Le mercredi 11 novembre, à 19 heures, le Socialist Equality Party (Parti de l’égalité socialiste) du Royaume-Uni organisera une réunion publique en ligne, « L’Europe en révolte : une nouvelle étape de la lutte des classes ».
L’orateur principal sera Alex Lantier, secrétaire national de notre parti frère au sein du mouvement trotskyste, le Parti de l’égalité socialiste (PES). Il sera rejoint par le secrétaire national du SEP (Royaume-Uni), Chris Marsden.
La réunion proposera une analyse marxiste de la vague de manifestations et de grèves qui déferle sur le continent. Elle se tiendra une semaine après les grèves nationales appelées en France pour le 5 novembre, le jour même où se tiennent des grèves nationales en Espagne, la veille d’une grève du secteur public en Irlande et avant un deuxième week-end de manifestations nationales de la jeunesse en Allemagne.
Travailleurs et étudiants luttent contre la crise du coût de la vie, le militarisme et la conscription, la montée de l’extrême droite et la catastrophe climatique.
Les mêmes luttes gagneront le Royaume-Uni. Elles ne sont freinées que par les entraves que la bureaucratie syndicale, les Verts et les corbynistes imposent aux travailleurs et aux jeunes, ainsi que par l’appréhension du gouvernement travailliste à mettre en œuvre dans toute son ampleur le programme d’austérité et de militarisme exigé par la classe dirigeante. Aucun de ces deux freins ne pourra durer.
Toutes les questions fondamentales qui animent les manifestations en France et dans toute l’Europe touchent aussi le Royaume-Uni. La dette publique approche les 100 pour cent du PIB ; le pays doit faire face à des coûts d’emprunt parmi les plus élevés du G7, alors que les investisseurs font pression pour obtenir des coupes dans les engagements en matière de dépenses sociales.
Le Premier ministre Andy Burnham et le ministre de la Finance John Healey ont insisté : « nous devons faire baisser la facture des prestations sociales ». Ils ont eux-mêmes laissé un manque à gagner de 17 milliards de livres sterling dans les dépenses publiques, qu’il faudra combler lors de la revue des dépenses de l’an prochain.
Dans le même temps, ils se sont engagés à consacrer 11 milliards de livres sterling supplémentaires à l’armée afin de porter les dépenses de défense à 3 pour cent du PIB d’ici 2030. Le ministre de la Défense Wes Streeting a déclaré à la population qu’il lui restait désormais moins de 1 000 jours pour se préparer à la guerre.
Les événements en Europe confirment les tâches révolutionnaires qui se posent à la classe ouvrière et la nécessité d’un programme socialiste à la hauteur de ces tâches.
Partout sur le continent, les gouvernements refusent de satisfaire les revendications des manifestants et y répondent par une répression sans précédent : plus de 10 000 arrestations en France, en majorité de mineurs, une brutalité policière féroce et des soldats dans les rues. Ils préparent toute la force de l’État pour imposer des coupes drastiques dans les dépenses et une remilitarisation accélérée.
La politique de va-t-en-guerre commune à toutes les puissances impérialistes européennes et à tous les partis capitalistes a conduit le continent et le monde au bord de la catastrophe – une guerre directe entre l’OTAN et la Russie, toutes deux dotées de l’arme nucléaire.
Les partis d’extrême droite progressent dans les sondages, la classe dirigeante se tournant de plus en plus vers eux comme bélier contre le mécontentement social, alors même qu’un nombre croissant de personnes s’engagent dans des luttes de gauche contre la guerre et les inégalités sociales.
Des partis pro-capitalistes comme La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon, Sumar et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), ainsi que Die Linke (Parti de gauche) en Allemagne, proposent de répondre aux revendications des travailleurs par un programme parlementaire de pseudo-réformes – en opposition à une lutte des classes contre le capitalisme. La bureaucratie syndicale y prête main-forte.
Mais il s’agit d’un programme de trahison et de défaite. Le capitalisme contemporain n’offre aucune base à des réformes ; il détruit celles du passé. Si les illusions colportées par Mélenchon et consorts n’aboutissent pas à l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite – bien que les sondages laissent présager une telle victoire du Rassemblement national de Marine Le Pen – alors les partis de type LFI gouverneront aux conditions brutales dictées par l’oligarchie patronale et financière.
Les travailleurs doivent tirer les leçons de l’expérience désastreuse de Syriza (Coalition de la gauche radicale) en Grèce il y a dix ans, ainsi que de l’expérience similaire de Podemos en Espagne.
La même politique en faillite, menée au Royaume-Uni par Jeremy Corbyn, a maintenu au pouvoir un gouvernement travailliste de droite et réduit l’opposition « de gauche » à une caricature, prétendument représentée par le Parti vert, le parti entièrement conformiste de Zack Polanski.
Les travailleurs ont besoin d’une nouvelle direction politique, socialiste et internationaliste, pour guider leurs luttes. Ce que posent objectivement les grèves et les manifestations qui s’étendent sur tout le continent, c’est une lutte paneuropéenne contre la guerre et les difficultés économiques, et contre leur source, le système capitaliste de propriété privée et d’États-nations.
Mais pour concrétiser ce potentiel, il faut de nouvelles formes d’organisation de classe – des comités de base indépendants des bureaucraties syndicales – et un programme politique socialiste révolutionnaire fondé sur le marxisme. C’est sur cette seule base que la classe ouvrière pourra se libérer de l’influence de ses dirigeants pseudo-réformistes qui l’égarent.
Rejoignez le SEP et le PES pour une discussion sur ces questions vitales le mercredi 11 novembre. Inscrivez-vous dès maintenant !
