Aujourd’hui, c’est le 1er mai, la journée internationale de la classe ouvrière. Le Comité international de la IVe Internationale et le World Socialist Web Site organisent leur 13e rassemblement international annuel en ligne du 1er mai à 15h00 (heure de Montréal, 21h heure de Paris). Nous appelons tous ceux qui cherchent à lutter pour le socialisme et à mettre fin au système capitaliste à s'inscrire et à y assister.
La classe dirigeante œuvre sans fin pour éradiquer la conscience de classe, pour nier et camoufler l'immense tradition de la lutte des classes, surtout en Amérique. En effet, le 1er mai est né aux États-Unis.
Il y a 140 ans, le 1er mai 1886, des centaines de milliers de travailleurs américains débrayaient pour exiger la journée de huit heures. Le centre du mouvement était Chicago, où 80 000 travailleurs ont fait grève. Trois jours plus tard, le soir du 4 mai, un rassemblement ouvrier pacifique à Haymarket Square a été violemment attaqué par la police. Une bombe a explosé. Dans l'explosion et la mêlée policière, sept agents et quatre ouvriers ont été tués.
La classe dirigeante a saisi cette occasion pour lancer une violente chasse aux sorcières contre les travailleurs de la ville. Aucune preuve ne reliait les orateurs ou les organisateurs à l’attentat à la bombe. Pourtant, 8 dirigeants syndicaux anarchistes et socialistes ont été arrêtés et jugés lors d’un simulacre de procès qui fit date en matière de violence d’État et de montages pseudo-juridiques. Quatre ouvriers – August Spies, Adolph Fischer, George Engel et Albert Parsons – furent pendus le 11 novembre 1887. Un autre, Louis Lingg, fut poussé au suicide dans sa cellule.
La cause pour laquelle les martyrs de Haymarket ont donné leur vie a été reprise par la classe ouvrière du monde entier. Trois ans plus tard, en 1889, le congrès fondateur de la Deuxième Internationale, réuni à Paris, a décidé que le 1er mai serait le jour où les travailleurs de tous les pays manifesteraient ensemble pour la journée de huit heures. Depuis lors, le 1er mai appartient à la classe ouvrière internationale.
La journée de 8 heures était la revendication centrale des premiers 1er mai. Aujourd’hui, le 1er mai est un combat pour la survie même de la civilisation humaine. L’exploitation est telle que même la conquête la plus élémentaire du mouvement ouvrier, la journée de huit heures, a été abandonnée par l’appareil syndical. Alors que les bureaucrates de l’AFL-CIO organisent des événements « May Day Strong » (Un 1er mai fort) avec le Parti démocrate, les travailleurs des entrepôts, des hôpitaux, des écoles et des usines travaillent 10, 12 et 14 heures.
La fête du 1er mai s'est ancrée dans la lutte pour l'unité de la classe ouvrière internationale contre le capitalisme, les inégalités et l'exploitation — une journée dédiée à l'avancement de la lutte pour le pouvoir ouvrier. Léon Trotsky écrivait en 1918 que le but originel du 1er mai était, « au moyen d'une manifestation simultanée des travailleurs de tous les pays ce jour-là, de préparer le terrain pour les rassembler en une seule organisation prolétarienne internationale d'action révolutionnaire, avec un unique centre mondial et une unique orientation politique mondiale. »
Cette tâche — construire une direction révolutionnaire internationale de la classe ouvrière — reste l'œuvre historique inachevée de notre époque. C'est l'œuvre du Comité international de la IVe Internationale.
Les rassemblements internationaux annuels en ligne du 1er mai organisés par la CIQI, qui se tiennent depuis treize années consécutives, s'inscrivent dans cet esprit. Ils ne sont pas l'occasion de phrases radicales creuses par lesquelles la bureaucratie syndicale et ses complices masquent leur alliance avec l'État capitaliste. Chaque rassemblement a été une étape indispensable dans le développement de la perspective du mouvement socialiste mondial.
Depuis le premier rassemblement international en ligne du 1er mai en 2014, le CIQI a lancé un avertissement clé lors de ces rassemblements: le redécoupage impérialiste du monde, poussé par les contradictions insolubles du capitalisme, précipite l’humanité vers une catastrophe mondiale. Ces avertissements ont été confirmés. La guerre mondiale n'est pas une possibilité future. C’est une réalité qui se déroule sous nos yeux. La guerre américano-israélienne contre l’Iran, lancée le 28 février, est l’expression la plus explosive à ce jour d’une escalade mondiale du militarisme.
Deux processus interconnectés prédominent. D’abord, la progression de la guerre et, avec elle, le virage vers le fascisme et la dictature, et une attaque effrénée contre la classe ouvrière. C’est aux États-Unis que ce phénomène trouve son expression la plus marquée, où Trump – le président des oligarques – bafoue les droits démocratiques, déchaîne la police anti-immigré pour mener une terreur politique et réorganise la société autour du militarisme et de la répression.
Deuxièmement, il y a la résistance croissante de la classe ouvrière internationale. Le rassemblement du 1er mai rendra compte des luttes qui se développent parmi les travailleurs et les jeunes à travers les continents et définira le programme et la stratégie nécessaires pour unir ces combats en un mouvement conscient contre la guerre, la dictature et le capitalisme.
Parmi les intervenants figureront des représentants du CIQI et de ses organisations sympathisantes des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France, d'Allemagne, du Sri Lanka, d'Australie, de Nouvelle-Zélande, de Turquie, du Brésil et de Russie ; ainsi que des représentants de l’Internationale des jeunes et des étudiants pour l’égalité sociale (IYSSE) et de l'Alliance ouvrière internationale des comités de base (IWA-RFC).
Il y aura des travailleurs et de jeunes de tous les continents — postiers, ouvriers de l'automobile, enseignants, dockers, étudiants — qui se mobilisent et cherchent une voie à suivre.
Le rassemblement du 1er mai évaluera la situation mondiale : l'histoire et la signification de la guerre contre l'Iran ; la dérive vers la dictature et l'effondrement des formes démocratiques bourgeoises ; et l’accélération de la montée de la lutte des classes à l’échelle internationale.
Ce rassemblement n'est pas une commémoration. C'est un appel à l'action. La classe dirigeante organise la société pour la guerre à l'étranger et la guerre de classe à l'intérieur, et elle le fait avec l'aide des appareils syndicaux et de tous les partis capitalistes. Le rassemblement du 1er mai armera les travailleurs et les jeunes d'un programme, d'une stratégie et d'une perspective organisationnelle internationale pour la lutte à venir.
Inscrivez-vous sur wsws.org/mayday. Le rassemblement commence à 15h00, heure de l'Est des États-Unis (21h00 heure de Paris). Rassemblez vos collègues, vos camarades de classe, vos familles, vos amis. Aujourd'hui, 1er mai 2026, rejoignez le mouvement socialiste international.
