Ce qui suit a été initialement publié sur X en réponse à Edward Luce du Financial Times.

Le radicalisme de la jeunesse des années 1960 n'était pas « inspiré par la drogue ». Il était une réaction à la guerre du Vietnam, à la lutte pour les droits civiques et, plus fondamentalement encore, aux horreurs toujours vives des deux guerres mondiales. La révolution d'Octobre 1917 était encore présente dans les mémoires, le capitalisme et l'anticommunisme étaient mal vus, le stalinisme était de plus en plus discrédité et l'intérêt pour Trotsky se ravivait ; ses ouvrages exceptionnels étaient reconnus comme des chefs-d'œuvre politiques et littéraires. Cette renaissance fut étouffée par le climat politique réactionnaire des années Reagan-Thatcher, auquel M. Luce fut exposé, à son grand malheur, durant ses années de formation intellectuelle.
Mais M. Luce perçoit, à juste titre, un processus de radicalisation au sein de la jeunesse mondiale. La question est de savoir à quel moment cette radicalisation dépassera les limites des politiques de pseudo-gauche acceptables de personnalités comme Sanders et Mamdani pour renouer avec la véritable perspective et culture politique marxiste-socialiste incarnée par la révolution d'Octobre et des figures telles que Lénine, Trotsky et Luxemburg. Cette rupture est inévitable et aura lieu, et la redécouverte de l'héritage politique et des écrits exceptionnels de Trotsky sera un élément crucial de la renaissance du marxisme en tant que mouvement socialiste de masse ancré dans la classe ouvrière.
Le World Socialist Web Site a publié la préface que j'ai écrite pour une nouvelle édition de l'autobiographie de Trotsky, Ma vie.
