Trump affirme que la marine américaine va commencer à escorter des navires à travers le détroit d’Ormuz

Dimanche après-midi, le président américain Donald Trump a annoncé sur Truth Social que la marine américaine commencerait à escorter les navires traversant le détroit d'Ormuz dès lundi, dans le cadre de ce qu'il a baptisé « Projet Liberté » (Project Freedom). Trump a déclaré que les États-Unis feraient tout leur possible pour permettre aux navires et à leurs équipages de franchir le détroit, tout en avertissant que la force serait employée si l'Iran interférait dans l'opération.

Une vedette de patrouille émiratie (à gauche) se trouve près d'un pétrolier ancré dans le golfe d'Oman, à proximité du détroit d'Ormuz, vue depuis une route côtière près de Khor Fakkan, aux Émirats arabes unis, le vendredi 1er mai 2026. [AP Photo/Fatima Shbair]

Cette annonce récente laisse penser que Washington se prépare à lancer une action militaire contre le contrôle du détroit par l'Iran. Bien que le message de Trump présente le plan d'escorte comme un moyen de sécuriser la navigation, il s'agit clairement d'une menace d'escalade du conflit qui a débuté le 28 février.

Dans un langage alambiqué, Trump a écrit : « Pour le bien de l'Iran, du Moyen-Orient et des États-Unis, nous avons informé ces pays que nous guiderons leurs navires en toute sécurité hors de ces voies navigables interdites, afin qu'ils puissent poursuivre leurs activités librement et efficacement. Je le répète, il s'agit de navires provenant de régions du monde qui ne sont aucunement impliquées dans les événements qui se déroulent actuellement au Moyen-Orient. J'ai demandé à mes représentants de les informer que nous mettrons tout en œuvre pour faire sortir leurs navires et leurs équipages du détroit en toute sécurité. »

Il a ajouté : « Si, de quelque manière que ce soit, ce processus humanitaire est entravé, cette entrave devra malheureusement être traitée par la force. »

L'annonce de Trump sur Truth Social a été faite, selon USA Today, « après qu'un navire marchand a signalé avoir été attaqué par plusieurs petites embarcations au large de Sirik, en Iran, près du détroit d'Ormuz, d'après le commerce maritime du Royaume-Uni. Aucun blessé n'a été signalé lors de cet incident. »

Des centaines de navires commerciaux, dont plus de 150 navires non soumis à des sanctions et 62 très grands pétroliers, sont bloqués dans le golfe Persique. Cette crise concerne environ 20 000 marins bloqués à bord de navires incapables de franchir le détroit d'Ormuz, provoquant d'importantes perturbations de la chaîne d'approvisionnement.

La fermeture du détroit a interrompu la quasi-totalité du trafic des pétroliers, bloquant ainsi 12 millions de barils de pétrole exportés quotidiennement. Cette situation a entraîné une forte hausse des prix mondiaux de l'énergie, une réduction significative de l'offre de pétrole et l'arrêt de 20 % du transit mondial quotidien de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), accentuant les pressions économiques mondiales. Ces navires sont de fait immobilisés, incapables de franchir le détroit d'Ormuz en raison du blocus iranien.

La fermeture du détroit a perturbé le transport maritime et la logistique mondiaux. La CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) avertit que les répercussions se font sentir sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, ralentissant et renchérissant le transport maritime, notamment pour les pays dépendants des importations et les secteurs qui fonctionnent selon le principe du juste-à-temps. La BBC a rapporté qu'un tiers des engrais chimiques essentiels utilisés dans le monde transitent par le détroit et que les prix ont flambé, impactant la production agricole, les prix alimentaires et les revenus des agriculteurs.

L'annonce de l'escorte par Trump est intervenue trois jours seulement après la réception par les États-Unis du plan iranien en 14 points visant à mettre fin à la guerre. Selon certaines sources, cette proposition comprenait un cessez-le-feu, une désescalade régionale plus large et des mesures liées au retrait des forces militaires américaines des zones sensibles proches de l'Iran.

Le plan prévoyait également la levée des sanctions, l'allègement du blocus des ports iraniens, le déblocage des avoirs gelés et la mise en place d'un nouveau cadre de gestion du détroit d'Ormuz. Le plan proposait également des conditions politiques et sécuritaires à plus long terme, notamment la fin des hostilités au Liban et la levée des sanctions.

D'autres sources indiquaient que l'Iran examinait la réponse américaine à son plan, bien que Trump ait déclaré la veille ne pas avoir encore examiné lui-même la proposition iranienne. Ces informations contradictoires laissent penser soit à une désorganisation du processus diplomatique, soit à une volonté délibérée des États-Unis de subordonner les négociations à la pression militaire.

Des informations parues ces derniers jours indiquent que les États-Unis se préparent à reprendre les frappes militaires contre l'Iran. Des responsables israéliens se prépareraient à une nouvelle vague de combats, ce qui laisse supposer qu'aucun acteur militaire ou politique majeur ne considère la guerre comme terminée.

Parallèlement, des articles de presse rapportent que le CENTCOM (Commandement central des États-Unis) a demandé des missiles hypersoniques, ce qui marquerait une escalade majeure en matière d'armement et révélerait que les stratèges se préparent à une phase de guerre plus intense.

Cette demande d'armes hypersoniques suggère que le Pentagone n'envisage pas seulement des frappes limitées ou symboliques, mais de véritables opérations visant à pénétrer les défenses iraniennes et à étendre son champ d'action. Cela signifie que le Pentagone envisage une campagne aérienne et de missiles renouvelée et soutenue.

Axios a également fait état d'un plan, initialement prévu pour être présenté à Trump lors d'une réunion d'information, prévoyant le déploiement de forces terrestres pour prendre le contrôle d'une partie du détroit et le rouvrir à la navigation commerciale. Cette proposition, qui aurait de vastes implications, équivaudrait à une occupation américaine directe d'une zone stratégique des eaux ou du littoral contrôlés par l'Iran, afin de garantir l'accès maritime.

Une telle opération provoquerait une riposte militaire majeure de la part de l'Iran et étendrait considérablement le conflit. Ces informations indiquent que la Maison-Blanche de Trump envisage diverses options militaires pour atteindre son objectif stratégique : contrôler la région et l'une des voies maritimes les plus cruciales au monde.

Alors que la guerre contre l'Iran s'intensifie, l'offensive israélienne au Liban se poursuit sans relâche. Des frappes dans le sud du Liban ont fait 13 morts en une seule journée, et au total, 41 personnes ont été tuées depuis samedi, dont quatre femmes et un enfant.

Les frappes du week-end s'inscrivaient dans le cadre d'un bombardement israélien ayant touché plusieurs villes et villages, et non un lieu précis. Dans le district de Nabatieh, huit personnes ont été tuées à Haboush, dont deux femmes et un enfant, dans une zone où l'armée israélienne avait précédemment ordonné l'évacuation.

Dans le district de Sidon, quatre personnes, dont deux femmes, ont été tuées à Zrarieh, et une autre personne est décédée à Ain Baal, dans le district de Tyr. Cette répartition des frappes suggère qu'elles ont été dispersées sur une vaste zone du sud plutôt que concentrées sur une seule cible.

L'armée israélienne a annoncé avoir mené une cinquantaine de frappes au cours des 24 dernières heures, affirmant que des quartiers généraux et des installations militaires du Hezbollah étaient visés. Parmi les victimes figuraient des habitants des zones bombardées.

Israël a également donné de nouveaux ordres de déplacement de population dans le sud du Liban. À compter du 3 mai, ces ordres étendent pour la première fois la zone d'opérations israéliennes aux villes situées au nord du fleuve Litani. Les ordres de frappe concernent plus de dix villages et villes, dont plusieurs dans le district de Nabatieh, situés hors de la zone tampon de la « Ligne jaune » précédemment établie.

Le ministère libanais de la Santé a rapporté que 2 618 personnes ont été tuées et 8 094, blessées depuis le début des attaques israéliennes le 2 mars. Ces chiffres révèlent que la guerre a déjà engendré une catastrophe humanitaire d'une ampleur considérable. Parmi les morts figurent non seulement des combattants, mais aussi des civils, des enfants et des femmes, soulignant le caractère aveugle des violences.

Aucun cessez-le-feu n'a été imposé par Israël depuis le début du conflit le 2 mars. Malgré des déclarations ou des rumeurs de pauses, les attaques se sont poursuivies et le bombardement du Sud-Liban se poursuit. La persistance des frappes démontre que la campagne militaire israélienne n'est en aucun cas défensive. Il s'agit d'une guerre offensive visant à écraser toute résistance, à provoquer des déplacements de population et à maintenir la pression de part et d'autre de la frontière.

La logique de la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran et celle de la guerre israélienne contre le Liban convergent vers une catastrophe régionale de plus grande ampleur. Le projet de Trump d’escorter des navires à travers le détroit d’Ormuz, conjugué à la reprise des frappes israéliennes au Liban, montre que l’offensive militaire impérialiste s’intensifie sous couvert d’un cessez-le-feu.

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