Perspective

Mamdani approuve Trump: collaboration du maire DSA de New York avec le fascisme

Zohran Mamdani avec Donald Trump à la Maison Blanche, le 26 février 2026. [Photo: Zohran Mamdani]

La rencontre organisée en cachette du maire de New York Zohran Mamdani avec Donald Trump à la Maison Blanche, où il a posé aux côtés du président fasciste dans le Bureau ovale, est un acte de trahison visant à forger une alliance avec l'extrême droite.

Le socialiste démocrate autoproclamé se tenait aux côtés de l’aspirant dictateur qui a le sang de milliers de personnes sur les mains et qui pourrait bientôt avoir celui de millions de gens supplémentaires alors que sa flotte de guerre se rassemble au large des côtes iraniennes. Trump rayonnait de satisfaction alors que le maire démocrate de la plus grande ville du pays lui rendait hommage, traitant Mamdani comme un instrument utile qu'il juge précieux, du moins pour le moment.

Mamdani ne s’est pas retrouvé par hasard dans cette rencontre. Il l'a sollicitée. C'est lui qui a proposé la séance photo. Il s'agit d'une manœuvre calculée du maire de New York et figure de proue des Socialistes Démocrates d'Amérique pour nouer des relations étroites avec un président fascisant qui intensifie la terreur de l'ICE, met en place un réseau de centres de détention, prépare le trucage des élections de 2026 et entraîne les États-Unis vers une guerre catastrophique.

Si Mamdani avait dit aux dizaines de milliers de jeunes et de travailleurs mobilisés pour son élection l'an dernier que sa « stratégie » consistait à former une alliance avec Trump, il n'aurait même pas été élu agent de fourrière. Son élection fut assurée par une fraude politique massive: l'affirmation qu’élire un maire membre des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA) serait un pas vers la lutte contre la dictature, pour la défense des immigrés et la résistance à l'austérité.

La deuxième rencontre entre Trump et Mamdani — après celle où il s’envoyaient des fleurs en novembre dernier, avant même l'entrée en fonction de Mamdani — est d'autant plus révélatrice qu'elle a eu lieu moins de 48 heures après le discours sur l'état de l'Union prononcé par Trump devant le Congrès, où celui-ci s'en prenait violemment au Parti démocrate, qualifiant ses membres de traîtres, de tricheurs et de personnes qui haïssaient l'Amérique.

Dans un message publié mercredi sur les réseaux sociaux, Trump s'en est pris à la représentante Rashida Tlaib, également membre des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA), la diffamant ouvertement. Il a affirmé que Tlaib et la représentante Ilhan Omar avaient « les yeux exorbités et gonflés de sang des folles, des cinglées, des dérangées mentales et des malades qui, franchement, devraient être internées ». Il a ajouté que le gouvernement américain « devrait les renvoyer d'où elles viennent, au plus vite ». Tlaib est née à Détroit, dans la circonscription qu'elle représente aujourd'hui au Congrès. Son père, un immigrant palestinien, travaillait à l'usine d'assemblage Ford de Flat Rock.

Dans ses commentaires de mercredi, Mamdani s'est efforcé de saluer publiquement certains passages du discours fascisant de Trump, comme ses éloges cyniques à l'égard du programme de déneigement de la ville de New York qui exige une pièce d'identité aux embauchés – sans mentionner le contexte: la campagne de Trump pour imposer l’exigence d’une pièce d'identité pour voter, pour priver des millions d'électeurs de leurs droits civiques et pour organiser les élections de mi-mandat sous la menace des armes.

La collaboration de Mamdani avec Trump révèle le caractère de classe de ses convictions politiques. Et il faut le dire clairement: il s’agit là des convictions de l’ensemble des Socialistes Démocrates d’Amérique. Mamdani n’est pas un cas isolé. Il est le plus haut responsable élu du parti, salué par celui-ci comme son plus grand succès politique. Ce que Mamdani fait à la Maison-Blanche, le parti le fait aussi. Sa poignée de main avec Trump est celle de ce parti.

Quel est le contenu de la collaboration de Mamdani ? Il sollicite 21 milliards de dollars de fonds fédéraux pour un projet de logement qui enrichira les promoteurs immobiliers et les entreprises de construction, tout en ne contribuant que très peu, voire pas du tout, à résoudre la crise sociale qui frappe des millions de New-Yorkais issus de la classe ouvrière.

L'argument selon lequel Mamdani « obtient des résultats » — qu'il a obtenu la libération d'un étudiant détenu — est la forme la plus pernicieuse d'apologie. C'est précisément l'argument avancé par Pierre Laval, le socialiste devenu collaborateur nazi à la tête du régime de Vichy. Or, chaque transaction de ce genre renforce l'autorité politique de l'extrême droite. Trump libère un étudiant et en arrête une centaine d'autres. Il pose pour une photo avec le « maire communiste » et utilise cette image pour montrer que même ses adversaires déclarés se soumettent à son autorité.

Un article récent de Jacobin, principal organe de presse des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA), a retracé l'histoire du « Front populaire », période des années 1930 où les partis communistes, sous influence stalinienne, collaborèrent ouvertement avec les partis bourgeois libéraux et sociaux-démocrates, soi-disant au nom d'une lutte commune contre le fascisme. Son récit dissimulait à la fois le véritable objectif du Front populaire – défendre le capitalisme en réprimant la révolution prolétarienne – et les méthodes meurtrières du régime stalinien. C'est pourquoi Trotsky dénonça le Front populaire comme une « démocratie en alliance avec la GPU ».

Le cadre opérationnel de la politique de Mamdani, cependant, est ce qui est venu ensuite de la part du Front populaire, à savoir le pacte Staline-Hitler d'août 1939. Ce « traité de non-agression » avec l'Allemagne nazie – qui envahit l'URSS moins de deux ans plus tard – fut l'acte de trahison politique le plus infâme du XXe siècle. Staline, qui avait organisé des coups montés contre les anciens bolcheviks sous la fausse accusation d'être des agents d'Hitler et les avait assassinés, porta alors un toast au dirigeant nazi, déclarant: « Je sais combien la nation allemande aime son Führer; je voudrais donc porter un toast à sa santé. »

Lors de sa visite servile à la Maison Blanche, Mamdani aurait tout aussi bien pu dire : « Je sais combien le peuple américain aime son commandant en chef. » Et ce, alors que la majorité des Américains s'oppose farouchement à Trump et que le dirigeant autoritaire à la Maison Blanche s'efforce désespérément de truquer les élections de 2026, tout comme il a tenté de renverser sa défaite électorale de 2020 par l'attaque violente du Capitole le 6 janvier 2021.

Toute la politique de Mamdani et des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA) vise à désorienter et à démobiliser la classe ouvrière. Mamdani s'est présenté comme l'adversaire le plus virulent de Trump et de tout ce qu'il représentait. Il a gagné des voix et recruté des membres grâce à ces affirmations. À présent, en recherchant une collaboration et des compromis en coulisses, il s'efforce de transformer cette colère mobilisée en démoralisation, encourageant ainsi l'idée que « tout le monde est pareil » et que toute opposition est vaine.

Pendant des années, les Socialistes démocrates d'Amérique (DSA) et leurs alliés idéologiques ont justifié leur politique – leur subordination au Parti démocrate, leur priorité donnée aux politiques d’identité au détriment de la lutte des classes, leur hostilité envers le marxisme révolutionnaire – en dénonçant les trotskystes comme des « sectaires ». Cette étiquette leur a servi de réponse passe-partout à toute critique politique de principe. Lorsque le Parti de l'égalité socialiste a affirmé qu'aucun progrès ne pouvait sortir du fait de travailler au sein du Parti démocrate, les DSA ont répliqué par des attaques anti-trotskystes virulentes, dans la plus pure tradition stalinienne – piolets à l’appui.

Le monde peut désormais constater le véritable sens de cette accusation. Dans le vocabulaire des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA), le « sectarisme » désigne la lutte pour les principes socialistes. Cela veut dire refuser de se soumettre au système capitaliste et à ses représentants politiques. Cela signifie insister pour dire la vérité à la classe ouvrière.

Les DSA peuvent nous traiter de sectaires jusqu’à n’en plus pouvoir. Le Parti de l'égalité socialiste (PES) ne conclura jamais d'alliances politiques avec des partis bourgeois. Le PES ne rencontrera, ne serrera la main ni ne donnera jamais de couverture politique à des fascistes ou à des aspirants dictateurs. Nous ne propagerons jamais le mensonge que les intérêts de la classe ouvrière peuvent être défendus par des tractations secrètes avec les dirigeants de l'impérialisme américain. Ce n'est pas là du sectarisme. C'est l’exigence de principe la plus élémentaire du socialisme.

Nous nous adressons aujourd'hui aux membres de la base des DSA, qui ont rejoint cette organisation de bonne foi, convaincus d’entrer dans un mouvement socialiste, désireux de lutter contre les inégalités, la guerre et l’attaque des droits démocratiques. Regardez ce que votre organisation a accompli. Regardez la photo prise dans le Bureau ovale. C'est l'aboutissement de la perspective des DSA, et non quelque chose qui s’en écarte. 

Ceux qui sont véritablement attachés au socialisme doivent en tirer les conclusions qui s'imposent. Les DSA ne sont pas un instrument de transformation sociale. La collaboration de Mamdani illustre la faillite politique de pseudo-de gauche des DSA, qui défend les intérêts de classe des couches privilégiées de la classe moyenne supérieure – des strates sociales qui ne sont pas indépendantes de l'État capitaliste et cherchent avant tout à s’y garantir une place. Elle s'inscrit de plus dans un courant international, de Syriza en Grèce au Parti de gauche en Allemagne, en passant par le corbynisme en Grande-Bretagne.

La lutte contre les inégalités, contre la guerre, contre la menace croissante de dictature aux États-Unis et dans le monde, exige une rupture totale d’avec les DSA et le Parti démocrate auquel ils sont organiquement attachés. Cela exige un retour aux véritables traditions et principes politiques du socialisme – à l'héritage de Marx, Engels, Lénine, Luxemburg et Trotsky, tel que le défendent aujourd'hui le Parti de l'égalité socialiste et le Comité international de la Quatrième Internationale.

(Article paru en anglais le 28 février 2026)

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