L’armée américaine a mené une nouvelle série d’attaques illégales au Yémen mardi, la troisième en un peu moins d’une semaine. Cette dernière suite de frappes montre clairement que les États-Unis intensifient la guerre pour l’étendre à tout le Moyen-Orient, l'Iran et ses alliés en étant les cibles principales, parallèlement au génocide israélo-américain en cours à Gaza.
L'armée américaine a déclaré que sa frappe de mardi matin visait des sites de lancement de missiles au Yémen, que les rebelles houthis pro-iraniens utilisent pour cibler les navires de guerre américains apportant un soutien logistique au génocide à Gaza. Cette dernière attaque fait suite à d’autres attaques menées jeudi et vendredi dernier.
Mardi également, les États-Unis ont annoncé que deux «Navy SEALs» [soldats américains sur un navire] ont été perdus en mer jeudi dernier et sont présumés morts. Ils faisaient partie d’une mission pour saisir ce qui, selon les États-Unis, était des armes en provenance d’Iran fournies aux rebelles houthis.
L’escalade de la guerre survient alors que de nouvelles alertes désespérées ont été lancées au sujet de la catastrophe humanitaire de Gaza, les Nations unies avertissant que «absolument chacun» à Gaza était confronté à la faim.
Dans un rapport publié mardi, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme avertit que les habitants de Gaza représentent désormais 80 pour cent de toutes les personnes confrontées à la famine ou à une faim catastrophique dans le monde, en raison des bombardements et du blocus systématique par Israël de la nourriture, de l’eau, des médicaments et de l’électricité.
Le rapport fait cette mise en garde:
« À l’heure actuelle, chaque habitant de Gaza souffre de la faim. Un quart de la population n’a rien à manger et lutte pour trouver nourriture et eau potable, et la famine est imminente. Les femmes enceintes n’ont ni alimentation et ni soins de santé adéquats, ce qui met leur vie en danger. En outre, tous les enfants de moins de cinq ans — 335.000 — ont un risque élevé de malnutrition sévère, alors que le risque d’une situation de famine ne cesse d’augmenter. Une génération entière risque désormais de souffrir de rachitisme ».
Les Nations Unies ont averti que la faim et la malnutrition pendant l’enfance «provoquent des déficiences physiques et cognitives irréparables» et ils «sapent la capacité d’apprentissage d’une génération entière».
Le rapport de l’ONU indique clairement qu’Israël est responsable de cette catastrophe humanitaire. Il déclare:
« Il n’y a aucun endroit sûr à Gaza. Depuis le 9 octobre, Israël a déclaré et imposé un ‘‘siège total’’ à Gaza, privant 2,3 millions de Palestiniens d’eau, de nourriture, de carburant, de médicaments et de fournitures médicales. Cela fait suite à un blocus israélien qui dure depuis 17 ans et qui, avant cette guerre, avait déjà plongé près de la moitié des habitants de Gaza dans l’insécurité alimentaire et rendu plus de 80 pour cent d’entre eux dépendants de l’aide humanitaire ».
Le rapport conclut: «Il est sans précédent d’affamer une population civile entière de façon aussi complète et rapide. Israël détruit le système alimentaire de Gaza et utilise la nourriture comme arme contre le peuple palestinien».
Lors d’une réunion avec un représentant du gouvernement Biden, le Premier ministre israélien Netanyahou aurait déclaré selon les médias israéliens: «Il n’y a pas de catastrophe humanitaire à Gaza».
Dans le contexte des audiences de la Cour internationale de justice qui ont eu lieu la semaine dernière à La Haye et qui accusent Israël de commettre un génocide à Gaza, les responsables américains n’ont fait que redoubler leur soutien au génocide.
Dans une interview accordée à CNBC, on a demandé au secrétaire d’État américain Antony Blinken de réagir à la déclaration du Premier ministre israélien qu’Israël poursuivrait son assaut sur Gaza au mépris de La Haye.
Blinken a répondu: «Dès le premier jour, nous avons fermement soutenu le droit d’Israël à se défendre. Nous avons fermement soutenu son droit d’essayer de garantir que le 7 octobre ne se reproduise plus jamais».
Dans une déclaration séparée de cette interview, Blinken a dit: «Notre objectif est de faire en sorte que le 7 octobre ne se reproduise plus jamais. C’est ce que nous devons faire. Ceci devrait constituer la mesure». Il a affirmé de manière absurde qu’«Israël avait fait de bons progrès».
Mardi, le président Joe Biden s’est entretenu avec le chancelier allemand Olaf Scholz et les deux leaders ont «réaffirmé leur soutien au droit d’Israël à se défendre».
Les médias américains, quant à eux, multiplient les appels à une guerre plus large au Moyen-Orient. Dans un éditorial intitulé «L’Iran et les Houthis n’entendent pas le message de Biden», le Wall Street Journal déclare: «La milice mandataire iranienne des Houthis continue de tirer des missiles sur des navires américains et deux «Navy SEALs» sont portés disparus en mer après une mission visant à saisir des pièces de missiles de fabrication iranienne destinées aux Houthis.
Le Journal, selon lequel «il semble bien que les Houthis et l’Iran soient en guerre contre les États-Unis», a exigé une réponse militaire encore plus agressive.
Vendredi, le bilan des morts dans la bande de Gaza s’élevait à 31.497 personnes, selon l’Euro-Med Monitor. Ce chiffre comprend les morts officiellement déclarés et les personnes disparues depuis plus de 14 jours, très probablement ensevelies sous les décombres.
Le ministère de la Santé de Gaza a indiqué qu’entre lundi et mardi, 158 Palestiniens avaient été tués et 320 autres blessés. L’ONU note que «le 15 janvier, tôt le matin, vingt personnes, en majorité des femmes et des enfants, ont été tuées lorsqu’une maison a été frappée dans le quartier Al-Sabra de Gaza-ville». Lors d’une autre attaque le même jour, «vers 19 heures, douze personnes ont été tuées et douze autres blessées lorsqu’une maison située entre les villes de Khan Younis et Rafah a été frappée».

Dans une déclaration sur Twitter, Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’homme, a déclaré qu’elle «n’aurait jamais pensé que nous assisterions à une famine de masse de ces proportions au XXIe siècle». Elle poursuit: «Et pourtant, après 100 jours de bombardements, c’est bien la situation à Gaza, où la nourriture, le carburant et l’eau ne sont pas autorisés à entrer », ajoutant «les enfants meurent en premier. Les adultes suivront. Sous nos yeux.'
(Article paru d’abord en anglais le 17 janvier 2024)
