Des députés américains demandent à la Maison-Blanche d’envoyer des avions de combat F-16 en Ukraine

Suite à la formation d’une «coalition d’avions à réaction» par le Royaume-Uni et les Pays-Bas qui vise à «acquérir des F-16» pour l’Ukraine, un groupe de députés américains des deux partis a envoyé une lettre à la Maison-Blanche qui demande que les États-Unis envoient également des avions de combat à l’Ukraine.

Dans un article intitulé: «La campagne de pression sur Biden pour l’envoi de F-16 en Ukraine s’intensifie» (Pressure campaign on Biden to send F-16s to Ukraine goes into overdrive), Politico rapporte que la coprésidente du Congressional Ukrainian Caucus, Marcy Kaptur, démocrate de Toledo (Ohio), et une douzaine d’autres membres de la Chambre des représentants, républicains et démocrates, ont utilisé «un langage plus insistant que par le passé» pour demander à la Maison-Blanche d’envoyer les avions de chasse.

Les coprésidents du Congressional Ukraine Caucus, le représentant Brian Fitzpatrick, républicain de Pennsylvanie, devant à gauche, le représentant Mike Quigley, démocrate de l’Illinois, devant à droite, Mike Quigley, démocrate de l’Illinois, et Marcy Kaptur, démocrate de l’Ohio, ainsi que le sénateur Roger Wicker, républicain du Mississippi, au deuxième rang à droite de Fitzpatrick, assistent à une conférence de presse, le mardi 31 janvier 2023, sur la guerre en Ukraine, au Capitole à Washington. [AP Photo/Jacquelyn Martin]

La lettre déclare: «Les États-Unis peuvent fournir à l’Ukraine une assistance militaire immédiate pour se défendre contre les avancées russes et en préparation de l’offensive de printemps attendue par Kiev, tout en entamant simultanément le processus de fourniture à l’Ukraine d’une capacité de supériorité aérienne à long terme».

Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont déclaré mardi qu’ils commenceraient à former les pilotes ukrainiens à l’utilisation des chasseurs.

Mercredi, la Belgique a annoncé qu’elle était disposée à aider à former les pilotes ukrainiens à l’utilisation des F-16. L’ancien ambassadeur des États-Unis en Russie, Michael McFaul, a commenté l’évolution de la situation en ces termes: «Progrès. Ce n’est qu’une question de temps avant que l’Ukraine reçoive des F16».

Le F-16 est un chasseur supersonique de quatrième génération. Il est capable de déployer la bombe nucléaire B83 de 1,2 mégatonne. Il s’agit d’un élément majeur du système de «partage nucléaire» de l’OTAN, qui consiste à déployer en première ligne des armes nucléaires tactiques en Europe.

«Nous avons besoin de F-16 et je suis reconnaissant à nos alliés d’avoir décidé de travailler dans ce sens, notamment en formant nos pilotes», a déclaré Andriy Yermak, chef du cabinet du président ukrainien.

En mars 2022, Joe Biden a déclaré: «… écoutez, l’idée que nous allons envoyer du matériel offensif, des avions, des chars et des trains avec des pilotes et des équipes américaines, comprenez bien – et ne vous faites pas d’illusions, quoi que vous disiez – que cela s’appelle la Troisième Guerre mondiale».

Deux F-16 Fighting Falcons de l’armée de l’air reviennent d’une mission pendant l’opération Agile Spartan dans la zone de responsabilité du commandement central des États-Unis, le 6 mars 2023. [Photo: Air Force Tech. Sgt. Daniel Asselta ]

En janvier, la Maison-Blanche a annoncé l’envoi de 50 chars de combat M1 Abrams à l’Ukraine. Kiev a déjà reçu plus de 200 chars de combat et plus de 1.000 véhicules blindés d’infanterie des pays de l’OTAN.

Mardi dernier, des responsables britanniques ont déclaré qu’ils enverraient des missiles à longue portée à l’Ukraine, transgressant ainsi une nouvelle ligne rouge qui avait été fixée par les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN quant à leur implication directe dans la guerre.

Quelques jours plus tard, des responsables russes ont affirmé que de telles armes à longue portée avaient été utilisées pour frapper des territoires occupés par la Russie.

En mai dernier, le président américain Joe Biden a déclaré catégoriquement: «Nous n’allons pas envoyer à l’Ukraine des systèmes de missiles capables de frapper la Russie».

Mais les responsables britanniques ont clairement indiqué que, tant avec les missiles à longue portée qu’avec les avions de chasse F-16, leurs annonces pourraient aider à briser la glace pour des mesures similaires de la part des États-Unis.

«C’est une position que le Royaume-Uni est le seul à pouvoir adopter… Nous savons que si nous donnons quelque chose, cela rend les choses un peu plus faciles pour les autres», a déclaré un fonctionnaire britannique au Washington Post. «C’est certain que la tolérance au risque varie d’un pays à l’autre. Nous intervenons souvent dans les premiers».

Comme pour la fourniture des chars de combat M1 Abrams à turbine, l’envoi par l’OTAN de missiles à longue portée et d’avions de chasse perfectionnés implique le déploiement d’une vaste infrastructure logistique.

En février, Politico a rapporté qu’«un groupe d’anciens officiers militaires et de donateurs privés collectent des fonds pour envoyer des mécaniciens occidentaux près des lignes de front ukrainiennes où ils répareront les armes et les véhicules endommagés qui ont afflué dans le pays». Le rapport poursuit: «Le plan consiste à trouver 100 à 200 entrepreneurs expérimentés qui se rendraient en Ukraine et s’intégreraient à de petites unités près des lignes de front».

Selon une série de documents du Pentagone rendus publics au début de l’année, plus de 150 militaires des États-Unis et de l’OTAN sont déjà déployés en Ukraine. Le Pentagone avait déjà affirmé que l’objectif principal des troupes américaines dans le pays était de superviser la distribution et le déploiement des armes fournies par les États-Unis et l’OTAN.

Cette escalade a lieu dans des conditions où il devient évident que les forces par procuration de l’OTAN en Ukraine ne peuvent pas atteindre les objectifs généraux fixés par les États-Unis.

Alors même que les États-Unis acheminent des armes en Ukraine, la Russie cible de plus en plus ces dernières. Mardi, les forces russes ont lancé une attaque aérienne sur une batterie de missiles Patriot fournie par les États-Unis à Kiev. Selon les autorités russes, la frappe aurait détruit cinq lanceurs de missiles, tandis que les autorités américaines ont affirmé qu’un seul lanceur avait été endommagé, mais pas détruit.

(Article paru en anglais le 18 mai 2023)

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