«L'emprisonnement d'Assange est une attaque contre toute la classe ouvrière»

Les travailleurs américains exigent la libération de Julian Assange

Par Jerry White
17 avril 2019

Aux États-Unis, des travailleurs ont réagi avec indignation à l'emprisonnement de Julian Assange au Royaume-Uni et aux efforts déployés par l'administration Trump pour s'emparer illégalement du fondateur de WikiLeaks et le soumettre à une détention, à une possible torture et même à la peine capitale pour avoir révélé les crimes de guerre et les intrigues diplomatiques du gouvernement américain.

Alors que les médias et les politiciens des partis démocrate et républicain ont salué l'arrestation et soutenu la vendetta contre Assange, la plupart des travailleurs et des jeunes considèrent Assange, aux côtés de l'ancienne analyste du renseignement de l'armée américaine Chelsea Manning et de l'ancien lanceur d’alerte de l’Agence nationale de Securité, Edward Snowden, comme des héros parce qu'ils ont défié la persécution afin de dire la vérité aux Américains et au monde entier.

«L’emprisonnement d’Assange est une attaque contre l’ensemble de la classe ouvrière», a déclaré Angela au World Socialist Web Site, une ouvrière de Fiat Chrysler à Kokomo, dans l’Indiana, et membre du comité directeur de la Coalition des comités de base. «Si les journalistes ne sont pas en sécurité pour dire la vérité, personne ne l’est. Les médias accusent Assange de narcissisme. Mais il en est tout à fait à l’opposé. Il nous sert tous en disant la vérité sur ce que notre gouvernement fait. Assange a publié des documents sur les crimes de guerre commis par les États-Unis en Irak et en Afghanistan et sur ce que Snowden a révélé sur l'espionnage du gouvernement sur le population américaine.»

Angela a averti les travailleurs «de ne pas se laisser duper par les médias des grands groupes». Les médias contrôlés par les grandes entreprises, a-t-elle déclaré, «ont essayé de nous duper au sujet d'armes de destruction massive en Irak qui n'ont jamais existé». Elle a poursuivi: «La primauté du droit est utilisé comme une arme pour emprisonner un journaliste quand cela les arrange, puis elle est ignorée quand ce n’est pas le cas. Qu'est-il arrivé au droit à l'asile politique? Il a déjà passé sept ans à l'ambassade et on dirait qu'ils essaient de lui attribuer l'étiquette «terroriste». C'est effrayant.»

Ces attaques, a-t-elle dit, n'ont pas montré le pouvoir de la classe dirigeante, mais sa crainte. «Les capitalistes et les élites sont désespérés. Ils ne veulent pas que les travailleurs connaissent la vérité. Ils reconnaissent que la classe ouvrière est plus puissante que nous la reconnaissons nous-mêmes et ils ont peur de nous.»

«Julian Assange a divulgué les vilaines vérités. L'ignorance n'est pas un bonheur. Il est carrément dangereux de garder la tête dans le sable. Nous sommes censés avoir le droit à la liberté d'expression en vertu du premier amendement, nous sommes censés pouvoir dire les choses comme nous les voyons et nous devrions le faire. Nous devons nous rassembler autour d’Assange, de Chelsea Manning, de Snowden et de tous ceux qui disent la vérité.

«Le fait que les médias grand public dénigrent Assange montre simplement sa déconnexion. Ce que les États-Unis ont fait en Irak et en Afghanistan étaient des crimes horribles. Les États-Unis appellent cela des dommages collatéraux, mais s'il s'agissait de votre fils, de votre fille ou de vos proches, vous diriez que c'est un crime. Assange nous a montré ce dont le gouvernement américain est capable. Si notre gouvernement peut faire cela aux peuples du Moyen-Orient, ils peuvent nous le faire en Amérique.»

Un employé magasinier de Fiat Chrysler à Atlanta, en Géorgie, et un autre membre du comité directeur des comités de base, a ajouté: «Les journalistes et les lanceurs d’alerte sont maintenant emprisonnés pour leur courage. Il est clair que Julian Assange ne bénéficiera pas d'un procès équitable car il fait l'objet d'un débat dans les médias à savoir s'il est même journaliste. Les gens doivent s'opposer à cet outrage et mettre un terme à la portée oppressive et odieuse d'un gouvernement qui se transforme rapidement en un État ouvertement fasciste.»

John, un ouvrier de l'usine Kokomo Transmission de Fiat Chrysler, dans l'Indiana, a déclaré: «Je pense qu'il est absolument essentiel que cette attaque contre le Premier Amendement soit contrecarrée. C'est une attaque contre le journalisme partout. C'est une atteinte au droit de tout le monde de connaître la vérité. Et tout cela se fait sous prétexte qu'il faut défendre la "sécurité nationale".»

Assange «nous a rendu une grande justice», a-t-il poursuivi. «Il dit la vérité. Il nous a apporté des informations sur les nombreuses atrocités commises par l'armée américaine.

«Si les lanceurs d’alerte n'ont pas d'endroit où aller, s'ils n'ont pas ce droit, le journalisme est mort, n'est-ce pas? C'est ce que représente Assange. Il est éditeur et journaliste, ce n’est pas un pirate informatique. La façon dont il a été arrêté à l'ambassade ne constitue-t-elle pas une violation du droit international? Et les personnes dont il a apporté la preuve qu'elles ont commis des crimes de guerre et des crimes contre des journalistes sont celles qui restent en liberté.»

John a tourné en dérision le scandale frauduleux des médias sur la Russie, qui a été utilisé pour dépeindre Assange en tant qu'agent de Poutine. «C'est du maccarthysme», a-t-il déclaré. «Depuis la publication du rapport Mueller, au lieu de laisser l’affaire close et d’accepter ses conclusions, ils en ont repris de plus belle. La rhétorique anti-russe est tellement stupide. Et maintenant, l'accent est mis sur le Venezuela, et ils deviennent la cible de mensonges.»

Faisant référence au rôle de la presse institutionnelle dans la facilitation des attaques contre Assange et des droits démocratiques, il a déclaré: «Le fait que les principaux médias ne défendent même pas leurs propres emplois… Je me suis dit, peut-être, puisque ce sont leurs emplois en ligne de mire, qu’ils feraient quelque chose, mais non, ils en sont complices.

«Il est impératif que nous ne nous couchions pas devant cette attaque, que nous défendions ce qui est juste et pour Julian Assange.»

Steve, un chauffeur routier de l'État de New York et un autre membre du comité directeur de la Coalition des comités de base, a déclaré que Julian Assange, Chelsea Manning et «tous les prisonniers de guerre de classe devraient être libérés immédiatement, et la classe ouvrière internationale devraient s'unir pour obtenir leur liberté.» Il a poursuivi: «Les faits de leur cas sont clairs pour les travailleurs du monde entier qui peuvent constater l'injustice et la persécution endurées par Assange et tous les lanceurs d'alerte pour avoir révélé les crimes de puissants responsables.»

«La persécution de ces individus courageux est un effort visant à réprimer et à intimider ceux qui cherchent à révéler les graves violations des responsables au pouvoir. La classe ouvrière, principaux défenseurs des droits démocratiques, prend conscience du fait que les libertés démocratiques fondamentales sont attaquées.»

Il a ajouté que la classe dirigeante «vit dans la crainte d'une révolution sociale», comme en témoignent «la militarisation de la police, les arrêts de la Cour suprême défendant la peine de mort, les coups montés et l'emprisonnement à vie des travailleurs de Maruti Suzuki en Inde, et la répression policière des luttes ouvrières à Matamoros, au Mexique.»

Steve a conclu en ces termes: «Il appartient maintenant à la classe ouvrière d'organiser des comités de base indépendants des syndicats qui se lieront avec les travailleurs au niveau international afin de défendre nos droits démocratiques et libérer les prisonniers de classe tels qu'Assange et Manning. Les riches et les puissants, représentés par les démocrates et les républicains, foulent aux pieds ces droits pour conserver leur emprise sur le pouvoir, alors que la rébellion contre leur pouvoir s'accentue en raison de la vaste inégalité sociale produite par le capitalisme.»

Nous invitons vivement les travailleurs et les jeunes à envoyer des déclarations appelant à la liberté de Julian Assange et de Chelsea Manning et à soutenir le développement d'une campagne internationale de la classe ouvrière pour leur défense. Veuillez envoyer les déclarations de soutien ici.

(Article paru en anglais le 16 avril 2019)