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Dix jours après le début de la guerre illégale menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, l’opposition continue d’être largement répandue parmi les travailleurs américains. Selon un sondage Quinnipiac publié lundi, 53 % des électeurs inscrits s’opposent à la guerre et 74 % s’opposent à l’envoi de troupes au sol en Iran, ce que Trump envisagerait sérieusement. Ce même sondage donne à Trump un taux d’approbation de seulement 37 %.
Ty, une enseignante de l’Alabama, a déclaré au WSWS qu’elle considérait cette guerre comme « inutile, non provoquée et injuste. Ils bombardent des personnes et des bateaux, sans l’accord du Congrès. C’est une attaque mondiale, poursuit-elle. Ils détruisent tout, c’est le chaos total. Trump veut profiter de cette situation pour déclarer l’état d’urgence et supprimer le droit de vote. Il a créé un “Conseil de paix” et est immédiatement entré en guerre. »
Elle ajoute : « Les États-Unis ne sont pas les bons ici. Ils font ce qu’ils ont fait à Gaza. Mais l’Iran n’est pas la Palestine. L’Iran dispose de drones à 30 000 dollars, et les États-Unis gaspillent des armes valant des millions de dollars pour les attaquer. Les États-Unis seront à court plus rapidement. Cela ne sera pas beau.
« Nous n’avons pas le droit de dire aux Iraniens ce qu’ils doivent faire. En quoi les États-Unis sont-ils une référence morale ? Nous avons notre propre gouvernement qui nous dicte notre conduite.
« La classe ouvrière doit mettre fin à la guerre, ajoute-t-elle. Les démocrates sont complices. Ce sont aussi des milliardaires. Ils disent dans les journaux télévisés qu’ils s’y opposent, mais montrez-le-nous avec votre vote. Ils ont voté pour donner à Trump tous les fonds nécessaires à la guerre. Ils prétendent être contre ICE, mais ils ont donné les fonds à ICE. »

Un informaticien de Detroit a déclaré au WSWS : « C’est une répétition de l’Irak, et nous n’avons pas besoin de revivre cela. On pourrait penser que nous aurions progressé depuis et tiré les leçons de l’Irak. Vous avez vu le bilan sanglant de l’Irak. C’est stupéfiant et déchirant. Je ne supporterais pas de revoir cela.
« Ces guerres sont menées à cause du pétrole, poursuit-il. Il s’agit de soumettre le Moyen-Orient et d’accroître la guerre économique contre la Chine. Nous pourrions être un pays normal. Ce serait très bien. »
Interrogé sur le coût de la guerre, il répond : « Tout cela sort de nos poches. Nous allons donc payer Israël et les États-Unis pour qu’ils repartent en guerre. » Abordant le conflit qui s’intensifie avec la Chine, il ajoute : « Si la Chine est capable de fabriquer un produit meilleur que le nôtre, pourquoi [les États-Unis] devraient-ils essayer de détruire les autres pays jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne pour acheter à la Chine ? Il doit y avoir un autre moyen qui n’implique pas d’envoyer nos frères, nos cousins et nos sœurs mourir en Iran. »
Il a exprimé son dégoût face à la frappe américaine qui a tué 170 personnes, principalement des écolières iraniennes âgées de 7 à 12 ans, dans une école de Minab. « Il est absurde de prétendre qu’il s’agissait d’un accident. Nous sommes en 2026, soyons réalistes. Ces engins [les armes] sont conçus pour atteindre une cible très précise. C’est révoltant de vouloir prétendre le contraire. »
Interrogé sur ce qu’il pense qu’il faut faire pour mettre fin à la guerre, il conclut : « L’Italie vient de vivre une grève générale. Si les Italiens peuvent le faire, pourquoi pas nous aussi ? »
Des conséquences économiques catastrophiques pour les travailleurs
Le sondage Quinnipiac révèle également que 74 % des électeurs américains sont très préoccupés ou assez préoccupés par la hausse du prix de l’essence due à la guerre. Lundi, le prix du pétrole a grimpé à 120 dollars le baril, avant de redescendre suite aux déclarations creuses de Trump selon lesquelles la guerre serait rapidement terminée, ainsi qu’aux plans des gouvernements du G7 visant à libérer du pétrole de leurs réserves stratégiques à titre de mesure provisoire. Cependant, il est largement reconnu qu’une guerre qui ne durerait ne serait-ce que quelques mois risque de faire passer le prix du pétrole au-delà des 200 dollars le baril et de déclencher une récession mondiale.
Comme toujours, ce sont les travailleurs qui devront en payer le prix sous forme d’inflation et de licenciements. Selon le Detroit Free Press, le prix de l’essence au Michigan a déjà augmenté de 60 cents pour atteindre 3,58 dollars le gallon. « Les prix de l’essence ont grimpé en flèche dans tout le sud de la Californie cette semaine, la moyenne dans l’État dépassant les 5 dollars le gallon et certains conducteurs devant payer plus de 8 dollars à la pompe », rapportait dimanche la chaîne KABC à Los Angeles.
« C’est la classe ouvrière qui va à la guerre, déclare Ty. Et c’est notre portefeuille et nos impôts qui en font les frais. La semaine dernière, l’essence coûtait 2,40 dollars le gallon [en Alabama], aujourd’hui elle coûte 2,99 dollars. Et cela ne fait que commencer. Tout va augmenter de prix. Tout cela va sortir de nos poches. »
Tony, un jeune ouvrier qualifié de Détroit, déclare : « J’ai entendu parler de la fermeture du détroit d’Ormuz. C’est clairement la faute à Trump. Déjà qu’on parlait du fait que tout était si cher et que les salaires n’augmentaient pas assez. » Il a qualifié la guerre de « dégoûtante » et la justification derrière comme « absurde, c’est le moins qu’on puisse dire ».
« Il semblerait que le Venezuela possède l’une des plus grandes réserves de pétrole au monde, poursuit-il. Est-ce que le plan consiste à prendre le contrôle du Venezuela et à vendre le pétrole à des prix ridicules ? »
Tony ajoute : « Nous sommes le pays le plus riche au monde, et les gens ont encore du mal à se nourrir. Nous avons la technologie nécessaire pour nourrir toute la population de la planète, mais au lieu de cela, nous gaspillons simplement les ressources.
« J’ai l’impression que cette guerre contre l’Iran va mener à une guerre civile [aux États-Unis], surtout s’ils essaient d’envoyer des troupes au sol. Je suis à un an de l’âge de la conscription, mais si la situation s’aggrave, ils vont essayer de me recruter. Je ne vais pas tuer des Iraniens. Ils ne m’ont rien fait. Je ne soutiens pas du tout cette guerre. Ce sont des gens comme moi. Ils essaient simplement de vivre leur vie. »
Un employé des services alimentaires des écoles publiques de Minneapolis, qui a participé activement aux manifestations contre ICE, déclare : « Les hausses de prix commencent tout juste à se faire sentir. On a toutefois le sentiment que quelque chose de plus grave se prépare, peut-être une guerre nucléaire. Peut-être que la cabale Trump-Epstein sera suffisamment désespérée pour s’engager dans cette voie. Ce qu’ils sont prêts à faire pour dissimuler les actes qu’ils ont commis au nom de leur pouvoir est terrifiant.
« Dès le début, la guerre a commencé avec le meurtre des écolières avec un missile Tomahawk. Et on parle juste de cette guerre-là. Qu’en est-il de Gaza, de la Cisjordanie, du Liban, de la Syrie, de l’Irak, puis une deuxième fois en Irak ? Et avant cela, avant cela encore, du Vietnam, de la Corée ? Partout, les États-Unis ont agi en vertu de la doctrine Monroe. Nous serions la police du monde, mais en coulisses, il y a toutes les choses malsaines et sadiques que les États-Unis font. »
« Leur nationalisme chrétien est mieux de mettre officiellement fin à tout ce fiasco, conclut-il, sinon, officieusement, le gouvernement va devoir faire face à une révolte. »
Une ouvrière chez General Motors à Flint déclare : « La guerre en Iran est odieuse. Des morts en masse se profilent à l’horizon et le stress lié à cette perspective affecte le monde entier.
« Chaque jour, je vais à l’usine ; être toute la journée sur une chaîne de montage, c’est pas facile. Le travail est physiquement et psychologiquement épuisant et salissant. À chaque minute, tu regardes l’horloge, en attendant l’heure de manger ou tes quelques minutes de pause. Avec nos mains qui travaillent, nous créons des taux de profits que nous n’aurions jamais osé rêver. Pourtant, le salaire que je ramène à la maison sert tout juste à payer les factures et à survivre. »
Elle poursuit : « En temps de guerre comme en ce moment, mon salaire me permet d’acheter encore moins que la semaine dernière. Le reste des bénéfices que mes collègues et moi générons est dépensé par ceux qui détiennent le pouvoir, des gens avec lesquels je ne peux pas m’identifier, comme [la PDG de GM] Mary Barra et tous les oligarques. Notre argent est pris par le gouvernement pour financer la guerre, tuer des travailleurs, des gens exactement comme nous autres, mais qui vivent dans une autre partie du monde et qui regardent eux aussi une horloge à longueur de journée.
« Hier, les jeunes travailleurs à mon usine parlaient de la façon dont ils allaient être appelés sous les drapeaux avant d’être embauchés comme employés à temps plein, en disant sarcastiquement qu’ils n’auraient pas à se soucier de leur retraite.
« Nous, les travailleurs, ne voulons pas participer à cette guerre. Nous continuons à voter pour les mêmes politiciens des partis démocrate et républicain. Aucun des deux partis ne tient compte de nos intérêts. Aujourd’hui plus que jamais dans l’histoire, il est évident que la classe ouvrière mondiale doit s’unir et commencer à élaborer des stratégies et des plans à l’échelle mondiale pour mettre fin au cauchemar. »
