L’invasion illégale du Venezuela par l’administration Trump provoque une explosion de colère en France et à travers le monde. La décision par la puissance impérialiste hégémonique de kidnapper un président élu, dans une opération dont le but annoncé est de prendre le contrôle du pays et de son pétrole signale la descente du système capitaliste mondial dans une barbarie impérialiste effrénée. La décision initiale de Macron de saluer l’invasion inspire un profond dégoût parmi les masses.
Des reporters du WSWS sont intervenus pour interviewer des étudiants en région parisienne sur l’intervention américaine au Venezuela.
«C’est une nouvelle forme de colonialisme», a déclaré Lucie, étudiante en lettres. «En fait, Trump, il n'en a rien à faire que le président» Maduro ne dirige pas une démocratie. «De toute façon, c'est un fasciste lui-même. Et que si ça l'inquiétait vraiment, il aurait arrêté la guerre en Ukraine. Lui, ce qui l'intéresse, c'est les ressources pétrolières qui se trouvent au Venezuela.»
Sa camarade Sarah a dit: «Les Etats-Unis, ils n'auraient pas dû kidnapper le président du Venezuela, parce que ça ne les regardait pas … Et en plus, il y a comment ils l'ont kidnappé: Ils lui ont bandé les yeux.» Elle a ajouté: «Dans tous les cas, c'était sûr que Macron allait soutenir Trump. Mais moi, je ne suis pas d'accord.»
Jonas, étudiant de première année en histoire, a dénoncé l’intervention au Venezuela: «C'est scandaleux. Il se cache derrière des idées pour faire semblant d'aider le peuple vénézuélien, mais il y va que pour l'argent.» Il a aussi critiqué le régime de Macron, qui gouverne contre le peuple, imposant des mesures d’austérité rejetées par l’écrasante majorité de la population afin de préparer la France à une éventuelle intervention en Ukraine également rejetée par la population.
Macron, a dit Jonas, «explique que Venezuela n'avait pas respecté les droits démocratiques, alors que même lui ne le fait plus vraiment.»
Quand les journalistes du WSWS ont soulevé une lutte internationale unifiée dans la classe ouvrière contre la guerre impérialiste et le colonialisme, Massamba, étudiant de langues, a dit: «C'est très grave et l'ensemble des pays devrait parler. Imaginons que ça avait été un autre pays (que les USA qui avait attaqué le Venezuela), je pense pas qu'il y aurait eu les mêmes réactions. … On devrait au moins essayer de se mobiliser pour changer les choses, ce n'est pas quelque chose qu'on devrait accepter.»
Karim, étudiant en droit, a dit: «C'est le paroxysme de l'impérialisme américain à l'état pur, sans cachette. A l'époque de Reagan (dans les années 1980), ça faisait des opérations en sous-main. Maintenant que la barrière est franchie, qu'ils peuvent tous se permettre depuis quelques années, surtout avec Trump, il joue là-dessus. … Il fait des menaces à tout le monde. Il fait des menaces à des pays qui sont quand même plutôt affiliés à la Chine et du coup qui pour lui sont dans le même rang que le Venezuela, à savoir des pays qui veulent s'émanciper.»
Il a ajouté: «Donald Trump se fout complètement du droit international. … On ne connaît pas encore le nombre de victimes, dans quel lieu il a frappé, envoyé des hélicoptères d'attaque et de reconnaissance pour la CIA pour kidnapper un président qui a été quand même élu démocratiquement.»
Karim a dit son mépris de l’argument selon lequel l’intervention de Washington défendrait la démocratie au Venezuela : «De toute façon, même les États-Unis se transforment un peu en dictature avec l'envoi des militaires et de ICE pour contrôler les populations immigrées étasuniennes. En fait, c'est qu'il n'y a plus d'État de droit aux États-Unis, c'est qu'il a tous les pouvoirs et il en fait ce qu'il veut sans que personne ne lui dise rien, quoi que ce soit.»
Karim a aussi critiqué le rôle des gouvernements européens, qui ont salué l’enlèvement de Maduro en se payant de quelques phrases creuses sur le droit international. Il a dit, «L'Union Européenne fait quand même pression sur le Venezuela pour qu'il se calme, alors qu'ils ont subi une attaque majeure aux États-Unis. C'est littéralement une déclaration de guerre, car les États-Unis envoient des troupes, des forces armées, dans un autre pays qui n'a absolument rien demandé.»
A propos des causes de cette réaction des bourgeoisies impérialistes européennes, Karim a pointé la militarisation de l’Europe contre le peuple: «En France, il y a une augmentation du budget de l'armée. Et on nous prépare à aller se battre en Ukraine, mais bon, personne n'a demandé. Normalement, on doit quand même pacifier et créer un dialogue. Sauf que l'Union européenne et les États-Unis ne veulent pas dialoguer. En fait, ils font tout pour mettre de l'huile sur le feu.»
Interrogé sur la perspective d’une mobilisation internationale des travailleurs pour stopper les guerres et faire chuter des gouvernements illégitimes et antidémocratiques, il a répondu: «Pour les États-Unis, pour les Américains, de créer des mouvements de masse, je pense qu'ils en sont capables … Je pense qu'ils sont quand même dans une forme d'indignation.»
