Les trotskystes brésiliens lancent un appel à l'action de la classe ouvrière contre la pandémie

Quel sera le coût de la mise en œuvre de ce programme? Qui assumera ce coût?

Par Déclaration du Groupe brésilien pour l'égalité socialiste (en solidarité avec le Comité international de la Quatrième Internationale)
6 juin 2020

Cette déclaration du Groupe brésilien pour l'égalité socialiste a également été publiée en portugais.

Avec des dizaines de milliers de nouveaux cas signalés chaque jour, l'Amérique latine est devenue l'épicentre de la pandémie de COVID-19 qui, au début du mois de juin, avait déjà infecté plus de 6.000.000 de personnes et fait quelque 375.000 morts dans le monde.

Le Brésil, avec plus d'un demi-million de cas confirmés et quelque 30.000 décès signalés, est responsable de la moitié des chiffres de la région. Le virus se propageant rapidement, le Brésil se classe déjà au deuxième rang mondial pour le nombre de cas et au quatrième rang pour le nombre de décès, selon les chiffres officiels. Au cours des dernières semaines, le Brésil a enregistré plus de décès quotidiens que les États-Unis, qui sont jusqu'à présent le leader des décès dus à la COVID-19. Même avant la campagne de réouverture de l'économie, les projections de décès pour le Brésil allaient de 68.000 à 220.000.

Les travailleurs de l'usine de transformation de viande JBS à Rio Grande do Sul. (Source: MPT)

Mais de tels chiffres n'ont aucune crédibilité. Le gouvernement a admis il y a plus d'un mois qu'il ne savait même pas combien de tests avaient été effectués, ce qui signifie une perte totale de contrôle sur la pandémie. C'est ce qui explique les reportages effrayants en provenance de Manaus depuis le mois d'avril, le système de santé s'étant effondré dans la ville seulement 33 jours après la première infection connue dans l'État.

Selon des chercheurs brésiliens et internationaux, le nombre réel de cas est jusqu'à 20 fois plus élevé que le nombre officiel, qui avoisine déjà les 8 millions, ce qui explique également l'augmentation de plus de 600% des hospitalisations pour problèmes respiratoires dans le pays par rapport à la même période l'année dernière. Et cela avant l'arrivée de la saison sèche dans une grande partie du pays, connue pour aggraver les hospitalisations pour maladies respiratoires, accentuée par l'augmentation de la déforestation criminelle.

Le nombre de décès, à son tour, pourrait être plus de 50% plus élevé, le gouvernement lui-même admettant qu'au moins 11.000 décès suspectés d’être liés à la COVID-19 ne peuvent pas être confirmés. Il est de plus en plus fréquent que des personnes meurent à la maison, sans pouvoir être vues dans les hôpitaux bondés.

En raison de la croissance explosive du virus, le système de santé précaire du pays s'effondre dans toutes les régions. Dans un certain nombre d'États et de capitales, les lits d'USI sont déjà occupés à leur limite. Dans les centres de traitement de la COVID-19, les besoins les plus élémentaires font défaut: équipements de protection individuelle, respirateurs, nombre suffisant de professionnels et même l’eau. Au moins 150 infirmières sont déjà mortes dans ces conditions, et 17.000 ont déjà été infectées. Le licenciement massif des travailleurs de la santé malades fait peser une charge encore plus lourde sur les travailleurs de première ligne.

Le danger d'une augmentation rapide des taux d'infection est accentué par la campagne prématurée et irresponsable de «réouverture de l'économie» et de «retour au travail.» La souffrance des travailleurs de la santé est une anticipation de ce que l'on verra sur de nombreux lieux de travail.

Le gouvernement Bolsonaro, ainsi que les gouverneurs et les maires à travers tout le pays, rouvrent des entreprises et des usines. Les États du nord au sud «assouplissent» et, dans certains cas, lèvent toutes les restrictions sur les activités économiques et récréatives.

La campagne ouverte de Bolsonaro pour l'infection de toute la population du Brésil, qui il y a quelques mois distinguait le président fasciste des autres autorités politiques et de l'opinion publique officielle propagée par les médias, est déjà adoptée par tous ces secteurs.

En favorisant la réouverture économique, tous adhèrent finalement à l'idée que «le coronavirus est comme une pluie dans laquelle tout le monde va se mouiller.» Ils justifient leur propre négligence et l'incompétence de leurs gouvernements par des théories réactionnaires sur l'«immunité collective», soit que la maladie sera contenue une fois que la majorité de la population aura été infectée.

Le gouverneur de São Paulo, João Doria, salué par toutes les forces politiques et la presse comme la voix de la raison et de la science contre Bolsonaro, est un exemple des efforts criminels de la classe dirigeante dans ce sens. Son plan de réouverture permet la reprise d'activités non essentielles dans des villes industrielles comme São José dos Campos et Jundiaí, où le taux de croissance hebdomadaire de la maladie est de 100%, soit supérieur à celui enregistré dans les pays les plus touchés qui ont été contraints de faire le contraire: suspendre ces activités. En général, les villes de l'intérieur de São Paulo ont des taux d'infection jusqu'à quatre fois plus élevés que la capitale.

L'objectif de cette campagne est de stimuler la reprise de l’accumulation des profits pour les entreprises. Sans un plan minutieux, scientifique et rigoureusement appliqué pour mettre en œuvre un retour au travail en toute sécurité, il y aura une augmentation énorme du taux d'infection, ce qui entraînera des maladies graves et davantage de décès.

Au cours des dernières semaines, le travail a repris dans un certain nombre de secteurs susceptibles de devenir de nouveaux centres d'infection pour les travailleurs et leurs familles.

Les constructeurs automobiles, qui avaient arrêté la production au nom de la faible demande du marché – et non du risque pour les travailleurs – ont repris leurs activités dans tout le pays. Leur réouverture entraîne également la remise en activité des producteurs de pièces automobiles qui ont, en général, des conditions de travail plus risquées.

Travailleurs de l'usine automobile General Motors Gravataí dans le Rio Grande do Sul (Source: General Motors)

Les usines de conditionnement de la viande, fermées par les autorités sanitaires après s’être avérées de véritables sites de propagation de la COVID-19, ont été rouvertes avec l'aide des gouvernements des États et des tribunaux. Rien que dans l'État du Rio Grande do Sul, plus de 500 employés des abattoirs ont été testés positifs, 2.500 autres ont présenté des symptômes et environ 30.000 ont été exposés à la maladie dans les 30 usines de l'État qui ont enregistré des éclosions de coronavirus.

La réouverture des centres commerciaux, des magasins de rue, des restaurants et même des stades de football qui est mise en œuvre dans les grandes villes augmente le risque pour les travailleurs des secteurs des services et des transports. Des villes comme Belo Horizonte, qui ont rouvert le commerce la semaine dernière, ont vu des files d'attente aux arrêts de bus et des transports bondés, menaçant les passagers, les contrôleurs et les chauffeurs.

Les travailleurs pour les applications de livraison, qui ont fait grève et protesté contre l'insuffisance des équipements de sécurité et une énorme surcharge de travail sous-payé pendant la pandémie, conditions accentuées par l'avidité des entreprises à tirer le maximum de profit de la calamité, devront faire face à des rues bondées et à un contact accru avec la population. Les travailleurs des centres d'appel, qui ont également organisé des grèves nationales pendant la pandémie, sont exposés à un risque sérieux de contamination massive, car ils travaillent dans des environnements fermés qui concentrent des centaines de personnes.

Les données récemment publiées par le secteur de la construction, qui a continué à fonctionner pendant la pandémie, sont un signe sinistre de ce à quoi les travailleurs de tous les secteurs seront confrontés dans les jours à venir. Rien qu'à São Paulo, au moins 57 travailleurs de la construction, ainsi que leurs femmes et leurs enfants, sont morts du coronavirus. Pas moins de 28% d'entre eux avaient déjà eu un contact avec la maladie, détectée par des tests de laboratoire, et sans le savoir, ils ont pu la transmettre à leurs collègues et à leurs proches.

Le Groupe brésilien pour l'égalité socialiste (GSI), en solidarité avec le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI), s'oppose à cette campagne irresponsable de retour au travail et de réouverture des lieux de travail non essentiels alors que la pandémie continue de se propager. Pour éviter que davantage de personnes soient infectées, tombent malades et meurent, il est nécessaire de créer une nouvelle forme d'organisation sur les lieux de travail qui supervise et impose des conditions de travail sécuritaires.

À cette fin, le GSI conseille aux travailleurs de former des comités des travailleurs de la base pour la sécurité au travail dans toutes les usines, entreprises et lieux de travail. Ces comités, contrôlés démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes, devraient formuler, mettre en œuvre et superviser les mesures nécessaires pour protéger la santé et la vie des travailleurs, de leurs familles et de la communauté au sens large.

Nous ne pouvons pas «revenir à la normale»! La pandémie met en évidence l'urgence d'une restructuration complète des processus de production, de distribution et de l'activité économique en général. La vie des travailleurs et de leurs familles ne doit pas être sacrifiée au nom du profit des sociétés et de la richesse privée de l'oligarchie milliardaire.

En réponse aux demandes de Bolsonaro, des politiciens des grands partis bourgeois et des médias pour la «réouverture de l'économie», il faut se demander: «L'économie de qui? L'économie de Joesley Batista (le milliardaire corrompu qui dirige la société transnationale d'emballage de viande JBS), des hommes d'affaires qui ont défilé avec Bolsonaro devant la Cour suprême (STF) pour demander la réouverture, et des 5% les plus riches de la population? Ou l'économie de la classe ouvrière, qui produit toutes les richesses de la société mais dont les salaires – de ceux qui ont encore un emploi – suffisent à peine jusqu'à la fin du mois?»

La réponse du gouvernement Bolsonaro à la pandémie

La situation mortelle à laquelle les travailleurs sont confrontés est le produit d'une politique de classe délibérée. Depuis des décennies, les épidémiologistes mettent en garde qu'une pandémie est non seulement possible, mais inévitable. Ces avertissements ont été ignorés. Au lieu d'investir dans la recherche virale et bactérienne et de construire des hôpitaux, les capitalistes brésiliens et les investisseurs internationaux ont exigé le démantèlement et la privatisation des infrastructures de santé publique.

Bolsonaro, avec sa réponse criminelle à la pandémie, est un représentant fidèle des intérêts de la classe dirigeante. La même vision fondamentalement sociopathique a guidé la réponse de la bourgeoisie mondiale à la crise du coronavirus. C'est l'explosion des révoltes ouvrières en Europe, avec des grèves sauvages dans l'industrie automobile, qui a forcé l'adoption de politiques de fermeture d'écoles et d'activités économiques.

La préoccupation initiale des gouvernements et de la classe dirigeante du monde entier a été de protéger les profits et non la vie. Aux États-Unis, l'adoption unanime de la loi CARES par les démocrates et les républicains a autorisé le sauvetage de Wall Street et de l'élite de la grande entreprise à hauteur de plusieurs billions de dollars, sans aucune restriction. Chaque jour, plus de 80 milliards de dollars sont acheminés à Wall Street par la Réserve fédérale américaine, un chiffre qui dépasse même de loin les mesures prises après la crise financière de 2008-2009.

Cette politique a été reproduite par le Congrès brésilien. Un plan de sauvetage des entreprises de 700 milliards de réaux (130 milliards de dollars américains) a été approuvé, dont moins de 15% ont été consacrés à l'aide misérable de 600 réaux (112 dollars américains) pendant trois mois aux travailleurs autonomes et aux chômeurs. Par un vote de 505 voix contre deux, la Chambre des représentants a approuvé le «budget de guerre», qui a permis à la Banque centrale, pour la première fois dans l'histoire, d'acheter des obligations de pacotille d'entreprises. Maintenant, le ministre de «l'austérité», Paulo Guedes, a déjà révélé que le gouvernement deviendra associé des compagnies aériennes pour éviter leur faillite et sauver leurs profits.

Les plus grands partisans de ces politiques, avec Bolsonaro et Guedes, ont été les partis de la soi-disant «opposition» dirigée par le Parti des travailleurs (PT) et soutenue par le Parti du socialisme et de la liberté (PSOL) appartenant à la pseudo-gauche et le Parti communiste maoïste du Brésil (PCdoB), dont les dirigeants ont cyniquement déclaré que s'opposer au sauvetage des grandes entreprises reviendrait à bloquer l'aide aux travailleurs.

Bien que le gouvernement Bolsonaro mène la campagne pour la réouverture de l'économie, il est soutenu par l'ensemble de l'establishment politique. D'une part, le gouvernement mobilise les forces d'extrême droite qui mènent une lutte fébrile contre les quarantaines, en ignorant tous les risques auxquels sont exposés les travailleurs, avec une seule finalité: semer la confusion dans la population, y compris parmi les propriétaires de petites entreprises qui ont été ruinées, et défendre les intérêts des grands capitalistes pour un retour au travail.

Tous les arguments pseudo-scientifiques avancés à cette fin par ces groupes fascistes ont déjà été réfutés par la réalité. Il a été dit qu'un climat chaud entraînerait un ralentissement de la contagion, que le virus ne serait dangereux que pour une partie minime de la population et qu'il faudrait une contagion de masse pour contenir le virus. Aujourd'hui, ils font la promotion de remèdes non testés.

Mais la réalité est que l'extrême pauvreté a rendu certaines des régions les plus chaudes du pays les plus vulnérables, et les mauvaises conditions de vie de la classe ouvrière brésilienne font que, même si elle est plus jeune que dans d'autres pays gravement touchés, pas moins de la moitié de la population du pays fait partie du groupe dit à risque.

Quant à l'«immunité collective», elle entraînerait la mort de plusieurs millions de personnes. Même dans le pays le plus durement touché, l'Espagne, qui a le taux d'infection de la population le plus élevé, seuls 5% des gens ont des anticorps, et il n'y a aucune certitude d'être à l'abri d'une seconde contamination. Même si cela était vrai, l'«immunité collective» nécessiterait le sacrifice d'au moins dix fois plus de personnes.

Des infirmières protestent contre les conditions dangereuses à Bethléem, Pará (Source: João Paulo Guimarães)

On peut en dire autant des supposés remèdes de charlatan comme l'hydroxychloroquine – promue par Bolsonaro et Trump – et de la promesse de vaccins imminents, dont le développement sûr peut prendre des années. Cette tentative délibérée de générer de faux espoirs a pour seul but de pousser les gens à retourner au travail pour produire des profits.

D'autre part, la soi-disant opposition tente par d'autres moyens d'atteindre le même but. Les gouverneurs du PT et du PCdoB encouragent une réouverture rapide de leurs États et, par l'intermédiaire des syndicats que leurs partis contrôlent, essaient de convaincre les travailleurs que les entreprises responsables de milliers d'accidents chaque année ont adopté des conditions sécuritaires pour le retour au travail.

À travers la campagne croissante pour une «reconversion industrielle» pendant la pandémie, les syndicats et les partis de la soi-disant «opposition» montrent leur loyauté envers la haute bourgeoisie et les militaires. Leur défense réactionnaire de la «compétitivité» de l'industrie brésilienne et l'attaque ouverte contre la «dépendance» aux biens produits en Chine expriment la nécessité pour le capitalisme brésilien de s'adapter à la guerre commerciale croissante des États-Unis contre la Chine. Comme le gouvernement Bolsonaro, ils répètent les discours tout aussi réactionnaires de Donald Trump et de l'establishment politique américain selon lesquels la Chine est une menace pour l'«Occident» et pour une direction impérialiste américaine sans entrave.

La nature du nouveau coronavirus

Les intérêts de deux classes s'opposent directement les uns aux autres. L'objectif des cadres et dirigeants d'entreprises, agissant dans l'intérêt des investisseurs de Wall Street, est d'augmenter les profits et d'extraire la plus grande quantité de travail dans le laps de temps le plus court possible. Pour les travailleurs, il s'agit de maintenir un environnement sûr qui assure leur santé et leur sécurité.

Des comités de sécurité de la base doivent être organisés pour exiger et mettre en œuvre des mesures visant à protéger la vie des travailleurs. Ces mesures doivent être fondées sur une compréhension scientifique de la nature de la maladie.

Le coronavirus est très contagieux et se propage par des gouttelettes de liquide lorsque les gens parlent, respirent, toussent ou éternuent. Les personnes sont infectées lorsque des particules de virus pénètrent dans leur bouche, leur nez ou leurs yeux par transmission directe ou après avoir touché une surface où les particules sont tombées.

Les scientifiques ont montré que l'agent pathogène est également présent dans de minuscules particules en suspension dans l'air, connues sous le nom d'aérosols, qui peuvent être en suspension pendant de plus longues périodes et voyager bien plus loin que les six pieds de distance sociale recommandés. La distance que le virus peut parcourir dépend également de la force avec laquelle une personne parle.

Les grandes usines où des milliers d'ouvriers travaillent à proximité les uns des autres sur une chaîne de montage sont particulièrement susceptibles de devenir des vecteurs de la propagation rapide de la maladie. «L'usine est un environnement où il y a beaucoup de bruit et où les gens doivent crier pour être entendus, il pourrait y avoir beaucoup de virus transmis par l'air», a déclaré Julia Heck, épidémiologiste, professeur associé et chercheur à la Fielding School of Public Health de l'UCLA au World Socialist Web Site.

Des études montrent qu'une personne infectée peut être contagieuse deux jours ou plus avant de présenter des symptômes. C'est pourquoi les mesures mises en œuvre sur de nombreux lieux de travail, comme la prise quotidienne de température et la distribution de masques de qualité inférieure, sont inadéquates. Lorsqu'une personne a une température élevée, elle peut déjà avoir propagé la maladie dans toute l'usine.

Après avoir assisté à une répétition de chorale dans l'État de Washington au début mars, 52 personnes sur 61 ont été diagnostiquées avec la COVID-19 et au moins deux sont mortes, même si elles ne s’étaient pas serré la main ou ne s’étaient pas tenues près l'une de l'autre. Dans les usines américaines de conditionnement de la viande, contrôlées par les mêmes entreprises qu'au Brésil, il est largement suspecté que le virus, qui a infecté plus de 12.000 travailleurs et en a tué plus de 50, se propage par le biais de climatiseurs à haute pression qui projettent des particules en suspension dans l'air à travers un espace clos.

Outre le danger auquel les travailleurs sont exposés lorsqu'ils se rassemblent pour entrer et sortir des usines, ou pendant les pauses repas et les pauses toilettes, les travailleurs d'une chaîne de montage, d'un entrepôt ou d'un commerce de détail manipulent les mêmes outils et déplacent les mêmes produits. Le virus peut rester sur des surfaces pendant des durées variables: métal (cinq jours), verre (jusqu'à cinq jours), plastique (2-3 jours), acier inoxydable (2-3 jours), carton (24 heures) et aluminium (2-8 heures).

Les tâches des comités de la base pour la sécurité au travail

Quelle sera la fonction des comités de la base pour la sécurité au travail ?

Ils représenteront les travailleurs et lutteront pour leur sécurité, en s'opposant à la fois à la direction de l'entreprise et au principe de profit. Ils élaboreront des règlements et des normes détaillés qui devront être contrôlés et respectés. En cas de violation des conditions, le travail doit être arrêté.

Les principaux objectifs de ces comités sont les suivants:

1. Contrôle des heures de travail et de la vitesse sur les lignes. Dans chaque usine, entreprise, bureau et lieu de travail, des comités de sécurité de la base, travaillant en collaboration avec un groupe de scientifiques et d'experts en santé de confiance, doivent déterminer les conditions de travail, les cadences et les horaires de production. Les heures de travail et les vitesses sur les lignes doivent être réduites pour permettre un repos suffisant, une surveillance de la condition de santé des travailleurs et un nettoyage en profondeur régulier.

2. Garantir des équipements de protection individuelle. Chaque travailleur doit être correctement équipé avec des masques de la plus haute qualité (y compris N-95, N-100 ou P-100, selon les conditions) ainsi que des gants, des visières et autres EPI nécessaires. Ceux-ci doivent être changés régulièrement, afin de s'assurer qu'ils continuent à fournir une protection maximale. Les travailleurs doivent également suivre une formation pour mettre et enlever les EPI.

3. Garantir des conditions de travail sécuritaires et confortables. Le problème n'est pas seulement la quantité d'équipements de protection. Pour être en sécurité, les travailleurs doivent pouvoir porter un équipement de protection pendant de longues périodes. Toutes les usines doivent disposer d'une climatisation et d'une ventilation adéquates, en particulier avec le début de l'été, qui soient organisées de manière à ne pas contribuer à la propagation du virus.

4. Application de tests réguliers. Tous les travailleurs doivent avoir accès à des tests réguliers de dépistage du coronavirus. Les tests rapides approuvés par l'Agence nationale de surveillance de la santé et poussés par les gouvernements, même dans les pharmacies, se sont déjà avérés inefficaces, avec un taux d'erreur pouvant atteindre 70%. Les travailleurs doivent décider des tests à utiliser. Les calendriers de production doivent être organisés de manière à permettre les tests et la recherche des contacts. Si un travailleur est testé positif, l'installation doit être fermée pendant au moins 48 heures pour un nettoyage en profondeur.

5. Exiger des soins de santé universels et un revenu garanti. Tout travailleur dont le test de dépistage est positif doit être isolé et bénéficier d'un traitement médical immédiat, tout en ayant la garantie de recevoir son plein salaire. Tous les travailleurs qui ont été en contact avec les travailleurs infectés doivent être mis en quarantaine et régulièrement testés, tout en recevant leur salaire intégral. En outre, si les membres de la famille de quelqu'un signalent des symptômes, le travailleur doit être testé et isolé jusqu'à ce qu'il soit autorisé à retourner au travail par un professionnel de la santé, sans perte de salaire.

6. Assurer la diffusion de l'information. Pour préserver leur sécurité, les travailleurs doivent avoir accès à toutes les informations concernant les travailleurs infectés afin que des mesures appropriées puissent être prises, y compris l'arrêt de la production si nécessaire.

7. Garantir la sécurité d’emploi. Aucun travailleur ne devrait être l’objet de représailles pour avoir attiré l'attention sur des conditions de travail dangereuses ou pour avoir refusé de travailler. Tout travailleur qui a été licencié pour avoir dénoncé des conditions dangereuses doit être réembauché et recevoir son plein salaire rétroactivement.

On ne peut pas faire payer la classe ouvrière pour assurer sa sécurité. Les coûts nécessaires pour assurer des conditions de travail sûres, ainsi que pour fournir des soins de santé et un revenu complet à tous les travailleurs, doivent être supportés par les sociétés et l'élite capitaliste au pouvoir.

Le maintien d'un environnement de travail sécuritaire est une tâche immensément complexe qui ne peut être réalisée que par un plan scientifique et rationnel, en consultation active avec les experts en soins de santé sur chaque lieu de travail.

On ne peut pas faire confiance à la direction des entreprises pour assurer la sécurité des travailleurs. Les travailleurs ne peuvent pas non plus compter sur les syndicats. Seule une petite minorité de travailleurs est syndiquée, et les syndicats qui existent ne sont que des divisions de la direction de l'entreprise. Ils soutiennent le retour au travail et collaborent avec les entreprises pour le faire respecter.

C'est pourquoi les travailleurs ont besoin de leurs propres organisations. Dans chaque usine, lieu de travail et bureau, les travailleurs doivent s'organiser et élire des travailleurs de confiance et respectés qui les représenteront. Ils doivent utiliser tous les outils disponibles, y compris les médias sociaux, pour rejoindre les travailleurs dans l'ensemble de leur industrie et dans d'autres secteurs afin de coordonner leurs activités et de partager des informations.

Une des tâches essentielles de ces comités est d'organiser les travailleurs au niveau international. Dans tous les pays, on assiste à un nombre croissant de grèves et d'actions par des infirmières, des travailleurs du conditionnement de la viande, des transports en commun, de l'automobile et d'autres travailleurs qui réclament des conditions de travail sécuritaires.

La lutte pour le socialisme

La mobilisation des ressources de la société contre la pandémie nécessite une planification scientifique qui, à chaque instant, entre en conflit avec la recherche du profit privé et de la richesse individuelle.

Le GSI insiste sur le fait que la lutte contre la pandémie est indissociable de la lutte des travailleurs contre la classe dominante – l'oligarchie des entreprises et de la finance – et sa dictature sur la vie économique et politique. Il s'agit donc d'une lutte contre le capitalisme et pour le socialisme, la restructuration de la société basée sur la nécessité sociale et non sur le profit privé.

Il s'agit par nature d'une lutte internationale. La pandémie est un problème mondial et ne peut être combattue que par la collaboration internationale des travailleurs et de tous ceux qui s'engagent à défendre la vie humaine. Dans la lutte contre la pandémie, les travailleurs doivent rejeter tous les efforts visant à les diviser selon des critères raciaux, ethniques et nationaux. En particulier, il faut s'opposer à la campagne du gouvernement Bolsonaro, en alliance avec la classe dirigeante des États-Unis, visant à rejeter la responsabilité de la crise sur la Chine et à détourner l'attention de son propre rôle criminel.

La pandémie a révélé la réalité et la faillite du système capitaliste, qui est un obstacle au progrès humain et à la survie même de l'espèce humaine. La réponse de la classe dirigeante à la pandémie va produire une énorme opposition et résistance sociale.

Il faut construire une direction politique socialiste dans la classe ouvrière! Le GSI brésilien se bat pour construire cette direction dans le cadre d'un mouvement international, le Comité international de la Quatrième Internationale, qui publie le World Socialist Web Site.

Le Groupe pour l’égalité socialiste et le World Socialist Web Site apporteront toute l'aide possible aux travailleurs qui souhaitent créer des comités de sécurité de la base. Nous invitons tous les travailleurs à étudier le programme du Comité international et à prendre la décision d’y adhérer.

Veuillez nous contacter pour recevoir des informations sur la pandémie et les luttes de la classe ouvrière. Nous demandons également aux travailleurs de soumettre des rapports sur les conditions de travail sur leur lieu de travail. Toutes les demandes d'anonymat seront respectées.

(Article paru en anglais le 2 juin 2020)

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