Alors que le capitalisme fonce vers la dictature et la guerre mondiale, les jeunes doivent rejoindre la lutte pour le socialisme!

En 2026, les étudiants et les lycéens qui reprennent les cours se retrouvent confrontés à un monde en proie aux convulsions alors que les élites dirigeantes mettent en œuvre un programme d'autoritarisme, de génocide et de guerre. Pour enrayer cette descente aux enfers, la jeunesse doit s'attaquer à la source même de la crise: un système capitaliste obsolète.

Ces quatre dernières semaines ont marqué un tournant décisif dans la politique mondiale, soulignant l'urgence de ce combat. Aux États-Unis, le centre du capitalisme mondial, l'administration fasciste de Trump mène une guerre contre la population, tant au niveau national qu'international. La destruction de toutes les normes démocratiques et l'instauration d'un pouvoir absolu de l'oligarchie ne sont pas des problèmes exclusivement américains, mais représentent la trajectoire du capitalisme partout dans le monde.

Des agents fédéraux font face à des manifestants après une fusillade survenue le mercredi 14 janvier 2026 à Minneapolis. [AP Photo/John Locher]

La ville de Minneapolis est sous occupation quasi paramilitaire de la part des agents de l'ICE (police de l’immigration) de Trump, dont le but est de terroriser la population. L'exécution de sang-froid de Renée Good et d'Alex Pretti fait partie d’un complot fasciste mené par la Maison-Blanche et visant à renverser la Constitution et à instaurer une dictature.

L'administration Trump a défendu ces meurtres; elle affirme que les agents de l'ICE bénéficient d'une «immunité absolue» et revendique pour elle le droit de tuer ses propres citoyens. Cette situation a provoqué une vague d'indignation dans la classe ouvrière du Minnesota et dans tout le pays, et l'idée d'une grève générale nationale gagne du terrain parmi les travailleurs et les jeunes.

Le Parti démocrate, qui a voté pour la mobilisation massive des moyens militaires de Trump, n'oppose aucune résistance au programme fasciste de l’aspirant dictateur car il défend la même aristocratie financière et ses intérêts de classe.

L'intensification de la lutte des classes aux États-Unis a une importance mondiale. Elle révèle que la défense des droits démocratiques fondamentaux ne viendra ni des médias patronaux ni d’aucun des partis officiels, que ce soient les Démocrates ou leurs homologues à l'international. Cette défense ne peut venir que d’en bas, de la classe ouvrière internationale. C'est vers cette force que les jeunes doivent se tourner pour stopper la dictature.

La lutte contre le régime autoritaire doit être liée à la lutte contre la guerre impérialiste. Dès les premiers jours de cette année, les États-Unis ont lancé une opération militaire ouvertement criminelle contre le Venezuela. Ils ont envahi le pays, enlevé son président et placé de facto les vastes réserves pétrolières et minières du pays sous le contrôle de Washington.

Cet acte illégal marque un retour au colonialisme pur et simple ; l'impérialisme américain lance un programme visant à asseoir son contrôle sur l'ensemble de l'hémisphère occidental, sans la moindre prétention démocratique. Trump a également menacé d'annexer le Groenland, une initiative qui met à mal son alliance de plusieurs décennies avec l'impérialisme européen et pourrait sonner le glas de l'OTAN. Trump a déjà bombardé l'Iran et menace ce pays d'une guerre imminente dans le cadre de sa stratégie de domination du Moyen-Orient.

Cela indique que toutes les règles et les freins imposés après la guerre aux actes prédateurs des puissances impérialistes sont balayés, et que la société retourne à nouveau à toute vitesse à l'ère de conquête et de pillage colonial de la fin du XIXe siècle. L'objectif principal des plans de guerre de Washington est d'assurer sa domination sur l'économie mondiale, avant tout pour contrer la Chine, son principal rival économique.

Tout cela conduit vers un régime autoritaire et une guerre mondiale nucléaire catastrophique. Mais ces dangers n’émanent pas de Trump l'individu. Trump n'est que la manifestation la plus grotesque d'un ordre capitaliste en décomposition, basé sur les privilèges exorbitants d'une oligarchie de milliardaires dont la richesse grandissante est incompatible avec la démocratie.

Partout dans le monde, les gouvernements s'alignent sur la course à la guerre et à l'autoritarisme. En Australie, le gouvernement travailliste d'Albanese a considérablement accéléré la mise en place d'un régime policier à la suite de l'attentat terroriste de Bondi.

Cette attaque réactionnaire a été exploitée par le Parti travailliste et l'ensemble de la classe politique et médiatique pour faire adopter des lois anti-manifestations, renforcer les pouvoirs d'urgence et tenter d'interdire les manifestations de masse contre le génocide de Gaza. Sous le faux prétexte de lutter contre l’«antisémitisme», une étiquette utilisée pour discréditer toute critique du régime israélien, le gouvernement australien cherche à museler la liberté d'expression dans tous les domaines de la société.

Une partie de la manifestation contre le génocide à Gaza, sur le Sydney Harbour Bridge, le 3 août 2025.

Écoles et universités sont en première ligne. Juste après l'attentat de Bondi, le Parti travailliste a créé une task force sur l'antisémitisme dans l'Enseignement. Objectif avoué: imposer la propagande sioniste aux élèves en réécrivant les programmes scolaires, intimider les enseignants pour les réduire au silence et menacer de suppression de financement, voire de fermeture, les institutions qui ne répriment pas l'opposition aux crimes de guerre israéliens.

L'attaque menée par le gouvernement contre la liberté de manifester et d'expression politique ne vise pas seulement l’opposition au génocide mais toute la classe ouvrière et ses droits démocratiques. Le Parti travailliste mène cette attaque alors que la classe dirigeante australienne sait pertinemment que des soulèvements sociaux semblables à ceux des États-Unis se produiront également en Australie. Elle se prépare préventivement à réprimer une lutte de masse des travailleurs et des jeunes.

C’est également l’objectif de l’interdiction faite aux moins de 16 ans d’accéder aux réseaux sociaux. Son but n’est pas de protéger les enfants, mais de les empêcher d’accéder à des informations indépendantes, de participer à des débats politiques et de s’organiser contre la guerre, l’austérité et les inégalités.

Albanese a aussi fait en sorte que le pays devienne un État de première ligne dans une guerre des États-Unis contre la Chine. Cela inclut des opérations conjointes de déploiement militaires avec le Pentagone, le pacte de guerre AUKUS et la hausse des dépenses militaires. Ceci alla de pair avec le soutien du Parti travailliste au génocide de Gaza, à la guerre menée par les États-Unis et l'OTAN contre la Russie en Ukraine et au militarisme dans le monde.

Le Parti travailliste a présidé à ce programme droitier parce qu'il est un parti-clé du pouvoir capitaliste; il est pleinement voué à promouvoir les intérêts géopolitiques de l'élite dirigeante australienne et à défendre sa richesse.

La concentration massive des richesses entre les mains d'une infime minorité de super-riches, dans tous les pays, est la cause profonde des guerres et des dictatures. Le milliardaire fasciste Elon Musk est en passe de devenir le premier trillionnaire du monde. Les 48 milliardaires australiens possèdent plus de richesses que les 11 millions de personnes les plus pauvres du pays.

De telles inégalités profondes ne peuvent être maintenues démocratiquement et requièrent des mesures dictatoriales. Les jeunes qui veulent lutter contre la dictature et la guerre doivent par conséquent entreprendre une lutte contre le capitalisme.

Une partie des centaines d'étudiants qui ont quitté les cours et furent rejoints par des membres de la communauté pour protester contre l'occupation de Minneapolis par l'ICE et réclamer justice pour Renee Good, le 14 janvier 2025.

L'opposition à ces évolutions ne manque pas parmi les travailleurs et les jeunes du monde entier, comme en témoigne l'éruption de mouvements de contestation de masse contre la politique de Trump aux États-Unis. La question cruciale est cependant de savoir quelle orientation prendra cette lutte et quel sera son programme politique. Pour y répondre, les jeunes doivent tirer les leçons des luttes récentes, qui n'ont pas réussi à stopper la crise du capitalisme mondial.

Ces deux dernières années ont été marquées par des manifestations mondiales de masse continues contre le génocide de Gaza, le pire crime impérialiste des temps modernes. Mais jusqu'à présent, ces manifestations ont visé à faire pression sur les gouvernements capitalistes impliqués dans le génocide pour qu'ils «fassent ce qu’il faut» et modifient leur politique.

Cette ligne politique a été constamment défendue par les Verts et les organisations australiennes de la pseudo-gauche, comme Socialist Alternative, Solidarity et Socialist Alliance. Toutes colportent l'illusion que la guerre peut être terminée en faisant appel au Parti travailliste pro-guerre alors que l'État répond par la criminalisation et la répression.

Les Verts ont salué la Commission royale d'enquête du gouvernement fédéral sur la fusillade de Bondi qui n'a rien à voir avec une recherche de la vérité sur comment les auteurs ont pu perpétrer l'attentat terroriste le plus meurtrier de l'histoire australienne mais vise bien plutôt à rendre l'opposition de masse au génocide responsable de cette atrocité. En effet, derrière leurs airs progressistes, les Verts sont un parti capitaliste qui défend la classe dirigeante australienne et ses intérêts politiques.

Les hauts responsables syndicaux, qui ont empêché toute action syndicale contre le génocide, se sont également joints au concert de ceux qui exigeaient la répression des manifestations.

La pseudo-gauche elle, présente le Parti travailliste comme la victime d'une campagne d'extrême droite suite aux événements de Bondi. Loin de promouvoir une perspective socialiste pour mobiliser les travailleurs contre le gouvernement travailliste, ces organisations enchaînent les jeunes au cadre capitaliste en dirigeant l'indignation populaire vers l'impasse stérile des requêtes parlementaires.

La raison en est que la pseudo-gauche est une tendance pro-impérialiste et que, tout en s'opposant au massacre des Palestiniens, elle a ouvertement applaudi la violence impérialiste américaine en Libye, en Syrie et en Ukraine. En tant qu’organisations dont la base sociale est une élite privilégiée de la classe moyenne supérieure, principalement issue du monde universitaire et des bureaucraties syndicales corrompues, elles n'ont rien à voir avec le socialisme. Elles cherchent à empêcher une explosion sociale de la classe ouvrière, indépendante des grands partis.

La jeunesse d’aujourd'hui vit dans une époque révolutionnaire. Le capitalisme précipite l'humanité dans l'abîme et le temps nous est compté. La crise ne se résoudra pas par la seule protestation ni par de simples appels moraux aux pouvoirs en place. Il est impératif que les jeunes se consacrent à construire un mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière.

Cela signifie aller dans les usines, les entrepôts, les plateformes logistiques, les universités, et lutter pour que les travailleurs construisent leurs propres organisations de combat, des comités de la base, entièrement indépendants de tous les partis capitalistes et de leurs soutiens au sein des bureaucraties syndicales.

Un tel mouvement doit s’appuyer sur un programme socialiste visant à exproprier les fortunes colossales détenues par les milliardaires, les banques et les grands trusts et à placer ceux-ci sous le contrôle démocratique des travailleurs à l'échelle internationale.

Les jeunes qui souhaitent s'engager sérieusement dans ce combat doivent avant tout s'instruire sur les luttes historiques de la classe ouvrière au XXe siècle. Socialism AI, un puissant chatbot lancé par le mouvement trotskyste mondial, dont l'IYSSE (Jeunes et Étudiants internationaux pour l’égalité sociale) est la branche jeunesse, doit être adopté comme outil d'éducation et de développement de la conscience socialiste chez les travailleurs.

Nous appelons tous les jeunes à s'engager dès aujourd'hui dans la lutte contre la guerre mondiale et le fascisme. Prenez part au combat pour le socialisme et rejoignez l'IYSSE !

(Article paru en anglais le 30 janvier 2026)

Loading