Les parents français solidaires de l’appel à une grève des écoles au Royaume-Uni le 1er octobre

Un nombre croissant de parents et de travailleurs en France sont solidaires de l’appel à une grève des écoles aujourd’hui lancé par Lisa Diaz, une mère de deux enfants au Royaume-Uni, et relayé par le World Socialist Web Site.

Cette manifestation s’oppose aux politiques menées par les gouvernements autour du monde, visant à permettre au coronavirus de se propager parmi les enfants en rouvrant les écoles. Elle met aussi en avant la revendication de l’éradication du virus, à travers une série de confinements ciblés et autres mesures de santé publique coordonnés internationalement. 

Cet appel à la grève a trouvé un écho important parmi les parents et les travailleurs en France. Ainsi qu’au Royaume-Uni, le gouvernement Macron permet au virus de se propager sans entraves en France. Hier il y avait plus de 40 enfants hospitalisés avec le virus en France, dont 9 en réanimation. Au moins 7 enfants ayant moins de 10 ans sont morts en France depuis le début de la pandémie, y compris un enfant le 20 août. Des milliers d’autres font face aux conséquences dangereuses et toujours peu comprises des Covid-longs.

Le gouvernement Macron réagit à la propagation du virus dans les écoles en attaquant davantage les protocoles de santé, avec l’abandon du port du masque en primaire dans certaines régions le 4 octobre, et l’abandon de la fermeture des classes même quand une infection est détectée.

Un reporter du WSWS a parlé à Élisa Zeno, membre de l’association École oubliée, fondée afin de s’opposer à la politique officielle menée sur la pandémie. 

A propos de l’appel lancé par Lisa au Royaume-Uni, Elisa a dit: «On le soutient pleinement. On le soutient à titre individuel et en tant que collectif de parents en lutte pour sécuriser nos écoles. On connaît très bien les problématiques, parce qu'on a les mêmes. Nous avons même beaucoup d'admiration pour ces parents en Grande Bretagne qui réagissent pour défendre leurs enfants. C'est un soutient plein pour cette initiative… C’est une risque inacceptable pour les enfants maintenant, et on peut prévenir les infections a l’école.»

Élisa a critiqué les politiques faites par l’État en France et à travers l’Union européenne: «Ça rejoint le problème en Grand-Bretagne. C’est inacceptable de laisser les enfants se faire infecter. Ils viennent de retirer la seule protection qui restait, puisqu’en France ils avaient le masque et là ils vont le retirer. On parle des 5-12 ans! Comment est-ce possible que la jeunesse est la priorité, qui est toujours affirme par la président, mais en même temps…. Ils ont retiré cette protection sans même en ajouter d’autres».

Élisa a salué le retentissement international de l’appel à la grève lancé par Lisa, aux USA et au-delà: «Les parents d’élèves en France doivent être solidaires de cette initiative, comme ils le sont dans d’autres pays. Finalement, défendre les intérêts des enfants, c’est universel, cela dépasse les frontières et malheureusement nos gouvernements ont tous adopté des stratégies inacceptables.»

Elle a aussi souligné les énormes difficultés qu’ont les parents travailleurs dans chaque pays face aux politiques des États et à la désinformation officielle: «La société française de pédiatrie continue de comparer le coronavirus à la grippe. … Les parents sont désinformés par des sociétés savantes qui sortent de leur rôle».

Amande, une mère de deux enfants en maternelle et en primaire à Aix-en-Provence, a dit au WSWS: «Je soutiens cette grève en Angleterre pour plusieurs raisons. Je trouve que les enfants ne sont pas protégés par l’état français face au risque Covid en comparaison d’autres pays qui ont mis en place des protocoles plus sérieux».

Elle a ajouté: «Les craintes d’une partie des parents comme moi ne sont relayées par aucun parti d’opposition ou fédération de parents d’élèves. Il n’y a que @ecoleoubliee qui fait écho à nos demandes. J’ai l’impression comme d’autres parents de prêcher dans le désert. Il n’y a que sur Twitter que je trouve des gens inquiets et en colère. La grève anglaise peut permettre de faire entendre notre voix mais pour cela il faudrait qu’elle soit relayée peut-être renouvelée?»

Raphaëlle, vivant à Sens et mère de deux enfants âgés d’un et de trois ans, a expliqué pourquoi elle soutient l’appel à la grève aujourd’hui: «Ce virus nous a été présenté comme une grippe sévère, qui certes faisait beaucoup de mort chez les adultes, tout en n’étant plus nocif une fois l’infection terminée. Mais ce n’est pas vrai. De très nombreuses études scientifiques ont montré que le Covid touchait lourdement tous les organes du rein jusqu’au cerveau en passant par le pancréas, le cœur, les poumons.»

Raphaelle

Le coronavirus, a-t-elle expliqué, «touche les vulnérables comme les valides, les adultes comme les enfants et même s’il est vrai que tout le monde n’est pas touché de la même façon, les dégâts causés sont à prendre en compte dans tous les cas. Mais en France, en ce qui concerne les enfants, le gouvernement ne cesse de minimiser l’impact du virus sur leur santé, et ce, alors même que le variant Delta est plus virulent et plus susceptible de les toucher.»

Cela réfute les arguments, a-t-elle ajouté, à propos des «enfants qui ont un Covid long, que leurs troubles sont d’ordre psychologique, ou causés par l’angoisse des confinements.»

«Lorsque j’évoque cette situation autour de moi … mais pourquoi est-ce que le gouvernement mettrait volontairement en danger les enfants?» a dit Raphaëlle. Elle a fait remarqué que «Investir dans les écoles et dans tous les lieux recevant du public afin de mettre à niveau leur aération représente un coût, certes minime au regard des conséquences sanitaires à long terme du Covid, mais encore trop grand pour l’Etat français qui pratique l’austérité depuis plus d’une décennie. Les logiques sont comptables, et ne se préoccupent pas des suites funestes de la pandémie.»

Raphaëlle a souligné le «cercle vicieux» enclenchée par les élites dirigeantes: «Le monde économique (finance, grandes entreprises) ne veut pas d'un nouveau confinement strict, pourtant inévitable si l'on veut pouvoir faire de la suppression virale. Ce même monde arrose donc des scientifiques et des personnalités pour au mieux introduire de l'ambiguïté, au pire plaider contre ces mesures auprès de l'opinion.»

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