Début de la deuxième semaine de guerre

Donald Trump exige la capitulation inconditionnelle de l’Iran

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Des panaches de fumée s'élèvent alors que des frappes s'abattent sur la ville durant la campagne militaire américano-israélienne illégale à Téhéran, en Iran, le jeudi 5 mars 2026. [AP Photo/Vahid Salemi]

Le président Donald Trump a déclaré vendredi qu'il n'y aurait « aucun accord avec l'Iran, sauf une CAPITULATION INCONDITIONNELLE », la formulation la plus extrême à ce jour des objectifs de guerre américains, signalant l'intention de mener une guerre permanente jusqu'à la destruction de la société iranienne.

Dans un entretien téléphonique avec Axios, Trump a précisé sa pensée : « La capitulation inconditionnelle pourrait être l'annonce de leur part [les Iraniens]. Mais elle pourrait aussi survenir lorsqu'ils ne pourront plus se battre, faute de ressources et de personnel. » Autrement dit, la capitulation n'est pas un acte diplomatique, mais l'anéantissement physique de la capacité de résistance d'un pays : réduire en ruines une nation de 90 millions d'habitants.

Cette déclaration intervient alors que la Maison-Blanche envisage le déploiement direct de troupes américaines au sol en Iran.

NBC News a rapporté vendredi que « le président Donald Trump a exprimé en privé un vif intérêt pour le déploiement de troupes américaines au sol en Iran ». Selon NBC, «Trump a évoqué cette possibilité avec ses conseillers et des responsables républicains hors de la Maison-Blanche, tout en exposant sa vision de l'Iran d'après-guerre ».

Le Telegraph titrait : « Les États-Unis “prêts” à envoyer des troupes au sol ». Le Washington Post a rapporté que l'armée américaine a brusquement annulé un important exercice d'entraînement pour l'état-major de la 82e division aéroportée, une force de déploiement rapide capable d'intervenir partout dans le monde en 18 heures. L'état-major a reçu l'ordre de rester à Fort Bragg plutôt que de se rendre à Fort Polk, en Louisiane. Un responsable a déclaré au Post : « Nous nous préparons tous à toute éventualité. »

L'ampleur des destructions infligées à l'Iran après sept jours de bombardements est immense et ne cesse de s'aggraver. Le Croissant-Rouge iranien a annoncé que le bilan des victimes s'élevait à 1 332 morts et plus de 6 500 blessés. Plus de 3 600 sites civils ont été endommagés.

L'école primaire Shahid Hamedani, située dans l'est de Téhéran, a été touchée vendredi. Il s'agit du quatrième établissement scolaire visé depuis le début de la campagne de bombardements, la dernière d'une série d'attaques contre des institutions éducatives qui a débuté par le massacre de plus de 165 jeunes filles à l'école Shajareh Tayyebeh de Minab, le premier jour du conflit.

Vendredi, Reuters a rapporté que les enquêteurs militaires américains soupçonnaient les forces américaines d'être responsables du bombardement de l'école de Minab. NBC News a rapporté que l'administration Trump avait déclaré aux membres du Congrès, lors d'une réunion à huis clos, que l'armée américaine ciblait la zone où se trouvait l'école et qu'Israël n'était pas responsable. L'administration n'a fourni aucune autre explication.

L'Iran reste plongé dans un black-out de l’internet quasi total – la connectivité n'atteignant qu'environ 1 % de son niveau normal – pour le septième jour consécutif. Le rial iranien s'est effondré à un niveau historiquement bas, dépassant les 1 660 000 pour un dollar sur le marché libre. Hôpitaux, pharmacies et banques continuent de fonctionner malgré l'absence de communications fiables. L'économie, déjà ravagée par des décennies de sanctions qui avaient fait grimper les prix alimentaires de plus de 100 % avant la guerre, est en chute libre.

Vendredi matin, Donald Trump a rencontré à la Maison-Blanche les dirigeants des sept plus grands groupes d'armement américains : RTX/Raytheon, Lockheed Martin, Boeing, Northrop Grumman, BAE Systems, L3Harris Technologies et Honeywell. Lockheed Martin a déclaré par la suite : « Nous avons convenu de quadrupler notre production de munitions critiques. Grâce à l'impulsion du président Trump, nous avons entamé ce travail il y a plusieurs mois avec le secrétaire Hegseth et la secrétaire adjointe Feinberg. »

Trump s'est vanté d'avoir convenu de « quadrupler la production d'armements de classe 'Exquisite' », sans définir ce terme, et a souligné que les États-Unis disposaient de « stocks quasi illimités de munitions de puissance moyenne et moyenne-supérieure » actuellement larguées sur l'Iran.

Cette réunion s'est tenue alors que le prix du pétrole dépassait les 90 dollars le baril. Le brut West Texas Intermediate (WTI) a bondi de plus de 12 % rien que vendredi et a enregistré une hausse hebdomadaire de plus de 35 %, un record depuis le début de la cotation des contrats à terme sur le WTI en 1983. Le Brent a clôturé à 92,69 dollars. Les opérateurs ont averti qu'un baril à 100 dollars était imminent si le conflit se poursuivait.

Bloomberg a rapporté que l'Iran a détruit un radar AN/TPY-2 d'une valeur de 300 millions de dollars sur la base aérienne de Muwaffaq Salti en Jordanie, un élément essentiel du système de défense antimissile américain THAAD dans le Golfe. Cette destruction contraint la défense aérienne américaine dans la région à s'appuyer sur les batteries de missiles Patriot, dont les stocks de missiles intercepteurs sont déjà réduits.

Les médias américains ont largement relayé les affirmations selon lesquelles la Russie fournirait à l'Iran des données de ciblage sur les positions militaires américaines dans toute la région, notamment la localisation des navires et des avions américains. Ceci est présenté comme une « ingérence » dans le conflit, tandis que les bombardements massifs et illégaux de l'Iran par les États-Unis et Israël sont considérés comme légitimes.

À Washington, les reportages sur le partage de renseignements russes sont perçus non comme un motif de retenue, mais comme un prétexte à une nouvelle escalade, voire à un élargissement du conflit à une confrontation directe avec la Russie, puissance nucléaire. Le Wall Street Journal titrait : « La Russie partage secrètement avec l'Iran la localisation des cibles américaines. » Les comités de rédaction du Wall Street Journal et du Washington Post exploitent cette information pour exiger une position plus ferme, le Journal déclarant que la Russie et l'Iran « œuvrent de concert pour menacer les troupes américaines ».

Israël a profité du conflit pour lancer une nouvelle offensive d’envergure contre le Liban. Jeudi, l'armée israélienne a lancé un ordre d'évacuation généralisé sans précédent pour l'ensemble du quartier de Dahiyeh à Beyrouth, où vivent des centaines de milliers de personnes, et a ordonné l'évacuation de plus de 100 villages et villes du sud du Liban et de la vallée de la Bekaa. Les troupes israéliennes ont pénétré au sud du Liban lors d'une incursion terrestre.

Depuis le 2 mars, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait au moins 217 morts et plus de 798 blessés. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré que Dahiyeh « ressemblerait à Khan Younis », la ville de Gaza qui a été pratiquement rasée.

À Gaza, Israël a fermé tous les points de passage frontaliers le 1er mars, interrompant toute distribution de nourriture, de carburant, de médicaments et d'aide humanitaire à plus de deux millions de personnes. World Central Kitchen a averti que ses stocks seraient épuisés d'ici une semaine. Dans certains quartiers de la ville de Gaza, les habitants n'ont accès qu'à deux litres d'eau potable par jour.

Reuters a publié vendredi une enquête exclusive révélant qu'Israël négocie depuis environ un an avec des groupes insurgés kurdes iraniens afin de coordonner des plans pour s'emparer de villes frontalières iraniennes. Trois sources ont indiqué à Reuters que l'objectif initial est la prise des villes d'Oshnavieh et de Piranshahr, dans l'ouest de l'Iran. Ces milices compteraient entre 5 000 et 8 000 combattants armés d'armes légères.

Trump a déclaré à Reuters qu'il serait « formidable » que les Kurdes franchissent la frontière. L'aviation israélienne bombarde l'ouest de l'Iran pour préparer le terrain à une offensive terrestre kurde – une tentative délibérée de démembrer le pays selon des critères ethniques et de provoquer l'effondrement de l'État iranien par la périphérie.

Aucun camp de l'establishment politique américain ne s'oppose à cette guerre. Les objections de procédure soulevées par les démocrates ne sont qu'un prétexte pour se protéger politiquement, tandis que la direction du parti cautionne la destruction d'un pays entier.

Les deux chambres du Congrès ont voté cette semaine pour donner carte blanche à Trump. Le Sénat a rejeté une résolution sur les pouvoirs de guerre par 47 voix contre 53 mercredi. La Chambre des représentants a rejeté sa propre mesure par 212 voix contre 219 jeudi, quatre démocrates ayant voté avec les républicains. Les démocrates ont formulé des critiques de procédure à l'encontre du déclenchement de la guerre par Trump, tout en soutenant ses objectifs.

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