Le SGP aux élections régionales de Berlin: comment mettre fin à la folie de la guerre?

Christoph Vandreier, président du Sozialistische Gleichheitspartei (Parti de l'égalité socialiste, SGP), a prononcé le discours suivant dans la première vidéo du parti pour les élections régionales de Berlin.

Bienvenue sur la première vidéo du Sozialistische Gleichheitspartei pour les élections régionales de Berlin du 20 septembre. Au cours des prochaines semaines, cette série de vidéos abordera les questions centrales de la campagne électorale: la guerre, les coupes brutales dans les prestations sociales, la montée de l'extrême droite — et la perspective socialiste que nous y opposons.

Au cours de notre campagne, nous avons parlé avec des milliers de travailleurs, de jeunes et de gens dans les quartiers. Et une chose est très claire: jamais depuis la Seconde Guerre mondiale il n'y a eu une telle haine du gouvernement et de tous les partis de l'establishment — et jamais des inquiétudes aussi profondes face à la marche à la guerre.

L’un comme l’autre sont plus que justifiés.

Le danger d'une guerre nucléaire qui remettrait en cause la survie même de la civilisation humaine n'a jamais été aussi grand qu'aujourd'hui. Presque quotidiennement, le territoire d'une puissance nucléaire est attaqué avec des drones et des missiles allemands et américains. Le chancelier Friedrich Merz et le ministre de la Défense Boris Pistorius déclarent tout à fait ouvertement que d'ici trois ans, l'Allemagne doit être capable de vaincre militairement la Russie. Une puissance nucléaire! Pistorius a désigné 2029 comme l'année où l'Allemagne devra être «apte à la guerre». Et Merz déclare: «Nous ne sommes pas en guerre, mais nous ne sommes plus en paix non plus.»

Merz et Pistorius ont-ils seulement réfléchi une seconde à quoi ressembleraient l'Europe, l'Allemagne, après une telle «victoire» sur une puissance nucléaire? Il ne resterait plus rien à gouverner. Rien que des cendres radioactives.

Lors de la dernière invasion de la Russie, les élites allemandes ont commis les pires crimes de l'histoire de l'humanité — 27 millions de morts en Union soviétique, le meurtre de masse industrialisé des Juifs d'Europe, la dévastation de régions entières. Aujourd'hui, elles risquent même l'anéantissement nucléaire du monde entier pour imposer leurs intérêts économiques.

Pour réaliser cette folie, elles sabrent tout ce qui leur tombe sous la main: la retraite après 45 ans de cotisations, le Bürgergeld (revenu de base), les budgets de la santé et de l'éducation. Le gouvernement Merz-Klingbeil détruit les derniers vestiges de l'État social.

Alors que le budget de la santé a été réduit en l'espace de cinq ans, de 65 milliards d'euros en 2022 à 14,3 milliards d'euros dans le budget de 2027, le budget militaire a bondi sur la même période de 64,4 à 151,3 milliards d'euros. Ce chiffre englobe le budget militaire de base, le «fonds spécial» de la Bundeswehr (les forces armées) et les dépenses pour armer l'Ukraine. C'est de loin le plus important budget militaire depuis Hitler.

L'ensemble de la société est subordonné aux exigences de la guerre. Le service militaire obligatoire est réintroduit. La «défense globale» fait de chaque école, de chaque hôpital, de chaque administration publique un rouage de la machine de guerre. Les officiers de la Bundeswehr pour la jeunesse se voient accorder un accès privilégié aux salles de classe. À Berlin, la ministre de l'Éducation du Land, Katharina Günther-Wünsch, a signé un accord de coopération avec la Bundeswehr — l'armée recrute désormais ouvertement dans les écoles.

L'industrie en particulier a été frappée par la politique de guerre. Un quart de million d'emplois industriels ont déjà été détruits depuis 2019, dont plus de 100.000 dans la seule industrie automobile et chez les équipementiers. Et cela va maintenant être largement dépassé. Le trust VW prévoit à lui seul de supprimer encore 100.000 emplois et de fermer en Allemagne quatre usines employant quelque 40.000 travailleurs. L'ancien fleuron du «partenariat social» — entre les syndicats, la direction et l'État — est devenu le fer de lance du massacre des emplois. Les syndicats n'opposent aucune résistance — ce sont eux, au contraire, qui imposent les coupes contre les travailleurs. IG Metall a approuvé dès décembre 2024 la suppression de 35.000 emplois, et a accepté des baisses de salaire pouvant aller jusqu'à 20 pour cent.

Les licenciements sont le résultat direct de la politique de guerre. D'une part, la hausse des coûts de l'énergie pousse les entreprises à s'installer à l'étranger, mais surtout, les groupes allemands se positionnent pour la guerre commerciale sur le dos des travailleurs. Ils n'enregistrent pas de pertes — ils veulent simplement porter leurs marges bénéficiaires au-dessus de la moyenne internationale.

De nombreuses usines sont converties à la production d'armes. En plein cœur du quartier berlinois de Wedding, Rheinmetall produit des obus d'artillerie dans une ancienne usine de pièces automobiles — la première production d'armes dans un quartier ouvrier densément peuplé de Berlin depuis la Seconde Guerre mondiale. Des dizaines d'entreprises technologiques qui menaient à l'origine des recherches sur des applications civiles se tournent vers la technologie des drones militaires. Et cela se fait aux dépens des travailleurs. On ne se contente pas de les embaucher — on attend d'eux qu'ils fassent davantage avec moins de personnel et qu'ils garantissent une machine de guerre efficace. On leur fait produire les armes avec lesquelles eux-mêmes ou leurs enfants tueront.

La nouvelle la plus importante sur les élections berlinoises est celle-ci: il existe un parti qui s'oppose à cette folie — le Sozialistische Gleichheitspartei. Nous exigeons le retrait immédiat de toutes les troupes allemandes d'Europe de l'Est et de tous les déploiements à l'étranger, la fin de l'aide militaire à l'Ukraine et à Israël, la dissolution de l'OTAN et l'abolition du service militaire obligatoire. Nous exigeons que les énormes capacités industrielles et technologiques soient utilisées pour construire des logements, des hôpitaux et des écoles — et non des armes. Les postes lucratifs et les portefeuilles ministériels ne nous intéressent pas — avec nos partis frères du Comité international de la Quatrième Internationale, nous construisons un mouvement mondial contre la guerre.

Mais pour mettre fin à la guerre, il faut comprendre d'où elle vient. Quelles sont les causes de la guerre ? Quels sont ses moteurs ?

Il ne s'agit certainement pas de liberté et de droit international. Le gouvernement allemand a apporté son plein soutien à la guerre d'agression criminelle contre l'Iran, qui viole le droit international à tous égards. Trump menace ouvertement de «bombarder l'Iran, avec ses 93 millions d'habitants, pour le renvoyer à l'âge de pierre» — et le gouvernement allemand le soutient. Par son appui à l'horrifiant génocide de Gaza, qu'Israël étend désormais au Liban, Berlin montre quelles atrocités il est prêt à cautionner pour imposer ses intérêts géostratégiques et économiques.

En Ukraine aussi, il ne s'agit pas de paix et de liberté mais, comme il y a 80 ans, du contrôle des matières premières et des marchés. Les puissances de l'OTAN ont systématiquement provoqué l'invasion russe réactionnaire et intensifient toujours plus la guerre afin de piller l'Ukraine, de soumettre la Russie et d'accéder à ses immenses matières premières. S'il existe une différence entre le régime oligarchique capitaliste de Kiev et celui de Moscou, c'est que Zelensky persécute les opposants à la guerre avec plus de brutalité encore que Poutine.

Le 10 août 2026, notre camarade Bogdan Syrotiuk a été condamné à 15 ans de prison pour haute trahison. Compte tenu des conditions de détention effroyables en Ukraine, cela équivaut à une condamnation à mort. Son crime? Il s'était élevé contre la guerre et avait milité pour l'unité des travailleurs russes et ukrainiens contre leurs oligarques respectifs. Avec nos partis frères et le World Socialist Web Site, le SGP mène une campagne mondiale pour sa libération. Le combat pour Bogdan exprime la tâche socialiste centrale dans cette guerre: l'unification des travailleurs d'Ukraine, de Russie et du monde entier contre le nationalisme, l'impérialisme et le capitalisme. Nous diffuserons plus tard une allocution distincte faite au rassemblement et consacrée précisément à ce sujet.

Non, le gouvernement allemand ne se soucie pas de la paix et de la liberté. Il poursuit les mêmes objectifs que ceux qui étaient déjà au centre des deux dernières guerres mondiales. Des centaines de milliers de jeunes hommes ukrainiens et russes ont déjà été victimes de cette folie.

La guerre en Ukraine, la guerre contre l'Iran, le génocide de Gaza, les préparatifs de guerre dans le Pacifique — ce ne sont pas là des conflits isolés. Ils font partie d'un conflit mondial pour le nouveau partage du monde. Une troisième guerre mondiale n'est plus une question théorique — elle se développe sous nos yeux!

Et, comme en 1914 et en 1939, c'est la crise profonde du capitalisme qui mène à la guerre. Dès son œuvre novatrice L'impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine établissait que les guerres impérialistes «sont absolument inévitables, aussi longtemps qu'existera la propriété privée des moyens de production».

Le capitalisme est un système social complètement dysfonctionnel et pourri qui n'a plus rien à offrir à l'humanité que la barbarie, l'effondrement climatique et la guerre. Chaque fibre de la société est orientée vers l'enrichissement d'une mince couche de super-riches.

Les inégalités sociales ont atteint partout dans le monde des niveaux historiquement sans précédent. À l'échelle mondiale, le 1 pour cent le plus riche possède près de 44 pour cent de l'ensemble des richesses. La moitié la plus pauvre de l'humanité — 4 milliards de personnes — ne possède ensemble qu'un demi pour cent. Les 12 hommes les plus riches du monde possèdent plus que ces 4 milliards de personnes réunies. Rien que l'année dernière, la fortune des milliardaires a augmenté de 2500 milliards de dollars — une hausse qui équivaut presque à la totalité de la richesse de la moitié la plus pauvre de la population mondiale.

En Allemagne, la fortune des 500 personnes les plus riches a presque triplé au cours des 15 dernières années — pour atteindre 1160 milliards d'euros, soit plus du double de l'ensemble du budget allemand. Dans la première année de Merz à la chancellerie, le nombre de centi-millionnaires — ceux disposant d’une fortune de plus de 100 millions de dollars — est passé de 3700 à 5000. Et dans cette situation, Merz déclare: «Nous ne pouvons plus nous permettre l'État-social.» Nous répondons: nous ne pouvons plus nous permettre les riches, et nous ne pouvons plus nous permettre le réarmement!

Cette évolution ne va pas ralentir avec le progrès technologique rapide — elle va s'intensifier. La robotique et l'intelligence artificielle ont le potentiel d'offrir à chaque personne sur la planète une vie heureuse et épanouissante. Le travail nécessaire pourrait être massivement réduit et d'immenses ressources consacrées à l'éducation et à la santé.

Mais dans le capitalisme, ce développement technologique conduit au contraire au chômage de masse, à la misère et à la guerre. Comme Marx l'a déjà révélé, la mécanisation de la production entraîne la concentration du capital entre des mains toujours moins nombreuses et une exploitation accrue. Les trusts se servent de l'IA et de l'automatisation pour détruire des emplois, accélérer les cadences de travail et extraire des profits toujours plus élevés d'effectifs en diminution. Cette crise conduit à des attaques toujours plus brutales contre les travailleurs — et à la guerre.

Les moyens de production modernes ne peuvent désormais exister qu'à l'échelle internationale. Un centre de données d'IA exige la coopération de travailleurs du monde entier. La seule production de puces électroniques nécessite des matières premières, des machines spécialisées et des logiciels provenant de dizaines de pays — le lithium du Chili, les machines de lithographie des Pays-Bas, la fabrication à Taïwan, la conception aux États-Unis. Les forces productives ont depuis longtemps dépassé le cadre national. Aucune voiture, aucun smartphone, aucun médicament n'est encore fabriqué dans un seul pays. Par la production, l'humanité est plus étroitement interconnectée qu'à aucun autre moment de son histoire.

Mais le capitalisme est organisé en États-nations. Et ainsi, l'unification du monde dans un processus de production mondial unique conduit, dans les conditions capitalistes, non pas à une communauté mondiale pacifique mais à la guerre mondiale.

Dès 1915, face à la Première Guerre mondiale, Léon Trotsky formulait cela avec une clarté prophétique:

Le soulèvement des forces productrices contre leur exploitation sous une forme national-gouvernementale est à la base de chaque guerre.[…] le sens objectif de la guerre consiste en la destruction des propriétés au nom de la propriété mondiale. L'impérialisme ne s'efforce pas de résoudre ce problème par une coopération organisée selon la justice. Les capitalistes de la nation victorieuse exploiteront cette propriété mondiale. Le pays victorieux deviendra une puissance à l'échelle du globe.

C'était vrai en 1914, c'était vrai en 1939, et c'est de nouveau vrai aujourd'hui. Le capitalisme ne peut plus maîtriser les immenses forces productives qu'il a lui-même créées — sinon par la guerre.

Il ne peut y avoir de capitalisme pacifique. Les forces motrices fondamentales de ce système conduisent, comme au XXe siècle, à la guerre mondiale! Le capitalisme doit être renversé; les grandes banques et les grands trusts doivent être expropriés et placés sous contrôle démocratique! C'est précisément la perspective pour laquelle notre camarade Bogdan s'est battu avec tant de courage en Ukraine: l'unification des travailleurs contre les oligarques et les va-t-en-guerre de leur propre pays!

Cela ne peut pas être obtenu simplement dans les urnes. Cela ne peut être obtenu que si les travailleurs interviennent de manière indépendante dans les affaires politiques! Et notre campagne électorale sert précisément à préparer cela politiquement.

La justesse de cette analyse est démontrée de la manière la plus claire par le fait que tous les partis soutiennent la politique de guerre et l'enrichissement des riches. Quoi qu'ils disent pendant la campagne électorale, après les élections ils votent pour le réarmement et poursuivent les attaques sociales.

La coalition gouvernementale des chrétiens-démocrates (CDU/CSU) et des sociaux-démocrates (SPD) met en œuvre le réarmement avec un sang-froid bureaucratique et détruit les derniers vestiges de l'État-social. Les Verts, autrefois pacifistes, sont devenus les plus ignobles des va-t-en-guerre. Ils critiquent le gouvernement par la droite, exigent une escalade de la guerre contre la Russie et réclament encore plus de réarmement.

Le Parti de gauche (Die Linke) et son groupe dissident, le BSW de Sahra Wagenknecht, aiment parler de paix et entretenir l'illusion qu'elle pourrait être obtenue au moyen d'un peu plus de diplomatie. Compte tenu de la crise mondiale et du réarmement à l'échelle planétaire, ceci est absurde! En réalité, le discours d'une «Allemagne éprise de paix» n'est que le manteau dont le Parti de gauche s'enveloppe pour soutenir la politique de guerre.

C'est ce même parti qui a voté en faveur des crédits de guerre de mille milliards d'euros à la chambre haute du parlement et qui a ensuite permis l'élection rapide de Merz au poste de chancelier. Son président de l'époque, Jan van Aken, a même applaudi l'assassinat de responsables du gouvernement iranien par les États-Unis. Et partout où il partage le pouvoir au niveau régional, il applique les coupes nécessaires. À Berlin, il a d'abord renfloué la Bankgesellschaft à coups de milliards, puis a récupéré cet argent sur le dos des travailleurs par des baisses de salaire, la vente de 150.000 logements publics et des coupes dans l'éducation et la santé. Pendant 16 ans, il a co-gouverné cette ville et contribué à créer la misère sociale dont Berlin souffre aujourd'hui. Aujourd'hui, Elif Eralp, tête de liste du Parti de gauche à Berlin, se tient prête à poursuivre cette politique en tant que maire. Son modèle déclaré est le maire de New York Zohran Mamdani, qui a dû son élection à l'opposition massive à Trump — pour ensuite tenir une réunion «productive» avec Trump à la Maison-Blanche avant même son entrée en fonction. C'est ainsi qu'ils fonctionnent tous: des promesses grandioses pendant la campagne, la trahison le lendemain.

C'est précisément cette politique de droite menée au nom d'une politique de gauche qui offre un terrain fertile au parti d’extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD). Au cours de la campagne, nous rencontrons toujours et encore des travailleurs qui ne veulent rien avoir à faire avec les positions de l'AfD mais qui disent qu'ils voteraient pour elle en signe de protestation contre la politique des autres partis. Ils perçoivent l'AfD comme un adversaire de l’establishment haï.

Mais elle n’en est pas un. L'AfD défend même la politique de guerre et de coupes avec une agressivité toute particulière. Elle n'est pas une alternative aux autres partis, mais pousse le réarmement et les attaques sociales à l'extrême. On la renforce délibérément pour réprimer brutalement toute résistance. C'est l'AfD qui a été la première à exiger que 5 pour cent du PIB soient consacrés à l'armement. Aujourd'hui, chaque parti met cette politique en pratique. L'AfD veut développer massivement l'appareil d'État et écraser toute opposition au militarisme et aux coupes sociales brutales. Son incitation à la haine contre les réfugiés sert cet objectif: elle fait porter la responsabilité de la catastrophe sociale provoquée par le réarmement et l’enrichissement des plus riches aux plus faibles de la société.

Les travailleurs ont déjà fait la même expérience avec Trump, qui s'est d'abord présenté comme un candidat anti-establishment et qui met aujourd'hui agressivement en œuvre les intérêts des oligarques super-riches: à l'intérieur contre les travailleurs, et dans le reste du monde en faisant la guerre. Les démocrates soutiennent cette politique parce qu'ils parlent au nom de la même oligarchie.

Et voilà que le Parti de gauche nous déclare qu'on peut arrêter l'AfD en coopérant avec la CDU. C'est exactement ce qu'il a décidé lors de son plus récent congrès. Autant vouloir éteindre l’incendie avec l'aide de celui qui l’a allumé. En d'autres termes, le Parti de gauche veut arrêter l'AfD en rejoignant des coalitions toujours plus à droite et en imposant des attaques sociales toujours plus dures. En réalité, cela n'arrête pas l'AfD — cela lui ouvre la voie.

Il faut rappeler qu'Hitler non plus n'est pas simplement tombé du ciel. Avant même de porter Hitler au pouvoir, la classe dirigeante allemande a gouverné de manière de plus en plus dictatoriale. Dès mars 1930, le chancelier Heinrich Brüning gouvernait par décrets d'urgence, en contournant le Reichstag (le parlement). Le SPD a soutenu cela au motif que de nouvelles élections risquaient de renforcer Hitler et de déstabiliser l'économie.

Après que le président Hindenburg eut lâché Brüning, il installa les cabinets présidentiels de von Papen et von Schleicher, qui ne détenaient plus aucune légitimité par l'intermédiaire du Reichstag. Néanmoins, le SPD fit campagne pour la réélection d'Hindenburg en 1932 — pour empêcher Hitler, disait-il.

Or, c'est ce même Hindenburg, que le SPD avait soutenu, qui nomma ensuite Hitler chancelier du Reich le 30 janvier 1933. Deux mois plus tard, tous les partis bourgeois votèrent en faveur de la Loi des pleins pouvoirs, alors même que le parti nazi n'avait pas réussi à obtenir la majorité au Reichstag, même dans les conditions d’une terreur massive.

Le Parti de gauche d'aujourd'hui ne peut être comparé au SPD de cette époque, qui comptait encore des millions de partisans dans la classe ouvrière. Le Parti de gauche est un parti bourgeois de droite. Mais l'argument selon lequel on peut empêcher le fascisme au moyen de régimes toujours plus à droite est tout aussi faux aujourd'hui qu'il l'était alors. C'est exactement l'inverse qui est vrai.

Hitler a été porté au pouvoir par la classe dirigeante pour réprimer toute résistance aux attaques sociales massives et pour préparer l'Allemagne à une nouvelle guerre mondiale. Chemin faisant, les droits démocratiques ont été démantelés pas à pas.

Il en va de même aujourd'hui. Les énormes inégalités sociales et la politique de guerre insensée sont incompatibles avec les droits démocratiques. C'est pourquoi les manifestations contre le génocide de Gaza sont interdites, les opposants à la guerre réduits au silence, la surveillance étendue et l'ensemble de l'appareil d'État est préparé pour réprimer une opposition sociale grandissante. C'est pourquoi tous les partis capitalistes vont à droite, adoptent le programme de l'AfD et renforcent les fascistes. Au sein de la CDU, du SPD et du Parti libéral-démocrate (FDP), les voix qui réclament une coopération avec l'AfD se font de plus en nombreuses — une coopération déjà pratiquée de longue date au niveau de l'UE. Le BSW de Sahra Wagenknecht se propose même comme faiseur de majorité pour un «gouvernement d'experts» de l'AfD.

La seule façon d'arrêter l'AfD et la marche à droite dans son ensemble est un mouvement international de la classe ouvrière contre ce qui est à la racine du fascisme et de la guerre: le capitalisme.

Et les conditions objectives d'un tel mouvement existent déjà. Partout dans le monde, les travailleurs commencent à riposter contre la guerre et les coupes budgétaires. L'automne dernier en Italie, plus de 2 millions de personnes ont paralysé plus d'une centaine de villes dans une grève générale contre le génocide de Gaza. En France, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue contre les mesures d'austérité du gouvernement. Aux États-Unis, le centre de l'impérialisme mondial, 8 millions de personnes ont manifesté contre Trump en mars — la plus grande action de protestation de l'histoire du pays.

L'Allemagne aussi est en ébullition: chez VW, chez ZF Group, chez Bosch, dans le secteur public, dans les hôpitaux — partout, la colère monte face au vol des salaires, aux suppressions d'emplois et à la transformation de la société en machine de guerre. Les travailleurs veulent se battre. Mais chaque fois que la résistance se manifeste, ce sont les syndicats et les partis dits de gauche qui l'étouffent. IG Metall conclut des accords d'entreprise qui fixent des baisses de salaire pouvant atteindre 20 pour cent. Verdi appelle à des «grèves d'avertissement» pour ensuite vendre une perte de salaire réel comme «succès dans les négociation».

C'est pourquoi le combat pour l'indépendance de la classe ouvrière à l'égard de toutes ces organisations nationales et bourgeoises est la tâche centrale. Notre campagne électorale sert cet objectif.

Berlin ne manque pas de groupes qui parlent de socialisme mais finissent simplement par soutenir le Parti de gauche.

Les groupes Arbeiterinnenmacht et Sozialistische Organisation Solidarität se sont récemment réunis lors d'une rencontre de la «Gauche au sein de la Gauche» pour discuter du cadre dans lequel ils veulent soutenir la campagne électorale du Parti de gauche. Ils entretiennent délibérément l'illusion que ce parti foncièrement bourgeois pourrait arrêter les coupes, s'opposer à la guerre et désarmer la police. Il doivent penser que chaque Berlinois est frappé d'amnésie.

La Revolutionäre Internationale Organisation (RIO), qui s'était opposée au Parti de gauche en présentant ses propres candidats aux élections du Bundestag (le parlement fédéral), est depuis revenue se blottir dans son giron. Elle déclare soutenir la «Gauche au sein de la Gauche» et faire campagne pour les candidats qui s'opposent à une participation au gouvernement.

Ces organisations font tout ce qu'elles peuvent pour maintenir les travailleurs sous le contrôle des partis bourgeois et des syndicats.

Mais c'est précisément le contraire qui est nécessaire! Les travailleurs doivent intervenir dans les affaires politiques en tant que force indépendante! C'est pourquoi nous soutenons la construction de comités d'action de la base — internationaux et indépendants des appareils syndicaux. Ces comités doivent arracher la prise de décisions des mains des conseils d'administration et des responsables syndicaux et organiser la lutte contre les licenciements, les coupes et la politique de guerre. Avec l'Alliance ouvrière internationale des comités de base (IWA-RFC), nous avons lancé un réseau reliant ces comités par-delà les entreprises et les frontières nationales — de l'usine VW de Wolfsburg aux ouvriers de l'automobile de Detroit, qui luttent contre les mêmes groupes et la même politique de guerre.

Mais surtout, les travailleurs ont besoin de leur propre parti! Un parti ancré dans l'expérience historique qui déclare la guerre à toute adaptation politique à l'ordre existant. Le SGP s'appuie sur les grandes traditions révolutionnaires du mouvement ouvrier allemand et international: sur August Bebel; sur Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht qui ont combattu la Première Guerre mondiale et ont été assassinés pour cela; sur Lénine et la Révolution d'Octobre, qui, pour la première fois dans l'histoire, a porté les travailleurs au pouvoir en 1917; et sur Léon Trotsky qui a fondé la Quatrième Internationale contre la trahison du stalinisme, et dont nous sommes la section allemande. Cette tradition n'est pas du folklore — c'est l'expérience stratégique accumulée de 150 ans de lutte des classes, et c'est la seule réponse à une classe dirigeante qui renoue une fois de plus avec sa propre tradition d'impérialisme, de guerre et de fascisme. Ulrich Rippert abordera cela plus en détail dans son intervention.

C'est pourquoi il est si important à présent de soutenir la campagne électorale du SGP. Nous lançons cet appel à tous ceux qui refusent d'accepter les inégalités sociales criantes, la destruction du système de santé et d'éducation, la montée de l'AfD et la menace d'un anéantissement nucléaire de notre planète: soutenez la campagne électorale du SGP! Partagez cette vidéo! Organisez des réunions sur les lieux de travail, dans les écoles, les universités et les quartiers! Construisez des comités d'action de la base indépendants! Inscrivez-vous comme partisan actif et adhérez au SGP!

Le combat contre la guerre ne se décidera pas au sein de l'assemblée du Land de Berlin, mais sur les lieux de travail, dans les rues, dans les écoles et les universités — et il se décidera à l'échelle internationale.

Faites des élections du Land de Berlin le point de départ d'un mouvement socialiste international contre les coupes sociales brutales, le fascisme et la guerre!

Devenez un partisan actif du Sozialistische Gleichheitspartei!

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