La victoire de l’ex-président Donald Trump aux primaires présidentielles républicaines dans le New Hampshire renforce la probabilité que l’élection présidentielle américaine de novembre soit un concours entre le républicain fasciste et le démocrate sortant Joe Biden, instigateur de la guerre contre la Russie en Ukraine et du génocide israélien à Gaza.
Il s’agit d’un «choix» qui rebute la grande majorité de la population américaine. Selon les sondages, plus de la moitié des Américains affirment qu’ils ne voteront jamais pour Trump. Dans le même temps, la popularité de Joe Biden a chuté à seulement 40 pour cent, 57 pour cent désapprouvant ses actions en tant que président.
Alors que le système capitaliste à deux partis et la classe dirigeante des chefs d’entreprise et des oligarques financiers se déplacent vers la droite, la classe ouvrière, et en particulier les jeunes, se déplace vers la gauche. Cette dichotomie politique s’exprime par la multiplication des grèves et la poursuite des manifestations contre le massacre des Palestiniens de Gaza par Israël, soutenu par les États-Unis.
Malgré sa victoire dans les deux premières compétitions pour l’investiture républicaine à l’élection présidentielle, Donald Trump n’est guère en position de force. Il a obtenu 51 pour cent des voix républicaines lors des caucus de l’Iowa et 54 pour cent des voix républicaines et indépendantes lors des primaires du New Hampshire, soit un peu plus de la moitié des votants dans chaque cas.
En conséquence, les commentaires de la presse avertissent qu’il doit encore consolider l’électorat de son propre parti, sans parler de faire des percées significatives parmi les démocrates et les indépendants de tendance démocrate. Trump a battu sa seule adversaire restante pour l’investiture, l’ancienne gouverneure de Caroline du Sud et ambassadrice de l’ONU Nikki Haley, parmi les républicains inscrits dans le New Hampshire, avec une victoire de 74 à 25, mais il n’a obtenu que 31 pour cent des indépendants de tendance républicaine, un pourcentage inférieur à celui qu’il a obtenu en 2020.
Quant à Joe Biden, Dan Balz du Washington Post a écrit: «Son plus grand atout est que son adversaire probable fait plus pour motiver la base démocrate et certains indépendants anti-Trump que Joe Biden lui-même».
Dans le New Hampshire, Biden a facilement battu le représentant Dean Phillips, même s’il ne figurait pas sur le bulletin de vote en raison d’une querelle entre le parti national et le parti de l’État au sujet de la revendication du New Hampshire d’être la première primaire, alors que Biden et le parti national ont insisté pour que la Caroline du Sud soit la première.
Quelque 72 pour cent des électeurs démocrates du New Hampshire ont inscrit le nom de Biden, tandis que 20 pour cent seulement ont voté pour Phillips, qui s’en prenait à Biden de la droite. Le député du Minnesota a laissé entendre qu’il pourrait quitter le parti et demander l’investiture de la campagne «No Labels», un groupe de façade créé par plusieurs milliardaires pour opérer dans le minuscule espace qui réside entre les démocrates et les républicains.
La grande majorité de l’opposition à Biden parmi les électeurs démocrates vient de la gauche, en particulier sur la question de son soutien sans réserve et sans faille à l’assaut israélien sur Gaza. Le gouvernement a acheminé des milliards de dollars d’armement au gouvernement israélien de Netanyahou, finançant et armant sa campagne de massacres, qui en est à son quatrième mois.
Les apparitions de Joe Biden au cours de la campagne ont été marquées par des manifestants brandissant des drapeaux palestiniens et traitant le président de «Joe le génocidaire». L’une de ces manifestations a eu lieu lundi lors d’un rassemblement de la campagne de Biden et de la vice-présidente Kamala Harris à la périphérie de Washington, qui se consacrait à la promotion du Parti démocrate en tant que défenseur du droit à l’avortement.
Des manifestants ont également interrompu le discours de Joe Biden mercredi lors de la conférence législative de l’United Auto Workers (UAW) à Washington, au cours de laquelle Joe Biden a accepté le soutien du syndicat dans la course à la présidence. Les bureaucrates de l’UAW ont enterré les voix des manifestants sous les chants «UAW! UAW!», exprimant clairement leur soutien au Parti démocrate et au génocide à Gaza.
Les campagnes de Trump et de Biden ont toutes deux déclaré que les résultats du New Hampshire marquaient la fin de la course aux nominations des partis et le début de la campagne pour les élections générales, plus de sept mois avant que les électeurs ne se rendent aux urnes.
Trump a dénoncé Haley pour avoir poursuivi sa campagne, avec son mélange habituel d’obscénités, de diffamation personnelle et de menaces de représailles. Biden a publié un communiqué de la Maison-Blanche dans lequel il déclare: «Il est désormais clair que Donald Trump sera le candidat républicain. Et mon message au pays est que les enjeux ne pourraient être plus élevés».
Il a poursuivi en affirmant que la démocratie, la liberté individuelle et la prétendue reprise économique après le COVID étaient toutes en jeu, mais n’a fait aucune mention de l’objectif central de son gouvernement: la poursuite de la guerre contre la Russie en Ukraine et le soutien à l’anéantissement de la bande de Gaza par Israël.
Une compétition Trump-Biden, version 2.0, commence sur un terrain encore plus à droite que la fin de la campagne de 2020. Trump entre dans la campagne des élections générales en défendant haut et fort ses partisans fascistes qui avaient pris d’assaut le Capitole le 6 janvier 2021 afin d’empêcher le Congrès de certifier la défaite de Trump et de le maintenir à la Maison-Blanche en tant que président-dictateur.
Biden a mis en pratique l’essence de la critique démocrate tout au long du premier mandat de Trump – à savoir qu’il était trop conciliant envers le président russe, Vladimir Poutine – en déclenchant une guerre avec la Russie en Ukraine, dans laquelle le gouvernement américain a déjà déversé plus de 100 milliards de dollars. Afin d’obtenir 60 milliards de dollars supplémentaires pour cette guerre de la part de la Chambre des représentants, désormais contrôlée par les républicains, Joe Biden s’apprête à intensifier de manière drastique la guerre contre les migrants qui cherchent à franchir la frontière entre les États-Unis et le Mexique.
Dans le même temps, toutes ses promesses de réformes sociales substantielles et d’augmentation des dépenses en matière de soins de santé et d’autres services vitaux sont restées lettre morte. La promesse de Biden d’être un président «pro-syndical» s’est toutefois concrétisée par l’utilisation répétée des syndicats pour étrangler les luttes des travailleurs, soit en trahissant les grèves, soit en les bloquant complètement, soit, comme dans le cas des cheminots, en les retardant jusqu’à ce que le Congrès puisse adopter une législation antigrève.
En échange de la reconnaissance du rôle de gendarme industriel des syndicats, Biden a reçu le soutien de tous les grands syndicats, y compris l’UAW mercredi. Les syndicats dépenseront des dizaines de millions de dollars et mobiliseront leur appareil bureaucratique, en particulier dans les États clés comme le Michigan, la Pennsylvanie, le Wisconsin et la Géorgie, pour soutenir la campagne démocrate.
Le soutien des syndicats à Biden est une trahison commise envers les travailleurs encore plus grande que n’importe quel sabotage de grève. Ils cherchent à lier la classe ouvrière à un gouvernement qui est de plus en plus détesté, non seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier, en tant que fer de lance de la guerre impérialiste, des attaques contre les droits démocratiques et de la destruction des emplois, du niveau de vie et des avantages sociaux.
La tâche politique centrale des travailleurs américains, avec leurs alliés de la classe ouvrière du monde entier, est de mobiliser leur grande force contre la classe dirigeante américaine et son système réactionnaire de deux partis. Ils doivent s’opposer à Trump et à Biden avec la même force et la même hostilité. Il n’y a pas de «moindre mal» dans ce concours entre l’autoritarisme fasciste et la guerre génocidaire.
La classe ouvrière doit lutter pour une autre voie politique au système capitaliste de deux partis et au capitalisme dans son ensemble, basée sur un programme révolutionnaire socialiste et antiguerre.
(Article paru en anglais le 25 janvier 2024)
