Voici la première des cinq résolutions adoptées à l’unanimité par le huitième congrès national du Socialist Equality Party (Australie), qui s’est tenu du 26 au 29 septembre 2026.
1. Le présent congrès se tient dans un contexte d’effondrement du capitalisme mondial marqué par une flambée du militarisme impérialiste, un virage des élites au pouvoir vers la dictature et un assaut contre les droits sociaux et démocratiques de la classe ouvrière sans précédent depuis les années 1930. Une nouvelle guerre mondiale n’est pas un danger distant, mais bien une réalité actuelle, qui se propage à travers le monde avec de multiples fronts déjà embrasés et faisant planer la menace d’une catastrophe nucléaire. La même crise sous-jacente du capitalisme qui engendre la guerre entraîne une intensification spectaculaire de la lutte des classes et une large radicalisation politique parmi les travailleurs et les jeunes. La tâche du Socialist Equality Party (Parti de l’égalité socialiste) est d’intervenir dans ce mouvement en plein essor et de l’armer d’une perspective socialiste et révolutionnaire.
2. La crise mondiale trouve son expression la plus aiguë aux États-Unis, centre de l’impérialisme mondial. Les mesures prises par l’administration Trump, avec son militarisme généralisé et sa guerre commerciale menée contre le monde entier, accélèrent l’effondrement de tous les mécanismes mis en place après la Deuxième Guerre mondiale pour contenir les tendances inhérentes au capitalisme, à savoir la crise économique et la guerre mondiale. À la place de l’ancien ordre de « coopération » et de droit internationaux, qui n’a jamais été qu’un voile dissimulant la domination des puissances impérialistes, s’installe un nouvel ordre fondé sur un chaos débridé, un retour ouvert au néocolonialisme et un programme où chacun est contre tous. Le monde se divise à nouveau en blocs commerciaux rivaux, les rivalités interimpérialistes s’intensifient et les bouleversements économiques se succèdent sans relâche. Les tentatives de Trump d’ériger une dictature fasciste démontrent que ce programme est incompatible avec la démocratie et indissociable d’une guerre menée contre la population même.
3. La guerre menée par les États-Unis contre l’Iran, déclenchée le 28 février, marque un tournant historique. Cette attaque par surprise, lancée alors que des négociations étaient en cours entre les États-Unis et l’Iran, était totalement illégale du point de vue tant du droit américain qu’international. Comme l’a déclaré le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI), le déclenchement d’une guerre d’agression, impliquant l’assassinat du chef d’État iranien et le bombardement systématique des infrastructures militaires et civiles du pays, constitue le même « crime contre la paix » pour lequel les dirigeants du régime nazi ont été jugés en 1946. Cela a été clairement mis en évidence par les déclarations génocidaires de Trump, notamment celle du 7 avril selon laquelle « une civilisation entière va disparaître ce soir, pour ne jamais renaître », ainsi que par ses menaces répétées de « détruire complètement » un pays comptant plus de 90 millions d’habitants.
4. Les tentatives visant à expliquer l’aggravation de la crise mondiale en invoquant la personnalité de Trump ou la composition de son gouvernement sont tout à fait fausses. Les politiques mises en œuvre par Trump sont celles de l’ensemble de l’establishment politique et de l’oligarchie des grandes entreprises qu’il représente. Toutes les puissances impérialistes soutiennent, ouvertement ou tacitement, la guerre criminelle contre l’Iran et participent au redécoupage du monde, dont cette guerre fait partie. Le programme de guerre mondiale de Trump s’inscrit d’ailleurs dans la continuité d’un projet de l’impérialisme américain qui s’étend sur plusieurs décennies, mené sous des administrations démocrates et républicaines successives.
5. Le CIQI voit la guerre contre l’Iran comme l’aboutissement d’une période de 35 ans qui s’est amorcée par la dissolution de l’Union soviétique en 1991. Dans sa trahison finale de la classe ouvrière, la bureaucratie stalinienne a liquidé les acquis restants de la Révolution d’octobre et rétabli le capitalisme. Malgré le caractère contre-révolutionnaire du régime stalinien, cette dissolution a été perçue par les stratèges de l’impérialisme comme l’élimination de tout obstacle à un militarisme débridé. L’impérialisme américain, déjà confronté au déclin de sa position mondiale, cherche à asseoir son hégémonie par le biais d’un programme de guerre sans fin, qui a été marqué par une succession d’interventions militaires en Irak, en Yougoslavie, en Afghanistan, en Libye, en Syrie, au Yémen et en Ukraine.
6. La tentative de surmonter par la force militaire les contradictions inhérentes au capitalisme – notamment entre une économie mondiale intégrée et la division du monde en États-nations rivaux – ne peut qu’échouer. Les États-Unis, principal créancier de l’après-guerre, sont désormais le premier débiteur, avec une dette astronomique de 40 billions (40 000 milliards) de dollars. Après des décennies de financiarisation, la base industrielle qui était à l’origine de leur prééminence s’est considérablement érodée. La seule issue à la crise est la guerre mondiale, avant tout contre la Russie et la Chine, considérées comme les principaux obstacles à la domination du capitalisme américain.
7. Cette situation n’est pas propre aux États-Unis. Toutes les puissances impérialistes, confrontées au même marasme économique sous-jacent et aux mêmes tensions sociales découlant d’inégalités massives, cherchent à compenser leur propre crise aux dépens de leurs rivaux actuels et futurs. En Europe, les vieilles puissances impérialistes – l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France – se lancent dans leur plus grande militarisation depuis la Deuxième Guerre mondiale. Il en va de même pour les puissances de la région indopacifique, notamment le Japon et l’Australie.
8. Le CIQI a averti que la montée du militarisme impérialiste après 1991 allait mener à une nouvelle guerre mondiale. En 1991, il a qualifié l’attaque américaine contre l’Irak lors de la première guerre du Golfe de « début d’un nouveau remaniement impérialiste du monde ». En 2016, David North écrivait dans la préface de son ouvrage A Quarter Century of War : « Le dernier quart de siècle de guerres déclenchées par les États-Unis doit être étudié comme une chaîne d’événements interconnectés. La logique stratégique de la campagne américaine d’hégémonie mondiale s’étend au-delà des opérations néocoloniales au Moyen-Orient et en Afrique. Les guerres régionales en cours sont des éléments constitutifs de l’escalade rapide de la confrontation entre les États-Unis, la Russie et la Chine. »
9. La guerre contre la Russie a déjà commencé. Le conflit en Ukraine n’a rien à voir avec la défense de la « démocratie » et des « droits de la personne » contre l’agression russe. L’invasion réactionnaire du régime de Poutine en février 2022 a été délibérément attisée par les États-Unis, par l’expansion incessante de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie et la transformation de l’Ukraine en un État-garnison des puissances impérialistes. Ces quatre années de guerre ont été armées, financées et dirigées par les États-Unis et les puissances de l’OTAN, dans le but d’infliger une défaite stratégique qui entraînerait un changement de régime à Moscou et la dissolution de la Russie. En poursuivant ce programme, les puissances impérialistes sacrifient des centaines de milliers de vies ukrainiennes et russes et prennent ouvertement le risque d’une guerre nucléaire.
10. La guerre menée par les États-Unis au Moyen-Orient, qui va du génocide des Palestiniens mené par Israël à ses attaques contre une multitude d’États de la région et, maintenant, à l’offensive contre l’Iran, constitue un autre front de cette guerre mondiale. Il en va de même pour la tentative de l’administration Trump de dominer les Amériques, notamment par le biais de l’offensive contre le Venezuela, avec laquelle elle a entamé l’année 2026. L’objectif de ces deux initiatives est d’établir des zones de domination servant de base à la guerre contre la Chine, cible principale de l’impérialisme américain, et de décapiter les régimes avec lesquels Beijing entretient des liens.
La militarisation de la région indopacifique et le rôle de l’impérialisme australien
11. Bien que les États-Unis et leurs alliés n’aient pas encore lancé d’attaque militaire contre la Chine, celle-ci est déjà la cible indirecte des guerres en cours et la cible centrale de la guerre commerciale mondiale menée par l’administration Trump. Au sein de la région indopacifique, toutes les conditions sont réunies pour une guerre dévastatrice qui éclipserait les horreurs des deux guerres mondiales et menacerait l’avenir même de l’humanité.
12. Les États-Unis ont encerclé la Chine d’une série d’alliances militaires agressives, toutes destinées à préparer une telle guerre. Le Quad, qui rassemble les forces armées les plus puissantes de la région indopacifique – les États-Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie –, est dirigé contre Beijing. Il en va de même pour l’AUKUS, le pacte entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni, qui vise la militarisation de la région indopacifique. Sous l’égide de son alliance avec les États-Unis, le Japon, qui a ravagé la Chine dans les années 1930 et 1940, se libère des contraintes imposées par sa constitution pacifiste adoptée après la Deuxième Guerre mondiale et se remilitarise rapidement. La Corée du Sud est un élément majeur de la planification de guerre et des opérations militaires du Pentagone en Asie de l’Est contre la Chine.
13. Non seulement les alliances et le matériel de guerre sont en cours de rassemblement, mais les mèches de la guerre contre la Chine ont également été allumées. Les États-Unis et leurs alliés attisent délibérément une série de points chauds, dont chacun peut servir de casus belli pour déclencher la guerre.
14. Les administrations américaines successives n’ont cessé de prendre des mesures pour renverser la politique de la Chine unique, qui reconnait effectivement le régime de Beijing comme le seul gouvernement de toute la Chine, y compris de Taïwan. Ils intensifient le commerce d’armes avec Taipei, dans le cadre d’un programme visant explicitement à transformer Taïwan en un intermédiaire dans une guerre contre la Chine, à l’instar du rôle joué par l’Ukraine contre la Russie. En mer de Chine du Sud, l’impérialisme américain attise les différends territoriaux qui opposent depuis des décennies la Chine à plusieurs États de la région, créant ainsi les conditions d’un affrontement susceptible de déclencher une guerre totale. Les États-Unis attisent les différends frontaliers entre l’Inde et la Chine, ainsi que les conflits entre la Chine et le Japon en mer de Chine orientale. Ces points chauds sont le théâtre d’exercices militaires continus dans la région, notamment avec des incursions menées par les États-Unis dans des eaux revendiquées par la Chine, et de vastes manœuvres qui prennent le caractère d’une guerre simulée contre Beijing.
15. Cette année marque le quinzième anniversaire de l’annonce du « pivot vers l’Asie », cet énorme renforcement militaire américain dans la région indopacifique contre la Chine qui se poursuit depuis lors. Ce pivot a été annoncé par le président démocrate Barack Obama depuis la tribune du Parlement australien en 2011, sous le gouvernement travailliste de la première ministre Julia Gillard. Elle était arrivée au pouvoir l’année précédente à la suite d’un coup de force en coulisses contre le premier ministre Kevin Rudd, orchestré par des apparatchiks du Parti travailliste et des syndicats qui ont par la suite été démasqués dans des documents publiés par WikiLeaks comme étant des « sources protégées » de l’ambassade des États-Unis. Rudd était attaché à l’alliance avec les États-Unis et avait même donné des assurances secrètes selon lesquelles, en cas de guerre avec la Chine, l’Australie y participerait. Sa proposition tactique, selon laquelle les États-Unis devraient faire quelques concessions limitées face à la montée en puissance de la Chine dans la région indopacifique afin d’éviter un désastre économique et militaire, a néanmoins été considérée comme inacceptable dans le contexte de la préparation du « pivot ». Le coup de force et l’annonce subséquente d’Obama au Parlement ont souligné le rôle central de l’Australie dans les préparatifs de guerre contre la Chine. Dans une multitude de documents stratégiques, l’Australie a été décrite à la fois comme une « base arrière » pour l’impérialisme américain et allié et comme une rampe de lancement pour l’agression dans l’ensemble de la région indopacifique.
16. La politique centrale du gouvernement travailliste actuel consiste à achever la transformation de l’Australie en une telle base de déploiement. La revue stratégique de la défense de 2023 de l’Australie et les deux stratégies de défense nationale publiées dans son sillage ont défini une nouvelle doctrine visant à défendre de manière plus agressive et plus ouverte les intérêts impérialistes du pays à l’échelle mondiale. Toute prétention visant à limiter les activités des forces armées aux abords du continent a été abandonnée, au profit d’une « projection d’impact ».
17. Le tout se concrétise par le plus important renforcement militaire depuis la Deuxième Guerre mondiale. L’acquisition prévue de sous-marins à propulsion nucléaire dans le cadre de l’AUKUS n’en est que la pointe de l’iceberg. Chaque branche des forces armées se voit dotée de nouvelles capacités de frappe, avec notamment des missiles. La structure des forces armées est en pleine transformation, des ressources toujours plus importantes étant affectées à la marine et à l’armée de l’air, au motif explicite qu’elles seraient cruciales pour une guerre aérienne et maritime menée dans la région indopacifique.
18. Le gouvernement travailliste a alloué plus de 14 milliards de dollars aux bases du nord de l’Australie pour la décennie à venir, créant ainsi un réseau à l’échelle du continent composé d’aérodromes, de ports, de dépôts de carburant, d’entrepôts de munitions et d’installations logistiques destinés à permettre aux forces américaines et alliées de mener et de soutenir des « opérations militaires de haute intensité ». Ce qui a commencé sous le gouvernement travailliste de Gillard en 2011, avec moins de 200 Marines américains en rotation à Darwin, s’est transformé en déploiements annuels d’environ 2 500 Marines et marins. Les ententes de stationnement d’effectifs et de matériel vont désormais bien au-delà des Marines. On dénombre onze installations distinctes près de Darwin, destinées à accueillir, entretenir et équiper des bombardiers, des chasseurs et des avions de surveillance américains. La base navale HMAS Stirling, près de Perth, est en train de devenir la plus importante base américaine aux abords de l’océan Indien, avec la construction de vastes nouvelles installations destinées à accueillir des sous-marins à propulsion nucléaire américains et au moins 2 000 militaires américains. La base interarmées de Pine Gap, en Australie centrale, est un centre majeur de planification de guerre pour l’impérialisme américain, traitant des renseignements provenant de satellites qui couvrent une grande partie du globe, y compris l’Asie et le Moyen-Orient. Pine Gap est un élément clé du réseau de surveillance des « Five Eyes » – dont l’Australie fait partie – qui espionne la population mondiale, comme l’a révélé le lanceur d’alerte Edward Snowden en 2013. La base de Northwest Cape est indispensable aux communications radio de la flotte américaine et de ses alliés dans tout l’océan Pacifique occidental et l’océan Indien oriental.
19. Dans toute la région, l’Australie agit en chien d’attaque, harcelant les pays pour qu’ils s’alignent sur l’agression contre la Chine. L’Australie cible particulièrement les pays du Pacifique, historiquement opprimés et appauvris, soulignant la réalité qu’elle elle bien une puissance impérialiste. Son alignement sur le renforcement militaire américain face à la Chine tient au fait que l’Australie, en tant que puissance impérialiste de second rang, a toujours fait valoir ses propres intérêts prédateurs sous l’égide d’une alliance avec la puissance dominante du moment, d’abord la Grande-Bretagne, puis, avec l’ouverture du théâtre du Pacifique pendant la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis.
20. Le rôle de l’Australie dans la guerre mondiale ne se limite pas à la région indopacifique. Dans un contexte de rivalités et de tensions croissantes entre les États-Unis et les puissances européennes, l’Australie est un partenaire clé de l’impérialisme américain sur la scène internationale. Le premier ministre Anthony Albanese a été parmi les premiers dirigeants dans le monde à approuver l’attaque criminelle contre l’Iran, et son gouvernement travailliste a été l’un des rares à engager des forces militaires, déployant notamment des troupes, des missiles air-air et un avion de commandement avancé au Moyen-Orient. Le tout fait suite au soutien indéfectible du Parti travailliste au génocide israélien à Gaza, notamment avec l’exportation continue de composants d’armes. L’Australie figure parmi les plus grands contributeurs non membres de l’OTAN à la guerre contre la Russie, avec un engagement avoisinant les 2 milliards de dollars, dont la majeure partie est consacrée à l’armement. Aux côtés du Japon, de la Corée du Sud et de la Nouvelle-Zélande, l’Australie participe aux sommets annuels de l’OTAN depuis 2022, établissant ainsi le lien entre le militarisme dans la région indopacifique et la guerre en Europe.
21. Comme c’est le cas partout dans le monde, la guerre à l’étranger va main dans la main avec la guerre au pays contre les droits sociaux et démocratiques de la classe ouvrière. Le gouvernement travailliste cherche à subordonner tous les aspects de la société civile au militarisme, sous le concept autoritaire d’un effort de guerre mené « à l’échelle du pays tout entier ». Les implications de cette démarche apparaissent clairement dans l’assaut impitoyable contre toute opposition à la guerre, notamment par des tentatives visant à interdire les manifestations de masse contre le génocide perpétré à Gaza. Un accent particulier est mis sur l’inféodation de l'ensemble du système éducatif à la dynamique de guerre, notamment à travers un renforcement de la censure visant les étudiants et les éducateurs, ainsi que des programmes scolaires glorifiant le militarisme. Le financement des universités dépend de plus en plus de la conformité de leurs programmes d’études avec les secteurs liés à la « sécurité nationale » et à la guerre, tandis que dans les écoles, les programmes gouvernementaux – notamment le Programme School Pathways – visent ouvertement à orienter les enfants vers une carrière militaire ou la production de guerre, notamment en leur donnant accès aux entreprises d’armement. Les sommes colossales allouées aux forces armées, qui s’élèvent déjà à 60 milliards de dollars par année et devraient augmenter, seront payées par la classe ouvrière. C’est notamment la raison derrière le démantèlement sauvage du Régime national d’assurance-invalidité, qui prive des centaines de milliers de personnes handicapées de toute aide dans le cadre d’une politique d’austérité brutale qui coûtera la vie à certains des plus vulnérables.
La résurgence de la classe ouvrière et la lutte contre la guerre
22. Tandis que les puissances impérialistes s’engagent à nouveau sur la voie de la guerre, la classe ouvrière internationale s’engage quant à elle sur la voie de la lutte de classe. Partout dans le monde, les travailleurs se mobilisent contre les gouvernements et les élites du monde des affaires qui sont responsables de la guerre qui se profile à l’horizon. Cette guerre, à son tour, ne peut qu’aggraver la crise sociale par le biais des perturbations économiques, de la flambée de l’inflation et des mesures d’austérité imposées.
23. Les processus de mondialisation, qui ont exacerbé jusqu’au point de rupture la contradiction entre l’économie mondiale et le système des États-nations, ont considérablement accru la taille et le pouvoir social de la classe ouvrière internationale, qui compte désormais au moins 3,6 milliards de personnes. Le CIQI, en tant que parti mondial de la révolution socialiste, ainsi que toutes ses sections, y compris le SEP en Australie, est la seule organisation luttant pour unir cette vaste force sociale sur la base de ses intérêts de classe communs, comme unique moyen de mettre fin à la guerre impérialiste et au système capitaliste qui en est à l’origine.
24. Le SEP en Australie, en collaboration avec le SEP du Sri Lanka et le Socialist Equality Group (Groupe de l’égalité socialiste) en Nouvelle-Zélande, a la responsabilité toute particulière de lutter pour l’unification des travailleurs de toute la région indopacifique – bataillon décisif de la classe ouvrière mondiale comptant pas moins de 2 milliards de personnes. Le SEP dénonce inlassablement les machinations des puissances impérialistes menées partout dans la région, notamment à l’encontre des masses opprimées des États insulaires du Pacifique, ainsi que l’attisement du nationalisme par tous les gouvernements.
25. Il s’agit d’une lutte politique non seulement contre le gouvernement travailliste, mais aussi contre l’ensemble de l’establishment politique et tous ses satellites, qui sont soit ouvertement favorables à la guerre, soit déterminés à neutraliser politiquement le sentiment anti-guerre et à empêcher qu’il ne se rallie à une perspective socialiste. Cela inclut les Verts, un parti capitaliste qui a contribué au renforcement militaire contre la Chine, ainsi que des organisations de pseudo-gauche telles que Socialist Alternative, qui se situent dans le camp de l’impérialisme, comme en témoignent leur appui aux opérations de changement de régime menées par les États-Unis contre la Syrie et la Libye, leur appui à la guerre contre la Russie, ainsi que leur promotion constante du Parti travailliste – le parti par excellence de l’impérialisme australien – comme un « moindre mal ».
26. Le SEP s’oppose à la qualification par la pseudo-gauche de la Russie et de la Chine comme étant des puissances impérialistes, y voyant un exercice antimarxiste de propagande de guerre. Une telle qualification est contraire à la conception marxiste scientifique de l’impérialisme en tant que stade suprême du capitalisme, inauguré par la Première Guerre mondiale de 1914 et caractérisé par la domination du capital financier dans les centres impérialistes que sont l’Europe et les États-Unis. Quelles que soient les ambitions des élites dirigeantes de la Russie et de la Chine, ces pays ont une histoire tout à fait distincte de celle des puissances impérialistes et sont exclus du contrôle de ces centres financiers. Les dénonciations par la pseudo-gauche des « impérialismes » russe ou chinois, qui ne reposent jamais sur une analyse de l’histoire ni sur les réalités de l’économie mondiale, servent à justifier leur alignement sur les guerres et les agressions menées par les États-Unis, notamment dans le cas de la guerre par procuration menée en Ukraine et le renforcement militaire dans la région indopacifique.
27. Le SEP s’oppose également à la supercherie du « multipolarisme », qui présente la Russie et la Chine comme un contrepoids à l’impérialisme américain et mondial. Comme l’histoire du XXe siècle l’a démontré de façon sanglante, le déclin d’une puissance impérialiste dominante ne débouche jamais sur un équilibre indéfini entre « plusieurs pôles », mais entraîne une guerre mondiale. Par ailleurs, les régimes russe et chinois, fondés sur la restauration capitaliste et profondément hostiles à la classe ouvrière, ne peuvent répondre à l’encerclement impérialiste que par leur propre renforcement militaire – ce qui accroît le danger de guerre – et par de pathétiques appels aux puissances impérialistes mêmes à conclure un accord. La théorie du « multipolarisme » accepte le système capitaliste des États-nations, qui est la cause de la guerre, et s’oppose à la seule perspective viable pour y mettre fin, à savoir la mobilisation de la classe ouvrière internationale autour d’un programme socialiste.
28. Le SEP exige la cessation immédiate et inconditionnelle de toutes les opérations militaires des États-Unis, d’Israël et de leurs alliés contre l’Iran, ainsi que la levée du blocus naval; la fin du génocide à Gaza; le retrait de toutes les forces américaines et alliées du Moyen-Orient; la fin de la guerre contre la Russie; et le démantèlement de l’appareil militariste mondial en train d’être déployé pour mener la guerre contre la Chine. Nous condamnons le rôle du gouvernement travailliste dans cette guerre mondiale et exigeons la fin immédiate de l’alliance entre les États-Unis et l’Australie; l’abolition des accords relatifs aux bases militaires américaines; ainsi que l’abolition de l’appareil de sécurité nationale australien, qui n’existe pas pour défendre la population, mais bien pour servir les intérêts de l’élite au pouvoir, au détriment des peuples de la région et de la classe ouvrière au pays. Le SEP combat toutes les formes de nationalisme et de xénophobie, utilisées pour diviser la classe ouvrière et promouvoir la campagne en faveur de la guerre, y compris la chasse aux sorcières anti-Chine et la diabolisation officielle des musulmans. Nous nous opposons à toute tentative visant à enrôler de force les jeunes dans l’effort de guerre, y compris aux mesures visant à instaurer la conscription ou autres formes de « service national ».
29. Le SEP avance ces revendications, non pas comme un appel lancé au gouvernement travailliste ou à l’État capitaliste, mais en opposition à ceux-ci. Le SEP ne prône pas une « politique anti-guerre » comme quelque chose de distinct et de séparé de la lutte contre le système capitaliste. Sa stratégie n’a rien de commun avec les mouvements de protestation qui font appel à la conscience des gouvernements impérialistes, ni avec les fronts populaires qui subordonnent la classe ouvrière à l’une ou l’autre faction de la bourgeoisie. La lutte contre la guerre est une lutte pour l’indépendance politique de la classe ouvrière. C’est l’expression la plus concentrée de la lutte du parti pour construire un mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière.
30. Le présent congrès appuie sans réserve la résolution du SEP aux États-Unis s’opposant à la guerre, et partage ses conclusions : « Ce congrès résout de lutter pour l’unité des travailleurs de tous les pays contre l’impérialisme; d’associer la lutte contre la guerre au mouvement de grève en développement de la classe ouvrière internationale et à la lutte pour son indépendance politique; et de fonder le mouvement international anti-guerre de la classe ouvrière sur le programme de la révolution socialiste mondiale. Il y a plus d’un siècle, au milieu des massacres de la Première Guerre mondiale, Rosa Luxemburg avertissait que l’humanité était confrontée à un choix: le socialisme ou la barbarie. La barbarie n’est plus un avertissement, mais une réalité actuelle. Son sort, qu’elle consume la civilisation ou qu’elle soit renversée par la classe ouvrière internationale, dépendra de la résolution de la crise de la direction révolutionnaire. Ce congrès décide donc, avant tout, de construire le Socialist Equality Party et le Comité international de la Quatrième Internationale comme direction révolutionnaire de la classe ouvrière : le parti par lequel la lutte contre la guerre impérialiste deviendra la révolution socialiste mondiale. »
Autorisé par Cheryl Crisp au nom du Socialist Equality Party, Level 1/457-459, Elizabeth Street, Surry Hills, N.S.W., 2010, Australia.
(Article paru en anglais le 13 octobre 2026)
