Plus de 8 millions de personnes participent aux manifestations de masse « No Kings » contre Trump

La troisième vague de manifestations de masse « No Kings » (Pas de roi), qui s'est déroulée samedi, a rassemblé des millions de personnes dans les rues à travers les États-Unis et dans le monde entier, dans ce qui semble avoir été la plus grosse manifestation à ce jour de l'opposition populaire à l'administration Trump.

Une section du rassemblement massif « No Kings » à New York, le 28 mars 2026

Selon le Mouvement 50501, proche du Parti démocrate, plus de 8 millions de personnes ont participé à plus de 3 300 rassemblements à travers le pays, ce qui en fait, selon leurs propres termes, « la plus grande manifestation d’une seule journée de l’histoire moderne des États-Unis ». L'organisation a précisé que 600 de ces manifestations avaient eu lieu dans des communautés essentiellement rurales et à tendance républicaine, soulignant ainsi l'ampleur de l'opposition au régime Trump et à ses politiques d'oligarchie, de dictature, de guerre et de répression anti-immigrés.

La plus grande manifestation a eu lieu dans les Twin Cities, où les organisateurs de 50501 ont déclaré que plus de 200 000 personnes étaient présentes. À Minneapolis, de nombreux manifestants brandissaient des pancartes à la mémoire de Renée Good et d'Alex Pretti, des citoyens américains assassinés par la Gestapo de l'immigration au début de l'année.

D'importantes manifestations ont également été signalées dans les grands centres urbains du pays, notamment environ 350 000 personnes à New York, ainsi que des dizaines de milliers à San Francisco et Los Angeles (Californie), Atlanta (Géorgie), Chicago (Illinois) et Dallas (Texas), parallèlement à des rassemblements dans des villes plus petites et des zones rurales. L'ampleur des protestations témoigne d'une colère sociale profonde et croissante qui dépasse largement le cadre de la politique officielle.

Des manifestants se rassemblent lors de la manifestation « No Kings » à Ann Arbor, dans le Michigan, le 28 mars 2026.

Des manifestations et des rassemblements de solidarité ont eu lieu au Canada, au Mexique, en Allemagne, en Italie et dans d'autres pays. Cette portée internationale reflète la réalité plus large que les problèmes poussant les gens à sortir dans la rue ne sont pas exclusivement américains, mais sont les expressions d'une crise mondiale du capitalisme qui s'aggrave.

Alors que les organisateurs officiels du mouvement « No Kings » ont minimisé ou ignoré la guerre illégale menée par les États-Unis contre l’Iran dans leur présentation publique des manifestations, le sentiment anti-guerre était palpable à chaque manifestation. Aux côtés des pancartes dénonçant les rafles de l’ICE (le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis), les expulsions et les attaques contre les immigrés, les manifestants à travers tout le pays brandissaient des pancartes contre la guerre et scandaient des slogans dénonçant à la fois le militarisme à l’étranger et la répression sur le territoire national.

S’il y avait un slogan qui rivalisait avec « No Kings » en termes de fréquence et d’intensité, c’était bien « No ICE, No wars » (« Pas d'ICE, pas de guerres »). Cela reflétait la véritable conscience politique qui se développe au sein de larges couches de la population : la prise de conscience que la dictature au niveau national et la violence impérialiste à l’étranger sont les deux faces d’une même politique de classe.

La présence de politiciens du Parti démocrate et de bureaucrates syndicaux à certains des plus grands rassemblements visait à subordonner cette opposition à la politique capitaliste. À Minneapolis, parmi les orateurs figuraient le sénateur Bernie Sanders, le gouverneur du Minnesota Tim Walz, le procureur général Keith Ellison, la présidente du SEIU April Verrett et la présidente de l'AFT Randi Weingarten. Leur rôle n'était pas de développer un mouvement indépendant contre la dictature, la guerre et l'inégalité sociale, mais de canaliser l'opposition de masse derrière le Parti démocrate et les bureaucraties syndicales, des institutions qui défendent le capitalisme et facilitent la croissance de l'extrême droite.

Des reporters du World Socialist Web Site et des membres du Parti de l'égalité socialiste sont intervenus lors de manifestations dans le monde entier, où ils ont mis en avant une perspective socialiste pour stopper la marche vers la Troisième Guerre mondiale et mettre fin au règne de l'oligarchie.

David North empêché de s'exprimer lors d'un rassemblement « No Kings » à Nuremberg, en Allemagne

David North, président du comité de rédaction international du World Socialist Web Site, s’est vu empêcher de prendre la parole samedi lors du rassemblement « No Kings » à Nuremberg, en Allemagne, après que les organisateurs, qui avaient annoncé que ce serait à micro ouvert, l’ont empêché de s’adresser à la foule parce qu’il avait l’intention de condamner la guerre illégale menée par les États-Unis contre l’Iran et le soutien que lui apporte le Parti démocrate.

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Dans la vidéo de l'altercation, les organisateurs, proches du Parti démocrate, ont refusé à plusieurs reprises de dire si North serait autorisé à prendre la parole. L'un d'eux lui a répondu qu'il s'agissait d'un « événement non partisan », ce à quoi North a rétorqué : « Cela inclut-il le fait de laisser un socialiste prendre la parole ? » Un autre a répondu : « Merci, pas de rois. » North a répondu : « Nous n'avons pas de roi, nous avons une oligarchie, qui est bipartisane, dirigée par les deux partis politiques, et nous sommes en pleine guerre dans laquelle des milliers de personnes meurent. »

North a ensuite expliqué la portée de ce qui se passait : « On m'empêche de prendre la parole parce que j'allais m'exprimer contre la guerre en Iran, qui est soutenue par le Parti démocrate. »

S'adressant aux lecteurs du WSWS après s'être vu refuser le micro, North a poursuivi : « C'est pourquoi Trump domine le pays, parce qu'il existe une fausse opposition dans laquelle le Parti démocrate est dans une alliance bipartite avec Trump pour bloquer toute opposition à la guerre en Iran. »

North a ajouté que, s’il avait été autorisé à prendre la parole, il aurait rappelé l’importance historique de Nuremberg elle-même. « Ce que j’aurais dit, si j’en avais eu l’occasion, c’est que cette ville a été, il y a 80 ans, le théâtre des procès de Nuremberg, où les responsables de la Seconde Guerre mondiale ont été jugés pour crimes contre la paix, les mêmes crimes que commet aujourd’hui le gouvernement américain. »

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