Le lundi 11 mars, le Sozialistische Gleichheitspartei (SGP) (Parti de l’égalité socialiste) a déposé 4.080 signatures confirmées auprès du commissaire fédéral aux élections à Wiesbaden afin de garantir sa participation aux élections européennes. Le SGP participe à ces élections, qui se dérouleront dans toute l’UE du 6 au 9 juin, afin d’apporter une voix et une perspective socialiste à la lutte contre la guerre et la dictature.
«Nous mènerons cette campagne électorale avec nos camarades de France, de Grande-Bretagne, de Turquie, d’Ukraine et de Russie», a expliqué Marianne Arens, l’une des candidates du parti aux élections européennes. Après avoir remis les signatures à l’Office fédéral des statistiques à Wiesbaden lundi, Arens a souligné que « le Sozialistische Gleichheitspartei est le seul parti qui s’oppose à la barbarie capitaliste de l’UE avec le programme des États socialistes unis d’Europe».
Au cours des derniers mois, les équipes du SGP ont parcouru l’Allemagne pour recueillir les signatures d’électeurs afin de permettre la participation du parti aux élections. Elles ont discuté avec des dizaines de milliers de travailleurs et de jeunes et ont expliqué la nécessité de construire le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI) en tant que nouvelle direction de la classe ouvrière pour arrêter la course démente vers la guerre.
L’énorme intensification des tensions sociales et politiques était tangible. Le nombre de personnes prêtes à signer les formulaires de pétition électorale ne cesse d’augmenter parce qu’elles sont alarmées par la politique belliciste du gouvernement allemand, qu’elles rejette le soutien à Israël pour sa guerre contre les Palestiniens et qu’elles n’acceptent pas que les travailleurs paient pour cette politique inhumaine. «Le gouvernement allemand est en train de risquer une guerre mondiale», a déclaré un chauffeur de bus berlinois.
Aux tables où l’on pouvait donner sa signature, l’affiche «Halte au génocide à Gaza» a souvent attiré de nombreux passants, en particulier des jeunes. Ils voulaient volontiers signer parce qu’ils avaient déjà eux-mêmes cherché un moyen d’agir contre les actions meurtrières d’Israël à l’encontre des Palestiniens. Sur le Leopoldplatz de Berlin, les partisans de SGP ont récemment travaillé avec trois tables en même temps parce que des groupes entiers de jeunes voulaient signer. Des jeunes ont souligné à maintes reprises combien il était important que le SGP prennent ouvertement position «parce que personne d’autre ne le fait ici». D’autres ont pris des photos de l’affiche pour les partager sur les réseaux sociaux. Un certain nombre de gens ont accepté de collecter eux-mêmes des signatures.
La campagne du SGP a coïncidé avec de nombreuses grèves d’avertissement récentes au cours desquelles les conducteurs de train, les travailleurs des aéroports, les employés du secteur public et les conducteurs de tramway et de bus des transports en commun locaux ont cessé le travail. Beaucoup ont confirmé ce que le SGP déclare être les «enjeux politiques de la grève des conducteurs de train», à savoir que «la lutte contre l’inflation, les baisses de salaire réel et l’agitation croissante des travailleurs ne peut être menée avec les syndicats», mais qu’elle est bien plutôt «inséparable de la lutte contre la guerre et le réarmement militaire».
De nombreux grévistes ont été très impressionnés par l’appel du Comité d’action de la base des cheminots, «Stopper les transports militaires». Un certain nombre de chauffeurs de bus berlinois se sont non seulement engagés à soutenir la participation du SGP aux élections européennes, mais se sont également montrés intéressés par la création de Comités d’action afin de prendre en main la lutte pour de meilleurs salaires et contre la guerre, indépendamment des syndicats.
A Berlin, des chauffeurs de bus travaillant pour les transports locaux BVG ont déclaré que les exigences du syndicat Verdi étaient beaucoup trop faibles et qu’il n’avait même pas demandé aux travailleurs «ce que nous pensions être de meilleures conditions de travail». D’autres ont confirmé que les syndicats en général — du plus grand syndicat industriel d’Allemagne, IG Metall, à Verdi et aux syndicats des transports en commun et des trains EVG et GDL — soutiennent même les transports militaires et la politique de guerre du gouvernement.
En Rhénanie du Nord-Westphalie (NRW), le Land le plus peuplé d’Allemagne, les membres du SGP ont recueilli de nombreuses signatures, notamment dans les quartiers populaires de Cologne et de la Ruhr, en particulier dans le nord où vivent de nombreux immigrés. Lors d’une grande manifestation anti-AfD à Duisbourg, l’affiche du SGP «Halte au génocide!» a polarisé les participants. Alors que les partisans de la coalition gouvernementale (sociaux-démocrates, libéraux-démocrates, verts) se sont positionnés du côté d’Israël, de nombreux participants à la manifestation se sont spontanément rendus au stand du (SGP/PES) et ont soutenu le parti en apposant leur signature.
La campagne électorale du SGP a bénéficié d’un soutien important lors des manifestations contre le génocide à Gaza, tant en Rhénanie-du-Nord–Westphalie — à Düsseldorf, Cologne, Münster et Bielefeld — qu’à Berlin, Munich, Stuttgart, Francfort, Mannheim et Nuremberg. Les travailleurs ont déclaré au SGP qu’ils estimaient qu’il était important de résister à la guerre et au génocide.
À Stuttgart, un participant qui prenait part à une manifestation pour la première fois a déclaré qu’il «avait le sentiment depuis un certain temps que les choses ne pouvaient pas continuer ainsi». Un groupe de jeunes travailleurs de Mannheim a déclaré: «Nous avons besoin d’un parti qui nous représente, nous les travailleurs, et qui s’oppose à la guerre, y compris la guerre en Ukraine et, bien sûr, à la guerre à Gaza».
À Berlin, une personne a exprimé sa gratitude en disant qu’elle était heureuse de revoir un parti de «gauche classique» qui se concentre sur les questions de classe et l’antimilitarisme plutôt que sur la politique d’identité.
Au cours des derniers mois, le SGP a combiné la collecte de signatures avec sa campagne pour un programme socialiste. Le parti a pris la tête de la lutte contre la censure et contre la diffamation des opposants à la guerre et au génocide à travers l’accusation d’«antisémitisme».
À Berlin, le SGP a lancé une campagne pour défendre le centre culturel Oyoun, menacé de fermeture car le Sénat de Berlin (exécutif du Land) lui retire tout financement à l’instigation du groupe parlementaire de l’AfD. La «justification» mensongère étant que l’Oyoun aurait eu un comportement «antisémite» et serait «trop chargé politiquement». Le SGP a pu organiser son événement «Stop au massacre à Gaza» dans le centre culturel le 14 novembre 2023, où le secrétaire du CIQI, Peter Schwarz, a parlé du contexte historique et international de l’attaque contre Gaza et a expliqué la perspective socialiste.
Un autre événement animé sur le sujet a eu lieu à Stuttgart le 11 novembre 2023. À l’Université de la Ruhr (RUB) à Bochum et devant l’ Université Humboldt de Berlin, l’International Youth and Students for Social Equality (IYSSE), l’organisation de jeunesse de la Quatrième Internationale, a organisé deux rassemblements contre le génocide à Gaza, auxquels ont participé plusieurs centaines de sympathisants. Le 14 décembre, David North, président du comité éditorial international du WSWS, a donné une conférence à l’université Humboldt sur «L’idéologie fasciste de l’État israélien et le génocide à Gaza».
Depuis des semaines, des millions de personnes descendent dans les rues d’Allemagne, à la fois contre le génocide à Gaza et contre le retour du fascisme sous la forme de l’AfD. Le SGP est intervenu massivement dans ces manifestations, expliquant que la lutte contre les fascistes ne pouvait être menée que si elle était également dirigée contre la politique de droite du gouvernement, qui mettait effectivement en pratique le programme de l’AfD.
Dans le même temps, les conflits du travail se multiplient. Alors que les partis de l’establishment cherchent à coopter politiquement les manifestations et que les syndicats font de leur mieux pour que les grèves soient courtes et séparées les unes des autres, il ne se passe pratiquement pas un jour sans qu’au moins un secteur central ne se mette en grève et ne soit bloqué.
Les équipes du SGP sont intervenues dans ces manifestations et ces grèves, recueillant des centaines de signatures. L’objectif de la participation du SGP aux élections européennes est de transformer le mouvement de résistance grandissant en un puissant mouvement européen et international contre le véritable moteur de la guerre, de l’exploitation, du racisme, de la pandémie et de la dégradation de l’environnement: le système de profit capitaliste.
Dans sa vidéo « Arrêtez la roulette russe avec les armes nucléaires! Pas de troisième guerre mondiale », Christoph Vandreier, président du SGP et son candidat principal pour l’élection européenne , explique que le SGP fera de ces élections un « référendum contre la politique de guerre officielle ».
Vandreier dit :
Quatre-vingts ans plus tard, le retour du militarisme allemand s’accompagne d’attaques massives contre le niveau de vie et les droits démocratiques des travailleurs. Alors que l’inflation décime les salaires réels, on prépare des licenciements massifs dans toute l'industrie. Les manifestations contre la politique de guerre et contre le génocide à Gaza sont interdites et les opposants à la guerre sont placés en détention. Cette politique est soutenue par tous les partis... Le seul moyen d’arrêter la folie guerrière est un mouvement international de la classe ouvrière contre la cause première de la guerre, le capitalisme.
Le fait que le SGP ait atteint et même dépassé les 4.000 signatures de soutien requises constitue une étape importante dans cette lutte. La campagne électorale va maintenant passer à la vitesse supérieure et le parti mènera une offensive européenne et internationale en faveur du trotskysme.
Dans le même temps, le Socialist Equality Party aux États-Unis, le parti frère du SGP, a également lancé une forte campagne dans le cadre de l’élection présidentielle américaine. Le SEP (US) oppose aux candidats démocrate et républicain Joe Biden et Donald Trump deux socialistes et internationalistes, Joseph Kishore à la présidence et Jerry White à la vice-présidence. Lors de l’annonce des candidats du parti, David North, président du SEP aux États-Unis, a expliqué ainsi l’objectif de la campagne électorale:
« Le Socialist Equality Party (Parti de l’égalité socialiste) intervient dans cette élection pour élever la conscience politique de la classe ouvrière, pour développer sa compréhension du fait qu’aucune solution ne peut être trouvée à aucun des problèmes auxquels les travailleurs sont confrontés si ce n’est par la fin du système capitaliste et son remplacement par le socialisme ; et que cette grande tâche historique ne peut être accomplie qu’en adoptant une stratégie mondiale visant à mobiliser le pouvoir de la classe ouvrière américaine et internationale dans une lutte unifiée contre le système capitaliste mondial ».
C’est également là l’objectif principal que le Sozialistische Gleichheitspartei et ses partis frères européens poursuivent dans la campagne électorale européenne.
