Les médias américains et occidentaux se servent d’un rapport des Nations unies publié la semaine dernière sur les droits de l’homme dans la région chinoise du Xinjiang pour dénoncer une nouvelle fois Pékin pour le traitement qu’elle réserve aux Ouïghours et à d’autres groupes musulmans. Les accusations de mauvais traitements infligés par la Chine aux Ouïghours sont un élément important de la propagande diffusée en permanence par les États-Unis et leurs alliés tandis qu’ils multiplient les provocations et les préparatifs de guerre contre la Chine.
Le rapport produit par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) est un document qui s’appuie sur la même absence de preuves que la propagande occidentale: des documents du gouvernement chinois publics ou ayant fait l’objet d’une fuite, des images satellites de prétendus centres de détention au Xinjiang, des rapports et études biaisés d’universitaires et de journalistes anti-chinois et des récits de «témoins oculaires» d’individus, non nommés dans le cas de ce rapport, souvent liés à des organisations ouïghoures en exil financées par la CIA.
La chef des droits de l’homme des Nations unies, Michelle Bachelet, dont le mandat s’est achevé la semaine dernière, a effectué en mai une mission de six jours en Chine, dont une visite au Xinjiang. Au cours de cette visite, elle a fait part de ses préoccupations quant à l’utilisation généralisée de mesures antiterroristes contre la population musulmane de la région.
En dépit de l’absence de preuves, le rapport conclut que «des pratiques ancrées de restrictions sévères et injustifiées d’un large éventail de droits de l’homme» sont évidentes au Xinjiang. Le rapport affirme qu’il y a eu «la privation arbitraire à grande échelle de la liberté des membres de la communauté ouïghoure et d’autres communautés majoritairement musulmanes» et des allégations crédibles de «torture ou de mauvais traitements» et d’«incidents individuels de violence sexuelle et sexiste». Le rapport fait état de discriminations plus larges à l’encontre des Ouïghours et d’autres groupes musulmans, notamment, «l’application coercitive et discriminatoire de politiques de planification familiale et de contrôle des naissances» et des «indications» de travail forcé.
Ce qui frappe dans le rapport de l’ONU, c’est l’absence de toute preuve substantielle et ce qu’il omet, plutôt que ce qu’il conclut prudemment. Il ne donne aucun chiffre sur le nombre de Ouïghours qui seraient détenus dans des prisons, des établissements d’enseignement professionnel et des centres de détention, tandis que les politiciens et les médias occidentaux déclarent couramment comme un fait leurs affirmations non fondées selon lesquelles un million, voire deux millions de personnes seraient emprisonnées.
En outre, le rapport reconnaît que «les informations disponibles à ce stade ne permettent pas au HCDH de tirer des conclusions fermes quant à l’ampleur exacte de ces mauvais traitements». Néanmoins, il conclut que «la nature hautement sécurisée et discriminatoire» des lieux de détention, «fournit un terrain fertile pour que de telles violations se produisent à grande échelle». En réalité, cette déclaration repose sur les récits partiaux d’exilés individuels.
L’absence la plus significative est celle de toute allégation de «génocide» de la population ouïghoure de Chine qui est au cœur de la propagande de Washington qui se prépare à la guerre contre la Chine. Ce mensonge flagrant, qui repose sur une déformation grossière de la politique chinoise de l’enfant unique par famille, est recyclé comme un fait par les organisations ouïghoures en exil et est repris par le gouvernement Biden comme un élément clé de sa liste d’accusations contre la Chine.
Le fait que le rapport déclare que les actions de la Chine «peuvent constituer… des crimes contre l’humanité», mais que l’ONU ne fasse aucune référence au «génocide» – pour lequel il n’existe aucune preuve – a été critiqué par plusieurs organisations et défenseurs des Ouïghours. Rahima Mahmut, directrice pour le Royaume-Uni du Congrès mondial ouïghour, financé par la CIA, a déclaré qu’elle était déçue que l’ONU n’ait pas «appelé cela pour ce que c’est: un génocide».
Néanmoins, ces mêmes défenseurs reconnaissent l’importance du rapport de l’ONU pour ajouter du poids au ramassis de mensonges et de déformations sur lesquels leurs organisations s’appuient. La riche porte-parole américaine des Ouïghours, Rushan Abbas, qui a de très bonnes relations à Washington, a déclaré au New York Times: «C’est impératif que les nations profitent de ce rapport et prennent des mesures concrètes pour mettre fin à ces crimes contre l’humanité et faire en sorte que la Chine en soit tenue responsable».
Comme on pouvait s’y attendre, la Chine a dénoncé le rapport de l’ONU. Liu Yuyin, porte-parole de la mission chinoise auprès de l’ONU à Genève, a qualifié de «farce» la «prétendue “évaluation” sur le Xinjiang», déclarant qu’il s’agissait «d’un document entièrement politisé qui ne tient pas compte des faits et révèle explicitement la tentative de certains pays occidentaux et de forces anti-chinoises d’utiliser les droits de l’homme comme un outil politique».
Dans une annexe au rapport, la mission chinoise à Genève a déclaré qu’il était basé sur «la désinformation et les mensonges fabriqués par les forces anti-chinoises et par présomption de culpabilité». Elle poursuit en déclarant que «tous les groupes ethniques du Xinjiang» mènent une «vie heureuse» grâce aux mesures prises par le gouvernement pour «combattre le terrorisme et l’extrémisme».
Les démentis catégoriques de toute violation des droits démocratiques ne sont pas plus crédibles que les allégations générales et sans fondement formulées par les États-Unis et leurs alliés contre la Chine. Le régime chinois s’appuie fortement sur des mesures répressives pour étouffer tout signe d’opposition, surtout de la part de la classe ouvrière.
Au Xinjiang, le Parti communiste chinois doit faire face à une vague montante d’opposition générée par ses politiques. Ses mesures sont justifiées comme une réponse aux actes terroristes perpétrés par des séparatistes ouïghours militants qui trouvent leurs racines dans le «djihad» financé et armé par la CIA en Afghanistan contre l’Union soviétique dans les années 1980. Pékin, qui a soutenu la «guerre secrète» de Washington, a subi son propre «retour de manivelle» sous la forme de la montée de l’extrémisme ouïghour au Xinjiang, et mène sa propre répression du «terrorisme» et de l’«extrémisme».
Les États-Unis, cependant, profitent cyniquement des présumés mauvais traitements à l’encontre des Ouïghours à leurs propres fins prédatrices. Ils ne défendent pas les «droits de l’homme» au Xinjiang, ni d’ailleurs au Tibet ou à Hong Kong, et certainement pas ceux de la classe ouvrière chinoise. Une fois de plus, Washington et ses alliés brandissent la fausse bannière des droits de l’homme pour justifier les préparatifs de guerre, tout en ignorant les violations flagrantes des droits démocratiques de leurs partenaires et alliés stratégiques tels que la monarchie saoudienne.
Le fait même que le HCDH ait choisi de se concentrer sur les violations présumées des droits de l’homme en Chine, tout en fermant les yeux sur les crimes des États-Unis, en dit long sur le rôle des Nations unies en tant qu’outil de l’impérialisme. Aucune enquête de ce type n’a été menée par l’ONU sur l’invasion et l’occupation criminelles de l’Afghanistan ou de l’Irak par les États-Unis, malgré une montagne de preuves de crimes de guerre, de torture, d’exécutions arbitraires et de destruction gratuite.
L’ONU est un «repaire de voleurs», pour reprendre l’expression de Lénine à propos de son prédécesseur, la Société des Nations: une chambre de compensation pour les intrigues, les provocations et les conflits des grandes puissances impérialistes où elles peuvent marchander leur butin.
(Article paru en anglais le 6 septembre2022)
