Samedi, des milliers de personnes ont manifesté à Paris en soutien aux Palestiniens après plusieurs manifestations la semaine passée. Selon la police, 22.000 personnes ont défilé de la place de la République à la place Gambetta, marquant leur opposition à Macron et au génocide à Gaza. Elles portaient des banderoles qui déclaraient: «Israël Assassin! Macron complice!»; «Stop aux massacres! Stop à la colonisation»; ou encore «Ce n'est pas une guerre. C'est un génocide.»
Le Comité pour Clément avait organisé la manifestation en mémoire du jeune militant antifasciste, Clément Méric, tué le 5 juin 2013 lors d’une rixe avec des skinheads d’extrême-droite. Le cortège, auquel s’étaient ralliées Urgence Palestine et Urgence Kanaky, a vite été dominé par le soutien à Gaza. Les affiches et les banderoles des bureaucraties syndicales telles et de leurs partisans parmi les partis politiques tels que le NPA, n’étaient pas visibles.
Des membres du Parti de l’égalité socialiste (PES) sont intervenus dans la manifestation samedi et interviewé des manifestants.
Syrine, commerciale, a dit au PES qu’elle était là pour apporter son «soutien au peuple palestinien qui vit un génocide, pour leur montrer que le monde entier se mobilise». Elle a souligné son désaccord avec «les gouvernements et ce qui est en train de se passer … le gouvernement français, le gouvernement israélien, je ne parle même pas du gouvernement américain. A l'heure actuelle je suis pas du tout fière d'être française».
Elle a ajouté, «c'est une affaire d'argent. Je pense simplement que clairement, là, l'argent n'est pas du côté de la Palestine. On est face à un génocide, c'est clair. Je ne sais pas jusqu'à combien de morts on doit attendre pour pouvoir parler de génocide. Mais une chose est sûre, si les Palestiniens avaient l'argent, … la France serait la première à dire que c'est un génocide».
Syrine a dénoncé la complicité des régimes arabes avec Israël: «Je suis, à la base, très fière d'être de culture maghrébine, d'avoir une histoire arabe, mais alors aujourd'hui? Je suis juste dégoûtée … Ce n’est pas nouveau ce qui se passe aujourd'hui, ce n’est vraiment pas nouveau. Et pourtant il n’y a rien qui se passe. Et ces pays-là se disent musulmans!»
Assine, une lycéenne, a dit, «Ce qu'on a vu sur les réseaux sociaux, ce qui se passe, c'est vraiment touchant. … La Palestine est en train de se battre toute seule», alors que «les États-Unis et tous les pays forts se trouvent derrière Israël».
«Netanyahou est un criminel de la guerre» a dit Assine. «Ce qui se passe à Gaza est un génocide. En fait [Nétanyahou] se cache derrière le mot on va tuer le Hamas pour tuer les Palestiniens… Même si pour beaucoup de pays Hamas est considéré comme un groupe terroriste, pour moi c'est eux les terroristes, c'est les Israéliens, les terroristes et tous ceux qui soutiennent Israël». Si Macron soutient Israël, la cause, a-t-elle dit, «c'est quand même des liens économiques entre Israël et la France».
Sonia, étudiante, a partagé cet avis. Selon elle, «Il y a beaucoup d'hypocrisie parce que le gouvernement de Macron est totalement vendu». Elle a dit que Macron «se positionne pour incriminer Netanyahou, mais on sait très bien leur véritable position, l'élan économique qu'ils ont notamment avec Israël. La position de la France est honteuse et globalement complice».
Une travailleuse dans la restauration a dit, «Je trouve ça très grave que la France, qui est le pays des droits de l'homme et qui est un pays normalement libre, ferme les yeux là-dessus.» Evoquant les manifestations devant les bureaux de TF1 lors de l’interview de Nétanyahou sur cette chaîne, elle a ajouté: «Netanyahou est passé à la télé. Franchement J'étais écœuré comment depuis quand la France est devenue avilie comme ça, au point où un criminel de guerre passe à la télé française. C'est révoltant.»
Le PES a rencontré Daoud, lycéen de première année, qui a dit qu’il manifeste «pour dénoncer le massacre et montrer que aussi la jeunesse est impliquée dans ce qui se passe et qu’elle est au courant du massacre». Concernant le soutien du gouvernement français à Nétanyahou, il a dit, «Je pense vraiment que c'est inadmissible de prendre parti de cette manière là à ce massacre là, de banaliser les crimes et le massacre qui se passe à l'heure où on parle et que pour le dirigeant qui représente la France ça soit totalement normal de supporter des massacres».
Il a souligné son soutien aux mouvements des étudiants contre le génocide à Gaza, notamment aux Etats-Unis: «Je trouve que c'est vraiment très important de montrer que c'est qu’avant tout, c'est un combat humain qui concerne tout le monde, peu importe les âges. Vraiment, c'est une cause qui mérite d'être soutenue autant par les adultes que par les adolescents».
Quand le PES lui a posé la question comment arrêter le génocide et de la nécessité de mobiliser la classe ouvrière en lutte contre le génocide, il a répondu: «Je pense que la première étape pour déjà l'arrêter c'est de prendre conscience de ce qui se passe. Malheureusement il y en a qui aujourd'hui prendre prennent pas conscience et se contente d'assister au massacre. Donc je pense que la première étape c'est de prendre conscience de ce qui se passe et agir en conséquence.»
Ryan, étudiant en pharmacie, a commenté: «La situation actuellement est désastreuse et elle nous touche énormément. Le gouvernement Macron, c’est le gouvernement de la peur».
Les manifestants ont aussi dénoncé les accusations de la classe dirigeante selon lesquelles l’opposition au génocide de Gaza serait antisémites, affirmation qui sert de prétexte à une violente répression policière. Syrine a dit: «Maintenant, à partir du moment où on dit qu'on est propalestinien, qu'on est pour la paix au Moyen-Orient, on est antisémite. Moi, je ne suis pas du tout antisémite».
Un autre manifestant a expliqué au PES: «C'est faux de dire ceux qui manifestent au soutien de Palestine sont antisémites. Il y a des Juifs effectivement qui prônent la paix, bien vivre ensemble. On est tous humains, avant tout. Moi je suis antisioniste, mais je ne suis pas anti-juif».
Alors qu’elles soutiennent le régime Netanyahu et son génocide à Gaza, les puissances de l'OTAN accélèrent leurs plans de guerre contre la Russie en Ukraine. Les Etats-Unis et les pays européens autorisent leur régime fantoche d’extrême-droite à Kiev à frapper la Russie avec des missiles de longue portée livrés par eux et menacent d’envoyer les troupes en Ukraine. La Russie avertit qu'elle pourrait lancer des frappes sur les pays de l'OTAN, et les militants du PES ont souligné la nécessité d’avertir et de mobiliser largement les travailleurs contre cette guerre.
Syrine a dit, «Pour moi l'Ukraine c'est juste un petit caillou dans la chaussure. Le but de l'Ukraine? Simplement de faire tomber Poutine. Et moi aujourd'hui, je ne suis plus du côté de la politique de mon pays en place.»
Clara, lycéenne, a dit: «La Russie a été sanctionnée au niveau international, et Israël non. Il y a quand même deux poids de mesures … On ne s’imagine pas que demain on va recevoir une bombe nucléaire. Mais au vu des dirigeants qui sont à la tête de des pays d’Europe, en Occident, je pense qu'il y a une vraie menace pour nous tous».
