La crise Mandelson-Epstein et la lutte socialiste contre le gouvernement Starmer

L’impact de la crise de l’affaire Epstein sur le gouvernement travailliste britannique est tel que la survie politique du Premier ministre Keir Starmer est menacée.

En décembre 2024, Starmer a nommé Peter Mandelson ambassadeur aux États-Unis, en toute connaissance de cause de ses liens étroits avec le trafiquant sexuel pédophile Jeffrey Epstein. Les dernières révélations du département de la Justice américain ont mis en lumière l'étendue des relations entre Mandelson et Epstein, qui incluaient un lobbying intense en sa faveur et la divulgation de secrets d'État.

Le Premier ministre travailliste britannique Tony Blair et (derrière) Peter Mandelson, alors secrétaire d'État à l'Irlande du Nord, à leur arrivée pour des pourparlers au château de Hillsborough, à Belfast, le 18 avril 2000 [AP Photo/Peter Morrison]

Surnommé le « Prince des ténèbres », Mandelson incarnait les liens du New Labour avec l'oligarchie financière, mis en place sous Tony Blair, liens illustrés par sa déclaration selon laquelle il était « parfaitement à l’aise quant à l'enrichissement indécent des gens ».

Sa nomination comme ambassadeur aux États-Unis fut perçue par Starmer et ses alliés comme l'incarnation du triomphe de l'orthodoxie blairiste du Parti travailliste, après la défaite cuisante des partisans de Corbyn. Son parcours politique et d’homme d’affaires – notamment ses liens étroits avec Epstein – visait également à rassurer la nouvelle administration Trump sur le fait que le gouvernement travailliste était un allié fiable, tant sur le plan économique que militaire, pleinement intégré à la même oligarchie criminelle.

Lors d’une visite à Washington à l'époque, Starmer a déclaré : « Peter est la personne idéale pour nous aider à collaborer avec le président Trump et à consolider encore davantage notre relation privilégiée. » Un communiqué de presse du cabinet du premier ministre précisait : « Il apportera à ce poste une connaissance approfondie des politiques étrangères et économiques, un solide réseau d'affaires et une expérience acquise au plus haut niveau de l'État… »

Le Premier ministre Keir Starmer (à droite) marche avec Peter Mandelson, ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis d'Amérique, à l'ambassade britannique aux États-Unis d'Amérique, le 26 février 2025 [Photo by Simon Dawson/No 10 Downing Street/OGL 3]

Le Parti travailliste de Starmer, acheté et payé par l'oligarchie financière

Cependant, toute tentative de présenter la crise Epstein-Mandelson comme une occasion de faire le ménage au sein du Parti travailliste, à commencer par le limogeage de Starmer, relève de la supercherie politique. Les événements de la semaine dernière démontrent que le départ de Starmer n'aurait aucun impact sur le caractère réactionnaire du gouvernement travailliste. La crise travailliste met la classe ouvrière face à l'urgence d'intervenir de manière indépendante, notamment par la création de son propre parti.

Starmer n'a jusqu'à présent pas dû faire face à une contestation de son leadership, malgré la chute de sa popularité, car l'ensemble de son gouvernement profondément corrompu est déterminé à servir les intérêts de l'oligarchie financière mondiale.

Aucun des députés du Parti travailliste parlementaire (PLP) que les médias présentaient comme ceux qui allaient porter le coup de grâce à Starmer n'était prêt à prendre le risque de déstabiliser les marchés obligataires, la City de Londres et les relations internationales de l'impérialisme britannique. Au sein des plus hautes sphères de la classe dirigeante que le Parti travailliste sert, le mot d’ordre était de maintenir la stabilité politique afin de garantir la poursuite de l'austérité imposée par une guerre contre la classe ouvrière, et de préserver la capacité de l'impérialisme britannique à projeter ses intérêts mondiaux dans un contexte d'escalade des tensions de guerre commerciale et guerre impérialiste.

Le lundi matin, les médias britanniques étaient pleines de spéculations selon lesquelles la position de Starmer était devenue intenable, évoquant le mécontentement au sein du PLP et les déclarations intéressées et hypocrites des députés se disant indignés par la nomination de Mandelson par Starmer, approuvée par son plus proche conseiller politique, Morgan McSweeney.

Starmer fut contraint d'accepter la démission de McSweeney – le protégé de Mandelson qui avait mené sa campagne pour devenir chef du Parti travailliste – ainsi que celles de trois autres membres de son entourage. Les prédictions de sa chute imminente semblèrent se confirmer lorsque le chef du Parti travailliste écossais, Anas Sarwar, tint une conférence de presse appelant le Premier ministre à démissionner. On spéculait que Sarwar avait agi de connivence avec le principal rival potentiel de Starmer, le ministre de la Santé Wes Streeting, et que d'autres appels à la démission allaient suivre.

Au lieu de cela, tous les principaux membres du cabinet ont déclaré leur soutien à Starmer, y compris, bien qu'à contrecœur, Streeting lui-même. Entouré de son cabinet, le discours du Premier ministre devant les députés travaillistes, lundi soir, a été interrompu à 30 reprises par des applaudissements, dont quatre ovations debout.

Enhardi au point de couvrir McSweeney d'éloges, Starmer a averti que toute tentative de le remplacer à la tête du pays menacerait de plonger « mon pays […] dans le chaos, comme d'autres l'ont fait ».

Le message ne venait pas seulement de Starmer. Son appel faisait écho à la City de Londres et aux marchés obligataires. L'inquiétude des investisseurs face à la démission de Starmer a entraîné la plus forte baisse de la livre sterling face au dollar en une seule journée depuis septembre, et l'écart entre les coûts d'emprunt des États à 10 ans et à 2 ans – indicateur des craintes des investisseurs quant aux futurs emprunts publics – a atteint son plus haut niveau depuis huit ans. Les coûts d'emprunt du Royaume-Uni sont actuellement les plus élevés du G7.

Le Financial Times rapportait dès le 6 février que les alliés de Starmer :

ont averti les députés travaillistes qu'une tentative de renverser le Premier ministre aurait des conséquences désastreuses sur l'économie après des jours de turbulences qui ont fait chuter la livre sterling et inquiété les investisseurs craignant un virage à gauche.

Signe de leur inquiétude face à la menace qui pèse sur le leadership de Starmer en raison de sa gestion du scandale relatif à Lord Peter Mandelson, les partisans du Premier ministre ont évoqué le risque d'une flambée des taux d'intérêt à la Liz Truss s'il était contraint de quitter ses fonctions.

« La volatilité des marchés obligataires rend les contestations de leadership extrêmement coûteuses pour le pays ; ce serait totalement irresponsable », a déclaré un proche allié de Starmer.

Andy Higginson, PDG de JD Sports, a confié au Financial Times la « grande crainte » qui règne dans le monde des affaires : « Nous avons voté pour leur message pro-entreprises, et le risque [changement de premier ministre] est que cela représente un virage à gauche déguisé. » Mike Riddell, gestionnaire de fonds obligataires chez Fidelity International, a tenu des propos similaires : « Si le Royaume-Uni voyait arriver une nouvelle direction qui optait pour une politique d’expansion budgétaire, le marché des obligations d’État britanniques serait probablement secoué, et la livre sterling le serait sans doute aussi. »

Les remplaçants potentiels de Starmer, jugés acceptables par le monde des affaires, n'étaient de surcroît pas en mesure de lui succéder. Streeting, qui a gagné en popularité grâce à son offensive brutale contre le Service national de santé (NHS), est profondément compromis par sa relation étroite avec Mandelson. Il a été contraint de publier par anticipation une sélection de messages WhatsApp dans lesquels il fait part à l'ambassadeur de l'époque de son mécontentement quant aux résultats économiques de Starmer, concluant chaque message par un baiser.

Wes Streeting, secrétaire d'État à la Santé et aux Affaires sociales, arrive au 10 Downing Street pour la première réunion du cabinet du Premier ministre Keir Starmer, le 6 juillet 2024 [Photo by Simon Dawson/No 10 Downing Street / CC BY-NC-ND 2.0]

Il n'était pas nécessaire d'établir un lien direct avec le scandale Epstein-Mandelson pour s'assurer au moins la loyauté temporaire de l'ensemble du PLP. Malgré leur indignation feinte, tous les députés travaillistes savaient exactement pourquoi Mandelson avait été mis en avant par Starmer.

Comment la gauche corbyniste a ouvert la voie à Starmer

Rien de tout cela ne garantit la survie politique de Starmer à long terme. Mais cela montre comment la bourgeoisie s'efforce de faire en sorte que son successeur poursuive et renforce la politique d'austérité, les guerres commerciales et militaires menées par le gouvernement travailliste en alliance avec Washington. Si cela échoue, le parti Reform UK de Nigel Farage se prépare à prendre la tête d'un gouvernement de droite alternatif, probablement en alliance avec les conservateurs.

La responsabilité de la capacité de la classe dirigeante à faire de tels préparatifs incombe entièrement au Parti travailliste. La gauche corbyniste et la bureaucratie syndicale ont constitué les principaux mécanismes empêchant la classe ouvrière d'intervenir face à l'aggravation de la crise de l'impérialisme britannique et mondial.

Le sort politique de Mandelson aurait dû être scellé en 2015, lorsque Jeremy Corbyn a été élu chef du Parti travailliste en raison d'une vague d'opposition aux blairistes et à leur bilan politique criminel, notamment la guerre illégale contre l'Irak.

Au lieu d' honorer son mandat, Corbyn capitula sur toute la ligne face aux blairistes – y compris Mandelson, qui n'a jamais caché ses propres efforts pour chasser Corbyn – au nom de la préservation du « large consensus » du Parti travailliste. Si Starmer a succédé à Corbyn, ce ne fut pas grâce au génie de McSweeney, mais à la lâcheté de Corbyn, qui a trahi un immense mouvement populaire, ce qui lui a valu d'être suspendu du groupe parlementaire en 2020 et exclu du parti en 2024.

Jeremy Corbyn (à gauche) et Keir Starmer lors d'un événement pendant les élections générales de 2019, alors que Corbyn était chef du parti et Starmer son secrétaire fantôme au Brexit [AP Photo/Matt Dunham, File]

La poignée d'élus « de gauche » encore présents au sein du Parti travailliste sont restés quasiment invisibles face au scandale qui éclatait. L'ancien ministre des Finances du cabinet fantôme de Corbyn, John McDonnell, et le président du Socialist Campaign Group, Richard Burgon, ont poliment suggéré la démission de Starmer, tout en insistant sur la nécessité d'une enquête pour corruption au sein du parti auquel ils restent fidèles. Plutôt que de lancer un appel à la lutte contre la droite, Burgon a déclaré : « Il y a beaucoup à faire pour débarrasser le parti de ce factionnalisme nauséabond qui a rendu le Labour si impopulaire auprès du public. »

Corbyn et la codirigeante de facto de « Your Party », Zarah Sultana, n'ont pas été moins insipides. Corbyn a démontré une fois de plus sa loyauté absolue envers l'État britannique et le Parti travailliste, qu'il en soit exclu ou non. Il a suggéré comme solution à la crise Mandelson le moyen éprouvé par la classe dirigeante britannique de se soustraire à toute responsabilité : une enquête publique, ouverte « en grande partie » seulement, afin de protéger la sécurité nationale.

Sultana a réagi aux fausses informations selon lesquelles Starmer avait l'intention de s'adresser à la nation en lançant, sur le ton de la plaisanterie : « J'espère fortement que c'est une démission. »

Quant à la bureaucratie syndicale, l'élection de Starmer a été facilitée par sa répression d'une vague de grèves qui a duré 18 mois. Face à la montée des appels à la grève générale contre le gouvernement conservateur d’alors en crise, les figures de proue de ces grèves (Mick Lynch du syndicat des transports ferroviaires, maritimes et routiers, Dave Ward du syndicat des travailleurs de la communication et Jo Grady du syndicat des universités et des établissements d'enseignement supérieur) lancèrent la campagne « Ça suffit ! », exhortant les travailleurs à faire confiance à l'élection d'un gouvernement travailliste.

Des cheminots sur le piquet de grève devant le dépôt de maintenance de Cowlairs à Springburn, au nord de Glasgow, le 25 juin 2022, dans le cadre de la grève nationale des cheminots au Royaume-Uni.

Seuls deux dirigeants syndicaux — Steve Wright du syndicat des pompiers et Maryam Eslamdoust de l'Association du personnel salarié des transports — ont rompu les rangs la semaine dernière pour appeler Starmer à démissionner.

Cette réaction pitoyable vient couronner une expérience politique amère vécue par la classe ouvrière avec la gauche corbyniste.

L'élection de Corbyn en 2015 fut saluée comme une opportunité de transformer le Parti travailliste en un instrument permettant à la classe ouvrière de se défendre contre les grands trusts et de s'opposer à la guerre, en renouant avec le programme réformiste passé du parti. Ce discours était porté par les tendances de la pseudo-gauche britannique, notamment le Parti des travailleurs socialiste (SWP), le Parti socialiste et le précurseur de l’actuel Parti communiste révolutionnaire (RCP).

Au lieu de cela, Corbyn présida à la déroute désastreuse qui a abouti à l'arrivée au pouvoir de Starmer avec le plus faible pourcentage du vote populaire de l'histoire britannique, des millions de travailleurs refusant de voter travailliste avant tout en raison du soutien de Starmer au génocide des Palestiniens par Israël.

Pourtant, une fois de plus, une clameur s'est élevée pour affirmer que Corbyn pourrait être l’homme de la situation en prenant la tête d'un nouveau parti réformiste de gauche, aux côtés de la seule autre dissidente — la députée travailliste Sultana — et d'une poignée d'anciens indépendants travaillistes et libéraux-démocrates alliés à Corbyn et élus en raison de leur opposition au génocide de Gaza.

Le résultat, Your Party, s'est depuis effondré dans des luttes intestines, Corbyn occupant une position résolument à droite et menant une chasse aux sorcières contre quiconque évoque, même de loin, une lutte socialiste contre le gouvernement de Starmer.

Loin de mettre fin à la marginalisation politique de la classe ouvrière, Your Party est apparu comme la dernière incarnation (article en anglais) des efforts visant à subordonner la classe ouvrière à la direction de la bureaucratie syndicale et à divers politiciens petits-bourgeois pro-capitalistes, groupes religieux, ONG et mouvements de protestation.

La mort du réformisme et la nécessité d'une politique révolutionnaire

Pour formuler une réponse au gouvernement de Starmer, il faut comprendre les causes objectives qui ont conduit à la création d'une telle monstruosité, et ainsi comprendre le type de parti qu'il faut construire pour remplacer le Parti travailliste comme nouveau parti de la classe ouvrière.

Avant les dernières élections générales, le Parti de l'égalité socialiste a rejeté le mensonge du « moindre mal » qu’aurait représenté un vote travailliste, propagé par tous les groupes pseudo de gauche. Nous avions expliqué que le Parti travailliste a toujours agi comme un défenseur politique de l'impérialisme britannique, constituant l'un des deux piliers du système parlementaire bipartite au Royaume-Uni. Son rôle était soit de détourner l'opposition au Parti conservateur en tant que parti manifeste des Affaires et de la faire aller là où il n’ y avait pas de danger, soit de remplacer, comme ce fut le cas en 1997 avec Blair, un gouvernement conservateur à bout de souffle et continuer son programme.

Le Premier ministre travailliste britannique, Sir Keir Starmer, prononce un discours au 10 Downing Street à Londres, le vendredi 5 juillet 2024. Le chef travailliste, Sir Keir Starmer, a remporté les élections générales du 4 juillet et a été nommé Premier ministre par le roi Charles III au palais de Buckingham, après la victoire écrasante de son parti. [AP Photo/Kin Cheung]

Nous avons insisté sur le fait que la dérive à droite du Parti travailliste ne pouvait être contrée par la construction d'un nouveau parti réformiste. L’abandon par lui de ses anciennes politiques réformistes et sa transformation en partisan thatchérien du capitalisme de libre marché avaient leurs racines dans des transformations fondamentales du capitalisme mondial.

La mondialisation — le développement d’un système de production mondial impliquant d’immenses sociétés transnationales et leur intégration aux flux mondiaux de capitaux financiers — a rendu impossibles les mesures visant à mettre en œuvre des concessions sociales par le biais de l’appareil régulateur de l’État-nation.

L'oligarchie financière, qui a pris des formes toujours plus monstrueuses et parasitaires en raison de l'énorme concentration des richesses au sommet de la société, de la baisse des taux de profit et de la croissance cancéreuse de la spéculation, exige de ses serviteurs politiques la destruction des acquis sociaux passés afin d'assurer la compétitivité dans la lutte pour le contrôle des marchés et des ressources mondiaux.

L'éruption de la guerre commerciale et militaire signifie la fin du compromis social et du régime démocratique, et un tournant vers la guerre de classe, la répression d'État et la réaction d'extrême droite. Cela trouve son expression la plus claire dans les efforts de Trump pour instaurer une dictature fasciste aux États-Unis, dans la montée des partis d'extrême droite en Europe, la guerre impérialiste prédatrice menée en Ukraine, le génocide à Gaza et les préparatifs bien avancés en vue d’un changement de régime en Iran.

Le nouveau parti dont la classe ouvrière a besoin doit être construit en fonction de ces réalités politiques. Sa tâche est la mobilisation sociale et politique de la classe ouvrière, indépendamment de tous les segments de la bureaucratie syndicale et travailliste, y compris son aile gauche désormais organisée sous le nom du « Your Party » de Corbyn et Sultana.

Il doit faciliter la construction d’organisations de la base sur chaque lieu de travail et dans chaque quartier afin de mobiliser les travailleurs pour la défense de leurs droits démocratiques et sociaux, faisant clairement comprendre que ceux-ci ne peuvent être garantis qu'en expropriant la richesse de l'oligarchie, en démantelant les pouvoirs coercitifs de l'État et en plaçant le pouvoir politique entre les mains de la classe ouvrière.

Avant tout, un tel parti doit œuvrer à l'unification internationale, tant organisationnelle que politique, de la classe ouvrière mondiale, qui partout est confrontée aux mêmes dangers d’escalade de la guerre au plan mondial, d'intensification des inégalités sociales et de montée du fascisme et de la dictature – qui exigent tous des solutions mondiales. Seule la classe ouvrière internationale, la force sociale la plus puissante de la planète, peut vaincre le pouvoir de l'oligarchie, de ses grandes entreprises, de ses banques et de ses mécanismes de répression étatique, et substituer le socialisme à la barbarie capitaliste.

Telle est la perspective défendue par le Socialist Equality Party (Parti de l'égalité socialiste), section britannique du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI), le Parti mondial de la révolution socialiste.

(Article paru en anglais le 11 février 2026)

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