Nouveaux indices d’une reprise imminente de l’assaut impérialiste contre l’Iran

Sur cette photographie diffusée par la marine américaine, des avions militaires sont alignés sur le pont d’envol du porte-avions de classe Nimitz USS Theodore Roosevelt, le 4 juillet 2024, en mer de Chine méridionale. [AP Photo/Seaman Ryan Holloway]

Le New York Times a rapporté lundi que des responsables d’Arabie saoudite, de Turquie et du Pakistan avaient convergé vers Téhéran pour des discussions d’urgence, alors que l’administration Trump et le gouvernement israélien menacent de lancer un nouvel assaut contre l’Iran, avec d’éventuelles frappes avant ou après les élections de mi-mandat du 3 novembre aux États-Unis.

Les préparatifs d’une escalade majeure mettent à nu le fossé qui sépare les déclarations de Washington sur ses succès militaires du contrôle exercé par les États-Unis sur le détroit d’Ormuz. Parallèlement, un organisme maritime britannique a confirmé lundi qu’un pétrolier avait été immobilisé par un projectile, tandis que l’Iran menace de nouvelles attaques contre les navires qui défient les restrictions de transit imposées par Téhéran.

Selon houseofsaud.com, qui cite l’agence de presse iranienne Tasnim, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a déclaré le détroit « fermé » lundi et averti que les navires enfreignant sa réglementation risquaient d’être « engloutis par les flammes ». Le reportage décrit un système visant à faire respecter les passages approuvés, et non un arrêt unilatéral de l’ensemble du trafic maritime ni une menace sans réserve contre chaque navire.

Dans le cadre fixé par l’Autorité du détroit du golfe Persique (PGSA), tel que le décrit houseofsaud.com, les navires doivent s’enregistrer, obtenir une autorisation avant chaque transit et suivre un couloir nord approuvé par l’Iran. Les navires qui empruntent la voie sud, défendue par Washington et Oman, sont classés comme non conformes et s’exposent à une interception. La liste noire de l’Autorité serait passée de 46 navires au 24 août à 124 au 22 octobre.

La coopération avec la PGSA – y compris l’enregistrement, la transmission de données et les paiements – peut exposer les entreprises à des sanctions américaines, selon le reportage de houseofsaud.com. Téhéran présente ses actions comme une répression des transferts de pétrole non autorisés et de la « contrebande ».

La semaine dernière a vu une série de frappes signalées contre des navires. Selon des sources iraniennes, quatre pétroliers qui effectuaient des transferts non autorisés de navire à navire ont été frappés les 22 et 23 octobre, tandis que trois autres navires ont heurté des mines. CBS a rapporté que les affirmations de l’Iran, selon lesquelles il aurait frappé quatre pétroliers, ne pouvaient être corroborées, et l’identité des navires et de leurs exploitants demeure non confirmée dans ce que rapporte houseofsaud.com.

Il existe toutefois une confirmation indépendante d’au moins une frappe d’importance. Lundi, le Centre des opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni (UKMTO) a fait état d’un « rapport tardif vérifié » selon lequel un pétrolier sortant avait été touché vendredi par un projectile inconnu, qui l’avait immobilisé.

Le rapport de l’UKMTO indique : « Un pétrolier en transit sortant a été touché par un projectile inconnu, ce qui a immobilisé le navire. L’équipage est signalé sain et sauf. Aucune évaluation des dégâts ni aucun rapport sur l’impact environnemental ne sont disponibles pour l’instant. Il est conseillé aux navires de transiter avec prudence et de signaler toute activité suspecte à l’UKMTO, pendant que les autorités enquêtent. » Le rapport n’établit pas l’identité de l’auteur de l’attaque et ne démontre pas si cet incident coïncide avec les affirmations de l’Iran.

Dans le même temps, les assurances de Washington quant à la sécurité de la navigation dans le détroit ne sauraient être acceptées. Le CENTCOM (Commandement central des États-Unis) a affirmé que les couloirs avaient été débarrassés des mines et que 95 pour cent des navires « parvenaient à passer ». Le président Trump – qui a falsifié à plusieurs reprises des informations sur la circulation dans le détroit dans le cadre d’une manipulation des marchés financiers et pétroliers – a accusé l’Iran d’inventer des attaques pour faire monter les prix du pétrole avant les élections. Trump a également prétendu, de manière grotesque, que davantage de pétrole passait par Ormuz qu’avant la guerre.

Comme l’a rapporté le WSWS lundi, Trump a ouvertement menacé, dans l’entretien accordé dimanche à Fox News : « J’ai une décision à prendre : est-ce que j’en finis, ce qui serait très facile à faire, ou est-ce que je conclus un accord ? C’est tout. » Vendredi, il avait évoqué une nouvelle « petite Epic Fury », nom de la campagne aérienne américano-israélienne initiale, qui comprenait l’assassinat des dirigeants iraniens. CBS a fait état du déploiement de forces américaines supplémentaires, dont un troisième groupe aéronaval en route vers le Moyen-Orient.

L’article du New York Times sur les discussions de lundi à Téhéran souligne l’urgence que suscite la probabilité d’un nouvel embrasement. Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, et le chef des services de renseignement turcs, Ibrahim Kalin, ont rencontré des représentants iraniens. Des informations ultérieures ont confirmé que les délégations avaient tenu une première réunion et convenu de poursuivre les discussions. Le Qatar avait également envoyé des médiateurs à Téhéran dimanche.

Les trois États en visite font partie du nouveau pacte de La Mecque, également décrit comme l’accord de défense commune de La Mecque (Makkah Joint Defense Agreement). Selon EA WorldView, ce cadre, établi en août, lie l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan dans une défense collective. L’Iran est leur interlocuteur, et non un membre signalé. Les informations disponibles ne permettent pas d’établir les engagements opérationnels détaillés du pacte, ni d’éventuelles dispositions prévoyant une riposte militaire automatique.

Les discussions ont également porté sur le conflit entre l’Arabie saoudite et les Houthis, dont l’escalade menace les aéroports, les infrastructures pétrolières et les routes d’exportation alternatives. CBS News a rapporté que les efforts diplomatiques des gouvernements du pacte de La Mecque traduisent leur intérêt immédiat à contenir la guerre qui déstabilise les équilibres économiques et sécuritaires de la région.

Dans ce contexte, Axios a publié les détails d’une note de renseignement du 23 octobre affirmant que les efforts de l’Iran pour tuer des responsables américains étaient parvenus à des « stades avancés ». Ce document non classifié d’une page, envoyé par le directeur du Renseignement national, Jay Clayton, au secrétaire d’État Marco Rubio, affirmait que l’Iran avait « considérablement accru » ses efforts de ciblage.

La note ne désigne aucune cible précise, n’identifie aucun pays en dehors du Moyen-Orient et ne fournit aucune preuve opérationnelle. Des responsables américains ont invoqué des complots iraniens et des menaces des Houthis pour justifier des réductions des effectifs diplomatiques dans plusieurs pays, signe qu’un conflit militaire dans la région est imminent.

La publication de la note, parallèlement à des préparatifs militaires américains connus, donne du crédit aux affirmations selon lesquelles les « renseignements » qui circulent constituent le casus belli d’une reprise de la guerre. La conjonction d’allégations de renseignement non divulguées, d’évacuations d’ambassades et de menaces présidentielles d’un nouvel assaut ne saurait être niée.

Les Houthis ont déclaré avoir attaqué dimanche l’aéroport international de Riyad, quelques heures après la reprise des vols à la suite d’une fermeture de plus de deux semaines. Le porte-parole militaire Yahya Saree a revendiqué une frappe réussie au missile balistique ainsi que des attaques de drones contre des stations de pompage de pétrole.

Le porte-parole de la coalition saoudienne, Turki al-Maliki, a contredit les affirmations des Houthis, déclarant que les défenses anti-aériennes avaient intercepté et détruit le missile balistique dirigé vers Riyad, et les autorités saoudiennes ont également annoncé des interceptions de drones.

Samedi, le président Trump s’est félicité des conséquences économiques pour les producteurs de pétrole tout en balayant le fardeau que représentent pour les consommateurs les prix élevés de l’essence. Lors d’un meeting en Géorgie, Trump, falsificateur en chef, a déclaré : « Nous gagnons donc des centaines et des centaines de milliards, des milliers de milliards de dollars », faisant fi des mises en garde de ses conseillers, qui lui avaient demandé de ne pas aborder le sujet. Les faits sont les suivants : les résultats officiels d’ExxonMobil pour le deuxième trimestre ont enregistré un doublement des bénéfices, à 14,525 milliards de dollars, tandis que le bénéfice trimestriel de Chevron a quadruplé, à 12,1 milliards de dollars.

Par ailleurs, le prix de l’essence ordinaire s’élevait en moyenne à 1,13 dollar le litre le 19 octobre, soit 0,32 dollar de plus qu’un an plus tôt, selon des chiffres de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) cités par Yahoo Finance. La hausse des coûts de transport et d’énergie se répercute sur les budgets des ménages. Un sondage New York Times/Siena révèle que 73 pour cent des personnes interrogées désapprouvent la gestion par Trump des prix de l’essence et 65 pour cent sa gestion de la guerre contre l’Iran.

Les démocrates n’offrent aucune opposition à la folie guerrière catastrophique de l’administration Trump. Tout en exploitant la colère populaire face à la hausse du coût de la vie et à la baisse des salaires réels, les démocrates soutiennent les objectifs de guerre impérialistes contre l’Iran et critiquent la politique de Trump envers la Russie en exigeant une confrontation accrue avec un pays doté de l’arme nucléaire.

Le WSWS a précédemment rendu compte de l’engagement pris le 20 octobre par de hauts responsables démocrates de la Chambre des représentants d’imposer un soutien supplémentaire à l’Ukraine en matière de sécurité, d’économie et de renseignement, ainsi que des dénonciations par les démocrates du « cessez-le-feu énergétique » de Trump avec la Russie. La guerre contre l’Iran et l’affrontement des États-Unis et de l’OTAN avec la Russie par Ukraine interposée sont des fronts étroitement liés d’une guerre mondiale en expansion, soutenue par les deux partis capitalistes.

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