La pandémie de coronavirus et la perspective du socialisme

Par le comité de rédaction international du World Socialist Web Site
31 mars 2020

Le dimanche 29 mars, le World Socialist Web Site et le Socialist Equality Party (Parti de l’égalité socialiste) ont organisé un forum en ligne, «La pandémie COVID-19: le capitalisme et une catastrophe socio-économique annoncée». Un large public du monde entier a participé, laissant des centaines de commentaires pendant l’événement.

Le forum a fourni la réponse socialiste à la pandémie, en opposition à la négligence et à l’indifférence criminelle des gouvernements capitalistes du monde entier. Il a répondu aux mensonges et aux esquives de la classe dirigeante et de ses apologistes dans les médias. Il a élaboré une perspective pour mobiliser la classe ouvrière internationale afin de lutter pour des mesures d’urgence pour répondre aux besoins sociaux urgents dans le cadre d’une lutte contre l’inégalité sociale et le capitalisme.

Le forum était animé par le reporter du WSWS André Damon et comptait quatre intervenants: Benjamin Mateus, médecin, expert de la pandémie de coronavirus et collaborateur du WSWS; David North, président du comité de rédaction international du WSWS et président national du SEP (États-Unis); Joseph Kishore, secrétaire national et candidat à la présidence du SEP (États-Unis); et Johannes Stern, membre dirigeant de la Sozialistische Gleichheitspartei (Allemagne).

La pandémie COVID-19: le capitalisme et la catastrophe annoncée

Le Dr Mateus a commencé la réunion en passant en revue la portée mondiale de la pandémie. Le nombre croissant d’infections et de décès «se lit comme une chronique de guerre», a-t-il déclaré. «Nous devrions atteindre le seuil du million d’ici la première semaine d’avril. La deuxième semaine d’avril, nous pourrions en voir dix millions, et d’ici le début du mois de mai, jusqu’à 100 millions de cas, ce qui est astronomique».

L’importance politique et historique de la pandémie a été résumée par North dans ses commentaires introductifs. «La pandémie», a-t-il dit, «a mis à nu sous une forme très concentrée la faillite économique, sociale, politique, culturelle et même morale d’une société basée sur le capitalisme». Il a poursuivi en disant:

La pandémie est un événement déclencheur. En ce sens, elle est comparable à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand en juin 1914. Cet épisode a provoqué la chaîne d’événements qui a culminé avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale cinq semaines plus tard, en août 1914. L’assassinat n’a fait que déterminer la date du déclenchement de la guerre. Mais la guerre elle-même – c’est-à-dire l’explosion des contradictions mondiales issues des rivalités nationales capitalistes et des conditions économiques de l’impérialisme – était inévitable.

La pandémie a le même rapport avec la crise actuelle. Il ne fait aucun doute que la pandémie, en tant que phénomène biologique, constitue un immense défi pour la société. Mais on a reconnu la possibilité, voire l’inévitabilité d’une telle contagion, depuis longtemps. Le caractère historique de cet événement découle de la réponse à la pandémie, de la manière dont elle a si complètement mis à nu l’échec global de la société existante: l’ignorance et l’inhumanité de ses dirigeants politiques; la corruption et la vénalité de sa classe dirigeante; l’incompétence de ses institutions; enfin, la faillite intellectuelle et morale de ses faux héros médiatiques et de ses valeurs encore plus fausses.

La pandémie prendra fin à un moment donné. Mais même après que la virulence de la pandémie aura diminué, lorsque les gens sortiront de leur isolement, on trouvera que c’est impossible de retourner à ce qui existait auparavant. Les illusions qui ont persisté pendant si longtemps se trouvent maintenant brisées, de la même manière qu’elles l’ont été par la Première Guerre mondiale.

Les vies perdues à cause de l’absence flagrante de préparation, qui est le résultat de la subordination du besoin humain au profit privé, ne seront pas oubliées. Le changement de conscience est déjà en cours. Les gens saluent les travailleurs de la santé, pas les banquiers. On ne retournera jamais au statu quo ante. Des millions de personnes dans le monde entier, ayant vécu cette expérience mondiale unique, percevront et penseront la réalité d’une manière différente.

En bref, le capitalisme est redevenu un gros mot. Cette crise va intensifier et accélérer une crise politique mondiale. Le socialisme, le socialisme d’un type très sérieux – le socialisme de Lénine et Trotsky et Rosa Luxemburg, et non les absurdités de Bernie Sanders et d’autres personnes politiquement insignifiantes – va de nouveau émerger en tant que mouvement de masse, partout dans le monde, et de façon particulièrement explosive aux États-Unis.

Les intervenants ont réfuté l’affirmation selon laquelle la pandémie était imprévisible. Ils ont noté que pendant des décennies, les épidémiologistes et les scientifiques ont mis en garde contre un tel événement, mais on n’a rien fait pour s’y préparer. Ils ont mis en cause la réponse des gouvernements mondiaux, qui ont agi uniquement dans l’intérêt de la classe dirigeante, et jamais en fonction des besoins de la population.

«Aux États-Unis,» a déclaré Kishore, «qui ont été le centre de la réaction idéologique et politique mondiale, l’élite dirigeante a, pendant quarante ans, tout subordonné à l’accumulation sans fin de la richesse… La réponse à la pandémie se trouvait conditionnée par les mêmes considérations.»

Kishore a noté que ce n’était pas seulement l’Administration Trump, mais l’ensemble de l’establishment politique qui était responsable. La réponse de l’État américain, a-t-il dit, a été de faire passer, sur une base bipartite unanime, une loi qui finance la distribution illimitée d’argent à Wall Street et à l’élite des affaires et des finances.

Stern a expliqué que les conditions qui règnent aux États-Unis sont présentes en Europe et dans le monde entier. Une catastrophe se déroule en Italie, en Espagne et sur tout le continent, tandis que les gouvernements se trouvent rongés par des conflits nationaux et se concentrent avant tout à préserver les intérêts de leurs propres élites dirigeantes.

«Les capitalistes veulent que leur État intervienne pour les défendre, tout en versant de plus en plus de ressources sur leurs comptes bancaires. La classe ouvrière doit créer son propre pouvoir étatique; elle doit se battre pour acquérir le pouvoir politique et utiliser un État ouvrier véritablement démocratique pour organiser la société de manière rationnelle et scientifique dans l’intérêt de l’humanité».

Dans ses remarques finales, North a noté la croissance rapide du nombre de lecteurs du WSWS, en particulier dans la classe ouvrière. Il a appelé tous les auditeurs à prendre la décision d’adhérer au Parti de l’égalité socialiste et au Comité international de la Quatrième Internationale.

«Ce monde doit changer. Ce n’est pas la dernière crise, et ce n’est pas la dernière menace existentielle. La réalité est que l’avenir, c’est soit le socialisme, soit la destruction de l’humanité et la destruction de cette planète. L’expérience que nous vivons actuellement est un terrible avertissement. Nous devons en tirer les leçons et nous devons agir en fonction de ces leçons».

Nous invitons les lecteurs à regarder l’intégralité de l’émission et à la partager le plus largement possible.

(Article paru en anglais 30 mars 2020)