Les manifestations et les grèves étudiantes prennent de l’ampleur alors que Trump intensifie l’occupation de Minneapolis en y déployant 1 000 agents de plus

Dans le cadre de l’escalade majeure des plans de Trump visant à établir une dictature présidentielle, plusieurs médias rapportaient lundi que le département de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security – DHS) prévoyait d’envahir Minneapolis avec 1 000 agents fédéraux supplémentaires, intensifiant ainsi ce qui est déjà la plus grande opération fédérale de contrôle de l’immigration de l’histoire du Minnesota. Depuis le début de l’opération Metro Surge début décembre, plus de 2 000 agents de la Gestapo de l’immigration ont été déployés dans la ville dans le cadre de cette occupation.

Manifestation d’élèves de l’école secondaire Roosevelt, lundi 12 janvier 2026, à Minneapolis. [AP Photo/Jen Golbeck]

Les expulsions massives en cours et le meurtre de Renee Nicole Good par le Service de l’immigration et des douanes (Immigration and Customs Enforcement – ICE) survenu le 7 janvier ont provoqué une vague de colère tant au Minnesota que dans tous les États-Unis. Au cours du week-end, des manifestations ont eu lieu dans toutes les grandes villes américaines et dans des centaines de villes rurales pour s’opposer au fascisme et à la Gestapo meurtrière de l’immigration.

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En défi des agents de l’immigration et des menaces de l’administration Trump, les travailleurs, les étudiants et les résidents continuent de s’opposer aux opérations d’enlèvement. Lundi, des centaines d’élèves de plusieurs écoles secondaires de la région métropolitaine de Minneapolis ont participé à des manifestations pacifiques et à des grèves pour protester contre la police de l’immigration et le meurtre de Good.

À l’école secondaire Roosevelt, des centaines d’élèves ont quitté leurs cours et se sont rassemblés l’après-midi. L’établissement a été le théâtre d’une violente opération d’enlèvement la semaine dernière où plusieurs élèves ont été soumis à des gaz lacrymogènes et au moins un membre du personnel scolaire a été arrêté. Lors du rassemblement de lundi, les élèves scandaient des slogans contre l’ICE et tenaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Beat the heat, melt the ICE » (Combattez la chaleur, faites fondre ICE), « No human is illegal » (Aucun être humain n’est illégal) et « ICE is the domestic terrorist » (ICE terroriste intérieur).

Les élèves de l’école secondaire Maple Grove ont également quitté leurs cours, mais sont restés sur le campus en signe de solidarité avec les immigrants et Renee Good. Ria De Looze, élève finissante à Maple Grove, a déclaré à CBS News que « son église avait reçu des menaces parce qu’elle était associée à Renee Good ». Elle a ajouté : « Je sais que beaucoup de mes amis, qui ne sont pas nécessairement des immigrants, ont peur d’être victimes de profilage racial ». Ria De Looze a déclaré que « le cœur du message est d’exprimer notre besoin de justice ».

Des centaines d’élèves de l’école secondaire régionale de Roseville ont marché lors d’une manifestation sur le pont piétonnier de Hamline Avenue. Les photos de l’événement montrent les élèves massés sur le pont, brandissant des pancartes contre l’ICE et réclamant justice pour Renee Good.

Des centaines d’élèves de l’école secondaire régionale de Roseville manifestant contre le meurtre de Renee Nicole Good par la police et l’occupation fédérale en cours de Minneapolis par la Gestapo de l’immigration, le 12 janvier 2026.

À la suite du meurtre de Good, les responsables de l’administration Trump ont redoublé d’efforts pour calomnier la mère assassinée, la qualifiant de « terroriste domestique » et de « gauchiste dérangée », tout en glorifiant son meurtrier, Jonathan Ross, comme un « héros ». Au moment où nous écrivons ces lignes, Ross ne fait l’objet d’aucune accusation. Lors d’une apparition sur Fox News lundi, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a calomnié Good en la qualifiant de « femme dérangée » et a faussement affirmé qu’elle tentait d’utiliser son « véhicule comme une arme », ce qui, selon elle, « justifie » l’affirmation du gouvernement selon laquelle il s’agissait d’un « acte de terrorisme intérieur ».

Le journaliste indépendant Ken Klippenstein a obtenu des documents du département de la Sécurité intérieure sur l’opération Metro Surge, indiquant que l’agence recherche des volontaires pour l’occupation. Klippenstein a republié une note de service divulguée du chef adjoint par intérim de la police des frontières, Joshua Andre Post, demandant l’envoi de 300 agents à Minneapolis. Klippenstein a rapporté que les agents sont réticents à se porter volontaires pour cette opération. Il a cité un « haut fonctionnaire du siège de la Sécurité intérieure à Washington », dont il n’a pas révélé le nom, qui a déclaré qu’il existait « une crainte réelle que la répression de l’ICE et la rhétorique de Washington créent une situation dans laquelle la vie des agents est en danger, plutôt que l’inverse ».

Chaque jour, à Minneapolis-Saint Paul, des voyous de l’immigration violent les droits démocratiques des travailleurs et infligent des violences à ceux qui manifestent pacifiquement ou filment leurs opérations. Dans des scènes qui rappellent l’Allemagne nazie, des agents de l’État lourdement armés font du porte-à-porte dans les quartiers résidentiels, exigeant des documents prouvant la citoyenneté et signifiant des mandats administratifs et des ordres d’expulsion définitive.

Furieux que les habitants continuent de filmer pacifiquement et de suivre les opérations d’enlèvement de l’ICE, les agents de la police des frontières ont brusquement arrêté leurs véhicules lundi à un carrefour très fréquenté et ont déployé des munitions chimiques, gazant des dizaines de passants et de journalistes. Après avoir déployé les gaz lacrymogènes, les agents ont rapidement pris la fuite, laissant derrière eux un nuage de gaz âcre et nauséabond.

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Dans une interview accordée à Status Coup, Skye, une ancienne Marine américaine, a accusé les agents de l’ICE d’avoir percuté leur véhicule et de les avoir agressés. « Nous suivions les agents de l’ICE à distance respectable. Ils se sont arrêtés au milieu de la route et ont fait demi-tour sur la 62. Ils ont essayé de percuter notre voiture. »

Skye a déclaré que les agents avaient ensuite brisé leur vitre, les avaient agressés et étranglés. « Ils ont dit : « Vous n’avez pas compris ? C’est pour ça qu’on a tué cette salope de lesbienne. »

« Ils m’ont plaqué le visage contre le sol. Ils m’ont menottée aussi serré que possible, au point qu’il a fallu six agents pour m’enlever les menottes. »

Skye a ajouté que les agents « m’ont traitée de tous les noms, m’appelant “ça”. Ils ont essayé de me casser la cheville. Quand il m’a tordu la cheville dans tous les sens, j’ai crié et il m’a dit : « Ouais, je parie que tu aimes ça, n’est-ce pas ? »

Skye a conclu : « J’ai prêté serment, et c’est ce serment qu’ils bafouent et piétinent. Nous ne sommes pas en Allemagne. Ce sont des nazis. C’est la Gestapo. Ils se croient au-dessus des lois. Ils s’en moquent. »

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Plusieurs agences de presse ont filmé des agents d’immigration masqués et lourdement armés utilisant un bélier pour enfoncer la porte d’une maison avant d’enlever un homme à l’intérieur sous la menace d’une arme. Une vidéo publiée par un membre de la famille montre le caractère violent et illégal de l’opération.

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Les agents n’ont pas présenté de mandat avant d’enfoncer la porte et d’entrer dans la maison avec des fusils semi-automatiques et des tasers. Dans une vidéo de près de cinq minutes sur l’incident, une femme demande à plusieurs reprises de voir un mandat, mais celui-ci ne lui est montré qu’après que la cible ait été menottée. Les agents ont finalement montré un mandat administratif délivré par le DHS. Le document, signé par un agent d’immigration plutôt que par un juge, n’autorise pas l’entrée forcée dans des maisons privées et ne permet les arrestations que dans les lieux publics.

Les opérations d’enlèvement visent les travailleurs, quel que soit leur statut d’immigration. Dans une vidéo filmée lundi, on voit des agents du CBP s’approcher des conducteurs dans leurs voitures et leur demander leurs papiers.

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Des dizaines de vidéos circulent sur les réseaux sociaux, montrant des habitants confrontant la Gestapo de l’immigration et exigeant leur départ.

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Afin d’éviter une explosion sociale, en réponse aux occupations fédérales, les responsables démocrates du Minnesota et de l’Illinois ont déposé lundi des poursuites contre l’administration Trump dans le but de mettre fin aux opérations d’enlèvement. Lors d’une conférence de presse, le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, a déclaré que cette occupation violait le Dixième amendement de la Constitution américaine, qui affirme que le gouvernement fédéral ne possède que les pouvoirs énumérés dans la Constitution, tous les autres pouvoirs appartenant aux États ou au peuple.

« Essentiellement c’est une invasion fédérale de la région des Twin Cities et du Minnesota, déclare Ellison. Et cela doit cesser. »

La poursuite du Minnesota stipule que des milliers d’« agents armés et masqués du DHS ont pris d’assaut la région des Twin Cities pour mener des rafles militarisées et procéder à des interpellations et des arrestations dangereuses, illégales et inconstitutionnelles dans des lieux publics sensibles, notamment des écoles et des hôpitaux, le tout sous le couvert de l’application légale des lois sur l’immigration ». Elle note que les actions des fonctionnaires et des agents du DHS « semblent destinées à provoquer l’indignation de la communauté, à semer la peur et à infliger une détresse émotionnelle ».

Les « tactiques illégales » utilisées par les agents du DHS « font craindre aux membres des communautés des plaignants de faire leurs courses, d’aller au travail, d’aller à l’école, d’accéder aux services publics de base ou de mener leur vie normalement. Elles entrainent également la fermeture d’écoles dans la région des Twin Cities pour raisons de sécurité ». La poursuite mentionne que cette occupation n’a rien à voir avec une question de « fraude », mais qu’elle est motivée par la volonté de Trump « de se venger d’ennemis politiques présumés ». Ellison note en outre que, dans une interview accordée le 9 janvier, Trump a faussement affirmé avoir remporté la majorité des voix lors des élections présidentielles de 2016, 2020 et 2024 dans le Minnesota.

La poursuite intentée par l’État de l’Illinois et la ville de Chicago accuse également le gouvernement fédéral d’avoir littéralement entrepris « un bombardement organisé » de l’État et de sa plus grande ville. Il y est soutenu que les agents de la police des frontières sous le commandement de la secrétaire du DHS, Kristi Noem, et de Gregory Bovino « agissent comme des forces d’occupation plutôt que comme des agents de la paix, arrêtant et interrogeant brutalement au hasard les résidents, séparant les parents de leurs enfants, détenant sans mandat ni motif valable des citoyens et des non citoyens, et utilisant des gaz lacrymogènes et d’autres armes chimiques en milieu urbain contre des passants sans méfiance, blessant des dizaines de personnes, dont des enfants, des personnes âgées et des policiers locaux ».

Alors que ces poursuites judiciaires suivent leur cours, l’administration Trump crée délibérément les conditions nécessaires pour invoquer la Loi sur l’insurrection et s’orienter vers la déclaration de la loi martiale américaine. La classe ouvrière ne peut compter sur les tribunaux capitalistes, qui ont déjà accordé à Trump une immunité totale pour ses « actes officiels pendant son mandat », ni sur le Parti démocrate pour défendre les droits démocratiques.

La seule force sociale capable d’arrêter la mise en place d’une dictature est la classe ouvrière, qui doit s’organiser de façon indépendante, armée d’une conscience socialiste. L’élimination de la Gestapo de l’immigration nécessite le renversement du système capitaliste même.

La lutte pour que les assassins de Good soient traduits en justice et mettre fin à l’occupation de Minneapolis nécessite l’intervention organisée et indépendante de la classe ouvrière – la force sociale qui produit tout et dont les intérêts sont fondamentalement opposés à l’attaque de l’oligarchie contre les droits démocratiques et les conditions sociales.

L’opposition à l’escalade des assauts contre les droits démocratiques doit être liée à une lutte contre le système capitaliste même et à la mise en œuvre d’une stratégie internationale unissant les luttes des travailleurs aux États-Unis à celles de la classe ouvrière internationale.

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