Trump conclut une convention fasciste en demandant aux participants de lui prêter serment d’allégeance

Le président Donald Trump a clôturé la toute première convention de mi-mandat du Parti républicain à Dallas, au Texas – une véritable orgie de réaction fasciste – en appelant les participants à lui prêter serment d'allégeance et à « tricher autant que vous le pouvez » lors des élections du 3 novembre, qui auront lieu dans moins de deux mois.

Le président Donald Trump s'exprime lors de la convention républicaine, le jeudi 10 septembre 2026, à Dallas. [AP Photo/Tony Gutierrez]

Demandant à la foule présente dans l'American Airlines Center – qui n'était pas rempli – de lever la main droite, Trump a énoncé le serment suivant, en marquant des pauses pour permettre à l'auditoire de répéter chaque phrase :

Veuillez lever la main droite. Je promets au plus grand président de l'histoire des États-Unis – qui nous aime tellement qu'il en a le souffle coupé – que j'irai voter avec ma famille et mes amis. Je le ferai par tous les moyens ; peu m'importe d'être inscrit sur les listes électorales ou non, je vais essayer de tricher autant que je le pourrai, tout comme eux le font.

Il a ensuite déclaré à la foule que quiconque ne voterait pas « irait en enfer ».

Le serment exigé par Trump et ses attaques contre le processus électoral ne sont pas de simples propos isolés. Lui et les républicains tentent systématiquement de saper les élections et d'en prendre le contrôle dans les différents États du pays. Leur principale cible est le vote par correspondance. Parallèlement, le département de la Sécurité intérieure (DHS) de l'administration Trump s'attaque aux listes électorales des États dits « bleus » (démocrates), cherchant à priver de leur droit de vote des immigrants et des citoyens légalement habilités à le faire, en s'appuyant sur le mensonge selon lequel des millions d’ « illégaux » participeraient au scrutin.

Trump se fait le porte-parole d'une classe dirigeante de plus en plus impopulaire et assiégée. À l'approche des élections de novembre, le soutien à Trump et au Parti républicain s'est effondré ; une immense colère monte parmi des millions de travailleurs face à la guerre illégale en Iran, au génocide à Gaza, à la guerre menée contre les immigrants, ainsi qu'à l'explosion de l’inflation et des inégalités.

Alors que les travailleurs et les jeunes cherchent des alternatives aux deux grands partis du patronat et au capitalisme, l'oligarchie patronale cultive des éléments fascisants. Lors de l'événement de Dallas, presque tous les discours contenaient des attaques contre les immigrants, les personnes transgenres, les musulmans et les socialistes.

Avant l'intervention de Trump, la convention a diffusé une vidéo intitulée « God Made Trump » (Dieu a créé Trump), le présentant comme un dirigeant choisi par Dieu, envoyé pour affronter l'« État profond » et défendre le pays. La vidéo commençait ainsi : « Le 14 juin 1946, Dieu a contemplé le paradis qu'il avait conçu et a dit : 'J'ai besoin d'un gardien' ; c'est alors que Dieu nous a donné Trump. »

Lors des deux soirées, Trump a affirmé à maintes reprises que la salle était comble et que d'autres partisans attendaient à l'extérieur. Pourtant, les images prises à l'intérieur de l'American Airlines Center montraient une réalité bien différente. Des sections entières de gradins étaient recouvertes de bâches, tandis que de vastes zones du niveau supérieur restaient vides.

L'amphithéâtre, qui accueille habituellement les Mavericks de Dallas (NBA) et les Stars de Dallas (LNH), peut recevoir environ 19 200 spectateurs pour le basket-ball, et jusqu'à 21 000 selon la configuration. Bien qu'aucun chiffre officiel de fréquentation n'ait été communiqué, le Comité national républicain a peiné à remplir la salle, malgré la distribution de billets gratuits au grand public. Une loterie publique pour les billets avait été lancée en août et, moins d'une semaine avant la convention, des SMS non sollicités avaient été envoyés aux habitants de la région de Dallas faisant la promotion de « BILLETS GRATUITS » afin de voir Trump.

Cette participation limitée coïncide avec une baisse de la cote de popularité de Trump, tombée à 33 % dans un sondage Reuters/Ipsos réalisé en août. Avant la convention, Axios avait rapporté qu'une centaine seulement de législateurs et candidats républicains prévoyaient d'y assister, la plupart des élus républicains à la Chambre issus de circonscriptions disputées préférant s'abstenir.

Le vice-président JD Vance s'est exprimé devant l'assemblée, suscitant des slogans tels que « 48 » de la part d'une partie du public, en référence à une éventuelle candidature à la présidentielle de 2028. Souriant, Vance a répondu : « Nous devons d'abord accomplir notre mission en novembre ; nous nous soucierons de la suite plus tard. »

Jouant sur les préjugés racistes répandus au sein du Parti républicain, Vance a déclaré au début de son discours : « Nous en avions assez d'être traités de racistes pour avoir constaté que notre pays devenait plus sale, plus pauvre, moins sûr et moins prospère. » Plus tard, s'adressant à un manifestant qui brandissait un drapeau mexicain, il a lancé : « Si vous aimez tant le Mexique, allez-vous-en là-bas. Je vous paie le billet d'avion. »

Vance n'a fait aucune mention directe de la guerre des États-Unis contre l'Iran, l'une des nombreuses crises auxquelles l'administration est confrontée. Sa seule référence apparente est intervenue lorsqu'il a évoqué l'opposition supposée de Charlie Kirk à la guerre, ce fasciste assassiné. « Ce que je vous demande de faire, c'est d'agir comme Charlie : ne jetez pas le bébé avec l'eau du bain », a déclaré Vance. « Ne livrez pas le pays à une bande de fous simplement parce que vous êtes en désaccord avec nous sur tel ou tel point de politique. »

Vance est également resté silencieux au sujet de la promesse de Trump d'offrir un pot-de-vin de 5000 dollars à chaque citoyen adulte si les républicains conservaient le contrôle de la Chambre et du Sénat lors des élections de novembre.

Cherchant à attiser une atmosphère digne d'un pogrom à la veille du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre, le sénateur du Texas Ted Cruz a dénoncé le Parti démocrate, affirmant qu'il avait été submergé par une « nouvelle et dangereuse alliance rouge-verte : communistes et islamistes ».

Cruz a cité nommément le maire de New York, Zohran Mamdani, ainsi que les candidats démocrates au Sénat dans le Michigan et au Texas. Pendant qu'il s'exprimait, un homme dans le public a appelé à plusieurs reprises à leur assassinat.

« Quand Mamdani dit qu'il veut s'emparer des moyens de production, il est sérieux », a déclaré Cruz.

« Il devrait être abattu ! » a hurlé l'homme.

« Quand Abdul El-Sayed dit qu'il a, je cite, 'l'obligation de se conformer à la charia', il est sérieux », a poursuivi Cruz.

« Il devrait être abattu ! » a de nouveau crié l'homme.

« Et quand James Talarico dit qu'il veut démanteler le capitalisme, il est sérieux », a dit Cruz.

« Il devrait être abattu ! » a hurlé l'homme une troisième fois.

Cruz n'a ni reconnu ni condamné ces menaces de mort. Son compte sur les réseaux sociaux a par la suite publié une vidéo du discours dans laquelle les menaces étaient clairement audibles.

Cruz, partisan de la tentative de coup d'État avortée de Trump du 6 janvier, a affirmé que les communistes et les islamistes étaient unis parce qu'« ils haïssent les chrétiens. Ils haïssent les juifs. Ils haïssent le capitalisme. Ils haïssent la Constitution et ils haïssent l'Amérique. »

Le serment exigé par Trump – y compris son appel à ses partisans pour qu'ils « trichent autant qu’ils le peuvent » – et les menaces de mort proférées à l'encontre de trois responsables politiques démocrates sont survenus près de 15 mois après l'assassinat de l'ancienne présidente de la Chambre du Minnesota, Melissa Hortman. Malgré ce contexte, aucun de ces incidents n'a été mentionné sur les pages d'accueil de plusieurs grands médias vendredi après-midi.

La page d'accueil du New York Times présentait deux articles sur la convention républicaine, mais aucun titre ne mentionnait le serment prêté à Trump ou les menaces de mort. La couverture en direct de la convention par ABC News, mise à jour pour la dernière fois plusieurs heures après l'intervention de Cruz, ne faisait aucune mention de son discours ni du membre du public ayant appelé à abattre Mamdani, El-Sayed et Talarico.

Il ne s'agit pas d'une erreur de la grande presse capitaliste, mais d'une décision délibérée de minimiser le danger de dictature et la menace du fascisme. Le virage vers le fascisme aux États-Unis s'inscrit dans un processus mondial. De la récente victoire électorale de l'AfD en Allemagne à la promotion de la fasciste Giorgia Meloni dans les pages du New York Times, la classe dirigeante de chaque pays se tourne vers la réaction d'extrême droite. La défense des droits démocratiques dépend du développement d'un mouvement indépendant et socialiste de la classe ouvrière contre l'oligarchie financière.

Loading