Seconde Guerre mondiale en Normandie, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rencontré le président américain Joe Biden et le président français Emmanuel Macron pour une continuation des cérémonies en France.

Ces réunions interviennent à un moment dangereux de la guerre de deux ans entre l'OTAN et la Russie en Ukraine. Alors que le régime ukrainien soutenu par l'OTAN est confronté à un effondrement militaire, l'OTAN donne des missiles à longue portée à l'Ukraine pour frapper la Russie et menace d'envoyer des troupes directement en Ukraine.

Jeudi, aidés par Zelensky, Biden et Macron ont cyniquement tenté d'invoquer le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie pour légitimer leur escalade de la guerre contre la Russie, qui menace de plonger l'Europe dans une nouvelle guerre mondiale.

Les invocations du débarquement de Normandie pour justifier la guerre que l'OTAN mène contre la Russie sont des mensonges politiques basés sur des falsifications historiques. Cela a commencé jeudi avec le discours que Zelensky a prononcé dans la matinée devant l'Assemblée nationale française. Assimilant carrément le président russe Vladimir Poutine à Hitler, Zelensky a affirmé que son régime était l'héritier des batailles livrées en Normandie.

«C'est vraiment cette bataille qui a été gagnée que nous commémorons ici, et nous sommes fiers d'être les héritiers de ceux qui y ont participé» a déclaré Zelensky à l'Assemblée.

Demandant si Poutine pouvait «gagner cette bataille» aujourd'hui, Zelensky a répondu à sa propre question: « Nous n'avons pas le droit de perdre. Cette guerre peut s'étendre, tout comme la guerre d'il y a 80 ans. … Dans les années 1930, Hitler a franchi une ligne après l'autre. Poutine fait de même ».

Zelensky a dénoncé Poutine qui, a-t-il dit, « a déjà détruit la Syrie, perturbe le Sahel ». Il a conclu en faisant l'éloge des livraisons d'armes françaises à l'Ukraine, qui incluent la promesse de Macron d'envoyer des soldats français et de livrer des avions de combat Mirage 2000 à capacité nucléaire. «Merci à la France d'avoir choisi sans hésitation le côté de l'humanité dans cette guerre, celui de la culture et du droit international».

C’est là de la propagande de guerre d'extrême droite. Les parallèles que Zelensky établit entre Poutine et Hitler, et entre la guerre de l'OTAN contre la Russie et la guerre des Alliés contre l'Allemagne nazie, falsifient tout le cours de l'histoire européenne. Dans la guerre actuelle, ce n'est pas la Russie, mais les puissances impérialistes de l'OTAN qui jouent le rôle le plus agressif et le plus réactionnaire.

La Russie, contrairement à l'Allemagne nazie, n'est pas une puissance impérialiste qui a conquis toute l'Europe dans une série d'actes d'agression militaire coûtant la vie à des dizaines de millions de personnes. Depuis la dissolution de l'Union soviétique en 1991, l'alliance de l'OTAN s'est agressivement étendue jusqu'aux frontières de la Russie, violant les promesses faites aux responsables russes de ne pas le faire. Aujourd'hui, l'OTAN s'apprête à lancer ses missiles depuis l'Ukraine pour frapper le sol russe et menace de déployer ses armées en Ukraine pour combattre la Russie.

La référence de Zelensky au rôle de Poutine en Syrie et au Sahel pointent certaines des raisons pour lesquelles l'impérialisme français s'est embarqué dans cette politique monumentalement irresponsable. Après que les guerres que l'OTAN et la France ont lancées en Syrie en 2011 et au Mali en 2013 n'eurent pas atteint leurs objectifs de changement de régime, les gouvernements de ces pays ont invité les troupes russes à les aider. Cela indigne l'impérialisme français, qui s'estime en droit de contrôler ces pays de son ancien empire colonial.

L'affirmation de Zelensky que la France soutient «la culture et le droit international» est un mensonge transparent. Le gouvernement Macron a soutenu sans relâche le génocide israélien en cours à Gaza.

De plus, aussi réactionnaire et en faillite qu'ait été l'invasion de l'Ukraine par Poutine en 2022, cela ne change rien au fait que le régime de Zelensky se base sur les descendants néofascistes des forces collaborationnistes nazies dirigées par Stepan Bandera en Ukraine. Non seulement de nombreux hauts responsables du gouvernement de Zelensky sont des partisans de Bandera, mais de nombreuses milices ukrainiennes combattant l'armée russe en Ukraine sont des unités néonazies.

La loyauté néonazie des troupes de choc ukrainiennes, régulièrement niée dans la propagande médiatique française, est apparue le mois dernier lorsque des informations ont fait surface montrant qu’un camp de l'armée française dans le département de la Creuse entraînait des néonazis du bataillon ukrainien Azov arborant de grands tatouages « SS ».

Les sympathies du bataillon Azov, s'il elles étaient transposées en 1944, ne seraient pas alliées, mais ennemies des troupes débarquant en Normandie. Le bataillon Azov a pour symbole le Wolfsangel, le symbole de la division nazie SS Das Reich. Cette division a perpétré le massacre du village d'Ouradour-sur-Glane en France, le 10 juin 1944 – sur le modèle des massacres menés par les SS en Union soviétique – alors qu'elle traversait la région du Limousin, dont fait partie la Creuse, pour combattre les troupes alliées qui venaient de débarquer en Normandie.

Dans la journée de jeudi, Biden et Macron ont néanmoins annoncé de vastes nouvelles concessions d'armes à l'armée ukrainienne pour intensifier la guerre avec la Russie. Washington enverra des missiles antiaériens, de l'artillerie et des obus, ainsi que des missiles antichars et des armes légères. Paris s'est engagé à envoyer un système de défense aérienne et à mettre en place en Ukraine des installations de production du fabricant d'armes franco-allemand KNDS.

Les responsables russes ont répondu en avertissant à nouveau que l'OTAN était sur le point de provoquer un conflit direct entre puissances nucléaires. Les remarques de Macron avaient montré, a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, que la France était «prête à participer directement au conflit. Disons que M. Macron montre un soutien absolu au régime ukrainien et déclare que la République française est prête à participer directement au conflit militaire ».

La conclusion des événements de la journée a été l'allocution de Biden à la Pointe du Hoc, en Normandie, qui fut escaladée par les Rangers de l'armée américaine lors du débarquement. Biden a affirmé que les soldats qui avaient combattu à la Pointe du Hoc «nous convoquent » pour soutenir la politique de son gouvernement.

« Ils ne nous demandent pas d'escalader ces falaises. Mais ils nous demandent de rester fidèles à ce que l'Amérique représente » a-t-il dit. « Ils ne nous demandent pas de donner ou de risquer notre vie. Mais ils nous demandent de prendre soin des autres dans notre pays plus que de nous-mêmes. Ils nous demandent de faire notre travail, de protéger la liberté à notre époque, de défendre la démocratie, de résister à l'agression à l'étranger et au pays pour faire partie de quelque chose de plus grand que nous ».

Cette invocation creuse des traditions démocratiques et de l'opposition au nazisme est directement contredite par le contenu réel de la politique menée par les puissances impérialistes. En réalité, Washington et ses alliés de l'OTAN soutiennent les forces d'extrême droite en Ukraine et le régime d'extrême droite en Israël pour mener une guerre impérialiste et pour soutenir un génocide.

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