Alan Greenspan, dont le décès à l'âge de 100 ans a été annoncé lundi, a été président de la Réserve fédérale américaine [la banque centrale] pendant 19 ans, de 1987 à 2006.
Il restera dans l'histoire comme celui qui a fait plus que quiconque pour créer le système financier et économique de parasitisme et de spéculation qui caractérise aujourd'hui les États-Unis, et qui a conduit à la création d'une oligarchie financière et à un degré d'inégalités sociales sans précédent dans l’histoire.
L'économie politique marxiste est très éloignée de toute forme de subjectivisme historique et s'y oppose fermement.
Elle nie que le mouvement, le développement du capitalisme et ses crises récurrentes soit le fait des individus. Elle affirme qu'ils sont mus par des contradictions objectives ancrées dans le système de profit fondé sur la propriété privée des moyens de production — le conflit insoluble entre la production mondiale et le système capitaliste des États-nations, et entre le caractère social de la production et la propriété privée.
Marx expliquait que les membres individuels de la classe capitaliste et ceux qui défendent ses intérêts, comme Greenspan, étaient, en dernière analyse, la personnification de processus socio-économiques objectifs.
Mais les individus jouent un rôle, parfois déterminant, et Greenspan était dans ce cas. Il incarnait à la perfection l'idéologie du libre marché, pilier théorique du mode de production capitaliste.
C'est l'arme idéologique, brandie sans cesse contre le socialisme, et qui affirme que ce dernier est fondamentalement impossible. Selon cette affirmation, si les êtres humains sont capables de sonder les profondeurs de l'atome, d'appréhender les confins de l'univers et d'examiner les structures mêmes de la vie, ils sont incapables de contrôler et de réguler consciemment leur activité économique quotidienne en fonction de la raison et des besoins, et l'anarchie aveugle du marché prévaudra inévitablement.
Greenspan était un fervent promoteur de cette vision misanthrope. Sa mise en œuvre a conduit à une crise toujours plus profonde du système mondial de profit et toutes les composantes de la classe capitaliste, impérialisme américain en tête, cherchent désormais à s’en extirper par la guerre et des attaques toujours plus virulentes contre la classe ouvrière, associées pour imposer ce programme à des régimes autoritaires et fascistes.
Rien, à première vue, ne laissait présager le destin de Greenspan. Né en 1926, il était le fils unique d'Herbert et Rose Greenspan. Ses parents divorcèrent lorsqu'il avait cinq ans et il fut élevé par sa mère dans le quartier de Washington Heights à Manhattan. Son père, quant à lui, était courtier en bourse.
Adolescent, c’était un saxophoniste accompli, si accompli qu'il fut admis à la Juilliard School de New York, où il passa plusieurs années à jouer dans un orchestre de jazz swing. Mais il empruntait aussi des livres à la bibliothèque. Il confia au New York Times, lors d'une interview en 1989, qu'un jour, il avait emprunté un livre sur la finance et la bourse et l'avait trouvé «absolument fascinant».
Il abandonna la musique pour se tourner vers l'économie et entra à l'Université de New York, où il obtint une licence en 1948 et une maîtrise en 1950. Il commença ensuite un doctorat à l'Université de Columbia sous la direction d'Arthur Burns, qui allait devenir plus tard président de la Réserve fédérale [la ‘Fed’].
L'année 1952 s'avéra être un tournant dans son évolution idéologique, après des débuts sous l'influence du keynésianisme, qui soutenait que le capitalisme pouvait et devait être régulé par l'intervention de l'État.
Il épousa Joan Mitchell, et bien que le mariage n'ait duré qu'un an, elle le présenta durant cette période à l'écrivaine d'extrême droite Ayn Rand, une émigrée russe qui a écrit une série de romans faisant l'éloge du capitalisme de marché libre et de «l'égoïsme rationnel».
Il intégra le cercle restreint de Rand en adhérant à ses idées, notamment à l'affirmation que le capitalisme était non seulement efficace et pratique, mais aussi moral.
Greenspan a déclaré au Times qu'il était « vraiment fasciné », qu'il avait appris à la connaître, elle et ses écrits, au fil des ans, et qu'« elle avait un effet comparable à celui d'un professeur d'université préféré ». Lorsque Greenspan a prêté serment en tant que président du Conseil des conseillers économiques de la Maison-Blanche sous la présidence de Gerald Ford en 1974, Rand était à ses côtés.
Après ses études universitaires, il intègre le Conference Board, une organisation patronale fondée en 1916 pour lutter contre la montée du militantisme dans la classe ouvrière, où il travaille à l'analyse statistique et économique. Il s'associe ensuite à un ancien négociant en obligations et commence à se faire un nom à Wall Street en tant qu'analyste de l'économie américaine.
Son entrée dans les milieux politiques républicains les plus influents eut lieu en 1967 lorsqu'il rejoignit l'équipe de campagne de Richard Nixon, lui prodiguant des conseils sur l'économie et analysant les sondages. Après la démission obligée de Nixon suite au scandale du Watergate, la carrière politique de Greenspan se poursuivit sous la présidence de Ford, dont il fut un proche conseiller.
La décennie des années 1970 fut marquée par une montée en puissance militante de la classe ouvrière aux États-Unis et à l'international, en réponse à la spirale inflationniste mondiale déclenchée par la suppression de l'adossement du dollar américain à l'or par Nixon, en août 1971.
Le fer de lance de ce mouvement aux États-Unis fut la grève de 111 jours des mineurs en 1977-1978, au cours de laquelle les travailleurs ont défié la loi anticommuniste Taft-Hartley visant à briser les grèves et que l'administration démocrate de Jimmy Carter a tenté d'imposer.
Profondément ébranlé, Carter a réagi en nommant Paul Volcker à la présidence de la Fed, avec pour mandat d'utiliser les instruments financiers de la Fed, et surtout les taux d'intérêt, pour écraser le militantisme de la classe ouvrière au nom de la lutte contre l'inflation.
Toutefois, les mécanismes financiers ne suffisaient pas ; il fallait préparer le terrain.
En conséquence, l'un des premiers actes de la nouvelle administration Reagan fut le licenciement massif des contrôleurs aériens et la destruction de leur syndicat, la PATCO, en 1981.
Cela n'a été possible que parce que toute la bureaucratie syndicale de l'AFL-CIO du haut jusqu’en bas a refusé de faire quoi que ce soit pour défendre les contrôleurs aériens et a activement collaboré avec l'offensive de Reagan. La bureaucratie syndicale avait déjà signalé cette orientation lors du sauvetage de Chrysler en 1979 qui s’est accompagné de la baisse des salaires et des avantages sociaux, et de la nomination du chef de l'UAW Douglas Fraser au conseil d'administration de la firme – une première pour un responsable syndical.
La répression et la trahison des contrôleurs aériens ont ouvert la voie à la guerre de Volcker contre la classe ouvrière. Les taux d'intérêt ont été relevés à deux reprises en 1981, et à la fin de l'année, le taux directeur de la Fed a atteint 21,5 pour cent. De vastes pans de l'industrie ont été ravagés et le taux de chômage a atteint son plus haut niveau depuis la Grande Dépression.
Volcker reconnaîtra plus tard l'importance du licenciement massif de la PATCO dans sa soi-disant lutte contre l'inflation, car il fut décisif par son « effet psychologique sur la position de force de négociation du syndicat ».
Un membre du Comité fédéral de l'open market (FOMC), chargé de fixer les taux d'intérêt, s'est montré plus direct, déclarant lors d'une réunion en février 1981: « L'inflation n’allait pas être vaincue définitivement […] tant que tous ces travailleurs et leurs syndicats n'auraient pas accepté de se contenter de moins. Si les mots ne les impressionnaient pas, peut-être que la suppression de plusieurs millions d'emplois supplémentaires allait les convaincre ».
Greenspan partageait pleinement ces sentiments. Les banquiers centraux s'efforcent toujours de donner l'image qu'ils agissent dans l'intérêt du « peuple », mais la lutte des classes est toujours présente à leur esprit.
Lors de son témoignage devant le Congrès en 1998, Greenspan a déclaré que malgré l'expansion économique, il n'y avait pas eu d'augmentation significative des salaires, attribuant cela aux « préoccupations des travailleurs concernant la sécurité de l'emploi » et au fait que « la technologie pouvait encore susciter chez les travailleurs des craintes d'obsolescence des compétences» — une crainte que la classe capitaliste cherche aujourd'hui à instiller par le biais de l'IA.
La guerre de Volcker a entraîné une restructuration du capitalisme américain. Son socle industriel n'était plus le fondement de l'accumulation des profits et il a été progressivement remplacé par ce qu'on a appelé la financiarisation.
Les géants de l'industrie étaient supplantés par les rois des obligations à haut risque, et les profits étaient générés par la manipulation financière. Les rachats d'actions, auparavant illégaux, furent légalisés en 1982. La manipulation des marchés, les rachats par endettement massif, entraînant le pillage des actifs, et le recours aux clauses de faillite pour se soustraire au paiement des salaires, devinrent monnaie courante. C’est dans ce contexte que Donald Trump a émergé.
Cette nouvelle situation exigeait un changement à la tête de la Réserve fédérale. Volcker, influencé par la législation du New Deal, qui visait à réprimer certaines pratiques prédatrices du capital financier suite aux crises des années 1930, n'était pas l'homme de la situation. Il ne fut pas reconduit pour un troisième mandat et fut remplacé en 1987 par Greenspan, celui qui défendait le capital financier au motif que ses opérations reposaient sur le «libre marché».
Mais l'action la plus significative de Greenspan en tant que nouveau président de la Fed contredisait directement son idéologie affichée, comme tout ce qu'il a fait tout au long de ses 19 années de mandat.
Le 19 octobre 1987, Wall Street, après une période de forte croissance, s'est effondrée, le Dow Jones chutant de 22,6 pour cent en une seule journée, ce qui reste à ce jour sa plus forte baisse journalière de l'histoire.
Greenspan réagit en publiant une déclaration d'une seule phrase: «La Réserve fédérale, conformément à ses responsabilités en tant que banque centrale du pays, a affirmé aujourd'hui sa volonté de servir de source de liquidités pour soutenir le système économique et financier. »
Ce n’était pas là du capitalisme de « libre marché ». En réalité, toutes les références au « libre marché », au caractère sacré de l’individu, à la nécessité d’éviter la « main de fer » de la réglementation n’étaient qu’un paravent idéologique masquant ce qui se passait réellement, mais dont il était impossible de parler publiquement: la spéculation menée par une oligarchie financière naissante et garantie par l’État.
Les opérations de renflouement de la Fed de Greenspan à la fin des années 1980 n'étaient que le début de ce qui allait se produire dans les années 1990, en grande partie durant l'administration démocrate de Bill Clinton.
Il y a d'abord eu le processus de redressement suite à la crise des caisses d'épargne et de prêt des années 1980, qui a entraîné la faillite de centaines de petites banques et nécessité 124 milliards de dollars de fonds publics. Puis est venue la crise des marchés obligataires de 1994, tant au Mexique qu'aux États-Unis, cette dernière exigeant un plan de sauvetage de 50 milliards de dollars mis en place par l'administration Clinton.
En 1997-1998, la crise financière asiatique, qualifiée par Clinton de simple incident de parcours dans le processus de la mondialisation, eut des répercussions internationales lorsque, en 1998, le fonds spéculatif américain Long Term Capital Management fit faillite. Il dut être renfloué par la Réserve fédérale de New York afin d'éviter l'effondrement de l'ensemble du système financier, comme ce fut le cas une décennie plus tard.
Au tournant du siècle a éclaté la bulle Internet et Greenspan est intervenu pour baisser les taux d'intérêt afin de financer une nouvelle vague de spéculation.
Durant toute cette période, et malgré les signes d'une crise financière qui s'aggravait, Greenspan a insisté pour dire que la mission de la Fed n'était pas d'empêcher la formation de bulles financières, mais d'en réparer les conséquences une fois qu'elles avaient éclaté. Cette position était si ancrée qu'une nouvelle expression a vu le jour: «la garantie Greenspan»; cela signifiait que la spéculation pouvait se poursuivre en sachant que la Fed en était la garante.
Dans cette affaire, comme dans sa campagne visant à abroger toutes les réglementations précédentes, Greenspan a bénéficié du soutien inconditionnel de Clinton et de son administration.
Il a été encensé par la presse – le journaliste du Washington Post, Bob Woodward, l’a surnommé «Le Maestro» et, en 1999, la une du magazine Time présentait un montage avec Greenspan, le secrétaire au Trésor Robert Rubin et son adjoint Lawrence Summers, avec le titre «Le Comité pour sauver le monde».
Durant toute cette période, toutes les conditions furent créées pour que la bulle financière éclate. L'administration Clinton a supprimé la quasi-totalité des réglementations sur les capitaux financiers mises en place précédemment.
Ce processus a abouti en 1999 à l'abrogation de la loi Glass-Steagall de 1933, qui séparait les activités bancaires commerciales des activités bancaires d'investissement et empêchait les banques commerciales de spéculer avec les dépôts de leurs clients sur des titres à haut risque.
Au milieu des années 1990, il fut clair qu'une bulle financière se formait rapidement. Greenspan en niait publiquement l'existence, mais l'admettait en privé. Lors de la réunion de la Fed du 24 septembre 1996, en réponse à l'avertissement du gouverneur Larry Lindsey sur le développement d'une bulle, il déclara: « Je reconnais qu'il existe actuellement un problème de bulle boursière et je partage l'avis du gouverneur Lindsey: c'est un problème que nous devons surveiller de près.»
Rien n’a été fait et la seule réponse de Greenspan a été de faire en décembre 1996 la fameuse déclaration qu’il existait sur le marché une «exubérance irrationnelle».
Mais la réaction hostile des capitaux financiers spéculatifs face à la moindre suggestion de limitation de leurs activités prédatrices fut telle que Greenspan fit marche arrière, affirmant que la technologie augmentait la productivité et que cela permettrait un flux continu d'argent peu coûteux sur les marchés – une affirmation reprise par le futur président de la Fed Kevin Warsh au sujet du développement de l'IA.
La politique de Greenspan a favorisé la création de la bulle Internet, qui a éclaté au début de ce siècle. En réponse, Greenspan a mis en circulation davantage de liquidités, ce qui a ensuite alimenté une bulle immobilière.
Mais alors même qu'il était évident qu'une telle bulle se formait, Greenspan en a nié l'existence, affirmant dans un discours clé de 2003 que toute ressemblance avec les pratiques observées sur les marchés boursiers était «plutôt exagérée».
Selon lui, toute bulle immobilière serait d'envergure locale plutôt que nationale. Or, un effondrement national s'est bel et bien produit et s'est manifesté dans le krach de 2008, déclenché par la crise des subprimes.
Le recours accru aux produits dérivés a également été un facteur important, mais Greenspan, depuis l'administration Clinton et avec son soutien total, s'était opposé à tout contrôle ou réglementation de leur utilisation — il ne fallait rien faire pour freiner les profits tirés de la spéculation.
Bien entendu, Greenspan n'a pas agi seul. Il bénéficiait du soutien total de l'establishment financier et politique – démocrates et républicains confondus – qui le saluait comme un génie de la finance, à l'origine de ce qu'on appelait la Grande Modération.
Ce soutien s’afficha avec force au conclave annuel des banquiers centraux à Jackson Hole, dans le Wyoming, en août 2005. La réunion était organisée comme un adieu à Greenspan, qui devait quitter ses fonctions au début de l'année suivante, et les interventions ont consisté en des éloges du «Maestro».
Cependant, une voix discordante s'est fait entendre, celle de Raghuram Rajan, économiste au Fonds monétaire international, qui a évoqué la possibilité que la politique monétaire accommodante de la Fed puisse créer les conditions d'une crise. Il a été vivement critiqué et dénoncé, notamment par Lawrence Summers, alors principal conseiller économique des démocrates.
En 2008, avec l'effondrement de la banque d'investissement Lehman Brothers et la menace de faillite du géant de l'assurance AIG en raison d'appels de garanties sur des milliards de dollars de credit default swaps, une des formes de produits dérivés qui avaient proliféré au cours de la période précédente, la crise a éclaté.
Alors que les banquiers et les spéculateurs étaient renfloués à hauteur de centaines de milliards de dollars, jusqu'à 10 millions d'Américains ont perdu leur logement, le chômage grimpa à 10 pour cent et plus – l'un des taux les plus élevés depuis la Grande Dépression – ce qui fut pour la classe ouvrière un coup de massue dont les effets se font encore sentir.
Bien que des enquêtes ultérieures aient révélé que des dirigeants et cadres de banques s'étaient livrés à des activités criminelles, notamment chez Goldman Sachs, aucun n'a été emprisonné. En 2014, interrogé sur les raisons de cette absence de poursuites, le procureur général d'Obama, Eric Holder, a déclaré que cela aurait trop perturbé le système financier. Les géants de la finance étaient «trop importants pour faire faillite» et leurs dirigeants «trop importants pour aller en prison».
Bien qu'il n'occupait plus la présidence de la Réserve fédérale, Greenspan a été appelé à témoigner devant le Congrès en octobre 2008 alors que les effets du krach continuaient de se faire sentir aux États-Unis et dans le reste du monde.
Son témoignage pourrait bien figurer au centre de son épitaphe. Il a avoué que tout son cadre intellectuel — fondé sur les doctrines qu'il avait assimilées d'Ayn Rand et des plus ardents défenseurs du système de profit — s'était effondré.
Le paradigme de la gestion moderne des risques, fondé sur l'idée que le marché capitaliste pouvait développer en lui-même les moyens d'assurer sa stabilité, avait «prévalu pendant des décennies », dit-il, «mais tout l'édifice intellectuel» s'était «effondré l'été dernier.»
Mais la crise n'était pas simplement l'échec d'une idéologie. Elle a démontré la faillite du système capitaliste même, et que les crises, chacune plus grave que la précédente, n'étaient pas le résultat de forces extérieures perturbant une machine autorégulée, mais qu’elles étaient endémiques au système du profit même.
Suite à la crise dévastatrice que Greenspan avait facilitée, tant par son idéologie réactionnaire que par ses actes, on ne vit pas l’introduction de réformes susceptibles d'empêcher qu'une telle situation se reproduise. Au contraire, la réaction de l'État capitaliste, par le biais d’instruments économiques tels que la Réserve fédérale, a consisté à injecter encore plus d'argent dans le système financier, créant ainsi les conditions d'une catastrophe bien plus grave encore.
Avant tout, la classe ouvrière doit tirer les leçons de cette situation. Aucune réforme n'est possible dans le cadre du système de profit. Il faut le renverser. La classe ouvrière doit lutter pour la conquête du pouvoir politique afin de permettre une réorganisation complète de la structure économique de la société, qui soit fondée sur la satisfaction des besoins humains et non sur les exigences insatiables d’une oligarchie financière que Greenspan a largement contribué à créer.
(Article paru en anglais le 26 juin 2026)
