Des membres du CIQI de Grande-Bretagne et de France interviewés par London Tamil TV sur la campagne de libération de Bogdan Syrotiuk

Singam Thayan, du Socialist Equality Party (Parti de l'égalité socialiste, PES) en Grande-Bretagne, et Athiyan Kandasamy, du PES en France, ont participé à une émission de la chaîne London Tamil TV pour attirer l'attention sur la campagne internationale exigeant la libération immédiate de Bogdan Syrotiuk, le socialiste ukrainien emprisonné par le régime Zelensky pour son opposition à la guerre par procuration menée par les États-Unis et l'OTAN contre la Russie.

Bogdan, âgé de 27 ans et dirigeant de la Jeune Garde des bolcheviks-léninistes, a été arrêté le 24 avril 2024 et incarcéré dans des conditions pénitentiaires très dures. Le mois dernier, le 10 août, un tribunal de Mykolaïv, dans le sud de l'Ukraine, l'a condamné à 15 ans de prison, l'accusant d'avoir commis un acte de « haute trahison sous la loi martiale ».

London Tamil TV compte 95 000 abonnés sur YouTube. Au cours d'une émission de 31 minutes intitulée « Le conflit entre l'Ukraine et la Russie prépare-t-il le terrain pour une guerre mondiale ? », le présentateur Anas a posé des questions sur la guerre en Ukraine ainsi que sur l'arrestation et la condamnation de Bogdan. La vidéo de l'émission peut être visionnée ci-dessous.

En réponse à une question sur l'évolution de la guerre en Ukraine, Athiyan a déclaré : « Nous assistons actuellement à une escalade de ce conflit. L'offensive menée par les États-Unis et l'OTAN contre la Russie en Ukraine vise à fragmenter la Russie, à piller ses ressources et, ce faisant, à placer l'Asie centrale sous leur contrôle. »

Il a expliqué que l'Ukraine fait office de front dans une troisième guerre mondiale, alors que des conflits similaires éclatent aux quatre coins du globe. Plus précisément, l'offensive génocidaire contre Gaza, les attaques contre le Liban, les frappes sur l'Iran et le pillage des ressources pétrolières du Venezuela sont aujourd'hui déclenchés et soutenus par l'impérialisme américain, de concert avec d'autres puissances impérialistes, précipitant ainsi l'humanité vers la catastrophe.

Interrogé sur le risque réel de troisième guerre mondiale, Singam a affirmé que la situation actuelle y conduisait tout droit. Lors d'une récente rencontre entre le Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron, les discussions ont principalement porté sur l'escalade du conflit. Burnham et Macron ont convenu de plans visant à produire des missiles de croisière à longue portée en Ukraine. La France se tient prête à envoyer des troupes en Ukraine, une initiative à laquelle la Russie s'oppose fermement. Ces circonstances créent les conditions propices au déclenchement d'une guerre de grande ampleur en Europe.

Les populations sont acculées à une situation où le choix se résume à la guerre ou à la révolution, a déclaré Singham.

En réponse à la question de savoir si l'Europe aurait l'audace de rompre ses liens avec la Russie alors qu'elle ne peut produire ses propres combustibles de manière autonome, Athiyan a expliqué que l'impérialisme allemand avait envahi la Russie à deux reprises, lors des Première et Seconde Guerres mondiales, dans le but de la placer sous son contrôle.

Ces deux tentatives ayant échoué, nous assistons aujourd'hui à une troisième tentative. Parallèlement, des nations impérialistes telles que les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont leurs propres visées. En préparation de ce conflit, elles prennent actuellement des mesures pour instaurer la conscription obligatoire. L'Allemagne se prépare à la guerre en consacrant 1000 milliards d'euros à son armée et à ses infrastructures. Leur objectif principal est de prendre le contrôle des ressources énergétiques de la Russie, l'une de ses richesses clés. Cette dynamique passera à l'étape suivante et mènera, à terme, à un conflit avec la Chine.

Interrogé sur les motifs de l'arrestation de Bogdan, Athiyan a expliqué que ce dernier était accusé d'avoir rédigé des articles pour le World Socialist Web Site et d'avoir entretenu des contacts avec ses rédacteurs ; ces activités politiques d'opposition à la guerre lui ont valu une inculpation pour trahison. Rejetant le mensonge selon lequel Bogdan serait un agent de la Russie, Athiyan a rappelé que, dans son discours du 1er mai 2023, Bogdan avait appelé les travailleurs ukrainiens, russes et internationaux à s'unir pour lutter contre cette guerre.

Bogdan a maintenu une position d'opposition à la guerre ; il n'a adopté ni position pro-Poutine concernant la Russie, ni position pro-Zelensky concernant l'Ukraine. Sa position politique était au contraire que cette guerre n'est pas la nôtre : il s'agit d'un conflit mené dans les intérêts de la classe capitaliste des deux camps ainsi que dans des intérêts impérialistes.

Par ailleurs, la peine prononcée pour avoir rédigé des articles destinés au World Socialist Web Site porte une atteinte directe à la liberté d'expression et ne repose que sur des mensonges. Au regard du droit ukrainien et de la Convention européenne des droits de l'homme, cette condamnation est illégale et doit être dénoncée. Pour Bogdan, une peine de 15 ans de prison équivaut à une condamnation à mort, car les conditions de détention dans les prisons ukrainiennes sont d'une brutalité extrême et son état de santé est précaire.

Obtenir la libération de Bogdan est une priorité absolue. Son cas illustre de manière frappante la répression sévère qui frappe quiconque, en Ukraine, ose s'opposer à l'effort de guerre du gouvernement d'extrême droite de Zelensky, a déclaré Athiyan.

La classe ouvrière internationale doit condamner fermement cette situation. Aujourd'hui, des milliers de personnes adressent des lettres au tribunal ukrainien pour exiger la libération de Bogdan. Universitaires, écrivains, travailleurs et étudiants se mobilisent pour sa libération. Notre intervention d'aujourd'hui s'inscrit dans ce combat. Quelle que soit la langue qu'ils parlent, les travailleurs du monde entier doivent se joindre à la lutte contre cette répression et contribuer à obtenir la libération de Bogdan, a-t-il conclu.

Pour en savoir plus sur le cas de Bogdan et signer la pétition, rendez-vous sur freebogdan.org.

(Article paru en anglais le 8 septembre 2026)

Loading