Perspective

Le Socialist Equality Party répond au discours fasciste de Trump devant le Congrès

Le président Donald Trump prononce le discours sur l'état de l'Union devant le Congrès réuni en session conjointe dans l'hémicycle de la Chambre des représentants au Capitole des États-Unis à Washington, le mardi 24 février 2026. [AP Photo/Alex Brandon]

Aux États-Unis où le système bipartite capitaliste est en place depuis 150 ans tous ceux qui s'opposent véritablement à la politique et aux intérêts de la classe dirigeante se voient refuser le droit de s'adresser au peuple. Or, si on avait donné au Socialist Equality Party (SEP - Le Parti de l'égalité socialiste) l'occasion de présenter une réfutation télévisée, non seulement au discours sur l'état de l'Union de Trump mais encore à la réplique des démocrates, voici ce que nous aurions dit.

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Bonsoir. Le Parti de l'égalité socialiste salue cette rare occasion de présenter son estimation de l'état de l'Union.

Parlant en tant que représentant du SEP, je m'adresse ici non seulement aux travailleurs et aux jeunes des États-Unis, mais aussi à nos frères et sœurs de classe du monde entier. Vous n'êtes pas nos ennemis. Les travailleurs américains s'opposent à toute guerre lancée par une oligarchie assoiffée de pouvoir dans une tentative désespérée de résoudre la crise du système capitaliste, et n'y prennent aucune part.

Ce que vous avez vu – si vous avez pu le supporter – était un spectacle grotesque et dégradant. Il y avait Trump lui-même déversant la haine, les menaces et les ressentiments pendant près de deux heures. Dans le biopic de Lincoln réalisé par Spielberg, il y a une scène où le grand leader radical Thaddeus Stevens tance un méprisable député réactionnaire. C’était, déclare Stevens, «une carcasse morale […] plus un reptile qu’un homme». Tandis que je regardais Trump hocher de la tête en léchant ses lèvres semblables à celles d’un lézard et proférer ses inepties, les paroles de Stevens me sont revenues à l’esprit.

Et puis il y avait les membres du Congrès. À quelques exceptions près, ils confirment les propos d'un autre grand Américain, Mark Twain, qui observait: «On pourrait probablement démontrer, faits et chiffres à l'appui, qu'il n'existe pas de classe criminelle autochtone spécifiquement américaine, à l'exception du Congrès.»

D'un côté de l'allée, un groupe de fascistes républicains sautant sur ses pieds pour grogner «USA, USA!» – l'équivalent américain de «Sieg Heil» – chaque fois que leur Führer reprenait son souffle.

De l'autre côté, les lâches représentants du faux parti d'opposition qu’est le Parti démocrate, mains jointes sur les genoux, subissant pendant près de deux heures les insultes explicites, les injures et les incitations à la haine de la part d’un homme qui les traitait de «malades», de «fous», de «tricheurs» qui «détruisent notre pays». Une fois le discours terminé, ils quittèrent la salle en traînant les pieds et passèrent le micro à une ex-agente de la CIA, la gouverneure Abigail Spanberger, qui prononça une réplique soporifique sur «l'accessibilité financière» et la «gestion compétente».

Voici l’état de la démocratie américaine en 2026: un président fasciste et une opposition docile. Une classe dirigeante unie sur l’essentiel – la défense du profit, la marche vers la guerre, la répression de la classe ouvrière – et divisée uniquement sur la question de savoir quelle faction aura le droit de gérer le pillage.

Personne dans cette enceinte n'a pris la parole en votre faveur hier soir.

La lutte contre le fascisme, contre la guerre impérialiste, contre la dictature de l'oligarchie milliardaire ne viendra pas des couloirs marbrés du Capitole. Elle viendra d'en bas: des usines, des entrepôts, des hôpitaux, des écoles, des quartiers où vit et travaille réellement la population laborieuse. Elle viendra de la mobilisation politique indépendante de la classe ouvrière sur la base d'un programme socialiste. Ou bien elle ne viendra pas du tout.

Le discours de Trump était un tissu de mensonges purs et simples. Il a affirmé que l'économie «s’envolait comme jamais» et que «les prix s'effondraient». Il s'est vanté de prix du carburant et d'engagements d'investissement sortis de nulle part, et a récité une série de chiffres soigneusement sélectionnés triés et manipulés concernant l'emploi, les salaires et les droits de douane, comme si la répétition pouvait transformer la propagande en réalité. C'était un argumentaire de vendeur débité au nom de l'oligarchie financière, visant à masquer des faits connus de tous les travailleurs: les produits de première nécessité sont inabordables et la société est pillée tandis que les milliardaires se gavent aux dépens de la collectivité.

Le président – dont les agents ont assassiné Renée Nicole Good et Alex Pretti à Minneapolis, dont l'administration a justifié ces meurtres, dont le vice-président a déclaré que la mort de Good était «une tragédie qu'elle avait elle-même provoquée» – s’est tenu devant le Congrès sans perdre un seul mot à leur sujet. Au lieu de quoi il a raillé les démocrates qui refusaient de se lever lorsqu'il a exigé qu’ils affirment que «le premier devoir du gouvernement américain est de protéger les citoyens américains, et pas les étrangers illégaux».

Il a déversé un torrent de mensonges racistes, traitant la communauté somalienne du Minnesota de «pirates» ayant «dépouillé» le peuple américain à hauteur de dizaines de milliards de dollars. C'est là le langage que les nazis ont utilisé contre les Juifs afin de préparer le terrain pour l'Holocauste. Trump parle de «corruption», non pas en lien avec le pillage quotidien commis par Wall Street, les sociétés sous contrat du Pentagone et les milliardaires qui rédigent les lois, mais pour fabriquer un prétexte pour des razzias, des arrestations massives et l'occupation des villes par le gouvernement. Il a menacé de faire ailleurs ce qui a été fait au Minnesota.

Sous couvert de la loi «Save America Act», Trump a exigé des mesures pour empêcher les «étrangers illégaux et d’autres» de voter et a affirmé, sans la moindre preuve, que la «fraude était généralisée». C’est là une déclaration préventive pour dire que tout résultat électoral ne donnant pas la victoire aux Républicains sera illégitime. C'est un plan visant à supprimer les votes, à intimider les électeurs et à criminaliser l'opposition; Trump se prépare à organiser les prochaines élections sous la menace des armes, surveillées par l'ICE qui exigera une pièce d'identité comme les agents de la Gestapo dans l'Allemagne nazie.

Le discours de Trump était aussi une célébration du banditisme impérialiste et du soi-disant «droit» de l'impérialisme américain d'envahir, de bombarder, d'assassiner et d'enlever des citoyens à sa guise. Au cours de son intervention, il a présenté l'invasion militaire du Venezuela – le massacre de civils et l'enlèvement de son président élu – comme un triomphe à applaudir. Il a décerné la Médaille d'honneur à un pilote d'hélicoptère blessé lors du raid et a relaté l'opération avec le plaisir d'un homme racontant une partie de chasse.

Selon les critères établis aux procès de Nuremberg après la Seconde Guerre mondiale, il s'agit là d'un «crime contre la paix» illégal, comparable aux actes qui ont conduit les accusés nazis à la potence. Mais pour le régime Trump, le droit international, la souveraineté des nations et l'interdiction des guerres de conquête ne sont, comme l'a déclaré le secrétaire d'État Marco Rubio, que des «abstractions» à balayer du revers de main. Trump s'est vanté de ce que les États-Unis avaient «très gravement endommagé son industrie de pêche. Plus personne ne veut aller pêcher», une allusion sadique et railleuse aux meurtres de pêcheurs commis dans les Caraïbes et le Pacifique.

Gaza a été rayée de la carte. Le mot «Palestinien» n'est pas apparu dans le discours. Grâce aux armes, au soutien politique et logistique des États-Unis, des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ont été tués; les hôpitaux ont été détruits; les universités rasées; on a soumis une population civile à la famine et aux bombardements. Israël continue de mener des frappes aériennes au mépris du cessez-le-feu que Trump prétend avoir négocié. Des centaines de personnes ont été tuées depuis cette prétendue trêve. Le génocide se poursuit, et le président qui l'a permis l'a déclaré résolu.

Trump a parlé pendant plus de 90 minutes avant d'évoquer l'Iran, comme si personne dans ce pays n'avait le droit de savoir ni pourquoi ni quand les États-Unis envisagent d'entrer en guerre. Et lorsqu'il a finalement mentionné l'Iran, ses propos se sont limités à quelques phrases qui n'ont rien expliqué, alors même que le plus important déploiement militaire américain au Moyen-Orient depuis 2003 est en cours.

Les dossiers Epstein – véritable “Who’s Who” de la classe dirigeante aux États-Unis et à l’international – n'ont pas été mentionnés. Malgré la publication de plus de trois millions de pages de documents révélant la décadence de l'oligarchie capitaliste américaine et internationale – milliardaires, politiciens, intellectuels, dirigeants de la tech et membres de la royauté gravitant autour d'un trafiquant sexuel d'enfants condamné – le président, dont la relation étroite et de longue date avec Epstein est documentée par des photographies, des registres de vol et des témoignages, est resté muet. Le jour même du discours de Trump, une enquête de NPR a révélé que le ministère de la Justice avait supprimé ou dissimulé des documents relatifs à Epstein faisant référence à des allégations visant Trump, soulignant ainsi la dissimulation continue de la part de l'appareil d'État.

Les dossiers Epstein révèlent une classe dirigeante composée de dégénérés. Aucun des deux partis ne souhaite en parler car ils sont tous impliqués: Clinton et Trump, Summers et Bannon, universitaires libéraux et agents fascistes.

Nous en arrivons maintenant aux Démocrates. Le Parti démocrate n'est pas un parti d'opposition. C'est un parti de la classe dirigeante américaine. Sa fonction est d'absorber et de neutraliser l'opposition sociale, de bloquer le mouvement politique indépendant de la classe ouvrière et de s'assurer qu'aucune contestation du capitalisme ne puisse émerger d’en bas.

La réponse officielle du parti n'a pas été transmise par un sénateur ou un membre du Congrès, mais par la gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger. Soucieux de garder leurs options, ni Bernie Sanders ni Alexandria Ocasio-Cortez n'ont insisté pour prononcer la réponse du Parti démocrate à Trump.

Comme il fallait s’y attendre, les démocrates ont présenté une ex-agente de la CIA qui, invoquant ses références acquises au renseignement, a averti que Trump «cédait la puissance économique et la force technologique à la Chine» et «se soumettait à un dictateur russe». Ce message ne s'adressait pas aux travailleurs, mais à la classe dirigeante: nous sommes fiables, nous sommes sérieux, nous pouvons gérer l'empire avec plus de compétence et moins d'embarras publics.

Ce que Spanberger n'a pas dit est une auto-accusation. Elle n'a pas exigé la suppression de l'ICE. Elle n'a pas cité les noms de Renée Good ni d'Alex Pretti. Elle n'a pas dénoncé l'invasion du Venezuela ni le génocide de Gaza. Elle n'a pas remis en question le budget militaire exorbitant ni les attaques contre les services sociaux.

Les démocrates n’ont rien contre la machine de répression et de guerre. Ils s'opposent seulement à la grossièreté avec laquelle Trump la met en œuvre.

Pour instaurer une dictature, Trump n'a pas besoin de détruire physiquement les politiciens démocrates. Fait significatif, lorsqu'un député démocrate, Al Green, a brandi une pancarte dénonçant le racisme de Trump, il a été expulsé de l'hémicycle par la sécurité sans aucune objection de la part de ses collègues du parti.

Les démocrates craignent que s’ils font quoi que ce soit qui remette en cause les procédures obsolètes du décorum parlementaire cela n'encourage l'opposition populaire et une action de masse de la classe ouvrière, qu’ils ne pourront contrôler et qui s'avéreront menaçantes pour le système capitaliste.

La classe ouvrière doit parler pour elle-même

La gouverneure Spanberger a commencé son discours en déclarant que les États-Unis étaient fondés sur l'idée que le peuple pouvait «s'unir pour exiger mieux de son gouvernement».

C'est faux. Thomas Jefferson, loin d'être un lâche, a écrit que face à un gouvernement oppressif, «le peuple a le droit de le modifier ou de l'abolir, et d'instituer un nouveau gouvernement». Les Pères fondateurs n'ont pas «exigé mieux» du roi George III. Ils ont proclamé l'indépendance et mené une guerre d'indépendance de huit ans. C'est cette tradition qui doit inspirer la classe ouvrière aujourd'hui.

Deux cent cinquante ans plus tard, la classe ouvrière ne doit plus exiger que Trump ou les démocrates «fassent mieux». Le temps est venu de rompre avec la politique de l’illusion.

La principale leçon du spectacle d'hier soir est que la classe ouvrière n'a pas de voix dans le système politique du capitalisme américain. Aucun des deux partis ne représente vos intérêts. Aucun des deux partis ne défendra vos droits. L'ensemble du système politique officiel vise à empêcher la classe ouvrière de se reconnaître comme classe, de s'organiser de manière indépendante et de lutter pour ses propres intérêts contre la classe qui l'exploite.

Il faut que cela change. La classe ouvrière doit parler en son propre nom.

Le Parti de l'égalité socialiste appelle à :

L'abolition de l'ICE et de tout le système de terreur anti-migrants. Les travailleurs immigrés ne sont pas l'ennemi de la classe ouvrière américaine. Ils font partie de la classe ouvrière internationale. Faire des immigrés des boucs émissaires est la plus vieille arme dans l'arsenal de la classe dirigeante: la fomentation délibérée des divisions raciales et nationales pour empêcher l'unité des exploités contre les exploiteurs. Nous exigeons les pleins droits de citoyenneté pour tous les immigrés.

Les meurtres de Renée Good et d'Alex Pretti doivent faire l'objet d'une enquête indépendante menée par des comités ouvriers. Les responsables – des agents qui ont appuyé sur la gâchette aux fonctionnaires qui ont donné les ordres – doivent être traduits en justice.

La fin immédiate de toutes les opérations militaires impérialistes. Retirez tous les soldats du Moyen-Orient. Levez le blocus de Cuba. Mettez fin à l'occupation du Venezuela. Arrêtez les préparatifs de guerre contre l'Iran. Pas un dollar, pas une vie pour les intérêts prédateurs de l'impérialisme américain. Le budget militaire, qui s'élève à mille milliards de dollars, doit être réorienté vers la satisfaction des besoins sociaux de la classe ouvrière: santé, logement, éducation, infrastructures.

L'expropriation de l'oligarchie. La concentration de 7 800 milliards de dollars entre les mains de 905 milliardaires, tandis que des millions de personnes sont privées de soins de santé, de logement et de nourriture, illustre la logique du système capitaliste. Les banques, les multinationales, les fonds spéculatifs et les monopoles technologiques doivent être placés sous contrôle public et démocratique par la classe ouvrière. Les fortunes indécentes de l'oligarchie – accumulées par l'exploitation, la spéculation, la fraude et la paupérisation de la majorité – doivent être expropriées et servir à financer une extension massive des services sociaux.

Annulation de toutes les coupes budgétaires dans les services sociaux et instauration de droits sociaux. Il faut rendre chaque dollar détourné du budget de Medicaid. Rétablissez l'éligibilité aux bons alimentaires. Il faut garantir l'accès universel aux soins de santé, à l'éducation publique gratuite jusqu'à l'université, des logements abordables et une retraite sûre pour chaque travailleur. Ce ne sont pas des revendications utopiques. La richesse existe, créée par le travail de la classe ouvrière, mais à présent accaparée par la classe dirigeante. Il s'agit de la récupérer.

La mise en place de comités de la base dans chaque usine, lieu de travail et quartier. L'appareil syndical, depuis longtemps transformé en appendice du patronat, ne mènera pas ce combat. Ses intérêts institutionnels sont liés à la préservation du système même qui détruit la classe ouvrière. Les travailleurs doivent s'organiser de manière indépendante, par le biais de comités de la base démocratiquement élus et ne rendant de comptes qu'aux travailleurs eux-mêmes. Ces comités doivent être liés entre eux par-delà les secteurs d'activité, les frontières régionales ou nationales, à travers l'Alliance ouvrière internationale des comités de base (acronyme anglais IWA-RFC) – le cadre organisationnel pour l'unification des luttes de la classe ouvrière internationale.

Préparation des conditions d'une grève générale. La crise de la démocratie américaine ne saurait se résoudre par les urnes dans un système politique truqué, contrôlé par deux partis capitalistes financés par les mêmes oligarques. Le pouvoir de la classe ouvrière réside dans son travail, dans sa capacité collective à paralyser la production, à bloquer le flux des profits, à immobiliser la machine d'exploitation. La grève générale politique est une arme puissante de la classe ouvrière et les conditions de sa mobilisation mûrissent rapidement. Il s'agit dès maintenant d'en poser les fondements organisationnels et politiques.

Unité internationale de la classe ouvrière. La classe ouvrière est une classe internationale. Le capital opère à l'échelle mondiale; la classe ouvrière doit s'organiser à l'échelle mondiale. Les sociétés qui exploitent les travailleurs de Détroit exploitent aussi ceux de Monterrey, de Shenzhen, de Dacca et de Berlin. Le système impérialiste qui fait la guerre au Moyen-Orient paupérise aussi les travailleurs de tous les continents. La lutte contre Trump et l'oligarchie américaine est indissociable de la lutte des travailleurs de tous les pays contre le système capitaliste mondial. Les divisions nationales, raciales, ethniques ou religieuses sont toutes des armes de la classe dirigeante, utilisées pour empêcher ce qu'elle craint par-dessus tout: l'unité des exploités.

La crise de la classe ouvrière est, en définitive, une crise de la direction révolutionnaire. Les conditions objectives d'un mouvement de masse ouvrier sont non seulement réunies mais elles s'intensifient à une vitesse qui surprend même ceux qui les anticipaient depuis longtemps. Ce qui manque, c'est une direction politique consciente capable de transformer la colère grandissante, la résistance qui se propage, la reconnaissance croissante que le système lui-même est brisé, en un mouvement unifié pour la transformation socialiste de la société.

En 1775, Tom Paine proclamait dans son pamphlet immortel Common Sense, qui inspira la Révolution américaine: «Il est en notre pouvoir de refaire le monde».

Le monde nouveau sera socialiste. La force qui le construira est la classe ouvrière.

Rejoignez le Parti de l'égalité socialiste.

Créez des comités de la base sur votre lieu de travail et dans votre quartier.

Construisez l'Alliance internationale ouvrière des comités de base.

Lisez quotidiennement le World Socialist Web Site (wsws.org).

L'avenir n'appartient pas aux oligarques et à leurs serviteurs politiques, mais à la classe ouvrière internationale.

(Article paru en anglais le 26 février 2026)

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