Israël construit une chambre d’exécution pour les prisonniers palestiniens tandis que Ben-Gvir brandit la menace d’assassinats à Gaza

Le gouvernement israélien construit un lieu d'exécution pour pendre des prisonniers palestiniens, a annoncé mardi le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, dans un communiqué de son cabinet. Dans une vidéo diffusée depuis le site – une prison du centre d'Israël dont le nom n'a pas été divulgué – Ben-Gvir parcourt l'aile en construction destinée aux condamnés et déclare : « Des potences y seront érigées. »

Selon le bilan établi mercredi par le ministère de la Santé de Gaza, Israël a tué 73 409 personnes à Gaza depuis octobre 2023. L'Afrique du Sud a porté plainte contre Israël devant la Cour internationale de Justice pour génocide contre les Palestiniens de Gaza.

Les massacres se sont poursuivis malgré le « cessez-le-feu » qu'Israël a accepté le 10 octobre 2025 : le ministère a recensé 1273 Palestiniens tués au cours des dix mois suivants, auxquels s'ajoutent 174 335 blessés depuis le début du conflit.

Ce génocide constitue l'un des fronts de la guerre que mènent les États-Unis et Israël au Moyen-Orient. Israël bombarde le Liban et la Syrie, et les États-Unis imposent un blocus des ports iraniens.

Lundi, le président américain Donald Trump a menacé de bombarder Oman, médiateur entre Washington et Téhéran, si ce pays « entrave » la fin de la guerre contre l’Iran.

« Nous écrivons l’histoire », a déclaré Ben-Gvir. « Les terroristes ne méritent qu’une chose : la pendaison. » L’établissement, a-t-il précisé, comprendra des « chambres d’observation où les victimes de crimes pourront venir assister à l’exécution ».

Itamar Ben-Gvir, député israélien d’extrême droite et chef du parti « Pouvoir juif », fait un geste de célébration après la publication des premiers résultats des sondages de sortie des urnes pour les élections législatives israéliennes, au siège de son parti à Jérusalem, le 2 novembre 2022. [AP Photo/Oren Ziv]

Cette annonce est intervenue trois jours après l’apparition de Ben-Gvir, samedi, dans un podcast animé par Rom Braslavski, un otage israélien libéré.

« Laissez-moi être celui qui les pend », a déclaré Braslavski. « Je ne veux pas de corde ; je veux un bouton sur un fusil. De mes propres mains, j'exécuterai tous les terroristes dans l'État d'Israël. »

Ben-Gvir a répondu : « Je remuerai ciel et terre pour que cela devienne réalité. »

Dans le podcast, Ben-Gvir a également appelé l'armée israélienne à mener des «assassinats ciblés à Gaza, en éliminant 30 à 40 personnes chaque nuit », déclarant que les personnes à tuer « ne méritent pas de vivre [...] Elles ne devraient pas vivre. Ce ne sont même pas des êtres humains. » Il a ajouté : « Je considère que tout Gaza nous appartient. »

Ben-Gvir est un disciple du rabbin fasciste Meir Kahane, dont le parti Kach a été interdit par Israël en tant qu'organisation terroriste en 1994. Un tribunal de Jérusalem a condamné Ben-Gvir en 2007 pour incitation à la haine raciale et soutien à une organisation terroriste, et son casier judiciaire comptait environ 13 condamnations, selon un article de Haaretz paru en mars. En décembre 2022, le Premier ministre Benjamin Netanyahou l'a nommé ministre responsable de la police et des prisons israéliennes.

La potence servira à appliquer la loi sur la « peine de mort pour les terroristes », adoptée par la Knesset par 62 voix contre 48 le 30 mars, Netanyahou s'étant rendu en personne à l'hémicycle pour voter en faveur de cette loi.

Human Rights Watch a écrit le 31 mars que cette loi « vise à tuer les détenus palestiniens plus rapidement et avec moins de contrôle », et quatre rapporteurs spéciaux de l'ONU l'ont qualifiée le 2 avril d'« escalade grave de l'oppression discriminatoire des Palestiniens par Israël » et ont exigé son abrogation.

Devant les tribunaux militaires qui jugent les Palestiniens de Cisjordanie, la loi prévoit la peine de mort pour un meurtre qualifié d'acte de terrorisme, même lorsque le parquet ne la requiert pas. Les juges ne peuvent la commuer en prison à perpétuité que pour des « raisons spéciales » non spécifiées. La loi interdit toute commutation de peine et impose l'exécution dans les 90 jours suivant le prononcé du jugement.

Les Israéliens sont jugés par des tribunaux civils, où la loi ne s'applique qu'aux homicides commis dans l'intention de « nier l'existence de l'État d'Israël », écrivait Human Rights Watch le 31 mars. Cette formulation rend la condamnation à mort d'un colon ayant tué un Palestinien « quasiment impossible », rapportait Haaretz le 30 mars.

Une seconde loi, approuvée à l'unanimité (93 voix pour, 0 contre) par la Knesset le 11 mai, a créé un tribunal militaire habilité à prononcer la peine de mort contre près de 300 Palestiniens détenus, accusés des attentats du 7 octobre 2023 – des personnes non visées par la loi de mars, qui n'est pas rétroactive.

Le tribunal peut prononcer la peine de mort à la majorité des voix de ses juges.

Israël n'a exécuté qu'une seule personne par pendaison sur décision de ses tribunaux civils dans toute son histoire : le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, en 1962. Les lois que Ben-Gvir s'apprête à appliquer entraîneraient la prochaine exécution – et, intentionnellement, la première d'une longue série.

Aucune condamnation à mort en vertu de ces lois n'avait été signalée mercredi. La chambre d'exécution est en construction en prévision du premier verdict.

Plus de 9600 prisonniers palestiniens et arabes étaient incarcérés dans les prisons israéliennes début avril, selon un décompte conjoint de la Commission palestinienne des détenus et des anciens détenus, de la Société des prisonniers palestiniens et de l'organisation de défense des droits des prisonniers Addameer.

Israël détient plus de 1000 Palestiniens de Gaza sans inculpation, en vertu de la « Loi sur les combattants illégaux », a rapporté NPR le 30 mai.

Selon un décompte publié en janvier par B’Tselem, organisation israélienne de défense des droits de l’homme, au moins 84 Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie et d’Israël sont morts en prison depuis octobre 2023.

Sa directrice générale, Yuli Novak, a déclaré que « le régime israélien a transformé ses prisons en un réseau de camps de torture pour Palestiniens ».

La Commission a indiqué dimanche que les prisonniers ont passé 1000 jours en isolement, privés de tout contact avec l’extérieur, et qu’Israël refuse toujours l’accès de la Croix-Rouge à ses prisons.

Abdoullah al-Zaghari, qui dirige l’Association des prisonniers, a qualifié les préparatifs d’exécutions de « crime contre l’humanité » et a appelé à une action internationale, a rapporté Middle East Monitor mercredi.

Mardi, une frappe israélienne a tué au moins six personnes dans un café bondé d'un camp de déplacés près du port de Gaza. Mercredi, une frappe contre un commissariat de police de la ville a fait neuf morts, selon les médias palestiniens.

Le ministère libanais de la Santé a recensé 4346 morts et 12 301 blessés suite aux bombardements israéliens au cours des cinq mois et demi écoulés depuis le 2 mars, d'après les chiffres publiés lundi par le Middle East Monitor. Des avions de combat israéliens ont bombardé la piste d'atterrissage d'Abou al-Douhur, une base aérienne syrienne située dans la province d'Idlib, mardi.

Le blocus des ports iraniens par Washington reste en vigueur, et la Marine américaine transfère le porte-avions USS George Washington du Pacifique pour relever l'USS Abraham Lincoln, déployé depuis plus de 250 jours, rapportait Stars and Stripes le 13 août.

Alors que l'ultimatum de 60 jours fixé par Washington avec l'Iran le 17 juin expirait lundi, Trump a déclaré à Fox News que si Oman – qui négocie actuellement avec l'Iran la réouverture du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz – « fait obstacle », l'armée américaine va « leur bombarder la gueule ».

En mai, Trump avait déclaré lors d'une réunion du cabinet : « Oman se comportera convenablement comme tout le monde, sinon on devra les faire sauter. »

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