Le World Socialist Web Site organise un webinaire mondial d'urgence ce dimanche 8 mars à 15 h (heure de l'Est des États-Unis) afin d'expliquer les origines de la guerre impérialiste menée par les États-Unis contre l'Iran, les forces sociales qui la motivent et la stratégie nécessaire pour y mettre fin. Nous invitons tous nos lecteurs à s'inscrire pour y participer.
Le bilan des morts de la guerre américano-israélienne contre l'Iran a dépassé les 1.200 jeudi, alors que deux autres écoles ont été bombardées dans la ville de Parand, au sud-ouest de Téhéran — la troisième et la quatrième école frappées depuis le début de la campagne de bombardement il y a six jours.
La Fondation iranienne des martyrs et des vétérans a fait état de 1.230 morts et de plus de 6.000 blessés. Le Croissant-Rouge iranien a rapporté que plus de 3.600 sites civils ont été endommagés, dont 3.090 habitations, 528 centres commerciaux, 13 installations médicales et neuf centres du Croissant-Rouge. L'Organisation mondiale de la santé a vérifié 13 attaques contre les infrastructures de santé en Iran, entraînant la mort de quatre travailleurs de la santé et faisant 25 blessés. L'hôpital pour grands brûlés Valiasr à Téhéran a été rendu inopérant.
Les deux écoles frappées jeudi — le collège Shahid Bahonar et l'école élémentaire Arian Pouya, situés l'un en face de l'autre — ont subi des bris de vitres, des effondrements de murs de classes et de lourds dommages structurels, selon des photos vérifiées par le New York Times. Les autorités iraniennes avaient fermé les écoles après avoir déclaré un mois de deuil pour le Guide suprême Ali Khamenei, et aucune victime n'a été signalée dans l'immédiat. Mais ces frappes mettent en évidence le modèle suivi pour dévaster les infrastructures civiles à travers le pays.
Les écoles de Parand se trouvent à proximité d'une tour de télécommunications, le type d'installation qui a été une cible fréquente tout au long de la campagne. Le Times a noté que les attaques intentionnelles contre des écoles sont considérées comme des crimes de guerre au regard du droit international.
Les frappes de Parand interviennent moins d'une semaine après l'atrocité la plus meurtrière à ce jour de la guerre: le bombardement de l'école élémentaire de filles Shajareh Tayyebeh à Minab, qui a tué 168 personnes — pour la plupart des filles âgées de 7 à 12 ans.
L'analyse par BBC Verify d'images satellites et de vidéos vérifiées a révélé que l'école et le complexe naval adjacent du CGRI (Corps des Gardiens de la révolution islamique) ont été touchés par ce que l'expert en munitions N.R. Jenzen Jones a décrit comme des « frappes multiples simultanées ou quasi simultanées ». Des vidéos de la scène montrent des familles désespérées se précipitant à travers les décombres, brandissant des cartables et des livres ensanglantés. Des images aériennes capturées trois jours plus tard montraient plus de 100 tombes fraîchement creusées en rangées dans un cimetière voisin. Des milliers de personnes en deuil ont envahi les rues de Minab pour les funérailles collectives, jetant des pétales de rose sur le cortège de cercueils, dont certains étaient de petite taille. Ni les États-Unis ni Israël n'ont accepté de responsabilité.
Selon l'agence Human Rights News Agency, basée aux États-Unis, au moins 1.114 civils ont été tués depuis le début des combats, dont 183 enfants.
La dévastation de la société iranienne s'accélère. Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré jeudi que 33 sites civils avaient été touchés, parmi lesquels des hôpitaux, des écoles, des quartiers résidentiels, le Grand Bazar de Téhéran et le complexe du palais du Golestan, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Des frappes ont également endommagé le stade Azadi, le plus grand site sportif du pays. Les habitants de Téhéran ont rapporté une intensification des bombardements. « Aujourd'hui est pire qu'hier », a déclaré un habitant à Al Jazeera par téléphone. « Ils frappent le nord de Téhéran. Nous n'avons nulle part où aller. C'est comme une zone de guerre. »
L'Iran reste sous un blocage quasi total de l'internet pour un sixième jour — la connectivité étant à 1 % de ses niveaux normaux — ce qui perturbe les hôpitaux, les pharmacies et les banques. L'économie, déjà dévastée par des décennies de sanctions et une inflation galopante — les prix des denrées alimentaires avaient augmenté de 105 % avant le début de la guerre — est en chute libre.
Au quartier général du Commandement central des États-Unis (CENTCOM) à Tampa, jeudi, le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et l'amiral Brad Cooper ont tenu un point de presse au cours duquel ils ont exposé la phase suivante de la guerre: la destruction systématique de la capacité de l'Iran à se reconstruire.
«Nous ne nous contentons pas de frapper ce qu'ils possèdent. Nous détruisons leur capacité de reconstruction », a déclaré Cooper, annonçant que les forces américaines ont frappé près de 200 cibles au cours des dernières 72 heures, détruit plus de 30 navires de guerre iraniens et largué des dizaines de bombes pénétrantes de 2.000 livres à partir de bombardiers B-2 sur des lanceurs de missiles balistiques profondément enterrés.
Hegseth a déclaré: « Notre calendrier n'appartient qu'à nous et à nous seuls. » Il s'est vanté qu'il n'y avait « pas de pénurie de munitions » et a averti que la puissance de feu sur Téhéran « est sur le point d'augmenter de façon spectaculaire ».
Trump s'est exprimé à la Maison-Blanche le même jour, se vantant de ce que l'armée iranienne avait été oblitérée. « Leur marine a disparu, 24 navires en trois jours... Leurs armes antiaériennes ont disparu, ils n'ont donc plus d'armée de l'air, plus de défense aérienne. Tous leurs avions ont disparu.» Il a ajouté que l'Iran appelait pour conclure un accord. «J'ai dit: 'Vous arrivez un peu tard'», a déclaré Trump. «Nous voulons nous battre maintenant plus qu'eux.»
Dans un entretien avec Axios, Trump a déclaré qu'il devait être personnellement impliqué dans la sélection du prochain dirigeant de l'Iran, qualifiant le fils du défunt Guide suprême d'«inacceptable» et insistant sur le fait qu’il devait être impliqué dans la nomination, comme avec Delcy [Rodriguez] au Venezuela ».
Trump cherche ouvertement la destruction de l'Iran en tant que société fonctionnelle à travers des efforts visant à inciter à une guerre civile ethno-communautaire. La CIA travaille à l'armement des forces kurdes à l'intérieur de l'Iran dans le but de fomenter un soulèvement, selon CNN.
Trump a personnellement appelé plusieurs dirigeants kurdes — Masoud Barzani, Bafel Talabani et Mustafa Hijri — pour les recruter dans l'effort de guerre. Des combattants kurdes affiliés au PJAK se sont déployés à l'intérieur du territoire iranien, et des avions de guerre israéliens frappent les installations de sécurité iraniennes le long de la frontière irakienne pour ouvrir la voie à une avance terrestre kurde dans l'ouest de l'Iran. Un ancien conseiller du gouvernement israélien a déclaré à Al Jazeera qu'Israël n'avait « aucun intérêt réel à un changement de régime en douceur» et était « plus intéressé à l'effondrement du régime et de l'État ».
Le refus de Trump d'exclure l'envoi de troupes au sol — « Je n'ai pas la tremblote en ce qui concerne les bottes sur le terrain», a-t-il déclaré au New York Post — et son annonce que la Navy commencerait à escorter les pétroliers à travers le détroit d'Ormuz placent les forces américaines à portée des missiles anti-navires iraniens dans une voie navigable de seulement 21 milles de large. Six soldats américains ont déjà été tués et 18 grièvement blessés.
Israël a profité de la guerre pour envahir à nouveau le Liban et imposer un siège total à Gaza. Les troupes israéliennes ont pénétré dans le sud du Liban lors d'une incursion terrestre, l'armée a ordonné l'évacuation de plus de 100 villages et de tout le quartier de Dahiyeh à Beyrouth, et les frappes depuis le 2 mars ont tué au moins 77 personnes et en ont blessé plus de 500. À Gaza, Israël a fermé tous les points de passage frontaliers le 1er mars, interrompant toute livraison de nourriture, de carburant, de médicaments et d'aide humanitaire à plus de deux millions de personnes.
L'Iran a riposté par des vagues de missiles et de drones — plus de 500 missiles balistiques et 2.000 drones, selon l'amiral Cooper — ciblant Israël, les bases militaires américaines et les États du Golfe. Des drones iraniens ont frappé l'aéroport international de [la république autonome de] Nakhitchevan et ont atterri près d'une école en territoire azerbaïdjanais. Onze civils ont été tués en Israël et au moins trois aux Émirats arabes unis.
Les deux chambres du Congrès américain ont voté cette semaine pour donner carte blanche à Trump. Le Sénat a rejeté une résolution sur les pouvoirs de guerre par 47 voix contre 53 mardi. La Chambre a rejeté sa propre mesure par 212 voix contre 219 mercredi.
Le Parti démocrate, tout en ergotant sur la procédure, se fait l'écho des objectifs de guerre de l'administration Trump. Lors d'une conférence de presse des chefs démocrates de la Chambre, le représentant Ted Lieu a dénoncé «un régime théocratique meurtrier» qui «finance des réseaux terroristes et dont l'objectif déclaré est de détruire les États-Unis et Israël». La représentante Chrissy Houlahan a déclaré: « Je ne pleure pas ces dirigeants. Je suis lucide quant à la menace que représente l'Iran.» La représentante Maggie Goodlander a qualifié l'Iran d'«ennemi brutal et déterminé... un régime qui a le sang de nos concitoyens américains sur les mains». Le représentant Jared Moskowitz a dénoncé la résolution sur les pouvoirs de guerre comme la «Loi pour la protection de l'Ayatollah».
Les objections procédurales des démocrates ne sont qu'une feuille de vigne. Pas une seule faction de l'establishment politique américain n’est contre cette guerre.
