Les travailleurs de Chrysler Warren s'opposent à une guerre contre la Syrie

Par une équipe reporters du WSWS
9 septembre 2013

L’opposition à la guerre imminente contre la Syrie est profondément ressentie parmi les travailleurs américains.

Mercredi, une équipe du Parti de l’Egalité socialiste (Socialist Equality Party, SEP) s’est rendue à l’usine Warren Truck Assembly Plant située près de Detroit pour distribuer la déclaration du World Socialist Web Site « Non à la guerre contre la Syrie ! » qui appelle les travailleurs à se mobiliser contre les plans de guerre américains. La déclaration démasque les mensonges avancés par le gouvernement Obama sur l’utilisation présumée d’armes chimiques par le gouvernement de Syrie. Elle souligne que la tentative du président Obama d’obtenir une résolution du Congrès approuvant le recours à la force contre la Syrie est une mascarade cynique qui a pour but de permettre au gouvernement Obama d’affirmer que la décision en faveur de la guerre a été prise démocratiquement.

En dépit de la campagne médiatique ininterrompue menée en faveur de la guerre, les militants du SEP ont rencontré de la part des travailleurs de l’usine où se construit le camion Dodge Ram une large et farouche opposition à une attaque contre la Syrie. Parmi les travailleurs qui se sont exprimés contre la guerre il y avait aussi bien des travailleurs jeunes que des ouvriers plus âgés de Chrysler.

Un exemple typique de commentaires faits contre la menace d’une nouvelle intervention militaire au Moyen-Orient a été celui d’un ouvrier qui s’est écrié ; « On n'a peut-être pas assez bombardé ? Nous sommes le bombardier numéro un dans le monde ! »

Un autre travailleur a remarqué, « C’est ridicule. Et dire qu’Obama a reçu le Prix Nobel de la Paix ! »

Un troisième a ajouté, « Laissons-les se débrouiller tout seuls. Nous avons eu une guerre civile aux Etats-Unis et ils n’étaient pas venus par ici. »

Les travailleurs de Warren truck lors du changement d’équipe

Bon nombre de travailleurs se sont arrêtés pour présenter leur points de vue sur la guerre imminente. Carron, un travailleur nouvellement recruté qui travaille depuis trois mois à l’usine a dit, « Je pense qu'on ne devrait être en guerre avec personne. Les gens ont des familles. Je pense que la guerre ça ne sert à rien. »

« Tout tourne autour de l’argent. Il faudrait régler les problèmes de manière pacifique. On vient tout juste de sortir d’une guerre. J’avais même envisagé rejoindre l’armée mais heureusement que j’ai été embauché ici. »

Andre, un travailleur qui a à son actif 18 ans d’usine, a indiqué les intérêts économiques qui poussent les Etats-Unis à la guerre. « C’est toujours pour le pétrole et le pouvoir. Les Etats-Unis sont censés être une ‘société démocratique’, mais qui sommes-nous pour imposer notre ‘démocratie’ à tout le monde ? C’est aux gens à décider comment ils veulent vivre. »

Il a exprimé son scepticisme quant aux affirmations du gouvernement Obama que la guerre était indispensable pour punir la Syrie pour sa présumé utilisation d’armes chimiques. Il a fait une analogie avec l’affirmation des Etats-Unis selon laquelle l’alliée de la Syrie, l’Iran, cherchait à obtenir des armes nucléaires.

«C'est comme avec les armes nucléaires. Nous sommes le seul pays à avoir utilisé les armes nucléaires mais nous voulons empêcher que certains pays disposent d’armes nucléaires. »

Un autre travailleur a dit au WSWS qu’il était sceptique quant aux affirmations sur l’utilisation d’armes chimiques par la Syrie. « Je ne le crois pas, tant que nous n’aurons pas de preuve effective. Je ne me fie pas à la parole d’un seul homme. »

« Il se trouve que les rebelles, c'est al Qaïda. Donc c'est bien de les aider, et à côté de ça nous voulons les tuer au Yémen ? Je pense qu'ils nous font courir. Je ne veux pas d'un nouvel Irak. Mon fils est a l'âge où il peut être appelé. »

Il a ajouté, « Ce qui me préoccupe aussi en tant que travailleur de l’automobile c’est que je construis des camions qui font 25 miles par gallon (plus de 9 litres aux 100 km). Si on augmente les prix du pétrole plus personne ne va acheter de camions. Et si les prix du carburant augmentent, moi ça m'enlève la moitié de mon salaire. »

Arthur, un jeune travailleur a dit qu’il est fortement opposé à une nouvelle guerre. Il a dit s'inquiéter de ce qu’une intervention militaire en Syrie mènerait à une guerre plus vaste qui impliquerait les grandes puissances.

« Je pense que ça va finir par nous tuer tous. Si les Etats-Unis attaquent l’Iran, eux attaqueront Israël et ça impliquera la Russie et la Chine. Et c’est parti. Je pense que cela a toujours été leur intention. »

« Ils parlent d’armes chimiques. Pourquoi la Syrie aurait-elle utilisé ces armes ? Ils sont en train de gagner la guerre. Et pourquoi est-ce qu'ils envoient encore des navires de guerre ? Ils ont dit que ce sera une guerre ‘limitée’.

« Obama n’est pas celui que nous croyions. Obama n’est rien qu’une marionnette. Il a promis l’espoir et le changement et les choses ont empiré. Je veux savoir qui il est réellement. Comment est-ce qu'il s'est fait tout cet argent ? Au début quand il est arrivé, il a dit qu'il était un homme du peuple. Maintenant c’est un monstre.

« Il veut une guerre avec la Syrie mais il n'est même pas capable de faire voter un salaire minimum de 9,50 dollars l’heure. Même John Boehner [le président républicain de la Chambre des représentants] est d’accord avec Obama.

« Les emplois qu'on est en train de créer sont des emplois à bas salaire mais les prix des maisons crèvent le plafond. Comment est-ce possible ? Je pense que le krach sera plus important cette fois que la dernière fois.

« Je comprends Snowden. On est censé être une démocratie. Si on laisse le gouvernement nous espionner en se disant que ce n'est pas grave, on ne mérite pas la démocratie. C’est ce que Jefferson a dit. »

Jeff, un autre travailleur de Warren Truck a dit, « Ce sont les pauvres qui combattent les pauvres pour le bénéfice des riches. Le point commun entre toutes ces guerres ce sont les minéraux. Nous luttons pour le contrôle, la domination et le transfert de la richesse minérale d’un groupe de riches à un autre. »

(Article original paru le 6 septembre 2013)