La première ministre d’extrême droite de l’Alberta annonce la tenue d’un référendum anti-migrants

La première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, Trump et l'homme d'affaires Kevin O'Leary à Mar-a-Lago [Photo: Danielle Smith/X]

Reprenant la démagogie anti-immigration fasciste de l'administration Trump, la première ministre d'extrême droite de l'Alberta, Danielle Smith, a annoncé la tenue d'un référendum l'automne prochain dans la province. Ce référendum vise à attiser l'hostilité envers les immigrants et à légitimer, par une forme de mandat « populaire », l’élimination de leurs droits.

Dans une manœuvre transparente visant à imputer aux immigrants la détérioration des services sociaux de la province, le gouvernement du Parti conservateur uni (PCU) de Smith a présenté ce référendum au moment même où il déclarait que la province la plus riche du Canada devait procéder à d'importantes coupes budgétaires en raison de son déficit croissant.

« On ne peut plus demander aux contribuables albertains de subventionner l'ensemble du pays par le biais de la péréquation et des transferts fédéraux, de permettre au gouvernement fédéral d'inonder nos frontières de nouveaux arrivants, et d'offrir ensuite un accès gratuit à nos programmes sociaux, les plus généreux du pays, à quiconque s'installe ici », s'est indignée Smith lors de l'annonce du référendum dans une allocution télévisée. Elle a imputé aux politiques d’immigration fédérales «désastreuses » la « pression sans précédent » exercée sur les services de santé, d’éducation et autres services sociaux de la province.

Les questions référendaires de Smith désignent comme boucs émissaires certaines des couches les plus vulnérables de la population immigrante, notamment les demandeurs d’asile, les étudiants internationaux et les travailleurs n’ayant pas obtenu la résidence permanente. Elles proposent également de restreindre, voire de supprimer totalement, l’accès des immigrants aux services publics provinciaux.

Une question propose de limiter l’admissibilité aux soins de santé, à l’éducation et aux autres services sociaux « aux seuls citoyens canadiens, résidents permanents et personnes ayant un statut d’immigration approuvé par l’Alberta ». Une autre propose d’interdire à tous les immigrants sans statut permanent l’accès à tout programme de soutien social financé par la province pendant au moins un an après leur arrivée en Alberta.

Dans une mesure qui rappelle la « taxe d’entrée » tristement célèbre et raciste imposée par le Canada aux immigrants chinois à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, le référendum propose d’imposer des frais à tous les résidents sans statut permanent et à leurs familles pour accéder aux soins de santé ou à l’éducation publics. Faisant écho aux allégations mensongères et sensationnalistes de Trump selon lesquelles les électeurs immigrants auraient « volé » l’élection de 2020, une autre question propose une loi exigeant que les électeurs des élections provinciales de l’Alberta fournissent une « preuve de citoyenneté, telle qu’un passeport, un certificat de naissance ou une carte de citoyenneté », en plus des pièces d’identité déjà requises.

Ce référendum séduit les forces politiques d’extrême droite qui considèrent l’Alberta comme « exploitée » au sein de l’État fédéral canadien, notamment celles qui militent pour la séparation de la province et courtisent le président fasciste Trump pour obtenir son soutien. Il propose plusieurs mesures visant à contester l’autorité du gouvernement fédéral canadien, notamment un contrôle provincial accru sur l’immigration. Si les partisans de l’« indépendance » albertaine recueillent le nombre de signatures requis, une question sur la séparation de la province sera également inscrite au scrutin. Afin de faciliter cette démarche, Smith, qui affirme défendre « une Alberta souveraine au sein d’un Canada uni », a considérablement réduit le nombre de signatures nécessaires pour les référendums d’initiative citoyenne.

L’instrumentalisation du séparatisme albertain par Smith pour faire pression sur Ottawa et renforcer la position de l’élite capitaliste albertaine s’inscrit dans une crise grandissante de l’État fédéral canadien, crise fondamentalement liée à l’effondrement du capitalisme mondial. Le président américain Donald Trump a menacé de ruiner l’économie canadienne par des tarifs douaniers et d’annexer le Canada pour en faire le 51e État. Cette mesure fait partie de la politique de son administration pour la «Grande Amérique du Nord », visant à jeter les bases économiques et géostratégiques permettant à Washington de mener une guerre contre la Chine et d’autres rivaux.

Pour l’instant, les couches dominantes de la classe dirigeante canadienne souhaitent conserver leur État fédéral, car il leur confère un droit prioritaire sur l’exploitation impitoyable de la classe ouvrière dans cette partie de l’Amérique du Nord. Cependant, Smith, soutenu par certains acteurs du secteur énergétique albertain, a cherché à conclure des accords économiques distincts avec Trump. Ces accords exempteraient les exportations énergétiques de l’Alberta de tarifs douaniers en échange de la garantie par la province d’un approvisionnement « fiable » en pétrole et en minéraux essentiels au fonctionnement de la machine de guerre américaine. Un processus similaire est en cours au Québec avec la résurgence du Parti Québécois à l'approche des élections provinciales prévues plus tard cette année. À mesure que la crise capitaliste s'aggrave, les forces centrifuges qui déchirent le capitalisme canadien selon des lignes régionales engendreront des conflits réactionnaires autour des ressources et des territoires, qui serviront à diviser la classe ouvrière et pourraient dégénérer en violences sanglantes, à moins que celle-ci ne s'unisse contre tous les camps de la classe dirigeante sur la base d'un programme socialiste et internationaliste.

Faire des immigrants les boucs émissaires des dégâts causés aux services publics par l'austérité pro-patronale

En intensifiant leur campagne anti-migrants répugnante, Smith et le Parti conservateur uni d'extrême droite cherchent à imputer la détérioration des systèmes de santé et d'éducation de la province aux populations les plus vulnérables. La véritable source de la crise des services publics réside dans les décennies d'austérité imposées par tous les gouvernements pour financer le réarmement militaire et l'enrichissement de l'oligarchie financière.

Alors que le gouvernement prévoit un déficit provincial de 9,4 milliards de dollars – un déficit largement attribuable à une baisse des revenus provenant des ventes de pétrole et de gaz naturel, due à des prix du pétrole inférieurs aux prévisions –, Smith s'est efforcé d'exclure toute « hausse d'impôt » et toute « importante » réduction des services publics. Les budgets proposés par le gouvernement pour la santé et l'éducation, après des années où les dépenses consacrées à ces services publics essentiels n'ont pas suivi l'inflation ni la croissance démographique record de la province, ne permettront en rien de résoudre les problèmes systémiques auxquels ils sont confrontés.

Par exemple, entre 2014 et 2023 (dernière année pour laquelle des données sont disponibles), les dépenses par habitant du système hospitalier albertain ont diminué de 4 % après ajustement pour l’inflation. Plus tôt cette année, des médecins d’hôpitaux de toute la province ont demandé la déclaration de l’état d’urgence en raison du débordement de patients et des temps d’attente dangereusement longs aux urgences. Lorsqu’un homme de 44 ans est décédé dans un hôpital d’Edmonton à la fin de l’année dernière, après avoir attendu près de huit heures pour consulter un médecin pour des douleurs thoraciques, les médecins ont commencé à dresser une liste de cas similaires où des patients aux urgences sont décédés ou ont subi des crises graves après avoir attendu trop longtemps pour être évalués. La liste comprenait six autres décès aux urgences qui auraient pu être évités si les patients avaient consulté un médecin plus tôt.

De même, le gouvernement du PCU prive systématiquement le système d’éducation, depuis des années, des fonds nécessaires pour suivre le rythme de la croissance démographique de la province et l’impact de l’inflation sur les revenus des enseignants. De 2019 à 2024, les effectifs scolaires ont augmenté de près de 89 000 élèves, tandis que le nombre d’enseignants a stagné. Il en a résulté une augmentation de la taille moyenne des classes et du nombre d’élèves ayant des besoins particuliers. Durant cette même période, les salaires des enseignants n’ont progressé que de 3,8 %, alors que les prix ont explosé.

Le 23 octobre 2025, des milliers d’enseignants du secteur public ont manifesté devant l’Assemblée législative de l’Alberta pour s’opposer au projet du gouvernement PCU d’interdire leur grève en invoquant la « clause dérogatoire ». [Photo: David J. Climenhaga/Rabble.ca]

Face à cette dégradation sévère de leurs conditions de travail et de leurs moyens de subsistance, 50 000 enseignants de l’Alberta ont entamé une grève de trois semaines l’automne dernier pour réclamer une augmentation des effectifs et du financement du secteur de l’éducation. Danielle Smith et le gouvernement PCU, dans une attaque massive contre les droits des travailleurs, ont interdit la grève des enseignants par le biais d'une loi de retour au travail, invoquant la clause dérogatoire antidémocratique pour imposer un contrat de travail de quatre ans truffé de reculs que les enseignants avaient déjà massivement rejeté. La clause dérogatoire permet aux gouvernements de bafouer les droits démocratiques censés être garantis aux Canadiens par la Charte canadienne des droits et libertés sans craindre de poursuites judiciaires. Elle est devenue un mécanisme courant pour les gouvernements de tout le pays afin d'appliquer des lois de droite hostiles aux travailleurs.

En tentant cyniquement de jeter le blâme sur les réfugiés, les étudiants internationaux et les autres résidents non permanents pour la situation critique des services publics essentiels de l'Alberta, Smith et le PCU cherchent à dissimuler leur responsabilité fondamentale derrière un climat de racisme et de xénophobie. De 2021 à 2025, la population de l'Alberta a augmenté de près de 600 000 personnes, soit le taux de croissance le plus rapide de toutes les provinces canadiennes. Parallèlement à l'augmentation du nombre de travailleurs immigrants provenant de l'extérieur du Canada, qu'ils soient résidents permanents ou non, cette croissance démographique a également été alimentée par la migration interprovinciale – des travailleurs s'installant en Alberta en provenance d'autres provinces canadiennes. En refusant de financer adéquatement les systèmes de santé et d'éducation alors que la province connaissait la plus forte croissance démographique du pays, Smith et le gouvernement PCU ont imposé des coupes budgétaires importantes dans les services publics.

De plus, cette croissance démographique n'était pas simplement le fruit d'une «politique d'immigration fédérale hors de contrôle », comme Smith tente de le prétendre. En 2022, sous le gouvernement de son prédécesseur, le premier ministre PCU Jason Kenny, l'Alberta a lancé une vaste campagne publicitaire pancanadienne intitulée « L'Alberta vous appelle » afin d'attirer des migrants. Cette campagne, visant à pallier la pénurie de main-d'œuvre dans le secteur de la santé et certains métiers spécialisés, offrait un crédit d'impôt de 5 000 $ aux travailleurs admissibles qui s'installaient en Alberta. Peu après, l'Alberta est devenue la province canadienne ayant enregistré les gains les plus importants grâce à la migration interprovinciale.

Smith et le Parti conservateur uni ont refusé catégoriquement d'augmenter les dépenses publiques en services, en logement et en infrastructures pour faire face à cet afflux de population, car cela aurait nui aux profits des magnats du pétrole et des entreprises albertaines. L'Alberta affichant les taux d'imposition des sociétés et des particuliers à hauts revenus les plus bas du Canada, ses finances publiques dépendent fortement des redevances tirées de la vente du pétrole et du gaz naturel.

L'élite dirigeante canadienne attise le sentiment anti-immigrant

Malgré le recours accru à l'immigration ces dernières années pour maintenir la croissance économique – comblant la pénurie de main-d'œuvre, stimulant la consommation et maintenant une forte demande de logements qui a stimulé la croissance des secteurs de l'immobilier, de la construction et de la finance –, l'élite dirigeante canadienne a cultivé un sentiment politique anti-immigrant afin de diviser la classe ouvrière. Autrefois l'apanage de l'aile la plus radicale du Parti conservateur, des nationalistes ethno-chauvinistes québécois et des fascistes, la rhétorique anti-immigration s'est désormais répandue au sein d'une frange de plus en plus large de la classe dirigeante, face à l'impossibilité d'ignorer les problèmes engendrés par les inégalités sociales criantes et des décennies d'austérité budgétaire.

Au niveau fédéral, les gouvernements libéraux de Justin Trudeau et de Mark Carney ont pleinement adopté l'argument selon lequel l'immigration – et non l'austérité gouvernementale ni les motivations lucratives des promoteurs immobiliers et des propriétaires – est à l'origine de la crise des services publics, des infrastructures et du marché du logement. Dès l'arrivée au pouvoir de Trudeau et sous celui de Carney, les libéraux ont drastiquement réduit le nombre d'immigrants autorisés à entrer au Canada, en limitant notamment le nombre de permis de travail et d'études temporaires délivrés. Ces restrictions à l’immigration ont déjà entraîné la première baisse annuelle de population depuis la Confédération en 1867 : du 1er janvier 2025 au 1er janvier 2026, la population du Canada a diminué de 102 000 personnes, principalement en raison d’un important bilan migratoire négatif de résidents non permanents.

À la fin mars, le gouvernement Carney a adopté sa réforme historique de l’immigration, l’ancien projet de loi C-12, qui comprenait de nombreuses mesures restreignant les droits des réfugiés demandant l’asile au Canada. En vertu de cette nouvelle loi, le gouvernement fédéral s’octroie le pouvoir d’annuler en bloc des catégories entières de documents d’immigration, y compris les permis de travail et les visas d’études, s’il le juge conforme à l’« intérêt public ».

En vertu de cette nouvelle loi, toute demande d’asile déposée plus d’un an après la première entrée au Canada, ou plus de 14 jours après l’entrée au Canada en provenance des États-Unis, ne pourra faire l’objet d’une audience complète devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) pour déterminer la validité de sa demande. Ces demandeurs d’asile se verraient uniquement proposer une évaluation des risques avant renvoi (ERAR), réalisée non pas par une commission indépendante, mais par un agent fédéral de l’immigration, et sans possibilité d’appel. Ces mesures s’appliquent rétroactivement et visent à accélérer la procédure d’expulsion de milliers de demandeurs d’asile. Le ministre libéral de l’Immigration, Metlege Diab, a affirmé que ces mesures permettraient au ministère de lutter contre la « fraude » et le « détournement » du système d’asile.

Les autorités fédérales de l’immigration seraient également habilitées à communiquer des renseignements personnels, y compris des données sensibles sur le statut et l’identité d’une personne, à d’autres ministères fédéraux et provinciaux, afin de garantir que tout immigrant marqué pour l’expulsion soit immédiatement privé de soutien et de services publics. Ces mêmes pouvoirs permettraient également de communiquer ces renseignements personnels à des pays étrangers comme les États-Unis, menaçant ainsi la sécurité des migrants et des réfugiés au Canada ou dans leur pays d’origine s’ils sont contraints d’y retourner.

Le gouvernement Carney a conçu ces nouveaux pouvoirs en matière d'immigration pour qu'ils fonctionnent en parfaite harmonie avec l'administration Trump, qui utilise les forces de l'ICE et du département de la Sécurité intérieure pour procéder à des expulsions de masse, terroriser les quartiers populaires et jeter les bases d'un régime dictatorial. Les personnes qui demandent l'asile au Canada moins de 14 jours après leur entrée sur le territoire continueront d'être expulsées directement vers les États-Unis sous l'administration Trump, en vertu du prétendu « Accord sur les tiers pays sûrs».

Ces nouvelles mesures, qui portent atteinte aux droits des immigrants et des demandeurs d'asile, sont presque intégralement reprises de la rhétorique anti-immigration toxique du Parti conservateur. Sous Pierre Poilievre, qui a soutenu le «Convoi de la liberté » d'extrême droite ayant occupé Ottawa pour protester contre les mesures de santé publique contre la COVID-19 et qui a rencontré ouvertement des partisans de la théorie fasciste du « Grand Remplacement », les conservateurs ont fait de la persécution des immigrants un élément central de leur programme, poussant ainsi le gouvernement Carney à aller encore plus loin dans ses mesures anti-immigration.

En février, Poilievre a diffusé une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, dénonçant les « soins de santé complémentaires de luxe » offerts aux demandeurs d'asile, dont beaucoup fuient des guerres dévastatrices et une extrême pauvreté, dans le cadre du Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI). Il a affirmé que les demandeurs d'asile bénéficiaient d'un « traitement préférentiel » et a exigé qu'ils ne reçoivent que les « soins d'urgence vitaux ». Reprenant une rhétorique inspirée des fascistes de l'administration Trump, Poilievre a exigé l'« expulsion immédiate » de tout demandeur d'asile condamné pour des crimes au Canada, criant : « Ça suffit ! Nous ne pouvons pas permettre à des criminels étrangers de profiter de notre système ! »

Le gouvernement Carney a déjà annoncé des coupes budgétaires massives dans le PFSI. Près de 250 millions de dollars seront retranchés du programme, et les demandeurs d'asile et les réfugiés devront payer des franchises considérablement plus élevées avant de pouvoir accéder aux soins dentaires et aux médicaments sur ordonnance. Ceux qui n'en auront pas les moyens seront contraints de reporter des traitements préventifs simples, ce qui risque d'entraîner des problèmes plus graves et de nécessiter des soins d'urgence ultérieurement. Les nouveaux pouvoirs en matière d'immigration adoptés par le gouvernement, selon la ministre Diab, « permettront également de réduire le nombre de demandeurs d'asile en limitant le nombre de personnes qui arrivent et font des demandes frauduleuses ». Sans doute consciente des économies qui seront réalisées sur les soins de santé des réfugiés après cette campagne d'expulsions massives, elle a ajouté : « J'ai très hâte de mettre en œuvre les dispositions relatives à l'immigration prévues par ce projet de loi. »

Les gouvernements provinciaux de tous bords ont adopté la politique anti-immigration prônée par l'élite dirigeante canadienne, du premier ministre néo-démocrate de la Colombie-Britannique, David Eby, qui a lié le taux de chômage élevé chez les jeunes au Programme des travailleurs étrangers temporaires et aux étudiants internationaux, à la démagogie d'extrême droite de Danielle Smith en Alberta. Au Québec, l'ensemble de l’élite dirigeante, de la CAQ nationaliste de droite au PQ indépendantiste, a adopté un programme anti-immigration toxique, promulguant des lois antidémocratiques ciblant les musulmans et d'autres minorités religieuses au nom de la « laïcité ». Ils ont également propagé une version québécoise de la « théorie du Grand Remplacement », selon laquelle les immigrants menacent la survie même de la langue française et de la nation québécoise.

Les provocations xénophobes du gouvernement Smith en Alberta et l’adoption croissante de lois anti-immigration au niveau fédéral et partout au Canada constituent un avertissement clair : l’attaque sur les droits des travailleurs immigrants est une attaque sur l’ensemble de la classe ouvrière. Comme les travailleurs du monde entier l’ont constaté, aux États-Unis avec le soutien apporté au fasciste Trump par la classe dirigeante et en Europe avec la montée de partis politiques ouvertement néo-fascistes comme le Rassemblement national en France et l’Alternative pour l’Allemagne, la diffusion de l’idéologie anti-immigration est essentielle pour ressusciter la légitimité politique de l’extrême droite et renforcer le pouvoir répressif de l’État. Les lois et les pouvoirs antidémocratiques visant aujourd’hui les migrants serviront demain à réprimer l’ensemble de la classe ouvrière.

Alors que le gouvernement fédéral dépense des dizaines de milliards de dollars pour l'armée et des milliards supplémentaires pour subventionner les investissements dans l'extraction des ressources, les pipelines et autres infrastructures au profit du capital canadien, il est absurde de prétendre que les sommes dérisoires consacrées aux soins de santé et aux services sociaux pour les populations les plus vulnérables constituent un fardeau excessif. La classe dirigeante promeut cette idéologie réactionnaire pour diviser la classe ouvrière, trouver un bouc émissaire pour les ravages causés par des années d'austérité et d'inégalités sociales toujours plus profondes, et empêcher les travailleurs de s'unir pour contester la cause profonde de ces problèmes : la domination de la société par une oligarchie de milliardaires.

Seul un vaste mouvement politique indépendant de la classe ouvrière, transcendant les frontières nationales et unissant les travailleurs du Canada – immigrants et non-immigrants – à leurs frères et sœurs de classe aux États-Unis, au Mexique et à l'étranger, sera suffisamment puissant pour contrer le programme d'austérité, de répression et de guerre de l'élite capitaliste.

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