Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, visé par un mandat de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza, a prononcé une diatribe génocidaire jeudi devant l'Assemblée générale des Nations unies, qualifiant les victimes du déchaînement de violence d'Israël au Moyen-Orient de « barbares », de « monstres », de « bouchers » et des « pires meurtriers sur terre ».
Netanyahou a loué le meurtre de civils et de dirigeants politiques à Gaza, au Liban et en Iran. Énumérant une liste de morts – « Khamenei, Deif, Sinwar, Haniyeh, Nasrallah et des milliers d'autres terroristes » –, il a déclaré : « Eux aussi n’existent plus. »
Il a vanté la série d'attaques terroristes israéliennes menées au Liban en septembre 2024, au cours desquelles Israël a fait exploser des bipeurs et des talkies-walkies, tuant au moins 37 personnes et en blessant plus de 2931 au Liban et en Syrie, selon un rapport d'Amnesty International du 20 septembre 2024. « Vous vous souvenez des bipeurs ? » a-t-il demandé en brandissant un bipeur. « Le Hezbollah, lui, s'en souvient certainement. »
Cette diatribe de Netanyahou faisait suite à la tirade belliqueuse du président américain Donald Trump mardi – au cours de laquelle ce dernier a menacé d'« anéantir » l'Iran – et au discours prononcé mercredi par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, mandataire des États-Unis et de l'OTAN, qui a défendu les attaques ukrainiennes financées par l'OTAN contre les infrastructures énergétiques russes. « Les revenus de la Russie doivent rester une cible », a déclaré Zelensky.
« Accuser Israël de génocide est le plus grand mensonge du siècle », a affirmé Netanyahou. « Est-ce un génocide ? Bien sûr que non. C'est tout le contraire d'un génocide. »
Il a minimisé les attaques de colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée, les qualifiant d'actes commis par « une poignée de jeunes délinquants, environ 150 », qui, selon lui, avaient tué « peut-être deux ou trois » personnes.
Netanyahou a promis de renverser le gouvernement iranien, déclarant : « Ce régime maléfique tombera, et nous célébrerons tous ce jour. »
À l'extérieur, plus de 1000 personnes ont manifesté contre le génocide à Gaza. Peu après midi, plusieurs centaines de personnes, mobilisées par l'organisation Jewish Voice for Peace, ont organisé un sit-in sur la Première Avenue, à hauteur de la 39e Rue, juste au sud du siège de l'ONU. Après le discours, plus de 1000 personnes ont défilé derrière le Palestinian Youth Movement, depuis Bryant Park en direction de l'ONU, a rapporté jeudi la Jewish Telegraphic Agency.
Le maire de New York, Zohran Mamdani – qui, trois jours plus tôt seulement, avait posé avec Trump à Gracie Mansion, la résidence officielle du maire – a supervisé des arrestations de masse.
Un porte-parole du département de la police de New York (NYPD) a déclaré jeudi que la police avait arrêté plus de 100 personnes lors du sit-in de la Première Avenue. Les arrestations ont commencé environ une heure avant l'intervention de Netanyahou. Les agents ont menotté les manifestants dans le dos avec des liens en plastique et les ont fait monter dans des bus de police. Parmi les personnes arrêtées figuraient les conseillers municipaux Chi Ossé, Alexa Avilés et Jennifer Gutiérrez ; la députée de l'État Emily Gallagher ; les actrices Susan Sarandon et Hannah Einbinder ; ainsi que Darializa Avila Chevalier, candidate démocrate pour le 13e district de New York au Congrès.
Mamdani a maintenu à son poste la commissaire de police Jessica Tisch, nommée en 2024 par son prédécesseur, Eric Adams. Le 17 septembre, lors d'un point presse avec Tisch, le maire a annoncé lui-même le dispositif de sécurité de la semaine : « La mairie et le NYPD travaillent en étroite collaboration avec nos partenaires fédéraux depuis plusieurs mois pour préparer cet événement [...] » Politico a rapporté jeudi que des agents du Strategic Response Group, la force anti-émeute du NYPD, avaient été aperçus en train de procéder à des arrestations. En tant que candidat, Mamdani s'était engagé à dissoudre l'unité, mais Politico a noté qu'« une fois maire, il est revenu sur cette promesse ».
Mamdani avait déclaré qu'il n'avait « pas l'intention de participer à une quelconque manifestation ». Il a affirmé aux journalistes le 16 septembre : « Je n'ai jamais encouragé les New-Yorkais à manifester [...] Ce que je leur ai toujours dit, c'est qu'ils ont le droit de le faire dans cette ville. »
Dans une interview accordée en décembre 2024 au journaliste Mehdi Hasan, du site d'information Zeteo, Mamdani, alors candidat, avait déclaré : « Si j'étais maire, la ville de New York arrêterait Benjamin Netanyahou. »
Dans une vidéo publiée le 21 juillet, il a déclaré : « Il est clair que nous ne disposons pas de l'autorité juridique indépendante pour exécuter ce mandat. Le gouvernement fédéral, en revanche, en a la capacité ; je l'appelle donc à rejoindre la CPI et à exécuter ce mandat. » La veille, Trump avait écrit que Netanyahou « ne sera arrêté, sous aucune forme ni d'aucune manière, tant qu'il se trouvera aux États-Unis d'Amérique ». Le 18 août, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a imposé des sanctions à l'encontre de la présidente de la CPI, la juge Tomoko Akane.
Les arrestations de manifestants ont suscité des réactions indignées en ligne. Nerdeen Kiswani, fondatrice du groupe palestinien Within Our Lifetime, a écrit jeudi après-midi sur X, dans une publication vue plus de 850 000 fois, que Mamdani avait fait campagne en promettant de faire arrêter Netanyahou ; or, lorsque ce dernier est venu à New York, il a bénéficié d'une protection policière renforcée, tandis que le NYPD procédait à l'arrestation des personnes manifestant contre lui. D'autres internautes ont accusé le maire de trahir sa promesse de campagne ainsi que le mouvement de lutte contre le génocide.
Dans son discours, Netanyahou a pris à partie Mamdani. S'adressant à ceux qui accusent Israël de génocide, il a déclaré : « Qu'ils siègent dans cette salle ou dans le bureau du maire antisémite de New York, je leur dis ceci : honte à vous. »
« Monsieur Mamdani, vous essayez de m'empêcher de venir ici », a-t-il lancé. « Vous essayez de me faire taire. Eh bien, vous ne pourrez pas me faire taire. » Il a accusé « les copains du Hamas de M. Mamdani » de vouloir tuer « jusqu'au dernier d'entre nous ».
Après le discours, Mamdani a publié une déclaration écrite : « Comme il l'a fait à maintes reprises, le Premier ministre Netanyahou a profité de son allocution pour répéter des mensonges infondés visant à blanchir le génocide qu'il commet contre les Palestiniens. Pourtant, aucun mensonge ne peut changer le fait qu'il reste visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. » Ce communiqué ne faisait aucune mention de la centaine de personnes arrêtées par ses services de police cet après-midi-là.
La CPI a lancé un mandat d'arrêt contre Netanyahou le 21 novembre 2024. Ses juges ont estimé qu'il existait des « motifs raisonnables de croire » qu'il était responsable du « crime de guerre consistant à affamer des civils comme méthode de guerre, ainsi que des crimes contre l'humanité que sont le meurtre, la persécution et d'autres actes inhumains ».
Israël a tué 73 928 Palestiniens à Gaza et en a blessé 175 030 depuis octobre 2023, a rapporté jeudi le ministère de la Santé de Gaza. Les forces israéliennes en ont tué 1408 après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre 2025.
Le 16 septembre 2025, une commission d'enquête de l'ONU a conclu qu'Israël avait commis un génocide à Gaza. Elle a désigné Netanyahou, le président israélien Isaac Herzog et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant comme ayant encouragé ce crime.
