Encore une fois, Trump met la Corée du Nord en garde contre ses essais nucléaires

Par Peter Symonds
2 mai 2017

Face the Nation sont les dernières d’une série de menaces venant de responsables de son gouvernement, qui accompagne le déploiement d’un groupe de combat mené par un porte-avions et d’un sous-marin nucléaire au large de la péninsule coréenne.

Trump a dit qu’il « ne serait pas content » si la Corée du Nord testait une autre arme nucléaire. Quand on lui a demandé si cela voulait dire que l’armée étasunienne mènerait des frappes, il a déclaré de manière impérieuse : « Je ne sais pas. Je veux dire, on verra bien. » Il a ajouté ensuite : « c’est une partie d’échecs. Je veux juste que les gens ne sachent pas ce que je pense. »

Le gouvernement Trump garde délibérément le monde dans l’ignorance quant a ses plans et s’arroge le droit de mener des guerres comme bon lui semble – comme il l’a fait pour les missiles lances contre la Syrie le mois dernier.

En dépit de la servilité des démocrates et du Congrès, le président des États-Unis a déclare son mépris sans réserves pour « le système », il a signalé sa détermination À affirmer un pouvoir autocratique. C’est tout simplement un système très très bureaucratique », a-t-il dit. « je pense que les règles du Congrès, et en particulier les règles du Sénat, sont incroyablement archaïques et lentes… On se retrouve pousse dans des situations que l’on n’aime pas. »

À présent, le gouvernement Trump exerce une forte pression sur la Chine pour qu’elle impose au régime nord-coréen de Pyongyang de se plier aux demandes américaines, Trump s’est vanté d’avoir développe une relation « très spéciale » avec le président chinois Xi Jinping. « Mais encore une fois, vous savez, nous allons savoir si le président Xi est capable de réaliser des changements [à Pyongyang], a-t-il ajoute.

Concrètement, Trump est en train de faire du chantage sur Beijing, en disant que si la Chine ne « résout » pas la crise nord-coréenne, les États-Unis le feront militairement, il a mis sans états d’âmes la péninsule coréenne au bord du gouffre, n’importe quel incident, volontaire ou non, pourrait entraîner un conflit dévastateur.

Le président américain est bien conscient qu’une telle guerre entraînerait des souffrances humaines énormes, Pour défendre sa décision de ne pas qualifier immédiatement la Chine de manipulatrice de devises, Il a déclaré : « Le commerce c’est très important, mais une guerre massive avec des millions potentiellement des millions de gens, tués ? Ça, pourrait-on dire, ça passe avant le commerce. »

En fait, la détermination du gouvernement Trump à forcer la Corée du Nord à capituler n’est qu’un élément des projets plus larges contre la Chine, que les États-Unis considèrent comme le principal obstacle au développement de leur hégémonie. Leur décision de ne pas adopter de mesures de guerre commerciale contre Beijing d’emblée est purement tactique, cela changera rapidement, que la Chine puisse ramener la Corée du Nord dans le rang ou non.

Trump a affirme à plusieurs reprises que les États-Unis ne toléreront pas une Corée du Nord disposant de la puissance nucléaire et qu’ils attendent des résultats rapides. « Nous ne pouvons pas laisser se continuer ce qui durait depuis des années », a-t-il dit. La semaine dernière il a souligne sa volonté d’utiliser la force militaire lorsqu’il a déclaré qu’il y avait « absolument » un risque de « conflit majeur, majeur » avec la Corée du Nord.

Le conseiller de Trump a la sécurité nationale, H.R. McMaster, a fait les mêmes menaces hier dans l’émission Fox News Sunday. « Nous devons faire quelque chose [avec les autres pays] concernant l’application des sanctions des Nations unies qui sont en place. […] Ça peut vouloir dire faire encore monter ces tensions. Et cela veut également dire être prêt a des opérations militaires, si nécessaire. »

À côté du battage pro-guerre constant, le gouvernement Trump s’est lancé dans une offensive diplomatique intense pour s’assurer que les alliés et les partenaires stratégiques des États-Unis dans la région Asie-Pacifique soient prêts pour une crise qui risque de dégénérer en guerre. Le vice-président Mike Pence viens de compléter une tournée en Asie avec des négociations sur la Corée du Nord avec des alliés essentiels – Japon, Corée du Sud et Australie – ainsi qu’en Indonésie, qui joue un rôle central dans l’Organisation des États d’Asie du Sud-Est (OTASE).

Alors que les dirigeants de l’OTASE se réunissaient a la fin de la semaine, le président philippin Rodrigo Duterte s’est joint a la Chine samedi pour appeler les États-Unis et la Corée du Nord à calmer leur rhétorique militariste. Le même jour, Trump a appelé Duterte et l’a invite a la Maison Blanche, sans aucun doute pour faire pression sur lui afin qu’il suive la ligne agressive de Washington contre Pyongyang. Sous Duterte, les Philippines, qui ont un accord important avec les États-Unis pour des bases militaires, ont fait pencher leur politique étrangère vers la Chine.

Dans l’émission This Week sur la chaîne ABC, le chef d’état-major Reince Priebus a écarté les inquiétudes sur la « guerre contre la drogue » de Duterte et sur les atteintes importantes aux droits de l’Homme. « les questions auxquelles nous sommes confrontés en provenance de Corée du Nord sont si sérieuses que nous avons besoin de coopération a un niveau ou un autre avec autant de partenaires dans la région que nous pouvons en trouver, pour nous assurer que tout soit en ordre », a-t-il dit.

Trump a également téléphoné aux dirigeants de la Thaïlande et de Singapour pour discuter de la Corée du Nord et les inviter a Washington. La Thaïlande est un allié déclaré des États-Unis, et les bases militaires de Singapour sont utilisées par les navires de guerre et les avions de combat américains.

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull s’envolera pour Washington cette semaine pour rencontrer Trump. Si une guerre éclate sur la péninsule Coréenne, l’Australie qui abrite des installations américaines essentielles pour les communications, l’acquisition de cibles et l’espionnage, sera nécessairement impliquée. Depuis 2011, les États-Unis ont grandement étendu leur usage des bases militaires australiennes pour leurs Marines, leurs navires de guerre et leurs avions, y compris les bombardiers a long rayon d’action.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a immédiatement rejoint les États-Unis pour condamner le test raté de missile nord-coréen. « en dépit de mises en garde fortes de la communauté internationale, la Corée du Nord a mené un tir de missile balistique aujourd’hui […] c’est une menace grave sur notre pays. C’est absolument inacceptable.

Abe exploite la situation tendue sur la péninsule coréenne, non seulement pour démontrer son soutient a l’alliance américaine, mais pour avancer son propre agenda de remilitarisation du Japon. L’armée japonaise a envoyé l’énorme porte-hélicoptères Izumo pour protéger un navire de ravitaillement américain dans le Pacifique Ouest, en s’appuyant sur la loi pour « l’autodéfense collective » passée par son gouvernement. C’est la première fois que cette loi, qui enfreint la Constitution du pays, est utilisée pour envoyer un navire de guerre japonais dans ce qui pourrait rapidement devenir une zone de guerre.

Les armées sud-coréenne et américaine ont tout juste complétées leurs importantes manœuvres conjointes qui comprennent des scénarios de guerre avec la Corée du Nord. Une nouvelle stratégie mise au point en 2015 – OPLAN 5015 – a fait passer ces manœuvres de théoriquement défensives a offensives, avec des frappes préventives sur des cibles militaires et des frappes de « décapitation » pour tuer les dirigeants nord-coréens. Les navires de guerre américains poursuivent leurs manœuvres navales avec leurs homologues sud-coréens.

L’amiral Harry Harris, chef du Commandement américain du Pacifique a donne une indication de l’ampleur massive des attaques préparées contre la Corée du Nord lorsqu’il s’est adressé a la commission des services armés la semaine dernière. Interroge pour savoir si une frappe préventive américaine pourrait détruire l’Artillerie nord-coréenne qui vise Séoul, Il a simplement noté : « ça dépend du niveau de frappe préventive. »

En d’autres termes, ce qui est en discussion au Pentagone, c’est un blitzkrieg de grande ampleur qui détruirait l’arsenal et les installations nucléaires nord-coréennes, ses missiles balistiques et son armée numériquement imposante mais mal équipée, ainsi que ses dirigeants et sa capacité industrielle. Ce genre d’actions brutales pourrait rapidement entraîner d’autres puissances, dont la Chine et la Russie, avec des conséquences catastrophiques.

(Article original paru le 1er mai 2017)