Les États-Unis et Israël concrétisent leurs plans pour une attaque de l’Iran après les élections

L’administration Trump et le gouvernement israélien concrétisent leurs plans en vue d’une attaque massive contre l’Iran d’ici quelques semaines. Le New York Times a rapporté mercredi, citant des responsables américains, que l’armée américaine et l’armée israélienne « avaient élaboré des plans précis pour de nouvelles frappes contre l’Iran après les élections américaines de mi-mandat », et que les cibles « comprendraient vraisemblablement les infrastructures énergétiques de l’Iran, ses installations nucléaires ainsi que son arsenal de missiles et de drones ».

Le président Donald Trump, à droite, pose pour une photo avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avant de monter à bord d’Air Force One à l’aéroport international Ben Gourion, le 13 octobre 2025, près de Tel-Aviv, sous le regard du président israélien Isaac Herzog, à gauche. [AP Photo/Evan Vucci]

Les élections de mi-mandat du 3 novembre, qui se tiennent alors que le taux d’approbation du président américain Donald Trump atteint un niveau historiquement bas, devraient refléter l’opposition populaire généralisée aux guerres menées par l’impérialisme américain et à la crise du pouvoir d’achat qu’elles ont déclenchée. Les deux partis complotent toutefois pour passer outre aux résultats du scrutin. Trump prépare activement une attaque contre l’Iran tandis que les démocrates font campagne pour une escalade de la guerre avec la Russie.

Le Times a rapporté que le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth avait discuté des nouveaux bombardements avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou lors d’une visite en Israël cette semaine, et que des avions de combat américains et israéliens survolaient l’Irak pour répéter les frappes. Les États-Unis « rassemblent un arsenal massif qui sera pleinement en place d’ici début novembre », écrit le Times, arsenal qui comprenait « trois porte-avions, des milliers de Marines, des avions de chasse et des forces d’opérations spéciales ». L’armée américaine « préfère mener ses attaques à la faveur de la nuit », ajoute le Times, « et il y aura de plus en plus d’heures d’obscurité au-dessus de l’Iran au début du mois prochain ».

Certains planificateurs américains estiment, selon le Times, qu’« une campagne intensive de trois jours pourrait causer suffisamment de dommages économiques pour modifier la position iranienne ». Le Times a rapporté, citant des personnes qu’il décrit comme informées de la planification, que les deux armées se préparaient aussi à bombarder le programme nucléaire iranien, y compris eventuellement le site souterrain de Pickaxe Mountain. Trump a déclaré le 15 octobre, dans un entretien accordé à la chaîne câblée de droite Newsmax: «Maintenant, nous nous intéressons à Pickaxe Mountain. Il se peut que nous devions y aller.»

Le Financial Times a rapporté mercredi, sous le titre « Netanyahou a élaboré des plans pour relancer les frappes contre l’Iran plus tôt ce mois-ci », que l’armée israélienne avait prévu de lancer plusieurs jours de frappes contre l’Iran le week-end du 10 octobre, visant des installations nucléaires, des centrales électriques et d’autres infrastructures civiles, dans le cadre d’une opération plus intense que la guerre aérienne américano-israélienne lancée en février. Ces frappes n’avaient pas eu lieu parce que Trump s’opposait à la reprise des bombardements avant les élections de mi-mandat. Le New York Times donne un récit similaire: les deux armées avaient «failli frapper l’Iran au début de ce mois», leurs forces aériennes étant « au plus haut niveau d’alerte», puis Trump avait «décidé à la dernière minute de reporter l’attaque».

Netanyahou fait campagne pour les élections israéliennes du 27 octobre en se donnant pour programme le renversement du gouvernement iranien. Le 3 septembre, il a déclaré à un auditoire de commandants militaires israéliens : « Je suis convaincu que nous pouvons éliminer cette menace une fois pour toutes – c’est-à-dire renverser ce régime. C’est la tâche centrale qui nous attend encore, mais elle est proche. »

Selon un article du 14 octobre du Times of Israel, site d’information israélien en langue anglaise, la chaîne de télévision d’information israélienne Chaîne 12 avait appris que Netanyahou poussait Trump à reprendre les bombardements avant le scrutin israélien; Trump lui avait répondu qu’il pouvait « aller de l’avant et se préparer ». Cinq jours plus tôt, le site avait rapporté, citant à nouveau la Chaîne 12, que le chef d’état-major israélien, le lieutenant-général Eyal Zamir, avait averti des commandants militaires américains qu’une frappe pourrait contraindre Israël à reporter ses élections.

La guerre que préparent Trump et Netanyahou a déjà coûté la vie à des milliers de personnes. Les avions de combat américains et israéliens ont frappé l’Iran pour la première fois le 28 février, et le Times a qualifié mercredi les bombardements de février à avril de « première phase » de la guerre. Le réseau Al Jazeera, basé au Qatar, qui a compilé des chiffres officiels, évalue à 3 527 le nombre de morts en Iran au 28 août. Du côté américain, le bilan s’élevait à 19 morts et 861 blessés, selon un décompte de l’armée américaine jusqu’au 28 septembre.

Le Times a reconnu mercredi que la première phase de la guerre avait « fait grimper les prix de l’énergie et l’inflation dans le monde entier » et « sérieusement mis à mal les stocks d’intercepteurs de missiles du Pentagone ». Le brut Brent, référence internationale du pétrole, s’échangeait à 112 dollars le baril jeudi. L’association d’automobilistes AAA (American Automobile Association) a évalué jeudi le prix moyen de l’essence ordinaire à 1,13 dollar le litre, contre 0,79 dollar le 26 février, deux jours avant le début des bombardements.

La milice des Houthis, au Yémen, alliée à l’Iran, a intensifié ses attaques contre l’Arabie saoudite, et mercredi, le département d’État a demandé à son personnel non essentiel dans le royaume de partir avec leurs familles. Les frappes de cette semaine contre l’aéroport de Dammam et contre le champ pétrolier de Chaybah ont fait au moins trois morts.

Ni le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, ni le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, n’ont fait de déclaration significative pour mettre en garde contre les projets de l’administration Trump d’attaquer l’Iran après les élections. Les démocrates exigent une escalade de la guerre contre la Russie. Jeffries a déclaré à la Chambre le 16 septembre, lors du débat sur un projet de loi autorisant des droits de douane contre les pays qui achètent du pétrole ou du gaz russes: « Nous sommes nombreux à nous demander pourquoi le président a été si réticent à affronter avec fermeté la brute d’Europe de l’Est. » Il a ajouté qu’il fallait « affronter la brute, pas chercher à l’apaiser ».

Schumer a déclaré le 17 octobre, après que Trump eut accordé une dérogation à de nouvelles sanctions contre la Russie: « Trump aide et encourage un dictateur qui a aidé l’Iran à cibler des militaires américains au Moyen-Orient. » Schumer et les sénatrices démocrates Jeanne Shaheen, du New Hampshire, et Elizabeth Warren, du Massachusetts, avaient déclaré le 13 mars que le président russe Vladimir Poutine « avait été l’un des principaux bénéficiaires de la guerre mal conçue et mal exécutée du président Trump avec l’Iran », et que « la Russie fournirait, selon certaines informations, des renseignements à l’Iran afin de cibler et de tuer des militaires américains ».

Le sénateur démocrate de Virginie Tim Kaine a déclaré à propos de la dérogation, dans l’émission Fox News Sunday le 18 octobre, que si Trump donnait « cet argent à la Russie [...], [celle-ci] l’utilise pour soutenir l’Iran. Dans la guerre des États-Unis contre l’Iran qui se déroule en ce moment, on ne donne pas d’argent à un adversaire. »

Le sénateur démocrate de l’Arizona Mark Kelly a déclaré le 27 septembre dans l’émission This Week d’ABC : « Nous ne pouvons pas laisser le détroit entre les mains des Iraniens. On ne peut pas leur permettre d’obtenir une arme nucléaire. » Le sénateur démocrate de l’Arizona Ruben Gallego a déclaré sur CNN le 30 septembre que Hegseth « avait besoin de détourner l’attention du fait qu’il perdait une guerre », et que, s’il lui fallait un nouveau bureau au Pentagone, cela devrait être pour « trouver comment gagner cette guerre en Iran ».

Le 22 janvier, cinq semaines avant le début des bombardements américains contre l’Iran, 149 démocrates de la Chambre ont voté en faveur du projet de loi de crédits militaires de 839 milliards de dollars. Le 16 septembre, 58 démocrates de la Chambre ont voté pour le projet de loi sur les sanctions contre la Russie, que Trump a depuis signé et qui prolonge également jusqu’en 2031 les sanctions contre l’Iran.

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