Le Parti communiste marxiste-Kenya défend contre le trotskysme une stratégie maoïste contre-révolutionnaire – 5e partie

Voici le cinquième et dernier volet de cette série. Les volets un , deux , trois et quatre sont disponibles ici.

Le désastre de la « révolution nationale démocratique » stalinienne-maoïste dans toute l'Afrique

Au plus fort des luttes anticoloniales qui ont secoué l'Afrique après la Seconde Guerre mondiale, le maoïsme offrait à la bourgeoisie nationale africaine émergente un vocabulaire radical pour masquer un programme fondamentalement capitaliste. Son attrait ne résidait pas dans la rupture d’avec l'Union soviétique en 1956, mais dans une version plus militante de ce même schéma des ‘deux stades’. Le socialisme, insistait-il, n'était pas la tâche immédiate. Les ouvriers, les paysans et les masses opprimées devaient d'abord passer par un stade démocratique bourgeois sous la direction de forces nationalistes, et axé sur la construction d'un État capitaliste indépendant.

C’est là toute la portée de la déclaration faite en 1959 par Mao à des délégués africains: «La tâche de toute l’Afrique est de s’opposer à l’impérialisme et à ceux qui le suivent, non pas de s’opposer au capitalisme, ni d’instaurer le socialisme.» Appeler au socialisme en Afrique, insistait-il, serait «une erreur», car «la nature de la révolution africaine est une révolution démocratique bourgeoise, et non une révolution socialiste prolétarienne.» [1] Le maoïsme apportait le radicalisme de la guérilla, une rhétorique « anti-impérialiste » et le prestige de la révolution chinoise à une stratégie dont l’objectif principal était d’empêcher la lutte indépendante de la classe ouvrière pour le pouvoir.

Le Premier ministre chinois Zhou Enlai rencontre l'empereur Hailé Sélassié en 1964 lors d'une visite en Éthiopie [Photo: 人民画报 - 《人民画报》1964年第4期]

La rupture de 1956 entre Moscou et Pékin ne représentait pas une lutte entre marxisme et révisionnisme. Elle exprimait les intérêts nationaux rivaux de deux régimes bureaucratiques défendant le programme anti-marxiste du « socialisme dans un seul pays ». Moscou recherchait des relations stables avec les autocrates postcoloniaux et promouvait « la coexistence pacifique » avec Washington. Pékin, plus faible et encerclé par des régimes pro-américains, encourageait la « guerre populaire » afin de renforcer son influence auprès des mouvements nationalistes bourgeois d'opposition et de contrer la pression impérialiste américaine. Le maoïsme était un stalinisme appliqué à des conditions nationales et géopolitiques différentes (un stalinisme « aux caractéristiques chinoises »). Son radicalisme armé n'a fait que donner à la théorie des deux stades la forme de la guérilla.

Le soutien apporté par Pékin aux mouvements de libération en Afrique australe était indissociable des intérêts de politique étrangère de la bureaucratie chinoise et de sa rivalité avec Washington et Moscou. Le maoïsme a armé et conseillé des mouvements dont l'objectif était l'indépendance nationale capitaliste. Ses conséquences dévastatrices sont visibles au Mozambique, en Namibie et en Angola.

Dans ces trois pays, les mouvements de libération nationale ont drapé leurs luttes dans le langage la « démocratie populaire », du « socialisme scientifique », de l’« anti-impérialisme » et de la reconstruction nationale. Mais derrière ces formules se cachait la subordination de la classe ouvrière à un bloc nationaliste bourgeois et la construction d’un État capitaliste postcolonial sur les frontières imposées par l’impérialisme.

Au Mozambique, le FRELIMO a mené une guérilla d'une décennie contre le pouvoir colonial portugais, qui a abouti à l'indépendance en 1975. Influencé dans ses méthodes par la stratégie de Mao de la « guerre populaire prolongée », le FRELIMO s'est implanté dans les campagnes, a mobilisé la paysannerie et a instauré des zones libérées.

Sous la direction de Samora Machel, le FRELIMO a défini la révolution comme une transition de la libération nationale à la construction d'une «démocratie populaire ». Son congrès de 1977 a déclaré le parti « avant-garde de l'alliance ouvrière-paysanne » et force motrice de l'État, tout en intégrant les « couches patriotiques », dont des segments de la bourgeoisie nationale, à l'ordre postcolonial. La nationalisation et la planification n'ont pas été mises en œuvre grâce au pouvoir ouvrier mais comme instruments de la construction d'une économie nationale indépendante sous le contrôle du parti-État.

En Namibie, le programme 1976 de SWAPO appelait à l'indépendance, à un «gouvernement populaire démocratique», à la propriété publique des principaux moyens de production et d'échange, à une réforme agraire, à des coopératives, à des fermes d'État et à «l'autosuffisance nationale». [2] Il prétendait unir les travailleurs, les paysans et les intellectuels progressistes au sein d'un parti d'avant-garde capable de construire une « société sans classes et non exploiteuse », et affirme encore aujourd'hui qu’il défend un « socialisme aux caractéristiques namibiennes». [3]

En Angola, le MPLA justifiait un front nationaliste multi-classe en arguant que le colonialisme portugais avait relégué « au second plan la contradiction entre les différentes classes angolaises ». Son programme appelait à « un front unique de toutes les forces anti-impérialistes d’Angola, sans distinction d’appartenance politique, de position sociale, de croyances religieuses ou d’opinions philosophiques » [4] Après sa prise de pouvoir en 1975, le MPLA se redéfinit comme un parti « marxiste-léniniste » et ajouta « Parti du travail » à son nom afin de se rapprocher de la bureaucratie soviétique.

L'histoire ultérieure de ces trois régimes révèle le caractère de classe de cette Révolution nationale démocratique (RDN). Le FRELIMO et le MPLA ont imposé des gouvernements à parti unique qui durent depuis un demi-siècle et après 35 ans, SWAPO gouverne toujours la Namibie. Ces régimes se sont intégrés au marché mondial et ont facilité l'enrichissement de minces élites liées à l'État tandis que les masses sont restées prisonnières de la pauvreté, du chômage et de la misère sociale. Le Mozambique et l'Angola ont tous deux abandonné l'étiquette « marxiste-léniniste » dès que la bureaucratie soviétique eut liquidé l'Union soviétique.

Le Mozambique est toujours l'un des pays les plus pauvres du monde. L'État du FRELIMO a réprimé les manifestations post-électorales de 2024-2025 par les balles, faisant plus de 300 morts. L'Angola, reste dominé par la richesse pétrolière, la pauvreté de masse et le travail informel; en 2025, le taux de chômage s'élevait encore à 26,9 pour cent et environ 80 pour cent des emplois restaient informels. Les manifestations contre la hausse des prix du carburant ont été réprimées par la violence d'État, faisant au moins 22 morts et plus de 1 200 arrestations. La Namibie elle, figure parmi les sociétés les plus inégalitaires au monde, les 10 pour cent les plus riches détenant environ 72 pour cent du patrimoine personnel.

Mais l'exemple le plus révélateur du programme du CPM-K est l'Afrique du Sud, un modèle explicitement invoqué par le CPM-K sous la forme de l'alliance tripartite entre le Congrès national africain (ANC), le Parti communiste sud-africain (SACP) et le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU). Le CPM-K insiste pour dire que les révolutionnaires doivent tirer de cette expérience la nécessité de maintenir « le leadership de classe du prolétariat », de se prémunir contre « la mainmise de la bourgeoisie » et d'ancrer la « ligne de masse ». Or, l'Afrique du Sud représente l'aboutissement historique le plus brutal de la RDN.

Kaluka invoque des figures staliniennes telles que Joe Slovo, l'un des dirigeants les plus influents du Parti communiste sud-africain (SACP). Slovo fut secrétaire général du SACP de 1984 à 1991, membre de longue date du Comité exécutif national de l'ANC de 1985 à 1995 et commandant d' uMkhonto we Sizwe, la branche armée de l'ANC. Kaluka cite les propos de Slovo pour justifier la théorie des deux stades:

Il convient d'énoncer d'emblée une proposition assez évidente, notamment que le concept même de stades implique qu'on ne peut les considérer isolément; ce sont des étapes du développement. Un stade sans lien avec une destination n'est pas final, et constituer un stade pour une autre destination est une absurdité linguistique et logique. Le concept de « stade » implique qu'il s’agit à la fois d’un point d'arrivée et d’un point de départ…

Cela fait partie de l’ouvrage La classe ouvrière sud-africaine et la révolution nationale démocratique (1988), dans lequel Slovo insiste pour dire que « ni le SACP, ni l’ANC, ni aucun de leurs porte-parole officiels n’ont fait du socialisme l’objectif immédiat », définissant la RDN comme « l’étape actuelle de la lutte », une « révolution de tout le peuple opprimé » impliquant « différentes classes et strates », y compris la petite bourgeoisie noire et « d’importantes strates de la bourgeoisie noire émergente ».

The Freedom Charter (La Charte de la liberté), rédigée sous l’influence décisive du SACP, n’était, comme Slovo l’a admis, « pas, en soi, un programme pour le socialisme ». [5]

Dans son ouvrage Has Socialism Failed (Le socialisme a-t-il échoué?1989), Slovo rejetait à nouveau toute lutte immédiate pour le pouvoir des travailleurs, arguant bien plutôt que le SACP devait agir au sein d'une démocratie multipartite post-apartheid et que, si une « véritable démocratie » était instaurée, cela ouvrirait la voie à une « progression pacifique » vers l'«objectif ultime » du parti: une Afrique du Sud socialiste. Cette perspective trouva une manifestation pratique dans son article de 1992, « Négociations : quelle marge de compromis?», où il préconisait des clauses de « caducité » et un partage obligatoire du pouvoir pendant une période déterminée avec le régime d'apartheid, fournissant ainsi la justification politique d'un accord négocié avec la classe dirigeante capitaliste blanche.

[Photo: CPM - Kenya/X]

Le SACP déployait une stratégie contre-révolutionnaire dans un contexte où la classe ouvrière noire sud-africaine, dans les années 1980, ébranlait le régime d'apartheid par des grèves de masse, des soulèvements dans les townships et la création de puissantes organisations ouvrières. L'ANC et le SACP intervinrent pour subordonner ce mouvement à une transition négociée du pouvoir politique. L'énergie révolutionnaire des masses fut canalisée vers la perspective d'un accord démocratique national avec la classe dirigeante blanche.

Il en résulta la préservation des rapports de propriété capitalistes. Les mines, les banques et les principales industries restèrent entre des mains privées, majoritairement blanches. L'appareil répressif brutal de l'État policier fut reconstitué. Loin de se préparer à une nouvelle lutte pour le socialisme, le Parti communiste sud-africain (SACP) entra au gouvernement du nouvel État capitaliste. Slovo devint un homme d'État capitaliste au sein du premier gouvernement de l'ANC après l'apartheid, occupant le poste de ministre du Logement de 1994 à 1995, date de son décès.

Aujourd'hui encore, le Parti communiste sud-africain fonctionne comme une faction au sein de l'ANC et partage la responsabilité de trois décennies de règne capitaliste sans interruption. L'Afrique du Sud demeure l'une des sociétés les plus inégalitaires au monde: les 10 pour cent les plus riches contrôlent plus de 80 pour cent de la richesse totale, tandis que la moitié la plus pauvre ne possède pratiquement rien. Le taux de chômage officiel dépasse les 40 pour cent selon la définition élargie, et le chômage des jeunes excède les 60 pour cent. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, et des millions de personnes n'ont pas accès à un logement décent, à l'électricité ni aux services essentiels.

L'État post-apartheid a déchaîné maintes fois ses forces de sécurité contre la population. En 2012, à Marikana, la police massacra des mineurs en grève, abattant des ouvriers engagés dans une lutte contre l'une des principales compagnies minières. Plus récemment, l'État a déployé des soldats dans les townships, laissé mourir de faim au moins 78 mineurs informels et cautionné une escalade de la xénophobie, faisant des migrants les boucs émissaires de la crise engendrée par le capitalisme.

Il ne s'agit pas du premier stade inachevé d'une révolution menant au socialisme, mais du visage hideux du capitalisme soutenu par le stalinisme.

Le CPM-K continue de considérer le SACP comme un allié et un modèle, s'identifiant aux forces politiques qui ont étranglé la classe ouvrière sud-africaine et contribué à préserver le pouvoir capitaliste après l'apartheid.

Conclusion

Le bilan historique, écrit dans le sang, constitue une réfutation accablante de la révolution nationale démocratique stalinienne-maoïste en ‘deux stades’. Partout, à chaque épreuve décisive, elle a servi de mécanisme politique pour subordonner la classe ouvrière à la classe capitaliste. Elle a abouti au maintien des rapports de propriété capitalistes, à l'intégration des anciens mouvements de libération dans l'appareil d'État et à la répression des luttes révolutionnaires.

En défendant la RND, le CPM-K s'inscrit pleinement dans cette tradition contre-révolutionnaire. Ses appels à un « État démocratique populaire », au développement du « capital national » et à des alliances avec des segments de la bourgeoisie expriment les intérêts de couches petites-bourgeoises privilégiées cherchant une position plus favorable au sein du système capitaliste.

Son soutien affiché à Staline témoigne d'une identification avec la contre-révolution bureaucratique soviétique, responsable de l'extermination de centaines de milliers de marxistes et d'ouvriers révolutionnaires. Si la classe ouvrière entre en conflit avec l'« État démocratique populaire » du CPM-K et son « capital national » — c'est-à-dire avec l'enrichissement personnel des couches privilégiées dont le parti se fait le porte-parole — la riposte sera une répression sanglante et la violence contre les ouvriers et leurs dirigeants révolutionnaires.

Son orientation vers la Chine ne modifie en rien ce contenu de classe. Le CPM-K ne fait que reformuler l'ancien programme stalinien-maoïste de développement capitaliste national sous le couvert de la « multipolarité ». Or, la montée en puissance de la Chine n'a pas créé une voie pacifique vers la souveraineté africaine. Elle a intensifié la lutte entre les puissances capitalistes rivales pour le contrôle des ressources, de la main-d'œuvre, des ports, des marchés, des corridors de transport et des chaînes d'approvisionnement du continent. L'impérialisme américain et européen n'acceptera pas passivement l'érosion de sa domination par Pékin. Sa réaction se manifeste déjà à travers la multiplication des accords militaires, des corridors de ressources, des sommets d'investissement, des sanctions et des coups d'État, et à travers la campagne pour affirmer des formes de domination coloniale plus directes et plus ouvertes.

Mao lors de la célébration du 71e anniversaire de Joseph Staline à Moscou, en décembre 1949 [Photo: Unknown author - Helsingin Sanomat]

L'affirmation que les BRICS et d'autres régimes capitalistes ouvrent la voie à un nouvel ordre mondial fondé sur « une véritable indépendance, la paix et la justice sociale » est une dangereuse illusion. Ces États ne constituent pas une alternative à l'impérialisme, mais représentent des puissances capitalistes rivales et des régimes bourgeois cherchant à obtenir leur propre place sur le marché mondial. Un Kenya aligné sur Pékin plutôt que sur Washington, Londres ou Paris resterait un État capitaliste soumettant la classe ouvrière à l'exploitation et exposant le pays à des intrigues impérialistes encore plus virulentes.

La situation objective en Afrique a évolué bien au-delà du cadre dans lequel la Révolution nationale démocratique a été initialement formulée, révélant davantage encore ses implications réactionnaires. Les régimes issus des luttes de libération nationale – FRELIMO, MPLA, SWAPO, ANC, CCM – sont profondément en crise. Ils sont confrontés à une opposition de masse engendrée par des conditions sociales intolérables de pauvreté généralisée. Leur réponse: gaz lacrymogènes et balles.

Ces luttes sont l'expression d'un processus de radicalisation à l'échelle du continent. Les manifestations qui ont éclaté au Kenya, au Nigeria, au Mozambique, en Angola, en Tanzanie et ailleurs mobilisent des dizaines de millions de personnes. Celles-ci prennent de plus en plus conscience de leur caractère commun, transcendant les frontières imposées par l'impérialisme et dirigées contre des régimes qui fonctionnent comme instruments du capital mondial.

L'Afrique ne se définit plus à travers la paysannerie. Des décennies de développement capitaliste ont engendré une urbanisation massive et intégré le continent à la division internationale du travail. Une importante classe ouvrière occupe des postes stratégiques dans les transports, les industries extractives, l'agriculture, l'industrie et les services. Elle est, de par le processus de production même, liée à la classe ouvrière internationale.

Dans ces conditions, la conception d'une bourgeoisie nationale « progressiste » est absurde. Ces classes sont intrinsèquement liées au capitalisme mondial. Leurs intérêts sont indissociables de la finance impérialiste, des multinationales et de l'exploitation de la main-d'œuvre. Qu'elles soient tournées vers les États-Unis, l'Europe ou la Chine, elles défendent le même ordre social.

La perspective de Léon Trotsky, élaborée en opposition au stalinisme et au maoïsme, part de cette réalité objective. La révolution permanente démontre que les tâches démocratiques dans les pays à développement capitaliste tardif ne peuvent être accomplies sous la direction de la bourgeoisie. Elles sont indissociables de la conquête du pouvoir par la classe ouvrière et de l'extension de la révolution à l'échelle internationale.

La question centrale est l'indépendance politique. La classe ouvrière ne peut partager le pouvoir avec la bourgeoisie. L'État est un instrument de domination de classe. Tant que les rapports de propriété capitalistes sont préservés, la dictature du capital demeure intacte.

La vague actuelle de luttes ne résoudra pas spontanément cette contradiction. Sans une direction révolutionnaire qui se fonde sur un programme internationaliste, le mouvement sera dévié et réprimé.

La tâche décisive consiste à établir des sections du Comité international de la Quatrième Internationale au Kenya et dans toute l'Afrique. Il n'y a pas de solution nationale. La crise est mondiale. Son règlement exige la lutte unie de la classe ouvrière internationale pour le socialisme.

***

Alors que cette polémique était en cours de finalisation, deux événements survenus au Kenya ont confirmé l'analyse ci-dessus.

L'arrestation de membres du CPM-K et de représentants de premier plan de ses alliés staliniens internationaux, opposés au sommet Africa Forward soutenu par l'impérialisme français, a démontré concrètement qu'il n'existe pas de «bourgeoisie nationale hésitante» prête à défendre les droits démocratiques ou l'opposition anti-impérialiste. Pas une seule composante de l'opposition bourgeoise ne s'est ralliée à leur défense, soulignant ainsi que la défense des droits démocratiques repose sur la mobilisation politique indépendante de la classe ouvrière mondiale.

Des manifestants protestent lors d'une grève des transports publics contre la hausse des prix du carburant à Nairobi, au Kenya, le lundi 18 mai 2026 [AP Photo/Andrew Kasuku]

Quelques jours plus tard, des manifestations de masse et une grève nationale des transports éclatèrent en réaction à la hausse des prix du carburant, paralysant Nairobi et provoquant une répression accrue qui fit au moins quatre morts et plus de 700 arrestations. Ce mouvement de protestation massif confirma avec force le potentiel révolutionnaire de la jeune classe ouvrière kenyane et démontra que ses problèmes ont leur origine dans la crise mondiale engendrée par la guerre impérialiste contre l'Iran.

Se déroulant en même temps que des manifestations de masse similaires aux Comores et en Bolivie, les protestations mondiales contre la hausse des prix et l'austérité, et les grèves comme celle d’Italie contre la guerre en Iran, constituent un argument puissant en faveur de l'internationalisme socialiste et contre la poursuite de la chimère d'un «État démocratique populaire» capitaliste «souverain».

(Article paru en anglais le 28 mai 2026)

Notes :

[1] Mao Zedong (1959) « La tâche de l'Afrique est de lutter contre l'impérialisme », Archives numériques du programme Histoire et politique publique, Wilson Center, États-Unis. Disponible à l'adresse: https://coilink.org/20.500.12592/1q8ysqs

[2] Programme politique de SWAPO (Organisation populaire du Sud-Ouest africain), adopté par le Comité central réuni à Lusaka (Zambie) du 28 juillet au 1er août 1976, consulté le 4 mai 2026, https://www.marxists.org/subject/africa/swapo/swapo-polit-program.pdf

[3] Constitution du Parti SWAPO, 2020, adoptée par le premier congrès du Parti SWAPO en Namibie indépendante, à Windhoek, du 6 au 12 décembre 1991, telle que modifiée par les congrès extraordinaires du Parti SWAPO, consulté le 4 mai 2026, https://economy.com.na/wp-content/uploads/SWAPO-Party-Constitution-2020.pdf

[4] MPLA, Constitution du MPLA en parti de la classe ouvrière, 1978, consulté le 28 mai 2026, https://www.marxists.org/subject/africa/mpla/mpla-wc.pdf

[5] Joe Slovo (1988) « La classe ouvrière sud-africaine et la révolution nationale démocratique», Parti communiste sud-africain, brochure de discussion Umsebenzi. Voir South African History Online:https://sahistory.org.za/sites/default/files/The%20South%20African%20Working%20Class%20and%20the%20National%20Democratic%20Revolution.pdf

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