Hegseth rencontre secrètement Netanyahou alors que les États-Unis s’apprêtent à reprendre leurs attaques contre l’Iran

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou prend la parole lors d’une cérémonie officielle à la mémoire des victimes de l’attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023, au cimetière du mont Herzl à Jérusalem, le lundi 5 octobre 2026. [AP Photo/Debbie Hill/Pool Photo]

Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, a rencontré lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à la base aérienne d’Ovda, dans le sud d’Israël, qui accueille des avions de chasse et des avions ravitailleurs américains. Cette visite de Hegseth, restée secrète jusqu’à ce que le site d’information Axios la révèle, a eu lieu huit jours avant les élections israéliennes du 27 octobre et un jour après que le président américain Donald Trump a apporté son soutien à Netanyahou pour sa réélection.

Les États-Unis et Israël s’apprêtent à reprendre la guerre contre l’Iran après les élections israéliennes et les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre. Le déchaînement de violence des colons israéliens en Cisjordanie occupée et la famine imposée à Gaza accompagnent l’escalade américano-israélienne contre l’Iran.

Le porte-parole de Netanyahou, Doron Spielman, a confirmé mardi cette rencontre. Spielman a indiqué que Hegseth et Netanyahou avaient discuté des « menaces dans la région » et de la manière dont les États-Unis et Israël y feraient face, sur le plan offensif comme défensif. Hegseth a remercié Israël d’accueillir les milliers de militaires américains qui y sont stationnés, a ajouté Spielman.

La presse américaine fait état depuis deux semaines des préparatifs de reprise de la guerre contre l’Iran. Axios a rapporté le 7 octobre, citant des responsables américains et israéliens, que le Pentagone avait ordonné aux forces américaines au Moyen-Orient de terminer les préparatifs en vue de la reprise d’opérations de combat de grande envergure contre l’Iran.

Trump a déclaré fin septembre au magazine Time qu’il serait « possible » d’intensifier les bombardements contre l’Iran après les élections. Début octobre, l’armée américaine a envoyé en direction du Moyen-Orient environ 2 000 Marines et 7 000 marins, dont le groupe aéronaval de l’USS Theodore Roosevelt.

Le groupe aéronaval du Roosevelt doit arriver d’ici la fin novembre, a rapporté mardi le Jerusalem Post, citant Fox News, tandis que la 13e unité expéditionnaire des Marines a appareillé de San Diego à bord du groupe amphibie de l’USS Makin Island. Les porte-avions USS George H.W. Bush et USS George Washington se trouvent déjà dans la région, avec des centaines d’avions américains. Ces nouveaux navires portent à environ 20 000 militaires l’effectif américain dans la région, a rapporté Al Jazeera le 9 octobre.

Jennifer Griffin, correspondante principale de Fox News pour la sécurité nationale, a écrit mardi que le déploiement du Roosevelt « offrirait davantage d’options aux États-Unis, alors que le président [Donald] Trump envisagerait, selon certaines informations, d’intensifier les frappes contre l’Iran après les élections de mi-mandat [du 3 novembre] ».

Netanyahou a déclaré dimanche aux journalistes : « Le régime doit tomber, et je le ferai tomber. » Mardi, à l’université de Tel Haï, près de la frontière libanaise, il a affirmé : « Finir le travail, cela signifie faire tomber le régime terroriste en Iran. » Netanyahou a dit avoir parlé avec Trump du renversement du gouvernement iranien « plus d’une fois, y compris avant-hier ».

Dans son message de soutien à Netanyahou, publié dimanche sur Truth Social, Trump a écrit qu’à moins que les Iraniens ne « changent de comportement, et rapidement », les États-Unis « finiraient bientôt le travail ». Trump a aussi écrit : « Si Israël a le mauvais dirigeant, c’est-à-dire n’importe qui d’autre que Bibi, l’Amérique devra faire ce travail elle-même, et je ne suis pas enclin à le faire. »

Les États-Unis et Israël ont commencé à bombarder l’Iran le 28 février et, le 13 avril, l’armée américaine a imposé un blocus aux ports iraniens. Washington a signé un « cessez-le-feu » avec l’Iran le 17 juin, avant de le rompre les 7 et 8 juillet, lorsque les forces américaines ont frappé ce que l’armée américaine a présenté comme environ 170 sites militaires et bateaux iraniens.

Des ministres israéliens appellent à la guerre en Cisjordanie en parallèle de la guerre contre l’Iran. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré le 27 septembre dans un podcast du site d’information israélien Ynet qu’Israël devait « partir en guerre en Judée-Samarie » – appellation officielle israélienne de la Cisjordanie – « pour démanteler l’Autorité palestinienne ».

Environ 80 colons, dont beaucoup étaient masqués, ont attaqué vendredi des cueilleurs d’olives palestiniens à Abou Falah, un village situé au nord-est de Ramallah, frappant les cueilleurs ainsi qu’une photographe du Washington Post, Heidi Levine, tandis que des soldats israéliens tiraient des gaz lacrymogènes sur les cueilleurs. Samedi, des colons ont attaqué des diplomates belges, français et polonais à Taybeh, un village chrétien palestinien situé au nord-est de Ramallah. Dimanche, Netanyahou a qualifié d’« énorme exagération » la condamnation internationale de ces attaques de colons.

Le ministère de la Santé de Gaza a indiqué samedi qu’Israël y avait tué 1 511 Palestiniens depuis le début du « cessez-le-feu », le 10 octobre 2025. Le 14 octobre, Israël a coupé toutes les livraisons commerciales à destination de Gaza. Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, qui a reçu cette année moins de la moitié de son financement habituel pour Gaza et la Cisjordanie, a annoncé lundi que ses distributions de vivres à Gaza rejoindraient 1,1 million de personnes au lieu de 1,6 million.

Les partenaires de la coalition de Netanyahou réclament l’annexion de Gaza et l’expulsion de sa population. Smotrich a déclaré le 6 octobre lors d’une conférence à Jérusalem : « J’exige que l’État d’Israël applique de façon permanente sa souveraineté sur les territoires qu’il détient actuellement, à Gaza comme au Liban. » Le 3 septembre, le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, qui dirige le parti d’extrême droite Otzma Yehudit (Force juive), a présenté un plan visant à chasser du territoire, d’ici sept ans, 1,86 million de Palestiniens – soit presque toute la population de Gaza – par ce qu’il appelle l’« émigration ».

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