Alors que le bilan des morts à Gaza dépasse les 25.000, et que plus de 1 % de la population a été tuée en un peu plus de 108 jours de nettoyage ethnique, la représentante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez (New York), membre des Socialistes démocrates d'Amérique, a réitéré son soutien total à la campagne de réélection de Joe Biden.
Sa déclaration a été faite sur le podcast «I've Had it», animé par Jennifer Welch et Angie “Pumps” Sullivan, qui se décrit comme un «podcast comique et bienveillant», qui «vous fera connaître toutes les choses dont vous avez marre sans le savoir !» Ocasio-Cortez a rejoint le podcast, selon les notes de l'émission, pour jouer une «ronde éclair hilarante de Had It [j’en ai marre] or Hit it [j’adore] ?»
Welch et Sullivan ont brièvement joué dans l'éphémère émission de téléréalité Sweet Home sur Bravo. L'émission était centrée sur Welch, une architecte d'intérieur travaillant à Oklahoma City, et sa «meilleure amie excentrique» Sullivan.
Interrogée par les animatrices pour savoir si Ocasio-Cortez «en avait marre» ou «adorait» appuyer Biden, la membre des DSA a répondu avec enthousiasme : «j’adore !»
S'efforçant d'expliquer de manière cohérente les raisons pour lesquelles elle soutient Biden, Ocasio-Cortez a proposé un amalgame de phrases incohérentes.
«Vous savez, honnêtement, je pense que parfois les gens veulent que la politique électorale soit, nous nous identifions trop, c'est comme, si vous votez pour quelqu'un, il doit être l'incarnation de vous. Et c'est en fait quelque chose que Donald Trump a offert à beaucoup de gens. Si vous avez voté pour lui et que vous êtes comme Donald Trump, cela symbolisait tant de choses.»
Ocasio-Cortez a poursuivi :
Mais je pense que ce que nous avons ici, dans cette situation, c'est une chose plus juste et plus honnête. Il y a beaucoup de choses que le président fait et avec lesquelles je ne suis pas du tout d'accord. Je pense qu'en ce moment, ce qui se passe à Gaza, je ne peux pas, je ne peux pas continuer à voir cela tous les jours. Je ne m'associe pas à ce qui se passe.
Qu'est-ce qu'un petit génocide entre amis ? Ocasio-Cortez déclare qu'elle est «complètement en désaccord» avec Biden sur Gaza, bien qu'elle se garde de dire précisément ce avec quoi elle est en désaccord. Toutefois, cela ne devrait pas, selon elle, détourner les travailleurs et les jeunes d’un soutien au Parti démocrate.
En fait, loin de se «dissocier» de la campagne militaire d'Israël, Ocasio-Cortez a rapidement dénoncé ceux qui ont protesté contre la punition collective israélienne à la suite de l'incursion du Hamas le 7 octobre, appelant à «interdire» les manifestations pro-palestiniennes. Le même mois, lors d'une interview avec CNN, Ocasio-Cortez est revenue sur sa tiède opposition au financement du système antimissile israélien «Dôme de fer», déclarant à l'animateur qu'elle soutenait «le Dôme de fer et la défense» de l'État sioniste.
Bien qu'Ocasio-Cortez puisse ne pas «s'associer» au génocide, en soutenant Biden à la présidence, elle lui fournit une couverture politique pour poursuivre le massacre qui a coûté la vie à plus de 12.000 enfants et détruit plus de la moitié des bâtiments de Gaza, y compris toutes les grandes universités.
Après avoir réaffirmé son soutien à Biden et au nettoyage ethnique, Ocasio-Cortez a tenté d'expliquer cela comme faisant partie de la lutte contre le fascisme.
«Mais en fin de compte, nous devons reconnaître que nous ne pouvons pas permettre à ce mouvement fasciste de se développer dans ce pays», a-t-elle déclaré. Elle n'a pas pris la peine d'expliquer, et ses hôtes écervelées n'ont pas cherché à savoir, comment on pouvait arrêter le fascisme aux États-Unis tout en soutenant le génocide en Palestine.
Néanmoins, pour la démocrate des DSA, la décision de voter pour Biden est facile à prendre. «S'il s'agit de la prochaine élection, pour moi, personnellement, la décision de voter n'est pas difficile à prendre», a déclaré Ocasio-Cortez.
Exhalant la complaisance d'une carriériste de la classe moyenne, Ocasio-Cortez a ajouté : «Parce que, si je vote pour lui, cela ne veut pas dire qu'il incarne tout ce qui me représente.»
Anticipant que son soutien inconditionnel à Joe Biden ne serait pas bien reçu par nombre de ses partisans, Ocasio-Cortez les a préventivement grondés comme s'ils étaient des enfants. «Pour moi, c'est là où j'en suis. Mais je pense, vous savez, que les gens vont s'énerver sur internet parce que c'est ce qu'ils font, mais je pense qu’il faut agir en adultes.»
La députée de New York a ajouté que «la politique électorale n'est qu'une, qu'une petite partie de la manière dont nous rendons le monde meilleur».
«Et si nous mettons tous nos œufs dans ce panier, les gens commencent à agir de manière beaucoup trop folle. Et comme Donald Trump est ce que vous obtenez en réalité, Donald Trump est ce que vous obtenez en réalité lorsque vous voulez qu'un politicien incarne tous vos espoirs et vos rêves et toutes les caricatures de vous-même.»
Accusant la population, et plus particulièrement les «hommes blancs», d'avoir vomi Trump, Ocasio-Cortez a déclaré : «Donald Trump incarne l'idée que les hommes insécures se font de la masculinité, incarne l'idée que les gens insécures se font de la richesse [...] L'idée que les Blancs insécures se font de la race, c'est ce qu'on obtient quand on veut que tout vienne, toutes les choses qui affirment la vie et l'identité viennent de la politique électorale, on obtient des démagogues».
Trump n'est pas issu de la classe ouvrière, ni physiquement ni psychologiquement. Ce milliardaire, escroc de l'immobilier et fraudeur fiscal, né avec une cuillère d'argent dans la bouche, est la personnification de la classe dirigeante américaine : riche, impitoyable et étonnamment ignorante.
Dans des conditions où les deux partis politiques et le système capitaliste sont de plus en plus discrédités aux yeux et dans l'esprit des travailleurs et des jeunes en Amérique et dans le monde entier, Trump et Biden représentent les deux faces d'une même pièce contre-révolutionnaire.
Le fait qu'Ocasio-Cortez n'ait aucun scrupule à soutenir Biden confirme qu'elle est, tout comme le sénateur du Vermont Bernie Sanders, une autre face «gauche» du génocide impérialiste. Et elle démontre une fois de plus que les DSA ne sont rien de plus qu'une faction du Parti démocrate.
(Article paru en anglais le 24 janvier 2024)
