Comment le groupe égyptien des Socialistes révolutionnaires a ouvert la voie à la répression militaire

Par Chris Marsden
11 septembre 2013

Faisant preuve d’un cynisme éhonté, le groupe égyptien des Socialistes révolutionnaires se présente comme un opposant à la répression brutale contre les partisans des Frères musulmans et le président déchu Mohamed Morsi, qui a coûté des centaines de vies. Les SR déclarent maintenant qu’ils font partie d’un prétendu mouvement « de la troisième place », qui affirme ne prendre parti ni pour les militaires, ni pour les Frères musulmans.

Leur déclaration du 14 août proclame, « les Socialistes révolutionnaires n’ont pas défendu le régime de Mohamed Morsi et les Frères musulmans un seul jour. »

Ils dénoncent « tous ceux qui se décrivaient comme des libéraux et des gens de gauche [et qui] ont trahi la Révolution égyptienne, emmenés par ceux qui ont prit part au gouvernement d’Al-Sisi. » la déclaration des SR se poursuit ainsi : « ils ont vendu le sang des martyrs pour blanchir l’armée et la contre-révolution. Ces gens ont du sang sur les mains. »

Mais les Socialistes révolutionnaires et leurs collègues des autres pays, le Socialist Workers Party (SWP) en Grande-Bretagne et l’International Socialist Organisation (ISO) aux Etats-Unis, ont également les mains pleines de sang jusqu’aux coudes. Une quantité importante de documents publiés montre qu’ils n’ont pas simplement soutenu, mais aussi joué un rôle essentiel dans une conspiration politique contre la classe ouvrière égyptienne. Cette conspiration consistait en l’établissement d’une organisation de façade, appelée Tamarod (rébellion), créée par l’armée égyptienne et des sections de la bourgeoisie proches de l’ancien régime de Moubarak et en conflit avec les sections qui soutenaient les Frères musulmans. Par l’intermédiaire de Tamarod, les SR ont entretenu leurs propres liens avec ces couches bourgeoises, œuvrant pour leur triomphe le 3 juillet.

Tamarod est le groupe qui exprime le plus fortement son soutien pour le pouvoir militaire et la répression sanglante qu’il est en train d’appliquer, laquelle a déjà coûté des centaines de vies. Il a recommandé aux égyptiens de former des milices pour aider l’armée à supprimer les Frères musulmans et « protéger l’Égypte et la révolution et pour défendre le futur de nos enfants contre le terrorisme. »

Son chef, Mohamed Badr, a déclaré que l’Égypte était en train de « se débarrasser du groupe fasciste des Frères avant qu’il ne prenne le contrôle de tout et nous exclue tous. » Il a ajouté qu’il « ne [voyait] rien de mal du côté de l’armée. Ils n’ont pas interféré avec la politique et j’en suis témoin. Je soutiens personnellement ses décisions sans avoir reçu d’instructions dans ce sens, parce que je pense qu’ils ont raison et qu’ils nous emmènent là où nous voulons aller. »

Les SR tentent encore de dépeindre ce soutien à l’armée comme un virage de la part de Tamarod et des autres forces pseudo-libérales et pseudo-gauches avec lesquelles ils ont été longtemps alliés. Le 29 juillet, le chef des SR Sameh Naguib a accordé un entretien à Open Democracy, où il affirmait que, « Tamarod a commencé comme une initiative démocratique qui s’est diffusée très rapidement. »

D’après Naguib, ce ne serait qu’« après que les principaux dirigeants de Tamarod sont apparu à la télévision » aux côtés du meneur du coup d’état, Al-Sisi, que ce parti aurait servi à isoler « toutes les forces révolutionnaires. »

« Donc, maintenant, soit on est un partisan de l’armée, soit on est compté comme un des Frères musulmans. C’est très difficile maintenant en Égypte, d’avoir une ligne indépendante quelle qu’elle soit contre les deux. »

En fait, les SR n’ont jamais eu une « ligne indépendante ». Durant les deux ans et demi d’apres luttes révolutionnaires en Égypte, ils ont joué un rôle essentiel pour la bourgeoisie et ses soutiens impérialistes pour contenir le mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière. A chaque étape, les SR ont cherché à soumettre la classe ouvrière à un groupe ou l’autre de la bourgeoisie égyptienne, afin de l’empêcher de développer une direction révolutionnaire et d’organiser une lutte politique consciente contre le capitalisme et l’impérialisme.

Les SR ont réalisé des tours et détours politiques nombreux à cette fin. Ils ont d’abord applaudi la formation d’un gouvernement d’union de la junte militaire qui avait pris le pouvoir après la chute de Moubarak. Durant les élections présidentielles qui ont suivies, ils sont passés au soutien des Frères musulmans, en faisant la promotion comme de « l’aile droite de la révolution. » L’élection de Morsi a été applaudie comme une « victoire pour la révolution » et une « grande réussite pour faire reculer la contre-révolution. »

Ces derniers mois, les SR se sont montrés les plus bruyants partisans de l’idée que Tamarod serait utile à la révolution. Ce qui leur donnait un moyen de soutenir indirectement l’opposition « libérale » du Front du salut national ainsi que l’armée elle-même, qui décidait des événements en coulisses.

Tamarod était dès le début une opération politique montée et contrôlée aux plus hauts niveaux de l’appareil d’état égyptien. Son but était de mettre en place l’armée à la tête du mouvement de masse qui se développait contre Morsi et les Frères.

Il y a eu de nombreux reportages dans le New York Times, sur Al Jazeera, dans le Washington Post et le Daily Beast qui montrent que Tamarod était contrôlé par l’armée et des feloul, proches de l’ancien régime de Moubarak. Tamarod a reçu la mission d’insister sur l’idée que le seul moyen de faire tomber Morsi était de soutenir les forces armées. Il prenait ses ordres directement du général Abdel Fatah al-Sisi, le meneur du coup d’état.

Mike Giglio, dans le Daily Beast notait le 12 juillet comment « Waleed al-Masry, un responsable important de Tamarod, était en contact régulier avec un groupe d’officiers militaires en retraite, » qui « nouaient des contacts pour le compte des commandants actuels de l’armée. »

Moheb Doss, l’un des co-fondateurs de Tamarod, a déclaré à Giglio qu’ils avaient reçu « des messages individuels entre les gens de Tamarod et les institutions de l’Etat. »

« Il est normal de communiquer avec l’armée avant la révolution, » a-t-il dit.

Il y a eu des réunions avec d’anciens officiers militaires « dans la cave d’un restaurant fréquenté du Caire la semaine avant les manifestations. » Un ex-activiste de Tamarod a déclaré que ces ex-officiers « étaient le lien entre nous et l’armée durant les préparatifs pour le 30 juin. »

Cette campagne a été financée, d’après Yusuf Sayman dans le New York Times, par « des membres de l’ancienne élite, certains d’entre eux étant des proches de M. Moubarak et des généraux les plus importants du pays. » Parmi ceux-ci, il y avait Naguib Sawiris, un milliardaire qui a offert l’usage de bureaux dans tout le pays et de la publicité à ce mouvement par l’intermédiaire de la chaîne de télévision Orascom/ONTV qu’il a fondée et au moyen de ses intérêts étendus dans le plus important journal privé égyptien, Al Masry Al Youm.

Les SR ont régulièrement dépeint Tamarod comme la direction incontestée des masses égyptiennes. Une déclaration du 19 mai des SR, publiée dans le journal de l’ISO et intitulée « mobiliser l’opposition contre Morsi », décrit Tamarod comme une campagne « lancée par un groupe de jeunes révolutionnaires... Ce qui est complètement nouveau et différent dans cette Campagne de Rébellion c'est que cela vient d’une initiative populaire, ouvrant un espace pour le travail révolutionnaire et un expérience par en bas. »

Les SR insistaient, « Nous devons construire cette campagne et nous engager avec elle là où c’est efficace et leur ouvrir nos locaux, au point que notre mission et notre haute responsabilité soient d’être un véhicule pour elle... Par conséquent, nous annonçons notre participation entière et déterminée à cette campagne et nous appelons tous ceux qui luttent pour la démocratie et la justice à participer, avec nous et avec l’ensemble du mouvement de la classe ouvrière, à mener cette bataille. »

A la fin mai, les SR ont organisés une réunion conjointe avec Tamarod dans leurs locaux de Guizèh. Parmi les dirigeants de Tamarod applaudis par la direction des SR, il y avait Badr. (Voir la vidéo)

Les SR ont publié une déclaration le 27 juin qui insistait pour soutenir la manifestation du 30 juin contre Morsi à l’appel de Tamarod. La déclaration était intitulée « la révolution et la contre-révolution. » Les SR notaient que « parmi les demandes de plus présentes chez les commentateurs et les dirigeants libéraux, parfois faites de façon implicite, parfois cachées, il y a la nécessité d’une intervention militaire pour se débarrasser du pouvoir des Frères musulmans. Cela implique rien de moins qu’un coup militaire. »

En soutenant une coalition politique que les SR savaient être associée à la demande d’un coup militaire, les SR indiquaient qu’ils étaient eux-mêmes des partisans d’un tel coup. Ils sont allés jusqu’à trouver formidable le « génie du nom et la simplicité » de la campagne de Tamarod, qui aurait enflammé « la mèche de ce mouvement à un niveau national jamais vu jusqu'ici. »

Les SR sont bien obligés d’admettre que ceux qui sont actifs dans Tamarod comprennent les « restes de l’ancien régime, » qui agissent sous le couvert de « l’opposition bourgeoise libérale » et qui ne veulent rien moins que « la victoire complète de la contre-révolution ainsi qu’une vengeance sanglante contre la révolution et tous ceux qui y ont participé. »

Mais cela ne changeait rien pour les SR; ils ont proposés de continuer à collaborer avec ces couches sociales au sein de Tamarod en s’appuyant sur un appel bidon à « une indépendance complète au sein du mouvement par rapport aux opportunistes et aux traîtres. » [notre italique]

Les SR ont cherché à promouvoir Tamarod et à bloquer toute lutte politique indépendante de la part de la classe ouvrière, alors qu’ils savaient que cela finirait par renforcer le prestige des Frères musulmans dans certaines couches de la population. Ils ont écrit que « dans une partie de la population, les Frères musulmans peuvent décrire cette bataille comme si c’était une bataille entre les Frères et les restes de l’ancien régime. »

Le 1er juillet, au lendemain de la manifestation du 30 juin qui a finalement précipité la chute de Morsi, les SR on noté que l'armée avait « lancé son propre ultimatum: le gouvernement doit satisfaire les revendications des manifestants, sinon, l'armée imposerait sa propre 'feuille de route' pour résoudre la crise. »

Les SR ont glorifié Tamarod – cette fois présenté comme une alliance de « jeunes gens venant des Socialistes révolutionnaires, du parti social-démocrate égyptien, du Parti de l’Alliance socialiste populaire, du Parti de la Constitution de Mohammed El Baradei. En plus, bien sûr, il y avait des jeunes gens du Mouvement des jeunes du 6 avril et d’autres groupes. Ces jeunes ont réussi à travailler ensemble... »

C'est là une liste précisément des forces qui ont soutenu l’imposition du pouvoir militaire, et dont la plupart ont rejoint le gouvernement établi par l’armée. Harzem al-Beblawi, le Premier ministre en exercice, est un des membres fondateurs du Parti social-démocrate égyptien et l’un des partisans les plus agressifs de la répression. Son second, jusqu’à sa récente démission décidée pour sauver la face, était Mohamed El Baradei, avec lequel les SR avaient formé des alliances à plusieurs reprises, y compris dans Tamarod.

Dans le texte « La chute des Frères » écrit le 4 juillet, l’ISO notait dans une affirmation anodine que, « certaines forces politiques actives dans le mouvement contre Morsi ont applaudi l’action de l’armée. »

Cependant, le 5 juillet, les SR écartaient complètement tout risque d’une dictature militaire. Ils écrivaient que l’élite politique bourgeoise libérale voulait « faire tomber le pouvoir de l’élite islamiste, afin d’arriver eux-mêmes au pouvoir avec la bénédiction et le soutien des chefs militaires, » et des restes du vieux régime qui voulaient « revenir sur la scène politique. »

« Cependant, insistaient-ils, il y a une logique spécifique aux révolutions populaires qui ne se soumettra pas aux illusions ou aux manœuvres des libéraux et des feloul... »

Un entretien avec Ahmed Shawki, éditeur de l’International Socialist Review, accompagnait cette déclaration; il y affirmait, « le mouvement Tamarod a fait sauter l’obstacle en fournissant un moyen par lequel la masse de la population égyptienne a pu faire payer le prix politique de ses actions à Morsi. »

La question suivante lui fut posée : « Les coups d’état militaires annoncent en général la défaite du processus révolutionnaire – ils sont souvent la représentation la plus extrême de la contre-révolution. Est-ce que l’intervention de l’armée pour faire tomber Morsi, nommer un nouveau président et promettre de nouvelles élections représente la victoire de la contrerévolution ? »

Il a répondu : « absolument pas ». Shawki a décrit l’intervention de l’armée comme une simple tentative de « contenir le mouvement... Donc si l’armée est dans les rues et qu’elle a dépassé les limites constitutionnelles de son pouvoir, je crois qu’elle va chercher un moyen quelconque de rendre rapidement le pouvoir à une autorité civile. Je ne pense pas qu’elle veut conserver le pouvoir étatique. »

Le premier massacre de partisans des Frères musulmans a eu lieu le 8 juillet, quand les SR étaient encore en train de faire la promotion des manifestations en faveur de l’armée, censées défendre ce qu’ils appelaient continuellement la « seconde révolution. »

Ainsi, immédiatement après la prise du pouvoir par l’armée, un dirigeant des SR, Sameh Naguib, a glorifié ce coup comme une « seconde révolution » dans une déclaration affichée sur le site Web du SWP britannique, le Socialist Worker. Il déclarait que « les gens se sentent renforcés et légitimés par les évènements des derniers jours. »

Les SR disposaient dans leurs efforts pour désarmer politiquement la classe ouvrière du soutien sans partage de l’ISO aux Etats-Unis, qui a publié toutes les déclarations citées précédemment, et par le SWP au Royaume-Uni. Judith Orr, par exemple, écrivant pour le site Socialist Worker, insistait encore le 9 juillet sur l’idée que « la prise de pouvoir par l’armée était plus qu’un simple coup militaire tel qu’il est décrit dans la plupart des médias. Elle n’indique pas la "fin de la démocratie." Les rassemblements de masse sans précédent ont été l’expression la plus complète d’un mouvement venant d’en bas qui demande de vrais changements. »

Tout juste deux jours plus tard, dans une déclaration du 11 juillet intitulée « Résister à nouveau au vol de la révolution, » les SR écrivaient que le nouveau gouvernement d’intérim défendait « les mêmes politiques que le régime d’Hosni Moubarak. » Ils se lamentaient sur « une déclaration constitutionnelle dictatoriale » qui était, en réalité, à peine différente de celle qu’avançait Tamarod auparavant.

La véritable cause de leurs plaintes était leur isolement du pouvoir; ils notaient que la déclaration constitutionnelle « [était] intervenue sans aucune consultation avec les groupes politiques révolutionnaires que le ministre de la Défense et le président par intérim [avaient] confirmés en tant que partenaires en adoptant la feuille de route. »

Au 26 juillet, les massacres commis par l’armée avaient tué des centaines de partisans des Frères musulmans. Cela a déclenché une mise en garde de la part des SR, qui ont écrit au sujet d’une manifestation en faveur de l’armée qui devait avoir lieu peu après que : « Une descente des masses dans la rue vendredi sera nuisible à la révolution, quoi que puissent en penser les participants aux manifestations... Donner à l’armée un mandat populaire pour en finir avec les Frères musulmans va inévitablement entraîner la consolidation du régime que la révolution voulait faire tomber. »

Encore une fois, les SR ne nommaient pas ceux qui tentaient de procurer ce « mandat » à l'armée -- Tamarod et ses soutiens, y compris les SR eux-mêmes.

« Les signes d’un retour du régime dictatorial de Moubarak ne sont ignorés par personne, » ont-ils écrit le lendemain, en citant « la menace de l’usage de la loi d’urgence pour disperser les sit-in, et l’intervention de l’armée dans les sit-in d'ouvriers à Suez Steel entre autres. »

Mais même à ce moment-là, ils ne parlaient que de « [leurs] doutes sur le rôle du gouvernement actuel et l’étendue de son implication dans ces crimes. »

Ce n’est que le 14 août, après que des centaines de personnes eurent été tuées dans les rues, que les SR ont finalement dénoncé « libéraux et gens de gauche » pour avoir « trahi la révolution égyptienne » -- encore une fois, sans citer Tamarod.

La « critique » des SR contre ces forces est totalement frauduleuse. La bourgeoisie libérale n’a pas « trahi » la révolution, mais elle a agi selon ses intérêts de classe. Face au risque d’une révolution socialiste, ils ont opté pour un retour à la dictature militaire.

Les SR faisaient partie de cette opération. C’est un parti constitué de petits-bourgeois aisés et bien en vue, recrutés en grande partie à l’Université et dans les médias. Leur objectif est leur avancement personnel, ils ne parlent de « révolution » que pour se constituer une monnaie d’échange qui leur servira à obtenir une niche confortable dans l’ordre social existant, qu’ils sont déterminés à défendre contre la classe ouvrière.

Il est remarquable que les changements constants dans la ligne politique des Socialistes révolutionnaires épousent toujours étroitement les exigences de la politique étrangère américaine.

Lorsque Washington a soutenu les Frères musulmans comme son instrument politique de prédilection, les SR ont chanté les louanges de Morsi. Quand Washington a pris le parti du coup militaire contre eux, afin d’empêcher tout risque d’une reprise des luttes révolutionnaires de la classe ouvrière, les SR se sont alignés sur le Conseil suprême des forces armées (SCAF) en soutenant Tamarod.

Leurs déclarations, en particulier depuis le coup d’état, suivent de très près l’orientation politique des déclarations produites à la Maison blanche. Aujourd’hui, l'inquiétude de Washington grandit face à la violence massive de la junte, celle-ci risque de produire un retour de manivelle et de radicaliser les masses – non seulement en Égypte mais dans tout le Moyen-Orient. Et, là encore, cette inquiétude est partagée par les SR, qui ne craignent rien plus qu’une révolution socialiste et qui appellent désespérément à un quelconque arrangement entre l’armée et les Frères pour empêcher la guerre civile.

Les SR fonctionnent en tant qu'instrument politique au service de la contrerévolution, rien moins que cela. Sous un mince verni de rhétorique gauchiste, ils servent d'avocats à toute faction de la bourgeoisie ayant, à un moment donné, le vent en poupe – avant de passer une fois de plus à une position d’« opposition. »

(Article original paru le 20 août 2013)